Bonne lecture au peu de monde qui passera sur ce topic...
Je franchis la grille me séparant du jardin, observant la nature autour de moi. A peine je fus entré, que ma tête se mit à tourner. Je n’avais plus l’habitude de sentir toutes ces odeurs à la fois. Je m’appuyai contre un tronc et inspirai profondément. Les parfums qui flottaient dans l’air sentaient bon, et étonnement fort.
Quand j’eus moins mal au crâne, je m’engouffrai dans la bibliothèque. Mes amis s’y trouveraient sûrement. Je les cherchai du regard. Je les repérai au fond d’un rayon baigné d’une lumière tiède. Ils étaient dos à moi, et je mis mes mains sur leur épaule :
- Eh bien, tu en mets du temps, Valariel…, me dit l’un d’eux.
- Alors les amis, ça fait un bail, hein ? leur lançai-je joyeusement, conscient de la surprise que leur causerai ma présence.
Ils sursautèrent en même temps.
- Logan ? dit Celeborn.
- C’est vraiment toi ? continua Fëanor.
- Bien sûr. Vous pensiez que c’était qui ?
- Nous pensions que c’était Valariel…, continua Celeborn.
- A propos de Valariel, dis-je, il faut la rejoindre dans ses appartements.
- Au Chemin de la Liberté, c’est ça ?
- Oui. Mais il y a une chose que je n’ai pas comprise…
- Laquelle ? demanda Fëanor.
Je marquai une pause.
- Après m’avoir dit où étaient ses appartements, elle m’a dit « neth vealer». Qu’est ce que cela signifie ?
- Pardon ? sursauta Celeborn. Elle t’as dit ça et tu ne comprends pas ?
- Non, je n’ai pas compris.
- Mais… Logan… tu devrais…, n’acheva pas Fëanor.
Se souvenant soudain de ce que je n’étais pas, il se tut.
- Eh bien, apparemment pas, répondis-je.
- Tu es sûr que tu vas bien ? me demanda Celeborn, remarquant mon état.
- Pas du tout, lui répondis-je. Je n’en suis pas sûr du tout.
C’est à ce moment que je commençais à leur raconter ce qui s’était passé là-bas. L’horreur de l’endroit, la faim, la soif, les conditions, les tortures et les morts. Je leur racontais aussi ma fuite, en détails.
J’avais l’impression de revivre les événements en leur racontant ce qui s’était passé. Je revivais les douleurs provoquées par la mort des quelques personnes auquel je m’étais attaché.
Les larmes me montèrent aux yeux. Il fallait faire quelque chose pour eux. Je ressentais leur agonie chaque instant à l’intérieur de moi-même. Je sentais qu’une partie de mon esprit était resté avec eux. Mais j’ignorais pourquoi. J’avais la sale impression que l’on m’avait scellé une partie de ma conscience pour justement me retrouver en cas de fuite, ou même autre chose d’encore pire…
Je commençais à comprendre le stratagème quand mes amis me tirèrent de mes pensées.
- Logan, il faut rejoindre Valariel tout de suite. J’ai un très mauvais pressentiment…, me dit Celeborn. Je sens quelque chose de… d’horrible et indescriptible.
Ils se levèrent alors et nous courûmes jusqu´aux appartements de Valariel. Il fallait que je leur expose mes sentiments avant qu’ils ne puissent plus rien faire. Je refusai de toutes mes forces à succomber à ce qui m’étais réservé. Je ne pourrais pas. Je n’y réussirais pas. Je préfèrerais encore me tuer que faire ce qui commençait déjà à me torturer l’esprit. Cela me terrifiait de devoir le faire contre ma volonté. Mais c’était ce qui allait ce passer si je ne prévenais pas mes amis au plus vite.
Nous arrivâmes plus rapidementt que je ne l’aurais cru devant les appartements de Valariel. Nous montâmes les marches en courant et arrivâmes devant la porte.
Je craignais le pire devant celle-ci. Une pression s’exerçait sur moi, au point de me faire tomber à de nombreuses reprises. Si Valariel était même seulement blessée à cause de moi…
Elle me surprit à ouvrir la porte à la volée. Elle avait l’air complètement terrifiée. Je me demandais si elle avait vu ce que je redoutais le plus au monde. Elle murmura avec tristesse, sur le point de s’écrouler :
- Logan ! C’est impossible ! Tu ne peux pas… faire ça…
- De quoi parles-tu, Valariel ? demanda Celeborn, inquiet.
Il n’avait visiblement pas compris. Elle, si. Valariel le regarda avec des yeux pleins de larmes. Elle n’arrivait pas à sortir ce que je redoutais, au grand jour. J’ignorais complètement l’expression de mon visage. Mais j’étais plus qu’abattu après cette découverte, et je savais qu’il faudrait trouver une solution rapidement, si je ne voulais pas mettre en danger mes amis.
Je sentis la mort entrer en moi et me dévorer l’esprit. Un autre des êtres qui m’était proche venait de mourir. Je pensais soudain à la jeune fille magnifique, mais mon doute s’effaça. Si elle mourrait, un néant indescriptible s’insinuerait en moi, me déchirant et me tuant à petit feu.
Mes jambes ne me tenaient plus, car je me rendis compte que ce vide se faufilait à travers moi, chaque fois que la vie d’un être se retirait du monde des vivants.