Voila la suite du chapitre premier 
Bonne lecture à ceux qui viennent sur ce topic
La voix que j’entendais était douce claire.
- Logan…Logan, écoute-moi… tu m’entends ?
- Oui…, chuchotais-je.
Tout le monde se tut au son furtif de ma voix. Cette fois, j’entendais clairement les paroles qui s’adressaient à moi :
- Où étais-tu ?
- Que s’est-il passé ?
- Tu vas bien ?
Ces questions résonnaient dans ma tête, que je pris entre mes mains pour calmer la douleur qui fusait à chaque parole que prononçaient les voix.
- Stop ! Stop !
A mon cri, tous avaient arrêtés de parler. J’enlevai mes mains de ma tête encore endolorie et cherchais quelque visage familier dans la foule qui se pressait devant moi.
- Poussez- vous ! Mais poussez-vous, bon sang !
- Il doit étouffer, là-dedans !
Je vis enfin un visage qui me paraissait lointain dans le temps, mais qui n’avait pas changé.
- Valariel… ?
- Logan ! C’est bien toi ? Tu es vivant ?
- Oui, c’est moi.
- Oh, mon ami, nous nous demandions tous ce que tu étais devenu !
La foule se dispersa peu à peu. Bientôt, il ne resta plus que nous deux. Seulement alors je lui répondis :
- Merci.
Un doute me traversa l’esprit.
- Quel aspect j’ai à présent ? demandai-je, douteux.
- Oh… hum… tiens.
Valariel me tendis un miroir, et je vis mon reflet. Je poussai un cri d’horreur en voyant mon visage. Je ressemblais à un cadavre… mes joues étaient creusées profondément, mes yeux étaient sombres et agressifs et mon regard avait perdu toute joie de vivre. Mon teint était encore plus blanc qu’à l’accoutumée, et cela me terrifia. Mes cheveux avaient poussés de deux ou trois centimètres, mais ils restaient aussi en bataille qu’avant, à la différence près qu’ils étaient ternes.
- Où est passé ton regard bleu de glace ? Tes yeux si mystérieux ?
- Si tu étais allée là où je suis allé, tu ne les aurais sûrement plus.
Elle était figée par la répartie. Mais ma voix n’avait été aucunement agressive. Elle commençait alors à se rendre compte de ce qui aurait pu se passer là-bas.
- C’était… aussi horrible, là-bas ?
- Tu ne peux imaginer à quel point.
Elle se tut. Je la regardai. Chez elle, rien n’avait changé. Elle avait ses cheveux blonds toujours aussi longs et fins, ses yeux étaient marrons mais relativement foncés pour un elfe. Sa bouche me faisait penser à une vague, elle avait des proportions quasi-parfaites et sa couleur rouge cerise n’était pas plus pâle.
Valariel faisait partie de la race des elfes ailés, maintenant presque disparus. Mais elle ne désespérait pas revoir son espèce renaître un jour de ses cendres. Malgré ses traits relativement juvéniles, elle avait plus de cinq cents ans. Son visage semblait naïf et crédule, mais elle ne se laissait pas facilement impressionner. Elle demandait des preuves dans les situations les moins opportunes. Mais elle avait aussi une sagesse incroyable accumulée au fur et à mesure des années.
Comme tous les elfes de son espèce, elle était dotée d’une partie d’elle-même imprégnée de magie qui pouvait montrer un futur possible dans des moments tout à fait inattendus. Les paysages sur lequel l’on pouvait se trouver dans ces moments là étaient les même, mais le futur les avaient sans doute transformés. Elle avait des ailes brunes, qui, pendant ces visions devenaient blanches puis disparaissaient complètement.
Perdu dans mes réflexions, je ne vis que quelques minutes plus tard qu’elle essayait de me dire quelque chose, mais qu’elle n’y parvenait en aucun cas.
- Où sont Celeborn et Fëanor ? demandai je pour changer de sujet.
- Dans la bibliothèque, me répondit-elle. Ils ne savent pas que tu es vivant et encore moins que tu es ici.
- Je vais aller les voir, alors.
- D’accord. Rejoins moi avec eux dans mes appartement.
- Quel chemin ?
- Le Chemin de la Liberté. Neth vealer, Logan.
- Merci, Valariel.
Je me dirigeai vers la bibliothèque et regardai la lumière chaude qui me régénérait chaque seconde un peu plus. J’arrivais devant le bâtiment, immense et majestueux, entouré de jardins fleuris. La forêt m’entourant était des plus paisible. Mais je savais que cela ne durerait pas. L’herbe crissait mollement sous mes pieds, et la brise légère rafraîchissait l’air.
J’arrivais alors dans une clairière. Au centre, se dressait un jardin magnifique et parfumé de mille essences de fleurs. Un portail noir se dressait devant, moi, sur lequel grimpaient des plantes vertes et fraîches. Ce monde de magie me rassurait, et pourtant je ne me sentais pas chez moi.