un chapitre beaucoup plus long que d´habitude:
Chapitre 37
Menra marcha de longues heures durant, le soleil montait peu à peu dans le ciel au fur et à mesure qu’il avançait. Il croyait marcher au hasard mais inconsciemment, il savait exactement où il voulait aller. Et il y arriva alors que le soleil était à son plus haut point. Il s’approcha lentement du grand autel de marbre blanc dont les coulures noires le faisaient frissonner. Mais il n’y en avait plus de nouvelles et déjà la végétation reprenait ses droits. Il contourna l’édifice de pierre et découvrit une large tache sombre dans l’herbe écrasé par endroits. Il lui sembla sentir à nouveau les serres pénétrant dans sa chair et porta vivement la main à son visage mutilé. Il avança encore et marcha sur quelque chose de dur. Il s’écarta et ramassa l’objet : le bouclier qui l’avait sauvé et dont il ne restait que quelques morceaux éparses dans l’herbe, le bouclier grâce auquel il n’avait eu qu’un bras cassé au lieu de la mort. Ce bras qui le faisait toujours souffrir et dont il ne pouvait faire aucun usage. Il fit encore quelques pas, il n’y avait pas trace de son épée ni du Lemna d’ailleurs. Il s’assit lourdement sur le sol et ferma les yeux. Il revit tout ce qui s’était passé ce jour là, la fillette qu’il avait du quitter, l’appel au sacrifice du Taza-qu’avait il pu bien devenir d’ailleurs ? - La combat contre le Griffon et enfin l’obscurité qui l’avait suivi. Et la même question lui revenait constamment en tête : pourquoi n’était il pas mort ?
« C’est elle qui t’as sauvé. »
Il se releva brusquement. Derrière lui se tenait la famille qui l’avait hébergé.
« Elle t’as sauvé de lui et t’as amené chez nous, répéta l’homme, je m’appelle Ernan et voici Elena, ma femme. »
La femme en question lui dédia un grand sourire mais lui se contentait de les regarder, sans sentiment. Alors elle lui parla à son tour.
« Elle nous a dit ce que vous avez fait pour elle, quand elle a réussi à parler, et elle s’est toujours occupé de vous depuis le jour où elle est apparu à notre porte, à bout de force, après vous avoir porté des heures. »
Menra regarda l’enfant, il la connaissait mais ne se rappelait pas qui elle était, il ne se souvenait pas de grand-chose d’ailleurs, si ce n’était de ce jour où il avait affronté le faux-Dieu. Elle le regardait en souriant puis, voyant qu’il ne disait ni ne faisait rien, elle prit la parole d’une voix hésitante :
« Je voulais te dire merci pour m’avoir aidé et je suis désolé pour ton visage. Mais le docteur a dit qu’il ne pouvait pas faire mieux et que même comme ça, tu pouvais ne pas survivre.
-Il a aussi dit que vous n’auriez jamais survécu sans elle, ajouté Ernan, visiblement contrarié. Vous auriez pu au moins nous prévenir avant de partir comme ça ! elle était très inquiète, ajouta il. »
Il ne fit toujours rien, il les fixait de ses yeux mornes. L’homme fronça encore les sourcils et parut prêt à ajouter quelque chose mais la jeune fille lui touche la bras et lui fit un signe de la tête.
« C’est inutile, il ne se souvient pas, je ne suis même pas sure qu’il nous comprenne, puis se tournant vers Menra, c’est ça pas vrai ? tu ne me reconnais pas. Tu ne sais pas qui je suis. Mais peut être reconnaîtra tu ceci. »
Elle sortit d’une poche un médaillon rond marqué de trois triangles en formant un plus grand. Il inspira profondément et un sentiment d’étonnement marqua ses traits. Bien sur qu’il reconnaissait cet objet. Il en avait besoin, tout de suite. Il s’approcha de l’enfant qui lui tendait le pendentif , un sourire illuminant son visage. Il tandis la main et marqua un temps d’arrêt hésitant sur ce qu’il devait faire. Puis il prit l’objet dans sa main valide et le détailla longuement. Il en connaissait les moindres détails, des gravures en relief à la plus fine des rayure. Il resta de longues minutes ainsi, ne remarquant pas les trois autres qui l’observaient en retenant leur souffle. Puis il releva la tête et regarda la fillette droit dans les yeux et enfin s’écarta de plusieurs pas. Elle ouvrit la bouche étonné et déçu mais ne chercha pas à le suivre. Quand il fut assez loin, il passa la chaîne autour de son cou. A peine avait il fait ce geste que des filaments de lumière jaillir du sol alentour, se reliant les uns aux autres pour finir par former une unique sphère lumineuse.
« C’est la lumière qu’est devenu Iteran et les plumes qu’il avait donné aux prêtres ! s’écria l’enfant. »
Alors, Menra ferma les yeux et attendit, pas longtemps. La boule de lumière ne tarda pas à lui foncer dessus et à entrer en lui, lui arrachant un cri de douleur le temps que dura l’opération tandis que les trois autres l’observaient affolés et impuissants. Puis, il n’y eu plus de lumière et le jeune homme s’effondra, haletant. L’enfant se précipita vers lui et l’aida à se relever. Elle ne parvint qu’à le mettre à genoux mais tandis qu’elle s’efforçait à le relever, il la regarda droit dans les yeux, et son regard n’était plus mort. Et il prononça ces simples mots :
« Merci, merci pour tout »
Elle le regarda gravement et fondit en larme dans ses bras. Ils se relevèrent ensemble et elle l’amena vers le couple. Ils le regardèrent avec un mélange de crainte et de colère.
« Je voudrais…merci et pardon. Je n’était pas moi, je devais venir ici pour… «
Il laissa mourir sa phrase. L’homme ne dit rien mais il lui serra la main avec un sourire. Sa femme quand à elle lui souris mais ne fit rien d’autre.
« Je sais que vous avez déjà fait beaucoup pour moi mais je vous demande une dernière faveur. J’aimerais que vous vous occupiez de la petite.
-Pourquoi dis tu ça ? Tu vas rester avec nous toi aussi, s’exclama l’intéressée.
-Non, je ne peux pas, je ne suis pas venu ici par hasard, j’ai une tache à accomplir et c’est bien trop dangereux pour toi. Je ne peux pas t’emmener. »
Les larmes montèrent aux yeux de la jeune fille et elle partit en courant pour pleurer en paix. Un simple regard passa entre les deux hommes et ils comprirent tous deux que c’était la meilleure solution.
« Encore merci, mais maintenant je dois partir.
-Je comprend , tenez, vous allez avoir besoin de ça »
Et il lui rendit son épée ainsi que son arc qu’il avait prit soin d’emmener, comme s’il savait déjà.
« Il manque une flèche à votre carquois, elle s’en est servi pour tuer Iteran.
-Oui, elle est douée. Merci »
Et il partit sans un au revoir, sans aucun signe ne regard en arrière, mais pas sans regret.
Il avait effectué la traversé du désert pour la troisième fois, la plus longue mais la plus facile de toutes, et il était maintenant au temple de l’espoir. C’est avec surprise qu’il avait retrouvé Orssy l’attendant patiemment, allongé dans l’herbe de l’oasis. Puis il était entré dans le temple sur son dos et , sans hésiter, il avait pris la boite que Sayan, la jeune fille qui l’avait trouvé après sa prelière rencontre avec un Lemna, lui avait donné et l’avait ouverte. En était sortie une douce lumière rose pale qui avait également rejoint son corps mais sans le faire souffrir.Puis il avait saisit son médaillon et la voix lui parla aussitôt :
« Tu as réussi Nessa em, tu as trouvé et reprit les pouvoirs des sept sages.
-Comment ça…alors c’était ça.
-Oui, et maintenant tu sais ce qu’il te reste à faire.
-Je dois les détruire.
-C’est exact.
-Et pour les détruire je dois…
-C’est le seul moyen, tu es Nessa em, tu sais ce que ce titre signifie.
-Oui, Iteran me l’a dit, puis, il s’adressa à son cheval, désolé mon ami mes nos routes se séparent ici, je en peux t’emmener là où je vais. »
Il descendit du cheval mais celui-ci le suivit docilement
« Non, tu ne comprends pas, c’est terminé, tu peux partir maintenant, tu peux retrouver ta liberté. »
Orssy hennit bruyamment et le poussa du chanfrein.
« Tu veux vraiment venir avec moi ? bon très bien, ajouta il comme le cheval le poussait de nouveau »
Il le remonta et se tourna vers le fond du temple. Orssy se cabra et parti au galop vers le mur. Il n’était plus qu’à quelques centimètres quand une large bouche noire s’ouvrit juste devant eux et les engloutit. Le passage s’éfrita alors peu à peu pour finir par disparaître complètement et définitivement.
Personne ne connut l’histoire de cet homme. Cet homme qui avait risquait sa vie à de nombreuses reprises pour sauver ceux qu’il ne connaissait pas. Cet homme qui avait souffert, tant physiquement que mentalement pour eux. Personne ? Non, il y a quelques individus qui s’en souvinrent comme d’un ami et d’un homme de bien. Mais personne jamais ne sut que cet homme était mort pour eux. Cet homme dont le nom était Menra.