Chapitre 27
L’armée ennemi s’étalait et entourait peu à peu celle des hommes de façon à empecher toute fuite, mais ces derniers ne tentaient rien. Ils étaient figés par la peur et l’horreur. Il était là, il avançait fatalement, se rapprochant plus à chaque nouveau pas. La terre mourait sous ses pieds, incendiée. Il était immense et ressemblait à un homme, mais il avait des sabots et de grandes cornes, comme celles des béliers. Sa peau, ou son cuir, était noir, mais surtout, il semblait fait de feu et de lave. Ses yeux étaient des flammes et il tenait à chaque main une grande épée rouge. Menra le regardait, ahuri et il entendit la voix du capitaine, à peine perceptible malgré le silence :
« Le Ashma »
Alors, Menra su ce qu’il devait faire. Le Ashma avait provoqué la mort de son ami, il avait tué bien d’autres personnes encore, des personnes innocentes. Il descendit de cheval, tout doucement et dégaina son épée. Le Ashma, voyant un homme bouger, un simple homme, un être des centaines de fois inférieur à lui, s’arrêta. On aurait dit que l’univers entier attendait. Rien ne bougeait, il n’y avait même pas un souffle de vent, même pas de bruit d’un insecte. Rien. Ce fut le Ashma qui rompit le silence. Il poussa un cri terrible qui horrifia tout le monde, même les monstres étaient terrifiés. Mais en réponse, Menra brandit son épée et cria. Il cria de toute la force de ses poumons, il cria plus fort même que la bête. Il cria, en manière de défi et tous le surent. Le Ashma reprit ça marche mais le garçon ne bougea pas. Le monstre leva une épées et l’abattit violemment sur lui. Mais il contra son attaque sans difficulté et lui porta un coup dans le torse, qui ne fit qu’augmentait la rage du Ashma. Un long combat commença entre les deux adversaires. Menra arrêtait ou évitait toutes les attaques du monstre mais ne parvenait jamais à le blesser, si ce n’est dans son orgueil. Puis, après quelques minutes qui semblèrent une éternité, le monstre commis une faute grave. Emporté par sa colère, la bête leva ses deux épées pour assener un coup mortel à Menra, mais le garçon en profita. Il enfonça son épée dans le torse du monstre. Celui-ci hurla, pas tant de douleur que de colère, et recula, arrachant l’épée de la main du jeune homme. Il lâcha ses propres armes et empoigna celle qui lui sortait du ventre et l’enleva d’un coup avant de la jeter au loin. A l’horreur général, la plaie se referma immédiatement. Le Ashma regarda Menra qui était toujours au même endroit et un nouveau feu sembla s’allumer dans ses yeux. Il déversa son feu sur le garçon qui eu pour seuls réflexes de fermer les yeux. Ainsi allait il finir, brûlé vif par un monstre. Après tout, c’était peut être mieux ainsi, il n’aurait plus à combattre ni à vivre avec le souvenir du massacre d’Owensë.
Il attendit, mais rien ne se passa, il ne sentit pas la chaleur des flammes, au contraire, il lui parut qu’il faisait assez frais. Dans un effort de volonté considérable, il ouvrit les yeux et eut la surprise de constater qu’il était entouré d’eau. Il y en avait tout autour de lui, comme une boite. Il écarquilla les yeux en voyant la langue de feu s’écraser et disparaître en fumée au contact de l’eau. Tout semblait flou. Il baissa les yeux et son regard tomba sur ses mains, l’une tenant les pendentif, l’autre bras replié dans une attitude protectrice. Alors il comprit. Il se redressa, se tint droit et fier et tendit sa main en avant, paume face au monstre. Comme il l’avait pensé, l’eau se canalisa en un grand jet qui alla à la rencontre du feu. Et Menra avança, pas à pas, se rapprochant petit à petit du Ashma qui avait peur, pour la première fois de son existence. Bientôt, le garçon fut sur lui et il déchaîna toute sa volonté pour l’anéantir. Et cela marcha. Le jet d’eau traversa la bête et s’élargit, anéantissant son corps de feu. En un instant, se fut terminé. L’armée de monstre se consumé dans de grandes flammes qui parurent sortir d’eux-mêmes, bientôt, il ne resta plus que des cendres. Alors, une lumière rouge comme de flamme apparut à l’endroit précis où c’était tenu le Lamna quelques secondes plus tôt et une fois encore, elle prit place dans le corps de Menra.