22 octobre. Bad day.
Elle a 18 ans aujourd'hui.
Qui ?
Elle. Celle que j'ai aimé, celle qui m'a aimé, celle que j'ai fait souffrir, celle qui m'a fait souffrir, celle que j'ai présenté à ma famille, celle qui m'a présenté à la sienne, celle à qui j'ai ouvert coeur, vérités et blessures, celle qui m'a montré ses blessures, ses vérités, son coeur, celle à qui j'ai parfois menti, celle qui m'a caché la vérité, celle que je regrette le plus amèrement du monde.
Je pensais pourtant avoir tiré un trait sur elle. Je l'avais dit le plus sincèrement du monde à Agathe, à Clémence, à Alicia, à Marianne, à Greg, à Lola, à tous ceux qui s'inquiétaient pour moi. J'en étais persuadé. Clémence, avec qui je suis en couple, m'a demandé avec son franc parlé, si, honnêtement, je l'aimais encore. (Elle)
Comment répondre à cette question avec Dame Vérité comme protagoniste ?
C'est tellement douloureux.. d'être le 22 octobre. Elle accorde énormément d'importance à son anniversaire, d'autant plus quand il s'agit de ses 18 ans. Et le pire c'est que moi aussi. Je voulais lui payer un voyage au Japon. Je voulais harceler Victor pour avoir, moi aussi, une limousine rien qu'un soir. Je voulais lui faire l'amour de la façon la plus romantique qu'il soit pour lui prouver combien elle était chère à mon coeur. Aujourd'hui ? Rien. Je me retrouve déprimé en cours, à la symboliser avec un bic noir et rouge, pour extérioriser tout mon mal être, puis, quasiment en larme, sur mon ordinateur, à rédiger des phrases qu'elle ne lira probablement jamais.
Je n'attends qu'une chose d'elle. Des excuses. Pour ne plus m'aimer ? Non. Pour m'avoir menti sur ses vacances ? Non plus. Uniquement car elle n'avait pas à me parler comme elle l'a fait. C'est tout. Je ne demande pourtant pas la lune. Elle croit quoi ? Que ça m'amuse de l'ignorer chaque jour ? De devoir détourner mon regard quand le sien va en ma direction ? Que ça m'éclate de m'éloigner consciemment de certaines personnes que j'adore pour la laisser en paix ? Que je suis heureux de ne plus recevoir ses textos ? Que ça me fait du bien de rompre tout dialogue avec elle ? Pitié, qu'un jour elle ouvre les yeux.. Pitié.
Ce que je veux, vraiment, ce n'est pas retrouver le couple chaotique que j'ai eu avec elle, c'est simplement la retrouver. Telle que je l'ai connu. Elle qui me faisait rire, qui m'entrainait dans des délires tous plus abrutis les uns que les autres, celle qui me faisait craquer avec ses grands yeux et sa bouche tout aussi immense.
Elle me manque.
Elle me manque vraiment.
Et durant cette journée, que vais-je faire ?
Lui dire bon anniversaire ? Impossible. Lui faire les pires crasses qu'il soit pour lui péter une journée si importante ? Comme tout bon connard qui se respecte, j'y ai pensé l'espace d'un instant, mais à quoi bon être un gamin de 4 ans en cette journée si douloureuse. La vengeance procure une sensation de bien être instantanée, mais Ô combien éphémère.. laissant place à un vide encore plus important que le précédent.
Tout comme Roméo, j'ai cette fâcheuse pensée qui parcourt mon esprit :
" Je suis le jouet du destin "
Demain, la seule action que je serais capable de faire, c'est de la regarder de dos, et de penser :
Bon anniversaire racl...
Et pourtant, je lui en veux, je m'en veux, j'en veux au monde... de ne pas être comme je voudrais qu'il soit..
Bonsoir 
Un Wisky s'il vous plait mon brave 