- touss tousss* ( poussiéreux par ici)
les gens.
Les catholiques sont fous de joie: ils ont un nouveau pape. Hier à la téloche, j´ai vu une jolie blonde d´une vingtaine d´années, en pleurs, totalement bouleversée par l´arrivée du nouveau pape. Face caméra, les yeux vissés dans l´objectif, elle déclarait grosso modo ( c´est normal, c´était en Italie après tout):"C´est une joie immense, un grand jour pour l´Eglise".
Déjà je m´étonne... était-elle la seule à ne pas être au courant qu´un nouveau pape était toujours élu à la mort du précédent? Je peux comprendre que les émotions s´emballent, que le balancier passe de la peine à la joie extrême, c´est la nature de l´exaltation. Mais que cette annonce provoque un soulagement, comme si l´élection d´un nouveau pape n´était pas une règle établie depuis des siècles, comme si le risque existait pour les croyants de se retrouver sans pape... Cela démontre un détachement total de la réalité, signe que malgré ses efforts, l´Eglise n´a toujours pas réussi à se mettre au niveau des humaisns.
Et c´est là, en regardant le visage de cette jeune fille, entre 3 larmes et 2 cils froissés, c´est là que je l´ai vu, la petite lueur du croyant. Paradoxalement, pour une lueur, elle semble étrangement éteinte. Plus une veilleuse qu´un spot de 500W. Une veilleuse de la personnalité étouffée par le culte. Une diode indiquant que la réflexion a laissé place à la fois, un abandon du moi. Cette lueur, je la retrouve dans les yeux des militaires qui saluent le drapeau, dans ceux des militants qui saluent leur leader, dans les yeux de tout ceux qui ont abandonné leur chemin personnel pour suivre celui d´un culte, d´un parti, d´une nation.
D´autres rétorqueront qu´au contraire, cette lueur est le signe d´un accomplissement personnel, la marque d´une prise de conscience supérieure que la religion nomme foi et que moi, athée de coeur mais agnostique par facilité, je ne peux pas appréhender.
Il n´empêche que j´espère ne jamais avoir cette lueur dans les yeux. J´espère ne jamais être pris par la main sur le chemin de ma vie, ne jamais abandonner mon moi au profit du ´nous´. Indécrottable individualiste? Sans doute. Je ne rejette cependant pas l´enrichissement personnel que peuvent m´apporter les autres. Je considère juste qu´une relation à sens unique comme la propose l´Eglise est un cul de sac moral et intellectuel.