De la solitude à l’amour :
J´ai donc été heureux pour pouvoir souffrir d´une souffrance sans larmes.
Et si j´ai un jour remercié la vie, de m´avoir offert de puissantes armes
Pour lutter contre espoirs et déboires, c´est que je ne connaissais ses charmes.
A quoi bon se battre contre les empereurs, les hommes et leurs mœurs,
Si un innocent sourire suffit à abattre le guerrier aux milles clameurs ?
Pour avoir été heureux sans l’aide de quiconque, voici que je me meurs.
Un soleil remplissait mon cœur d’une humaine et dionysiaque chaleur,
Le temps passait, et il m’accordait d’enivrantes danses. Mais le malheur
Etait là, si ce n’eut été Vénus, j’aurais crié Pandore, et il arriva à l’heure.
Et si aujourd’hui je voudrais crier, et si aujourd’hui je voudrais pleurer,
Je ne sais plus comment faire. J’ai toujours cru, mais je m’étais leurré,
Que cela était faiblesse, et qu’en homme je ne devais jamais l’effleurer.
Je n’ai plus maintenant qu’à saigner, de cette fuite inexorable d’espérances,
Ces illusions sans présent ni lendemain. Que me reste-t-il de mes errances ?
Des apparences, des images floues, et des rêves innocents à l’odeur rance.
Et comment fuir cette douleur, quand celle-ci prend forme en un visage,
Où perle le désespoir, où nage une femme. Et planent de sombres nuages,
Mais le ciel a enseigné aux vieux sages, que la rage ne passe pas les âges.