"La meilleure manière de comprendre l´Afrique du Nord, j´en suis convaincu, c´est de lire ses écrivains", indiquait Albert Memmi pour toute étude rapprochée de la littérature maghrébine, cette "littérature interculturelle dont le caractère est bien d´être, de façon immanente, un objet comparable : le type d´une littérature indépendante dans l´interdépendance", selon la conception du professeur en germanistique et en comparistique à l´université de Mayence (Allemagne), M. Thomas Bleicher (in la revue Interculturalité et didactique n°01 mai 1998, sous la direction de Kamal El-Korso). Vu l´importance qu´elle revêt dans le dialogue des cultures en général, la traduction a été au centre des débats, à l´initiative du centre d´études et de recherches allemandes et autrichiennes contemporaines du centre de Valence. Sous le thème de "la littérature maghrébine d´expression française en pays de langue allemande, à l´exemple de Assia Djebbar", les communications de nombreux professeurs et chercheurs en littérature comparée, venus d´Algérie, de France, d´Autriche, d´Allemagne et de Suisse, ont eu à traiter de la "traduction, la réception et de la réceptivité" qu´ont abordés Nabil Farès, Nadjet Khadda, Zohra Khandriche, Denise Brahimi, ainsi que d´autres spécialistes, parmi lesquels Reginakeil Sagawe, Mireille Calle-Gruber, Donata Kinzelbach, Lucien Leitess et Ernstpeter Ruhe. A noter que la "théorie de la réception" est une théorie littéraire (la troisième dans l´histoire de la théorie littéraire moderne, selon, certains critiques) qui privilégie le lecteur au texte dans le processus de lecture en amont et en aval - la "lisibilité" littéraire de celui-ci dépendant des connaissances préalables du premier-et qui est venue révolutionner la méthode prescrite par l´école romantique qui y accorda un intérêt exclusif à l´auteur, cette méthode fût battue en brèche par la nouvelle théorie qui, elle, accorda cet intérêt au texte, à titre exclusif. Le séminaire dirigé conjointement par la directrice du centre, Mme Lucien Calvie, et Mme Nassima Bougherara, responsable scientifique, s´est déroulé en présence de l´écrivain Assia Djebbar qui a, par ailleurs, apporté son témoignage sur le vécu des femmes dans le monde islamique, soutenu par celui d´autres femmes de lettres irakiennes, libanaises, tunisiennes, égyptiennes, syriennes et palestiniennes en la personne de Salma Khadra Al-Jayyusi, accueillis par l´écrivain tunisienne Hassouna Mosbahi sous le titre "Les sœurs rebelles de Schehrazade", traduit en allemand par Erdmute Heller aux éditions C. H. Beck-Munich ( 1997). Sur un autre plan, la ville de Heidelberg a déjà accueilli le "Mois du Maghreb" organisé par la coordination internationale des chercheurs sur les littératures maghrébines, le 8 mars et du 20 mai au 28 juin 1997, durant lesquels Mohamed Dib a fait la lecture de son poème "L´enfant-jazz" avec une musique de Michel Bismuth, ainsi que de son conte Histoire du bébé hippopotame, interprété en allemand par Stephan Egghart et Steffen Heieck. L´œuvre du même écrivain, L´infante Maure a été traduite la même année aux Editions Kiepenheuer & Witsch de Cologne. D´autre part, le roman de Azouz Begag Le gône du chaâba traduit par Regina Keil aux éditions Nagel & Kimsche de Zurich sous le titre "Azouz", der jung von stadtrand (Azouz, l´enfant de la banlieue), a reçu le prix "Guck mal ûbern tellerrand" pour l´année 1998, d´une valeur de 7 000 dm, organisé par la société allemande pour la promotion de la littérature africaine, asiatique et latino-américaine. Cette société a lancé, depuis l´année dernière, un programme d´activités qui durera jusqu´à la fin de l´année en cours, programme intitulé "Action-afrikanissimo", regroupant plusieurs œuvres littéraires du continent, le tout avec comme objectif de "promouvoir le dialogue interculturel par l´entremise de la littérature".
j´ai mis ce que j´avai trouve 