ouaip, ça va être cool de voir ce que ça va donner!
Bon, v´là une interview de perpère. Elle est longue, mais très très interessante:
Arrivé il y-a 4 ans (décembre 1998) au PSG pour « sauver le soldat Ryan » comme il dit, Laurent Perpère s´est veritablement investit dans le club et a des perspectives en tête très interessante... Même s´il pourrait faire ses valises si le nouvel actionnaire le décide, il sait que la confiance entre Luis et lui jouera un rôle très important et qu´il est impossible de nier l´attachement qu´il porte au club. Une interview très interessante sur l´avenir du club.
Le groupe Lagardère vient de dire non au rachat du PSG : comment l´interprétez-vous ? - Il y a beaucoup de spéculations autour de la vente du PSG. Mais l´idée de céder le club n´a jamais été exprimée de façon aussi définitive. Comme on spécule et qu´on ne prête qu´aux riches, le nom de Lagardère est revenu. Il connaît bien le foot et aussi Luis (Fernandez). Et son attachement au PSG est fort. Arnaud Lagardère a annoncé que le PSG n´entrait finalement pas dans la stratégie de son groupe et ça ne m´étonne pas. C´était une piste prématurée.
- Le nom de TF1 a été évoqué.
- L´actionnaire de référence de TF 1, à travers Bouygues, est François Pinault. Il est déjà engagé à Rennes et connaît les difficultés du foot. Et puis je ne vois pas Canal + vendre à TF 1. Je n´y crois pas du tout.
- La valorisation du PSG est très floue, pouvez-vous en dire plus ?
- C´est très compliqué d´estimer le PSG. C´est un produit à forte charge médiatique, certes, mais le contexte du football est difficile. Les acheteurs potentiels aimeraient surtout connaître l´avenir du foot avant de s´engager. La seule estimation possible repose donc sur les précédentes augmentations de capital. Voilà pourquoi on parle de 150 millions d´euros.
- Et l´endettement ? Les chiffres évoqués oscillent entre 20 et 60 millions d´euros.
- Laissons courir ces chiffres dans la presse. Je ne parle pas de ça. Je peux juste vous dire que ce n´est pas une dette extérieure mais un endettement de la structure vis-à-vis de son actionnaire.
- Le PSG n´a pas été considéré comme un actif stratégique par Vivendi. Cela vous émeut-il ?
- Dans une configuration resserrée, je comprends que Vivendi estime que le PSG n´est pas indispensable. Mais il ne faut pas l´abandonner comme ça. Il faut prendre son temps et trouver des solutions pour garder un lien avec ce club.
- Dans quelle optique ?
- En France, les droits télé vont être renégociés. Le format de la Ligue des champions, et peut-être même les compétitions européennes, vont être modifiés. Dans deux ou trois ans, qui sait si l´appartenance des droits télé ne reviendra pas aux clubs... À travers le PSG, Canal +, qui s´interroge sur les sommes qu´il compte verser pour diffuser du foot, peut avoir un pied dans l´organisation de ce sport en France et un autre dans une structure d´influence sur le foot européen : le G 14. Il serait idiot de brader et préférable de faire entrer des investisseurs étrangers.
- À l´image de l´entrée de la famille Kadhafi dans le capital de la Juventus ?
- Cela s´est fait à la faveur de la mise en bourse, ce qui est impossible puisque le PSG n´est pas coté. Ce qui est sûr, c´est que les partenaires du club, la Ville de Paris et les sponsors, seront très attentifs à l´identité des investisseurs. Sans parler de Khadafi, ça ne ferait plaisir à personne de savoir que la mafia russe ou un réseau d´agents véreux, a pris le contrôle du PSG...
- Un récent classement de L´Équipe classe le PSG au 11e rang européen depuis dix ans : voilà un argument de vente.
- On a eu un passage à vide, comme Liverpool ou Manchester, mais je crois qu´on a les bases pour revenir à la hauteur de ce classement. On est encore jeune. Quand je dis à mes amis du Real ou de Galatasaray qu´on est nés en 1970, ils sont sidérés par notre palmarès et notre notoriété.
- Ces années de vaches maigres coïncident avec votre présidence...
- Quand j´ai accepté, je savais que ce ne serait pas facile. On m´a critiqué, on a demandé ma démission mais je suis encore là. On a fait des expériences, heureuses ou pas ; on a connu des hauts et des bas mais il y a toujours une très forte attente autour du club. On n´a pas à rougir, le club est toujours porté.
- Comment avez-vous observé, durant quatre ans, le milieu du foot ?
- D´abord, c´est un milieu qui croit que seuls les footballeurs peuvent parler de foot, ce dont je doute. Ensuite, l´amas d´argent a fait perdre la raison à beaucoup et entraîné des dérives malsaines. Mais tout cela devrait rentrer dans l´ordre plus rapidement qu´on le croit. Enfin, beaucoup de gens gravitant autour des joueurs, agents, dirigeants, accompagnateurs ou journalistes, pensent être à l´origine de la lumière qu´il y a autour des acteurs eux-mêmes. Cela crée des désillusions dangereuses.
- Vous sembliez en décalage total il y a quatre ans : ça va mieux ?
- En 1998 (décembre) il fallait surtout "sauver le soldat Ryan". J´ai prolongé ma mission car j´y ai pris goût et que j´aime l´émotion.
- Ce pourrait être votre dernière saison si le club est racheté ?
- Si c´est vendu à des gens honorables qui veulent faire grandir le club et qu´il y a un nouveau président, je lui souhaiterai bonne chance et je m´effacerai.
- L´image du PSG ne tourne- t-elle pas trop autour de Luis Fernandez ?
- C´est partout pareil. Le Barça de Johan Cruyff n´était pas celui du président Nunez. Luis Fernandez a une personnalité très affirmée, il représente une certaine continuité après avoir déjà été joueur ici (1978-1986) puis entraîneur (1994-1996). Il a laissé une trace. Les excès de sa personnalité le rendent attachant ou énervant mais ce qui comptera à l´arrivée, c´est l´efficacité. L´image du PSG n´est pas handicapée par l´expression de Luis, qui est très aimé. C´est plus irritant quand il ne peut pas s´asseoir sur le banc pendant six mois.
- Quels seront les critères du renouvellement ou non de son contrat ?
- La question ne se pose pas en septembre. Il a tous les ingrédients pour faire une très bonne saison. L´objectif, c´est la Ligue des champions, voire le titre avec de la chance. Ce sont des objectifs qu´il s´est fixé lui-même. Il a l´outil en main, normalement il doit "livrer" les objectifs. Une parenthèse : j´ai été surpris qu´après la Coupe du monde, on ne s´attarde pas sur l´analyse de l´échec français, qui aurait déterminé si Lemerre ou un autre était apte à remédier aux lacunes constatées... Ici, si le PSG rate ses objectifs en raison de la blessure de trois joueurs majeurs, on ne fera pas porter le chapeau à Luis.
- Qui décidera de son avenir dans la mesure où vous n´êtes pas sûr du vôtre ?
- S´il y a un nouveau taulier, il voudra forcément regarder ce qu´il en est. Mais le nouveau taulier peut aussi estimer que le meilleur président pour le PSG est Laurent Perpère... On ne va pas arrêter la vie du club sous prétexte qu´un nouvel investisseur pourrait arriver.
- La prolongation du contrat de Fernandez serait pour vous l´occasion d´un rééquilibrage des pouvoirs...
- Ce qui se passe entre Luis et moi, et l´équilibre des pouvoirs que vous subodorez, est une affaire qui ne s´étalera pas sur la place publique. Nous n´avons pas de frictions et on a appris à se découvrir. Je comprends mieux ses espoirs et ses frustrations. Il voit quel soutien il a en son président.
- L´autre star est Ronaldinho : avez-vous eu peur de le perdre ?
- Après la Coupe du monde, certains ont considéré que la place naturelle de Ronaldinho était dans un club de meilleure renommée. Mais je n´ai jamais été inquiet, notre relation est forte. Le PSG lui permet de s´épanouir et le prépare à sa carrière. Lui bonifie l´équipe et ne change jamais de ligne sur son attachement au club. Il n´était pas question qu´on s´arrête à mi-chemin.
- Quel est le deal avec lui ?
- Il n´y en a pas. Je ne ferai rien pour gêner son épanouissement, on a une vraie relation d´estime. Sinon, on n´a reçu aucune offre, aucun fax.
- Il y a peu (Déhu ou Letizi) ou pas d´internationaux français au PSG, c´est gênant, non ?
- Il y a deux ans, on avait parié sur la jeunesse... Je le regrette d´autant moins que ni Luccin, ni Dalmat, ni Anelka ne sont en équipe de France, sans que j´en connaissse vraiment les raisons. De toute façon, mener une politque de jeunes joueurs français à la Guy Roux est impossible ici. À Paris, tu ne peux pas installer Mexès en L 1 à dix-neuf ans. À la première contre-performance, la presse le jette à la poubelle, comme c´est arrivé à Dalmat.
- Mais les joueurs français ne semblent pas vous intéresser ?
- Lesquels ? Les Lyonnais ? Ouais... Si, Armand m´intéresse. Il y a des joueurs séduisants, d´autres m´impressionnent moins. Attendons de savoir comment ces nouveaux vont supporter la pression et comment l´équipe de France va les intégrer.
- Sans jouer la carte jeune, vous auriez pu recruter des champions du monde de 1998 ?
- Leboeuf, vous voulez dire ? On m´a proposé Diomède dix fois, et je constate qu´il ne joue toujours pas. On ne cherche pas à faire des coups mais à avoir des bons joueurs. On m´a surtout proposé des champions du monde de trente et un ou trente-deux ans. À chaque fois, je me suis demandé quelle pouvait être la motivation d´un joueur qui signe son dernier contrat à Paris. Financièrement, on aurait pu, on a fait un vrai choix sportif.
- Un champion du monde aurait eu intérêt à briller avec le PSG avant la Coupe du monde 2002...
- Sur certains matches seulement, pour s´économiser ou pour ne pas se blesser. Ça se discute. Quand vous recrutez cher et médiatisé, qu´en plus le joueur ne fait pas que du foot et que vous le mettez à Paris, vous avez intérêt à être sûr de lui.
- Êtes-vous sûr de vos joueurs actuels ?
- Que je sache, on ne m´entretient plus de la chronique scandaleuse ou mondaine des joueurs du PSG. J´imagine que certains vont en boîte mais cela se passe plutôt bien.
- Vous avez récemment appuyé l´entrée de l´OL dans le G 14. Pour vous mettre Aulas dans la poche et peser plus à la Ligue ?
- J´ai seulement estimé qu´on serait plus forts à trois dans le G 14 pour résister à la domination du Real ou de Manchester. Déjà qu´on ne brille pas en Europe, alors, si c´est pour être marginalisés... Je n´ai pas demandé à Aulas qu´on pèse plus à la Ligue. Vous savez, ce sont les titres qui donnent du poids. Quand votre club rame, vous avez beau essayer de peser, c´est compliqué.
- N´y a-t-il pourtant pas urgence à peser plus avant la renégociation des droits télé ?
- Le problème n´est pas seulement celui du PSG mais des gros clubs. Aujourd´hui, des présidents comme Louvel (Le Havre) et Urano (Sedan) pèsent très forts.
- Cela vous gêne-t-il ?
- La solidarité, c´est bien mais, à force d´égalitarisme, on va tuer le foot français. Il n´y a que quelques clubs qui tirent les audiences et les investissements. Les gens veulent voir Ronaldinho perdre ou gagner, mais les joueurs moyens ça lasse. Or, le PSG et l´OM investissent pour le spectacle et ne sont pas récompensés. Quand on voit la différence de rétributions entre un club relégué et le PSG, ce n´est plus la peine. Ce n´est pas rémunéré. Tant mieux pour les petits clubs, mais il ne faut pas s´étonner que les grosses cylindrées se tournent vers des compétitions plus pérennes capables d´assurer leur financement et leur développement.
- Comment voyez-vous l´avenir ?
- D´abord, les clubs qui font les investissements doivent détenir les droits télés. Dans le cadre d´un système de répartition à l´anglaise, cette nouvelle appartenance augmenterait les recettes de 10 à 15 millions d´euros. Sinon, il ne faudra pas s´étonner qu´il y ait des bouleversements. Un club comme Paris ne trouve pas son compte dans le Championnat de France. On y participe, on est fiers, on a envie d´être champions pour se qualifier pour la C 1, mais...
- Vous n´auriez aucune réticence à participer à un éventuel Superchampionnat européen ?
- On n´en est pas là mais on étudiera tout. Quand on voit que l´UEFA crée un forum des clubs qu´elle ne consulte même pas lorsqu´elle modifie le format de la Ligue des champions, il ne faudra pas s´étonner qu´il y ait de nouveau projets du genre de celui de Media Partners. Il va se passer des choses, il y aura des bouleversements.
- Les cinq demi-finales du PSG entre 1993 et 1997, c´est devenu inaccessible ?
- C´était avant l´arrêt Bosman, on a changé de monde. Où seraient aujourd´hui les joueurs du PSG de l´époque ? Ni au PSG ni à l´OM. Le public est nostalgique ? Moi aussi.
- Que manque-t-il au PSG pour rivaliser sportivement avec les clubs du G 14 ?
- Sans vous ressasser la complainte sur les charges, il manque du temps. Des résultats réguliers pendant quelques saisons. On est en bonne voie.
- L´OM aussi semble sur la bonne voie.
- Et je m´en réjouis. Nos supporters veulent voir leur équipe devant un OM fort. Maintenant, c´est dans l´épreuve qu´on voit les assises et les capacités d´un club. On verra dans les faux pas si la situation est clarifiée. En attendant, pourvu que ça dure.