Putain Gan', je sors d'une nuit de sommeil très limitée et toi, tu me lances comme ça sur Nana 18. Raclure.
Alors, pour ma part, je trouve ce tome fantastique pour plusieurs raisons :
Tout d'abord, il confirme le talent inné d'Aizawa pour la narration. Si les deux précédents tomes avaient sombré dans une espèce de monotonie assez éprouvante - la fluidité brillait par son absence - pour ce 18ème opus, l'auteur renoue avec son style tout en délicatesse, comme une esquisse qu'elle ose à peine effleurer. Tout le manga Nana est en réalité une ébauche, l'auteur a appris à aimer son œuvre au fil des chapitres, et ça se ressent à travers l'extraordinaire travail effectué sur chacun des personnages qu'elle a créer. Elle a insufflé un petit peu de son âme à chacun d'eux, et toute personne un tantinet ouverte et encline à ressentir des émotions mêmes fugaces percevra dans ce tome une espèce de mélancolie qui se pose comme l'atmosphère prédominante du manga Nana. Je veux pour preuve ce terrible flash back en ouverture qui - comme tu le soulignes si judicieusement - n'augure rien de bon. Ce qui est génial, c'est qu'on lit les premières pages un peu dépaysés, mais on rentre dedans et on les dévore comme un enfant devant une sucrerie qu'on lui aurait longtemps confisqué, et au moment où l'on commence à percevoir les échos d'un drame, l'auteur bascule à nouveau sur le moment présent . C'était comme si elle voulait mettre en lumière l'importance de vivre les instants présents, au détriment d'une trop longue réflexion sur le devenir de chacun, car on verra au fil des pages que tout le monde n'a de cesse de se poser des questions sur son avenir (l'avenir de Shin et Reira, l'avenir de Blast, celui d'Hachi et de son enfant, etc). Et nous-mêmes, nous tombons dans le piège des extrapolations en imaginant le pire pour certains personnages, alors que nous avons devant nous une esquisse du temps qui court comme une légère rivière traversant une plaine fleurie. C'est ça Nana, bien plus qu'une œuvre humaine, c'est un poème où chaque phénomène a son importance. L'amour, le temps, le succès, la gloire, la musique. Les personnages passent et trépassent, mais les phénomènes cités plus haut son eux, éternels.
Je voudrais également mettre l'accent sur l'évolution continue des personnages. On sent vraiment que chaque expérience (traumatisante ou bienfaisante) les fait grandir. Takumi (que tu cites) qui s'ouvre maladroitement mais sincèrement, Reira qui ressent ce que c'est que perdre l'être aimé, Shin qui - finalement - n'est qu'un enfant abandonné, Nobu qui possède les meilleurs volontés du monde mais qui ne peut protéger ceux qu'il aime, Hachi qui n'a de cesse de se raccrocher au passé, Nana, qui au fil des épisodes nous est apparue comme le plus personnage le plus fragile et celui autour de qui tout gravite, et enfin (mon personnage préféré) Yasu, qui est un véritable homme, comprendre par là que je refuse de le considérer comme un vulgaire personnage de manga. Pour moi cet homme a une chair, un cœur organique, il existe bel et bien, tant de travail sur un protagoniste c'est tout bonnement formidable.
Bon, il y'a des gens qui ont débarqués chez moi, je dois aller prendre une douche et me changer. Je poursuivrai plus tard.