Voila le début du second chap 
Bonne lecture ^^
Chapitre 2
Souvenirs douloureux
Amy Lee. Ce fut mon identité, avant que je découvre mon origine. Ca l’est toujours, mais ma façon de voir les choses a complètement changée depuis ce jour. Ce jour qui bouleversa ma vie. Mais il n’était d’ailleurs pas si loin…
Dans mon existence humaine, je teignais mes cheveux de noir. Mes yeux étranges restaient les mêmes. Ma peau mate n’avait pas décoloré du tout. Mes joues n’en restaient pas moins rehaussées. Mon nez retroussé avait toujours l’odorat d’un loup. Ma bouche, faisant penser « aux vagues rondes de la mer » disait, il y a longtemps, mon père, n’avait pas changé. Ma silhouette n’en restait pas moins fine, et j’aimais toujours autant la gymnastique, l’escalade, et l’écriture. Mon modeste âge de quatorze ans n’était pas vieilli. C’était ma vie, qui en compatirait éternellement.
Et j’étais maintenant plongée dans le noir, ressassant ces pensées… Mes souvenirs revenaient assez brefs, parfois flous, parfois plus clairs. Je décidai de repenser depuis le début à mon histoire impossible.
Tout a donc commencé ce jour là, ce jour baigné d’une chaude lumière d’été. Comme d’habitude, je partais au collège pour passer mes examens de fin d’année. Je serrais les mitaines soigneusement pliées dans mes poches.
Mon frère me les avait offertes le jour de mes treize ans. Comme je grimpais souvent dehors, il me les offrit pour que je ne me détruise complètement les doigts. Je savais que cela ne servait à rien, mais je les aimais beaucoup.
Elles étaient noires, simples et se resserraient avec un scratch. L’été, je les mettais pour ne pas avoir de blessures aux mains. L’hiver, pour ne pas me geler les doigts. Elles étaient pourtant coupées à la moitié de ces derniers. Mais le sang réchauffé n’avait sans doute pas le temps de se refroidir. Depuis, je les conserve car elles m’affectionnent beaucoup, et me servent encore.
Ce souvenir me fit penser que je les avais encore dans ma poche. Je les sortis et les mis. Je failli éclater en sanglot, sachant que je ne reverrais plus ma famille. Je me ressaisis En une seconde, jugeant que ce moment n’était pas le bon.
Comme je disais, je marchais sur la route du collège pour aller passer mes examens. Réussir ceux-là m’importait peu, car ils ne comptaient pas vraiment pour moi dans ce que je voulais faire dans ma vie. J’avais une personnalité imaginative et voulait devenir écrivain. L’écriture m’avait toujours passionnée. J’avais voulu, pendant un temps devenir réalisatrice de films, mais avais abandonné cette idée par la suite.
Je marchai plutôt lentement, lasse et fatiguée par l’année de travail qui m’avais quelque peu achevée. Les professeurs étaient sympathiques, mais ils me reprochaient sans cesse l’attitude trop violente et mature à leur goût, dont je faisais preuve pendant certaines pauses.
Je défendais certains mais refusais d’admettre que c’était pour les protéger. J’avais la mauvaise manie de me justifier de façon à ce qu’ils puissent éviter de me remercier. Cela me conduisait parfois à tort dans le règlement, mais je m’en contrefichai. Je ne restais pas dans le coin pour que l’on me remercie. Je ne reste pas plus maintenant. Du moins jusqu´à ce jour. Maintenant, c’était moi qui avais besoin d’aide.
Je rencontrais Emma sur le chemin. Elle, était fraîche et dispo comme toujours. Elle brillait dans toutes les matières sauf en sport : elle était tout particulièrement maladroite. Moi, c’était le contraire. Il n’y avait que deux endroits où je battais tout le monde. Le français, et l’éducation physique. Logique, vous me direz. Non, justement.
Je frôlais les records du monde de rapidité. Cela m’inquiétait tout de même, car c’était étrange pour une fille de quatorze ans. Trop étrange, même. J’essayais de ne pas aller trop loin, mais je finis bien évidemment par susciter la curiosité des uns et la rage des autres. Bref, j’étais vraiment embêtée. Et seulement maintenant je commençais à comprendre l’ampleur de mes capacités.
En français, mon imagination dépassait l’inimaginable. Je voulais l’utiliser pour parvenir aux fins de mon futur métier, mais je m’attarde trop sur certains détails.
Nous arrivions devant le collège. Je traînais le pas. Emma me dit :
- Je suis en retard. A tout à l’heure !
Je ne lui répondais pas. Elle courut jusqu’au portail du collège, tombant maladroitement à une ou deux reprises.
Je marchai lentement vers l’ombre des buissons, pour m’asseoir, attendant l’heure de mes examens. Mais je ne sus jamais quelles questions on aurait pu me poser. J’avais un mauvais pressentiment, et mon sixième sens ne me trompa pas : je sentis un grand coup sur ma colonne vertébrale.
J’avais l’impression de ne plus pouvoir bouger. Je remarquais que j’étais étendue sur le sol, mais qu’il n’y avait personne…pourquoi un adulte n’intervenait pas ? Je ne savais pas. Je ne ressentais plus mes membres. Je me retrouvais complètement engourdie. Une angoisse grandissante s’empara de moi. Le danger s’approchait lentement, et moi je ne pouvais rien faire, sentant la peur me tirailler, un hurlement d’impuissance s’échappant de mes lèvres.