Chapitre 33
La ville était immense, sans doute la plus grand qu’il ait vu à ce jour. Elle était entouré d’une grande muraille qui semblait faite d’or. Menra pouvait voir du haut de la colline sur laquelle il était juché, c´est-à-dire encore à plusieurs kilomètres de la citée, qu’elle était constituée de plusieurs parties séparés les unes des autres par de grands murs et disposés en cercle : les maisons les plus proches du rempart étaient sombres, collés les une aux autres, et certaines avaient une partie de leur toit ou de leurs murs écroulée. C’était sûrement le quartier pauvre. A ces masures succédaient de grandes maisons en bon état, certaines avaient de petits jardins. Puis, venait le troisième quartier, celui des riches. Les construction étaient gigantesques et s’ornaient toutes d’un immense jardin. Enfin, au centre même de la citée se trouvait un bâtiment immense, le mot « palais » vint aussitôt à l’esprit de Menra. Il était fait de marbre blanc et surmonté d’une coupole d’or. Plusieurs tourelles l’entouraient, toutes faites de la même façon que le bâtiment central. Menra esquissa un sourire et se dirigea vers la ville au petit galop. Il s’apprêta à repasser au trot quand il arriva en vue de la porte, mais il n’en eut pas besoin. Orssy s’était arrêté brusquement et sans signe avant coureur. Menra marmonna un juron comme il avait failli passer par-dessus la tête de son cheval. Puis, se redressant il vit ce qui avait encore une fois effrayé son comparse : c’était le même homme, celui qui avait déjà alarmé Orssy et qui l’avait ensuite amené jusqu’à la colline à partir de laquelle il avait observé la ville, cela avant de disparaître sans prévenir. Le garçon se laissa glisser à bas de son cheval qui refusait obstinément de faire un pas de plus, et il alla à la rencontre du chauve.
« Te voilà enfin ! fit l’homme, toujours aussi arrogant.
-Je ne savais pas que j’étais attendue, répliqua froidement Menra.
-Il n’est pas bon de faire attendre un prêtre de Taza ! continua l’autre, comme s’il n’avait pas entendue la remarque du garçon.
-Tu es donc prêtre, et quelle est cette ville ?
-Te voici aux abords de Chyrellos, la citée de Taza.
-Très bien, il me tarde d’entrer et de rencontrer ce Taza! »
A ses mots, le prêtre écarquilla les yeux et afficha une expression d’outrage absolue. Menra lui lança un regard étonné :
« Aurais je dit quelque chose de mal ?
-Comment oses tu seulement penser entrer ! cracha l’homme, tu ne devrais même pas marcher sur ces terres !
-Vous voulez dire que vous m’avez amenés jusqu’ici pour me laisser à la porte ? demanda le garçon, sur un ton partagé entre la colère et la surprise
-Je ne t’ai jamais demandé de me suivre ! C’est toi qui m’a suivie, tu pourras voir Taza au matin ! Maintenant part. »
Menra le regarda partir bouche bée avant de se retourner vers son cheval qui était resté campé sur ses membres et n’avait pas bougé d’un pouce :
« Tu y comprend quelque chose,toi ? »
Orssy poussa un petit hennissement de dérision avant de venir flanquer un coup de tête amicale à son maître.
« En tout cas, tu as l’air de saisir plus de choses que moi fit le garçon avant d’éclater de rire, bon, nous verrons bien ce qu’il en est demain ! »
Ils partirent alors à la recherche d’un abri pour la nuit, tache qui s´avéra enfantine étant donné du nombre incroyable de bosquets disséminés tout autour de la ville.