Chapitre 29
Quand il parvint enfin à sortir de ses pensées, et ce fut avec toute la peine du monde, Menra se trouvait dans un endroit qu’il ne connaissait pas. Le paysage avait complètement changé. Il ne voyait plus la moindre trace de verdure, il se trouvait dans un vrai labyrinthe de roches. Avec tous les regards qu’il lançait autour de lui et ses pas prudents, Orssy semblait tout aussi déconcerté que lui. Le jeune homme trouva rapidement l’auteur de ce mystère :
« Oh ! Je vois » fit il à l’adresse de son médaillon, il avait depuis longtemps compris que le bijoux servait d’intermédiaire entre lui et La Voix
« C’est toi qui nous a amené ici ? Mais pourquoi ? Et comment ? »
Il n’y eu aucune réponse.
« Très bien, c’est toi qui choisis quand on peut parler, c’est ça ? Et bien je ne suis pas d’accord ! J’ai besoin de toi et tu… »
Il ne finit pas sa phrase, il avait aperçu un faible mouvement devant. Il s’approcha au petit trot et vit une jeune femme qui le regardait avec ses grands yeux. Elle le regardait comme si elle l’attendait. Elle fit quelque pas et se retourna vers lui, comme pour l’inciter à la suivre. C’est ce qu’il fit, elle semblait très bien connaître cet endroit et le sorti rapidement du dédale. Il la remercia et elle lui répondit avec un grand sourire puis parla, pour la première fois depuis qu’ils s’étaient rencontrés :
« Vous voyez, ce n’est pas si difficile !
-Oui ! Je suppose que pour vous c’est la facilité même, mais pour moi qui ne connaît pas cette endroit, c’est une autre affaire ! »
Elle sourie de nouveau :
« Oui, ça doit être vrai.
-Excusez moi mais je ne crois pas connaître votre nom.
-Non, je ne vous l’ai pas dit ! On m’appelle Donia.
-C’est un très beau nom, moi je suis Menra.
-Oui, répondit elle simplement, suivez moi ! Je vais vous montrer mon village. »
Il arrivèrent bientôt aux portes d’un village, que le jeune homme aurait plutôt qualifié de ville en voyant la différence de taille avec Owensë. Il resta à l’entrée, bouche bée. Encore une fois, Donia lui adressa un sourire radieux et l’invita à avancer plus avant dans la cité. Tout le monde lui faisait des signes de la main sur son passage et elle répondait toujours.
« Et bien, vous semblez être connu ici. remarqua Menra
-Oui.J’ai toujours vécu ici et je ne compte pas partir de si tôt, les gens sont tellement gentils!
-Où m’emmenez vous ainsi ? demanda le garçon après un silence
-Je ne sais pas, veux tu que je te montre ma maison ? »
Ce soudain changement, ce tutoiement, étonna Menra quelques secondes mais il trouva ça plutôt agréable, on ne lui avait pas parlé ainsi depuis qu’il étais parti. Il eu un soupir nostalgique mais la jeune femme ne sembla pas le remarquer, elle continua à avancer gaiement dans les rues du village. Le garçon la détailla comme il le faisait toujours, elle avait de magnifiques cheveux d’or, une peau très pale, presque blanche et portait une robe vert émeraude qui s’arrêtait à mi-mollet. Mais ce qu’il préférait chez cette femme c’était ses yeux, ses grands yeux couleur de sable qui traduisait chacun de ces sentiments. En fait, on pouvait plus facilement connaître ses sentiments en observant ses yeux qu’en regardant l’expression de son visage. Elle avait quelque chose d’étrange, Menra ressentait un sentiment confus en la regardant mais il ne pouvait le définir. Il secoua la tête et eu un sourire à peine perceptible, le premier vrai sourire depuis bien longtemps.