WEST HAM / EDOUARD CISSÉ :
« Fernandez n’en fait qu’à sa tête »
12 août 2002 - Aurélien CANOT
Encore sous contrat pour trois ans avec le PSG, Edouard Cissé a rejoint West Ham pour un prêt d’une saison. Un départ ressenti comme un soulagement pour un joueur qui n’a jamais eu le temps de jeu désiré à Paris. Et qui n’a jamais très bien compris les choix tactiques de son entraîneur.
Edouard Cissé, on vous imagine soulagé d’avoir trouvé un nouveau club, même s’il ne s’agit que d’un prêt ?
Cela fait un mois que cette situation durait. Maintenant que tout est réglé, c’est vrai que je suis content, surtout à l’idée de jouer de nouveau. Les dirigeants parisiens voulaient me vendre pour faire de l’argent mais ils n’ont pas eu d’autres choix que de se tourner vers un prêt. La piste Middlesbrough n’a pas abouti et je me suis donc dirigé vers West Ham.
L’étranger était la seule piste ou des clubs français se sont-ils renseignés sur vous ?
Au mois de juin, Lyon m’a contacté pour envisager un prêt. Cela m’intéressait de retrouver Paul Le Guen mais ils ont recruté Diarra entre temps. Il y a également eu Sedan mais bon, je préférais privilégier l’étranger et tenter ma chance dans un nouveau championnat.
C’est la fin d’une période délicate, à l’écart du groupe…
On a vécu un mois assez difficile en effet, avec les trois autres joueurs écartés. J’ai surtout ressenti un manque de respect vis à vis de nous. Avec un garçon comme Pierre Ducrocq, on a été formé au PSG et on a donné cinq années de notre carrière à ce club. Alors c’est vrai que ce n’est jamais très agréable d’être traité de la sorte. Cela m’a donné encore plus d’envie de partir. J’ai accepté beaucoup de choses ici et j’ai toujours respecté le groupe. J’en ai gros sur le cœur mais je me suis rendu compte que les joueurs ne sont rien de plus que du bétail. Mais bon, la page est tournée.
Est-il possible de vous voir porter de nouveau le maillot d’un PSG entraîné par Luis Fernandez ?
En un mois, j’ai appris pas mal de choses. Il y a quelques temps, j’aurais sans doute répondu non mais aujourd’hui, je ne sais pas. Je ne sais pas comment cela va se passer avec West Ham et je serais peut-être obligé de retourner au PSG, d’autant que j’ai encore trois ans de contrat là-bas. Il ne faut jamais dire jamais mais personnellement, je n’y tiens pas spécialement.
« Un manque de confiance »
Il a pourtant tenu un discours flatteur à votre égard en précisant qu’il serait content de vous voir revenir l’année prochaine…
Je n’étais pas au courant de ça et c’est vrai que cela fait toujours plaisir. J’ai toujours eu un bon dialogue avec Luis mais c’est vrai que parfois, je ne comprenais pas ses choix tactiques. On a discuté plusieurs fois et il a compris qu’il ne pourrait pas compter sur moi cette saison. De toutes façons, il n’en fait qu’à sa tête.
Est-ce un manque de respect ?
Je ne sais pas. J’avais décidé de ne rien dire quand j’étais sur le banc ou écarté du groupe en pensant qu’en travaillant, j’aurais ma chance. C’était totalement faux. Luis préfère se reposer sur des joueurs étrangers plutôt que sur les jeunes formés au club. A Paris, on n’a jamais exploité mon potentiel, par manque de confiance. Mais à côté de ça, on ne m’a jamais demandé de partir.
Quel est votre plus grand regret ?
Le manque de stabilité. J’aurais vraiment aimé que les dirigeants laissent le groupe en place pendant plusieurs saisons sans le bouleverser chaque été. Surtout que les résultats n’ont pas été formidables ces dernières saisons. Et le manque de considération également. Ce n’est pas parce qu’on gagne beaucoup d’argent qu’il faut nous traiter comme de la merde (sic).
Vous avez quand même joué quarante matchs l’an dernier…
C’est vrai mais à 24 ans, je suis ambitieux. Je sais ce que je veux et les domaines où je dois progresser. Je n’ai pas participé aux matchs importants quand on regarde de près. Cela témoigne d’un manque de confiance.