CHAPITRE 11 : L’antre de l’amour
Un noir au sourire dragueur accueillit le petit groupe :
- Bonjour mesdames ! Veuillez me suivre, le Don va sélectionner l’une d’entre vous.
Il les emmena dans une petite pièce avec des fauteuils en forme de cœur avec un tapis rouge pendu contre le mur au fond de la pièce. Sur la gauche, il y avait un escalier qui plongeait dans le noir. Le noir invita les trois " garçons" à s’asseoir.
- Il va vous recevoir, prenez vos aises ! La maison de l’amour est à vous !
Et il sortit. Hilwan s’étira, risquant de faire craquer sa robe.
- Et bien on ne s’en sort pas si mal que ça, hein ! s’exclama-t-il.
- Faut dire que j’ai la classe moi, fit Marco en inspectant ses ongles.
- Chut, quelqu’un vient…
Un petit gros souleva le tapis rouge pour passer. En vérité, ce tapis cachait une porte.
- Hihi, me voilà mes demoiselles, s’exclama l’homme en prononçant " demoisselles".
Son crâne était presque nu de cheveux, il avait des yeux globuleux et un petit bouc brun. En bref, il n’étais pas très beau. Il demanda aux " filles" de s’aligner devant lui. Ensuite, il les inspecta de haut en bas. Ce fut un moment très stressant pour le petit groupe. Tous s’efforçaient de lever la tête – puisque Don Godondo était plus petit qu’eux. Il s’approcha de Koen, étant presse collé à lui. Koen sentit une odeur de cramé à ce moment-là.
- Mhhh…, murmura-t-il. Toi ! Superbe ! Whoooooooo !
Il prit la main de Koen qui dû faire une effort infini pour ne pas le repousser. Il l’emmena dans la pièce d’à côté, soulevant le tapis. Au centre de la pièce trônait un lit. Le Don alla s’asseoir dessus.
- Allons allons ! Viens ! Qu’est-ce que tu attends ? !
- Chut. On va parler.
- Pardon ?
- Tu as bien entendu : on va parler.
- JE TE PERMETS PAS DE ME PARLER COMME CA ESPECE DE PETITE SAL…
- Silence, lâcha Koen avec sa voix normal.
Koen retira sa perruque et sortit son épée, la soulevant au dessus de sa tête.
- Ca me donne chaud, commenta-t-il en regardant le Don qui était resté béa.
- Qui… qui t’es ?
- C’est moi qui pose les questions.
- Un espion ?
- Parle-moi des Sheria.
- Qu’est ce que tu veux savoir ?
- Qui sont-ils ?
- Des… des gens de Therion. Pis de tous les royaumes même… Des mercenaires très organisés… très nombreux aussi… dont le fief est à Therion…
- Quel est leur but ?
- Gagner du fric et étendre leur pouvoir pardi !
- Ils sont venus ici récemment, n’est-ce pas ? Qu’est-ce qu’ils cherchaient ?
- Un… un endroit sûr… Ici, en Albion, tout est foutu, tout est nu… Les grands font rien, tout est vulnérable, ils peuvent s’installer sans crainte… Personne ne pourra leur nuire, ils sont la puissance même…
- Qu’est-ce qu’ils veulent faire ici ?
- Tu… tu le sauras bien assez tôt… Je n’en sais pas plus… Arg !
Don Godondo s’étala au sol. Surpris, Koen s’approcha doucement de lui, quand soudain, une vision l’assaillit. " Halona…" souffla une voix. Koen fut pris d’un violent mal de crâne. Il ferma les yeux et porta l’une de ses mains devant ses yeux : la lumière lui faisait mal. Il sentait une odeur de feu et de la chaleur tout autour de lui. Il était ébloui de douleur, mais malgré tout, il ne lâchait pas son épée, Swallow.
Puis, Koen entendit le Don crier quelque chose comme « Alerte ! ». Le jeune garçon tomba alors à genoux, souffrant de ce cri. Des bruits de pas retentirent, et puis quelqu’un hurla, et puis plus rien. Koen s’était évanoui.