10h00. Le jour s´est éveillé. Le roi soleil éclaire de ses chauds rayons les coeurs de milliards de personnes. Il fait renaître les roses, et leur confie des éclats de rubis. Pourtant, dans toute cette mansuètude, une personne est oubliée, lesée. Elle aimerait bien profiter de la beauté du jour elle aussi, des cantines d´enfants et sentir le vent lui caresser doucement les cheveux. Elle aimerait bercer son être dans cette quiètude, mais elle n´y arrive pas. Elle se réveille, un peu perdue, dans cette chambre dans laquelle elle est enfermée depuis des mois. Elle se lave les cheveux, se les brosse. Elle tente de manger quelque chose, mais elle n´a plus goût à rien. Son coeur ne ressent plus la béatitude que procure d´habitude le fait de vivre. Elle traine son long corps gracieux, fatigué, à travers cette chambre jusqu´à atteindre l´ennemi de tous : Le miroir. Elle le regarde, se regarde, tente de discerner quelque chose, elle perçoit un reflet, mais ce n´est pas le sien. Qui est-ce ? Elle ne le sait pas. Elle ne se reconnaît plus. Elle se sent seule dans cette cage qui lui a été imposée, seule dans cet endroit où il commence à faire froid. Elle tremble, alors elle se rasseoit sur son lit et se recroqueville afin de rechercher la chaleur que lui refuse le soleil. Elle baisse la tête, elle ne ressent aucune douleur, pourtant des larmes ne cessent de couler de ses yeux. Telle une fontaine baignée d´une pluie eternelle, ses yeux n´en finissent plus d´offrir un spectale touchant, émouvant, au reflet du miroir qui la contemple toujours, de loin. Froid, immobile.
Petit à petit, elle se perd dans les méandres labyrinthes de son âme, elle commence à penser, à réflechir, sur cet ouragan qui a dévasté d´un seul trait son existence. Si seulement les cieux avaient daignés le garder en leur sein, elle maudit cette incapacité à se faire comprendre. Son âme hurle, mais sa bouche reste fermée. Ses yeux parlent pour elle. Doucement, elle soupire et prête à nettoyer ses joues vermeilles. La chambre dans laquelle elle vit en recluse lui écorche chaque jour un peu plus son coeur, la plonngeant dans une solitude qu´elle ne veut pas, mais qu´elle ne peut refuser. Elle se sent incomprise, elle se sent mal jugée. Elle aimerait trouver une main qui l´apaiserait, qui lui donnerait un second souffle, une seconde vie, un moment de répis ... elle se lève brusquement, chassant ses mauvais songes, puis se dirige vers cette porte. Cette porte dont elle ne sait rien, juste qu´elle la libèrera. C´est décidé, aujourd´hui, elle franchira le pas. C´en est trop. Determinée à aller au bout de son effort, elle traverse ce lieu maccabre où naissent des peines eternelles, elle arrive au pied de la porte. Sa main tremblante s´approche de la poignée ... doucement ... plus que quelques centimètres ... A ce moment même une terrible souffrance lui déchire le coeur, elle fond en larmes et pousse un hurlement de detresse qui ferait chavirer le coeur d´Hadès. Elle s´écroule, sa chute est sans fin. Elle ne veut plus se relever, elle est fatiguée, lassée.
Au bout de quelques minutes, elle redresse son fin visage et aperçoit la fenêtre. Cette dernière est le seul contact qui lui reste avec l´extérieur. Elle se lève maladroitement, et sans savoir pourquoi elle se rend vers cette fenêtre. Elle pose sa tête sur le rebord et regarde, sans grande conviction. Les gens se tassent, les mots se perdent, et le vent balaye tout ca de manière régulière. La pluie se met à tomber, et le monde se dissipe. Elle implore le ciel d´arrêter, elle aimerait poursuivre cette observation, elle ne veut plus être seule parmi ces fantômes, ces vestiges insensés. Mais rien n´y fait, même dehors, elle est seule. Elle s´apprête à quitter cet emplacement, quand elle apercoit en bas de sa fenêtre une silhouette longue et courbée. Elle cligne des yeux et tente d´apercevoir quelque chose à travers ce voile de brûme qui s´est installée entre elle et cete ombre mystérieuse.
Le petit enfant se tient là. Ses joues sont creuses, ses cheveux desordonnés. Ses larmes se mêlent à la pluie, mais la candeur originelle de ses sentiments se lit dans ses yeux. Il aimerait monter la rejoindre il ne peut pas. Elle aimerait ouvrir la fenêtre et lui crier son amour, elle ne peut pas. Alors ils restent là, à se regarder droit dans les yeux, ils s´échangent un long sourire d´amour bercé par la tristesse et le bonheur les plus innocents qui soient. Les mots sont inutiles, tant ce moment vaut par sa beauté toutes les déclarations du monde. L´enfant tient dans sa main une fleur. Plus ils se regardaient, plus l´intensité de sa couleur allait croissante. Jusqu´à atteidnre un rouge vif. Sous ses sombres cieux cajolés de larmes, la rose renait d´amour.
Soudain, une fée débarque dans cette fraiche et morne chambre, la faisant resplendir de sa douce lumière. La pièce s´éclaircit, les fantômes disparaissent, l´endroit se parfume de parfums amoureux. La pettie fée, agile et svelte, se rue dans les bras de la petite fille, qui l´embrasse tendrement et la serre fortement dans ses bras.
Elle se retourne tout à coup vers la fenêtre, il n´y a plus personne. Le petit enfant est parti. Il a gardé la rose avec lui, mais n´est plus là. Seul le bruit du vent, mais la pluie s´est arrêtée. Mais la petite fille sourit, elle sait que demain il reviendra. Elle l´attendra. Encore demain, leurs regards se croiseront et la rose brillera de mille feux. Peu importe les gens, les mots, le soleil ou encore la fraicheur de cette sombre chambre. Elle sait que tous les jours, à cette heure-ci, ils seront seul au monde. Le temps d´un regard amoureux échangé. Une minute qui pèse lourd dans le sablier des souvenirs. Ils repartent chacun de leur côté, elle vers sa fée, lui vers sa mélancolie, maiss ans se le dire ils savent qu´ils s´aiment. Et que c´est là le plus important.