Red;
Voilà, je viens de lire les messages de ton Pik.
Il est plein de douleur, de tristesse et surtout d´émotions.
Il est difficile de définir la tristesse par rapport à une situation, mais plutôt part rapport à une plaie qui reste ouverte.
Si elle reste ouverte, c´est que l’on n’a pas la possibilité de l´accepter.
Il est très pénible de remonter la pente une fois que l´on s´est planté la tête la première au 6ème sous-sol.
Nous avons déjà souvent et longuement conversé à propos d´une cicatrice qui ne se referme pas depuis bientôt 5 ans.
Quand on a de l´amour à donner et que la vie en décide autrement, on est perdu. C´est un couteau planté dans le ventre et qui tous les jours que Dieu fait, laisse cette plaie ouverte afin que cette douleur reste.
L´oublier, jamais je ne le pourrais, je n´aurais pas le mérite d´être Papa.
Je me dis souvent qu´il faudrait qu´il me faudrait prendre du recul pour ivre avec le présent et regarder vers le futur, car le passé est froid et fait trop mal. Le souvenir est là, mais c´est peu. 9 mois 1/2 d´amour et puis fini.
Ce n´est pas un gouffre, mais un vide intersidéral! Le combler, est impossible.
Je me retourne vers mon fils et ma 2ème fille, les voir me procurent un bonheur sans équivoque.
La perte de ma 1ère fille a tout bouleversé dans ma vie. Depuis lors, je suis devenu plus Papa gâteau, voire gâteux, tant j´ai de la patience tant je suis devenu plus coulant. Tout en restant strict et ne laissant pas aller sans tenir les rennes.
Mais, c´est difficile. Je donne tout l´Amour qui était destiné à ma p´tite Princesse à 2ème et elle le sent que je suis débordant d´Amour envers elle. C´est pour elle naturel, comme Amour, mais je sais que j´en fait trop, mais comment faire autrement? Je ne sais pas.
Mon fils n´est pas en reste, non, mais c´est différent. Il avait 7 ans quand elle a disparu.
Il n’en parle pas, je ne sais pas s’il faudrait que je lui en parle. Peut-être est-ce par peur ou lâcheté, je ne saurais le dire. Il est probable qu’il puisse en souffrir. Les enfants sont si fragiles et si forts à la fois, qu’il est difficile de savoir quoi faire.
Pénible aussi, car peur de lui retourner aussi un couteau dans une plaie qui est peut-être, enfin, je le souhaite, mieux cicatrisé que la mienne.
Il m’arrive de pleurer, oui. Pas devant tout le monde, non, je me retire. Peut-être par pudeur ou timidité, car j’ai surtout la crainte de ne plus être à la hauteur pour être présent pour ma deux p’tits bouts qui ont besoin de moi.
J’ai la chance, que dis-je, le bonheur de les avoir près de moi et ça, c’est un cadeau.
Ils sont le baume contre ma tristesse.
Ce sont les enfants ont besoin de leur parents et pas le contraire, donc, il faut que je suis là pour eux et attentif à eux.
Je fais le maximum pour ce faire, je fais des erreurs, tout le monde en fait.
J’ai trop la crainte de perdre à nouveau un enfant que ça me hante, tout le temps. Non pas tous les jours, je ne serais plus de ce monde ou alors, à l’asile !
Voilà, je souhaitais partager avec vous un avis, une expérience, une douleur, une pensée à propos de la tristesse.
J’espère que mon histoire ne vos a pas trop ennuyé et qu’elle ne fut pas trop longue.
Amicalement pour Toi Red et ceux qui comme elle, ont pris la peine de se livrer et de parler avec leur cœur.