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Les vampires ont leur musée aux Lilas,en Seine-Saint-Denis
2005-08-10 10:46:46
LES LILAS ( Seine-Saint-Denis) ( AFP)
Une allée peu engageante dans un quartier pavillonnaire, une porte métallique peinte en rouge, une courette : un étonnant musée des Vampires, premier du genre en France, a ouvert ses portes il y a quelques mois aux Lilas ( Seine-Saint-Denis).
" Aujourd´hui, les vampires sont partout et ils sont plus dangereux qu´autrefois. J´ai décidé d´en enfermer quelques spécimens dans un musée pour les comparer avec ceux d´antan et aider les gens à s´en protéger", explique le plus sérieusement du monde Jacques Sirgent, seigneur et maître du musée.
Avant de raconter qu´un boucher croate a jeté une gousse d´ail devant la porte et qu´un rottweiler fantôme vient rôder régulièrement autour de la demeure.
Le musée est sis dans une grande salle de la maison familiale où l´ancien professeur d´anglais, la cinquantaine grisonnante, a installé les pièces de sa collection personnelle : des dizaines de livres rares, près de 400 films dont des éditions pirates introuvables, des affiches et tout un bric-à-brac d´objets évocateurs des légendes de vampire.
A l´entrée, un suceur de sang moderne - un mannequin en plastique portant sur son casque deux bouteilles de sang reliées à sa bouche par des tuyaux; au fond de la pièce, une comtesse Bathory - la " comtesse sanglante" - enterrée vivante dans un meuble; posés sur une table, une main couverte de bijoux tenant une rose, un dentier, des marteaux, une croix, un crâne factice; ici et là des chauves-souris, des miroirs, un loup-garou... tous ces objets de pacotille servent de support aux récits horrifiques de l´intarrissable maître des lieux.
" Les études scientifiques prouvent que si l´on boit du sang humain, on vit trente ans de plus que la moyenne", raconte sans sourciller M. Sirgent en exhumant de sa bibliothèque un ouvrage poussiéreux, +The Science of vampires+. " Savez-vous qu´autrefois les riches achetaient le sang des pauvres pour se fortifier et qu´aujourd´hui encore, on en abreuve les enfants en Amérique du Sud ? D´ailleurs, on emmenait bien ma grand-mère aux abattoirs de La Villette où elle buvait du sang de boeuf à même le seau".
Le musée a ouvert ses portes en mars. Depuis, il accueille sur réservation un public hétéroclite et volontiers excentrique - faut-il croire M. Sirgent lorsqu´il affirme avoir reçu des Italiennes qui disaient " se ponctionner du sang à la seringue et le boire entre elles" ? . Large de vue, le propriétaire n´exclut a priori que " les gens sans imagination, les fanatiques et les amateurs de parties sado-masochistes".
Les " gothiques" ont naturellement trouvé rapidement le chemin de la rue Jules-David; mais le musée accueille aussi des amateurs de littérature fantastique, des enfants à l´imagination fertile et, plus récemment, une flopée d´étudiants préparant l´agrégation d´anglais, le +Dracula+ de Bram Stocker étant inscrit à leur programme. Le lieu devrait d´ailleurs s´agrandir à l´automne, M. Sirgent ambitionnant d´installer une salle de projection et une salle de lecture dans les autres pièces de sa demeure.
A ses hôtes, il propose des visites thématiques de deux heures en journée, des dîners-débats autour d´un chili con carne et d´une projection qui peuvent se terminer à l´aube et même, aux plus imaginatifs d´entre eux, un pèlerinage sur la tombe secrète de Vlad Tepes au Père-Lachaise...
© AFP.