Chapitre 15
Menra n’avait croisé personne, entendu aucun bruit durant son séjour dans la ville. Il avait à peine aperçu le gérant de l’auberge où il avait loué une chambre. Cette ville était macabre, il ne s’y attarda pas. Il la quitta par la porte ouest. Porte était un bien grand mot, c’était en fait une arche a laquelle pendait un vieux battant en bois moisi. Il s’en approcha et se retrouva face à face à un vieil homme. Quand celui-ci le vit, il ouvrit de grands yeux ronds et se mit à crier : « Lamna ! Lamna ! ». Puis il partit en courant à travers la ville sans cesser d’hurler. A ses mots, les portes et les volets se refermaient. Un silence encore plus pesant envahi la ville. Le garçon s’éloigna avec un frisson.
Il avança pendant des heures sans s’arrêter, pensant à la ville qu’il venait de quitter. La nuit tomba sans qu’il s’en redit compte. Quand soudain, il entendit un hurlement. Il le connaissait, il l’avait déjà entendu plusieurs fois. Mais le cri destiné a l’effrayer se transforma en un cri de douleur et s’arrêta brusquement sur une dernière plainte. Il réprima un nouveau frisson. Il n’avait jamais entendu un loup crier ainsi. Il y avait quelque chose de plus dangereux que les loups dans les environs.
Une journée passa. Menra décida de passer la nuit eu pied d’une colline, la première qu’il avait vu dans cette région. Il attendrait le lendemain et la lumière du soleil pour l’escalader. Il y eut un lendemain, mais guère de soleil. Le jeune homme entama tout de même l’ascension. Arrivé au sommet, il fut sidéré. Au pied de la colline s’étendait une gigantesque tache noir. Plus grande et plus sombre que toutes celles qui parsemés ce pays. La peur était aussi présente, très forte. Il commença a descendre la colline mais glissa sur une pierre et roula jusqu’au bas. Chose étrange, Orssy ne l’avait pas suivi. Il se releva tant bien que mal et fut a nouveau projeté a terre par une secousse. Il y en une autre, puis une autre, de plus en plus forte. Et un monticule de terre se dégagea du sol, s’éleva et s’élargit peu à peu. Le garçon dû retenir une exclamation de surprise mêlée d’horreur. Une tête de serpent énorme avait jailli du monticule. Bientôt, une autre suivi. Elles se secouèrent, dégageant la terre, faisant apparaître un corps monstrueux. Les deux têtes n’appartenaient qu’à une seul créature. Son corps ressemblait a celui d’un crabe ou d’une araignée a cela prêt que le bout des huit pattes étaient aussi affûtés que des lames de rasoir. Le monstre était couvert de grandes plaques noirs, ses écailles.
Menra n’eut pas le temps de réagir, une des têtes se jeta sur lui. Il se protégea avec son bouclier qui fut fracassé sous le choc et se releva rapidement. Le monstre l’attaqua de nouveau mais cette fois il était prêt, il l’évita et lui assena un énorme coup avec son épée. La créature n’eut même pas une égratignure, les plaques qui la protégeaient étaient plus durs que la plus dur des roches. Elle attaqua de nouveau et , sans grand espoir, Le garçon lui sauta dessus. La tête se relevait a présent, emportant l’homme avec elle. Il lui creva les yeux avec son épée. Le monstre poussa un cri terrifiant et Menra glissa le long de son cou. Il était maintenant sur le dos de la créature mais il ne voyait pas en quoi cela pourrait l’aider. De plus, il restait deux yeux au monstre et il était fou de rage et de douleur. La tête qui voyait encore l’attaqua, il l’évita de peu mais elle se blessa elle-même, trouant sa carapace. C’était sa seule chance, le jeune homme empoigna son épée des deux mains et l’enfonça jusqu’à la garde dans l’endroit découvert. Le monstre hurla et s’affaissa sur le côté. Menra fut envoyé au loin et se releva pour regarder ce qui se passait. Le monstre s’était effondré mais son corps était agité de soubresauts. Quand il fut totalement immobile, il se désagrégea projetant une lumière vive tout autour de lui. Bientôt, il ne restait plus du monstre qu’une lumière vert pale. Le garçon s’approcha et la lumière entra en lui, par l’intermédiaire du médaillon, lui arrachant un cri de douleur. Il tomba sous le choc, évanoui.