Encore un ce matin…
Je fais pourtant très attention, c'est peu de le dire, en ouvrant délicatement les fenêtres et les volets le matin et en les refermant le soir. Je regarde attentivement chaque recoin, chaque montant, pour être sûr que l'un d'entre vous n'ait pas eu l'idée de se nicher tout près de l'encadrement, ou sur l'épaisseur d'un volet, afin de ne pas vous blesser.
Souvent l'un de vous tombe et après quelques secondes d'hébétement file maladroitement pour tenter de se cacher, seul reste un bout de queue se tortillant sur le carrelage. Quand c'est la queue c'est pas grave, elle repousse. Mais parfois c'est le drame.
Hier encore, malgré toutes les précautions que je prends – mais vous êtes si petits aussi – en refermant une fenêtre tu es tombé à mes pieds. Sur le moment j'ai cru que tu avais seulement sauté. Je t'ai soulevé délicatement avec trois ou quatre doigts, tu ne t'es pas défendu du tout, tu es même venu volontiers dans ma main, et je me suis aperçu hélas que je t'avais écrasé une patte arrière, et surtout l'abdomen… Je t'ai déposé sur le rebord extérieur de la fenêtre, tu semblais me regarder, et j'ai cru voir comme de l'incompréhension dans ton… regard(?)
Est-ce que tu souffrais ? Est-ce que ça souffre un lézardeau ?
Ce matin lorsque j'ai réouvert ma fenêtre tu avais gardé la même position, à quelques centimètres de là où je t'avais laissé la veille. J'ai pensé pendant un court moment que tu t'en étais sorti. Puis j'ai tapoté doucement de l'index le flanc de ton petit corps pour te faire bouger. Il était sec.
Et mes yeux se sont embués.