et voilà! nouveau chapitre!!
Chapitre 22
La mer. Elle ne s’arrêtait pas. Jamais. Elle n’avait pas de fin. Non, pas de ce côté du moins.
Et pourtant, c’était bien la terre qu’il apercevait au loin. Si loin, elle semblait reculer au lieu de se rapprocher. Pourtant, le courant allait vers elle. C’était une illusion, elle était dû à la soif. Menra le savait. Il n’avait pas pensé , dans sa hâte, à apporter de l’eau potable. Il n’y avait que l’eau de la mer tout autour de lui, une eau imbuvable même pour un homme assoiffé, car empli de l’essence du Lamna. Cela faisait déjà plus de deux jours qu’il avait quitté l’île car s’il fallait seulement quelques heures à un bateau pour traverser la mer, son radeau ne possédait ni voile, ni véritable rame.
Le soleil se levait sur un nouveau jour, le troisième depuis son départ. Menra restait allongé sur les planches, la main dans l’eau, sans se soucier des éventuels prédateurs qui la peuplaient.
Il resta ainsi, plusieurs minutes, ou étais-ce des heures ? il n’en avait plus idée. Il entendait le bruit des vagues, de plus en plus forts. Il avait l’impression de connaître ce bruit, mais il ne fit aucun mouvement. Soudain, sa main fut déchiré par quelque chose, il se décida alors à se lever et poussa un cri. Il avait réussi, il touchait terre ! Il avait cru ne jamais y parvenir mais c’était fait, ils étaient sauvés. Il s’élança sur la plage, criant sa joie de toutes la force de ses poumons, sa fatigue l’avait quitté, tout comme sa soif. Il fut bientôt rejoint par Orssy qui galopa joyeusement à ses côtés. Il ne s’arrêta pas avant d’être complètement essoufflé, et alors, sa soif revint. Il regarda autour de lui, il avait échoué sur une fine langue de sable bordé par une grande forêt à l’air accueillant. Partout, il y avait du vert parsemé de petites taches rouges, jaunes, bleus. Il s’en approcha prudemment, il connaissait les forêts et leurs dangers cachés. Mais en s’approchant, il entendit le bruit facilement reconnaissable de l’eau qui coulait. Il oublia ses craintes et se dirigea vers celui-ci. Il découvrit très vite un ruisseau d’une eau incroyablement claire. Elle reflétait la lumière du soleil et celle-ci traversait les feuilles des arbres alentours, donnant à l’endroit des reflets de verts. C’était un véritable paradis. Il but tout son saoul et trouva quelques délicieuses baies non loin de là. Puis, il se coucha et s’endormit, se sentant vraiment en sécurité pour la première fois depuis bien longtemps.
Quand il se réveilla, le soleil était encore haut dans le ciel. La nuit n’arriverait pas avant longtemps. Il partit explorer la forêt, d’abord il resta près de l’eau puis il s’enhardi et s’enfonça plus profondément dans la forêt. Tout était semblable au lieu qu’il avait quitté plus tôt, sauf bien sûr qu’il n’y avait pas d’eau. La forêt semblait s’étendre sur des kilomètres et des kilomètres. Il remarqua une zone plus clair en avant et, s’en approchant, il entra dans une clairière ou trônait un grand arbre, majestueux. C’était un chêne, plus grand qu’il n’en avait jamais vu. Pris d’une envie soudaine , il l’escalada jusqu’aux plus hautes branches et observa les environs. Au sud, il y avait la mer, vaste étendu d’eau ou il espérait ne jamais devoir retourner. A l’ouest, il distinguait un miroitement clair, le ruisseau qu’il avait quitté précédemment. Au nord, il n’y avait rien que des arbres, un océan infini de vert. Et au nord, il voyait des montagnes, une immense chaîne grise dominait par un sommet rouge, coiffé de neige. C’était le seul point noir du tableau, tout paraissait si beau autour mais cette unique montagne assombrissait le paysage. Menra détourna vivement les yeux et descendit. Il était parti depuis plusieurs heures, le soleil se couchait. Il retourna à l’endroit où il avait dormi pour y passer la nuit.