Chapitre 21
Cette fois, Menra ne se réveilla pas dans un lit. Il était toujours allongé sur le sable, trempé jusqu’aux os, bercé par le clapotis régulier des vagues. Son dos était appuyé sur le rocher contre lequel il avait glissé lors de son évanouissement. Il avait étonnement bien dormi et était près à repartir , dès qu’il aurait une idée de l’endroit ou il était.
Il pris Orssy et continua son chemin le long de la côte. Il découvrit bientôt un sentier qui serpentait jusqu’en haut de la falaise et le suivit. Il débouchait sur une grande forêt.
Curieusement, il n’entendait aucun cri d’animaux. Il en découvrit facilement la cause. Il entra dans une sorte de clairière. Les arbres étaient déracinés et avait été traînés sous la voûte que formaient les branches des arbres alentours. Au centre, un étrange monticule s’élevait. Etrange car composé d’ossements de bêtes, et d’hommes. Menra eut un frisson, c’était certainement le domaine du Lemna. Ce monstre avait tués tant d’êtres ! mais c’était finie maintenant, il l’avait tué, il ne ferait plus jamais de mal à rien ni personne.
Il s’éloigna sans pouvoir détourner le regard de l’affreuse butte. Puis, une fois qu’elle eu disparu de son champs de vision, il alla vers une haute colline qui émergeait des arbres.
Il l’a gravit et une fois arrivé au sommet, ce qu’il voyait le consterna. Il était sur une île, une île vaste, certes, mais déserte tout de même. Loin, vers ce qui lui sembla être le nord, il voyait une forme trouble, sans doute une terre lointaine qu’il ne pourrait jamais atteindre, a moins d’avoir des ailes. Ou un bateau, c’était son seul espoir, un bateau ! Après avoir vu les horreurs de l’île, il pensa, et il avait raison, qu’il devrait attendre une éternité avant de voir approcher un navire. Il n’avait pas l’éternité, il devait faire vite, il en était certain sans vraiment savoir pourquoi. Non, il devait se construire lui-même son embarcation. Il se mit aussitôt au travail, coupant les arbres les plus résistants à l’aide de son épée et attacher les troncs les uns aux autres de façon a avoir un radeau sommaire.
Après quelques jours de ce lent et fastidieux travail, il eut enfin terminé. Restait un problème, comment faire pour l’amener à la mer ? Il réfléchit longtemps sans trouer de solution, jusqu’au moment où il croisa le regard d’Orssy. Son visage s’illumina alors d’un large sourire et il s’approcha doucement du cheval. Il lui fit une bricole avec des branches aplatis et utilisa des lianes pour attacher le radeau a celle-ci. L’animal sembla d’abord surpris de voir cette chose qui le suivait mais les encouragements de son maître lui enlevèrent sa peur. L’embarcation fut bientôt mise a flot et les compagnons y montèrent, non sans précautions. Il restait juste assez de place pour mettre une petite caisse rempli de divers fruits. Le garçon commença a ramer avec une branche, d’abord prudemment puis avec de plus en plus de confiance, et s’éloigna rapidement de l’île. Il devait désormais compter sur la chance pour survivre.