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LA LÉGENDE DE TANTALE
Né des amours de Zeus et de la Titanide Ploutô, dont le nom signifie "richesse", Tantale règne sur la Lydie, royaume prospère dont les terres regorgent d´or et produisent une nourriture abondante. Considérant ce souverain comme l´un des leurs, les dieux le couvrent de leurs faveurs, au point de lui conférer l´immortalité.
Toujours prêt à rendre service à ses amis les dieux, Tantale est remercié par un traitement privilégié puisqu´il est convié au banquet de l´Olympe et goûte ainsi aux plus délicieux des mets. Accueilli avec chaleur, il bénéficie de la confiance des dieux qui le laissent déambuler à sa guise dans leur céleste palais, et devant qui ils parlent librement. Mal leur en prend car l´éffronté, fier de son privilège, se croit autorisé à dévoiler sur terre les secrets les plus intimes des dieux et déesses. Son insolence ne se borne pas à trahir la confiance de ses hôtes : l´impudent va jusqu´à voler le nectar et l´ambroisie divins qu´il distribue aux hommes. Tantale espère ainsi profiter des bienfaits des nourritures célestes qui procurent l´immortalité et l´éternelle jeunesse.
Réputé autant pour ses richesses que pour son impertinence, Tantale décide un jour de s´assurer lui-même de l´omniscience des dieux. Les versions qui relatent la manière dont il s´y prend diffèrent, mais toutes font état de son insolence, parfois alliée à de la cruauté. Une première version raconte qu´il aurait menti à Hermès venu récupérer une statuette en or représentant le chien qui a élevé Zeus. Comment Tantale est-il entré en possession de l´objet sacré, conservé dans un sanctuaire du roi des dieux ? Il semble que Pandarios, après avoir perpétré le vol de la statuette et craignant la colère divine, soit allé trouver Tantale pour lui confier son butin. A Hermès, dépêché par Zeus, il répond par 2 fois qu´il ignore de quel objet il s´agit et nie avoir été en sa possession. Mais c´est compter sur la clairvoyance des dieux.
La légende la plus répandu prétend, elle, que Tantale aurait donné Pélops, son fils, à manger aux dieux. Désireux de rendre la pareille à ses hôtes de l´Olympe, Tantale profite d´un festin qu´il organise chez lui pour mettre à l´épreuve leur clairvoyance, en servant à ses invités de marque la chair de sa chair, qu´il aurait eue avec Dioné, une fille d´Atlas, ou avec Euryanassa, fille du fleuve Pactole. Guettant les réactions sur le visage de ses convives, Tantale ne peut que constater son erreur de jugement, puisque le dégoût qui s´inscrit sur leurs traits atteste que les dieux, à l´exception de Déméter qui, préoccupé par la disparition de sa fille a avalé le contenu de son assiette, ont bel et bien reconnu la nature du ragoût servi.
Outrés par ce crime, les dieux s´empressent de rendre la vie à Pélops : Hermès se charge d´aller le chercher aux enfers et de le ramener d´entre les morts. Clotho, une des Parques, retire le jeune homme de la marmite et lui insuffle à nouveau la vie. Pour remplacer le bout de l´épaule que Déméter a mangé par mégarde, les dieux greffent à Pélops une omoplate en ivoire, si bien implantée qu´une tache blanche apparaît sur sa peau. Quant à Tantale, les dieux lui infligent un châtiment à la hauteur de tous les crimes qu´il a perpétrés et sont autant d´offenses aux lois terrestres et célestes. Les dieux l´ayant autrefois promis à l´immortalité, il est soumis à un supplice perpétuel. Il est condamné à vivre sous un énorme rocher qui, telle l´épée de Damoclès, menace constamment de tomber. Ainsi, l´insolent est contraint à vivre dans une terreur permanente.
La version la plus connue raconte que le père indigne est condamné à une faim et une soif inextinguibles. Le plus cruel est que la nourriture et la boisson sont à portée de bouche, mais le supplicié ne peut y accéder ; chaque fois qu´il approche les lèvres de l´eau dans laquelle il baigne jusqu´au menton, le niveau descend ; chaque fois qu´il tend la main vers les fruits qui alourdissent les branches de l´arbre dont les feuilles lui caressent le visage, le vent les éloigne inexorablement.