Chapitre 13
Menra resta encore une semaine dans le temple, ou plutôt dans son jardin. Il ne pouvait pas partir, il ne savait même pas où aller. Pourquoi avoir dit qu’il savait quoi faire, il n’en avait pas la moindre idée ! Pourtant, sur le moment, il l’avait su, il l’avait senti. Mais maintenant il ne s’en souvenait plus et il n’osait rien faire, craignant de se tromper.
Orssy avait l’air de vouloir le pousser, il restait toujours près de lui a lui donner des coups de tête. Dès que le garçon se levait, le cheval lui présentait son flanc gauche, comme s’il lui demandait de le monter. Mais le jeune homme ne faisait rien, il passait la plus grande partie son temps assis, a réfléchir.
Après deux nouveaux jours Menra constata que, bizarrement, il ne se souvenait que très peu de sa vie. Il se rappelait vaguement quelques visages, des bribes de son enfance, et il avait même presque oublié le voyage qu’il venait d’effectuer. Au contraire, il connaissait chaque phrase, chaque mot de la légende. Il en était là quand il se rendit comte qu’il y avait un problème. Il se mit debout et le trouva immédiatement : son cheval avait disparu.
Comment avait il pu ne pas le remarquer plus tôt ? Il l’appela, le chercha dans tout le jardin, entra dans le temple. Il n’était plus là. Le garçon s’élança alors sans réfléchir, son animal était dans le désert, sans doute terrorisé, il devait le retrouver. Dès qu’il franchit la limite du jardin, il éprouva une étrange sensation, alors il s’arrêta. Tous ses souvenirs étaient revenus, la légende ne le préoccupait plus autant. Il n’y avait qu’une explication, c’était le temple qui l’avait retenu. S’il était parti directement, il aurait peut être déjà trouvé le bon chemin. Et maintenant il avait non seulement perdu du temps mais aussi son compagnon.
Il marcha seul dans le désert une journée entière. Après être sorti du jardin, il avait continué tout droit, c´est-à-dire vers l’est. La peur que provoquait le désert s’était insinué en lui dès les premières minutes. Désormais il était seul, et cette simple idée lui glaçait le sang. Orssy n’était qu’un cheval mais il se faisait mutuellement confiance. Sans lui, il se sentait perdu, en danger. Il s’arrêta à la tombée de la nuit et se laissa tomber sur le sol. Il n’était nullement fatigué mais sa tristesse était telle qu’il ne se sentait plus la force d’avancer. Il ne dormit pas et reparti le matin avec une certitude : cela ne servait à rien d’avancer, ce désert s’étendait à l’infini et il ne savait toujours pas ce qu’il devait faire.
Il s’arrêta finalement au milieu de la journée et s’assit sur un rocher. Il sentit quelque chose de froid contre sa poitrine, son médaillon. Il le retira et l’observa attentivement puis il le prit dans sa main et aussitôt tout devint clair. Il était sur la bonne voie et le désert se terminerait forcément. Il fallait juste qu’il retrouve son cheval dans cette imensité aride. C´est a se terme qu´il pensa et il faillit défaillir de nouveau mais il referma sa main sur son collier et se mit en route.