Chapitre 30
« Nessa em ! Nessa em ino eb nasol te maras ! »
Menra se réveilla en sursaut. Encore une fois, le même rêve qu’il ne comprenait pas. Rien, rien d’autre que cette voix qui lui parlait dans un langage qui lui était inconnu. En fait, on aurait dit que ces paroles étaient formulés par des dizaines, des centaines de voix différentes qui s’unissaient pour n’en former qu’une. Et elles lui parlaient, il en était sur, ce n’était pas qu’un simple rêve. Comme toute les nuits depuis près d’une semaine, depuis qu’il faisait ce rêve, il sortit de la maison en ne faisant aucun bruit pour ne pas réveiller Diona. Il s’assit sur le perron et attendit. Après quelques minutes, une lueur apparu à l’est. Il prit une profonde inspiration, il adorait cette vue. Le soleil se levait, jetant ses flammes sur la Terre encore endormie. Sa lumière avançait, petit à petit, et allé bientôt atteindre le jeune homme. Alors, il soupira, se leva et parla sans se retourner.
« Je fais tant de bruit ?
-Non, bien sur, répondit Diona.
-Alors pourquoi te lève tu toujours en même temps que moi ?
-Qui sait ? peut être que je ne dort pas ? peut être n’est ce que le hasard ?
-Je ne crois pas au hasard, je te connais depuis assez longtemps ! Tu peux me le dire, fit il en se retournant.
-Crois tu qu’un mois soit suffisant pour des confidences ? »
Le garçon sourit, il avait appris à connaître son hôte, il avait appris que ses questions ne faisaient qu’en engendrer de nouvelles de sa part.
« Peut être pas, tu as raison. Qu’allons nous faire aujourd’hui ?
-Te plairait il de voir un spectacle encore plus beau que celui-ci ? demanda elle en désignant le grand astre qui rougeoyait à présent au dessus des maisons.
-Es tu sur qu’une tel chose existe ? »
Elle lui sourit en réponse et partit en courant, sans aucun signe avant-coureur. Menra rit et la suivit essayant de la rattraper, sans en avoir vraiment la possibilité. Ils sortirent de la ville et continuèrent leur course folle vers les collines. Soudain, Diona escalada la plus haute et s’arrêta. Menra attendit, pensant qu’elle comptais repartir puis, comme elle ne bougeait pas, il la rejoignit. « Là-bas » dit elle simplement et il regarda dans la direction indiqué. Il voyait, encore à une certaine distance de leur poste d’observation, des reflets dorés et bleus.
« Qu’est ce que c’est ?
-Tu verras ! et elle reparti de plus belle
-Diona ! Diona attends ! cria le jeune homme puis, résigné, il la suivit »
Après une bonne matinée de marche, ou plutôt de course, la jeune femme semblait infatigable, ils arrivèrent enfin à la chose qu’il avait vu le matin. Menra s’assit épuisé et plongea les yeux dans la grande surface bleu. C’était un lac sublime. Il reflétait les rayons du soleil, leur donnant les couleurs de l’arc en ciel dans divers variantes. La simple vue de cette étendue d’eau apaisait le jeune homme, lui ôtant de la tête les pensées qu’il ruminait depuis l’apparition de ses étranges songes. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais les mots lui manquaient. Alors, Donia s’assit à ses côtés et se blottit contre son épaule et ils restèrent ainsi, des heures durant, ne pensant à rien.