CHAPITRE 10 : Le sexe fort démuni ( suite)
Les deux garçons arrivèrent les derniers à la plage ouest d’Oakvale : tout le monde était déjà là. Cette plage était très sale par rapport à celle où s’était changé Koen pour la première fois. Elle était recouverte de carcasse de ferraille, de cadavre de métaux en tout genre. C’était sûrement parce qu’elle était face au lieu où Koen pensait qu’avait naquit le cataclysme. Hilwan accueillit les deux garçons avec un sourire chaleureux.
- Je vois que Koen maîtrise bien la situation, dit-il. Je ne suis pas déçu. Tu vois, Koen, Marco est quelqu’un qui peu faire du bon boulot quand il en a la motivation… mais vu qu’il préfère boire, c’est rare. Je vois que tu arrives à le motiver, c’est parfait !
- Mhh…, grogna Marco. Pourquoi est-ce que t’es toujours obligé de croire savoir c’que j’pense ?
- Parce que tu es transparent.
Marco ne comprit pas, s’assit vexé sur un rocher face à la mer. Hilwan fit un clin d’œil à Koen et s’assit à son tour sur le sable humide de la plage.
- J’ai trouvé des choses intéressantes sur ce Don, commenta-t-il. Pas bien difficile d’ailleurs, c’est le type le plus important de cette région, c’est lui qui fait tourner le commerce grâce à ses " relations". Les gens l’admirent beaucoup, et il en profite bien le bougre. Il a la belle vie.
- Et de quoi les tient-il ses " relations" ? demanda Sakis.
- C’est un ancien membre d’un groupe de mercenaire de Therion appelé les Sheria. Il s’est fait virer parce qu’il buvait trop, ajouta-t-il en souriant à Marco. Mais il a tout de même garder quelques contacts, des contacts plutôt intéressants d’ailleurs. C’est d’eux qu’il tient une mine d’informations très utiles. C’est pour ça qu’il pourrait nous êtres d’une aide précieuse pour savoir qui étaient ces gens qui sont venus ici, et qu’est ce qu’ils y cherchaient.
- Et euh… pour cette histoire de maison de l’amour ?
- Comme je l’ai déjà dit, il veut prendre du bon temps. Tous les deux jours à peu près, il fait venir des filles dans sa villa. Il les prend par groupe de trois, il en sélectionne une et ensuite il passe une soirée avec elle. Souvent elles viennent pour son argent, car dans le genre gros porc il est pas mal.
- Mais il n’y a jamais de pénuries ?
- J’admire ton sens du respect, bougonna Marco.
Hilwan lui sourit.
- Tu sais, reprit-il, les femmes ne manquent pas en Albion, et les femmes pauvres non plus.
- Soit, reconnu Sakis. Bon et alors, ton plan c’est quoi ?
- Il y a deux gardes qui surveillent à l’entrée. Ils jouent les videurs en quelque sorte. Ensuite à l’intérieur, je ne sais pas comment ça se passe, je n’ai pas réussi à obtenir des infos la dessus.
- Mhh, le plus grand archer de l’Albion aurait-il des faiblesses ? taquina Marco.
- C’est que je n’ai pas eu assez de temps… M’enfin je ne suis pas sans faille n’est ce pas ? Ce que nous allons faire… Moi, et vous deux, Marco et Koen, nous allons nous introduire dans la villa. Comme ça, l’un de nous pourra interroger le Don. Vous avez carte blanche quant à la façon de lui soutirer des infos.
- Et moi ? Qu’est-ce que je vais faire ? demanda Sakis.
- Tu vas nous attendre à la taverne. Au cas où ça tournerait mal, je préfère que tu restes à l’écart.
- Quelle organisation…
- Je ne suis pas un professionnel. Je suis juste le chef d’un petit groupe de résistants qui luttent contre la lombrication du monde…
- Y’a du boulot, s’exclama Marco.
- Et Seiroth dans tout ça ? demanda Sakis.
- Et bien…, bredouilla Hilwan. Il a des affaires à régler. Concentrons-nous sur notre mission.
Cette réponse surprit Koen. Il analysa le regard de Hilwan : il cachait quelque chose. Depuis le début, Seiroth intriguait Koen. Il sentait sa présence quand il était près de lui, c’était comme si un lien les unissait.
- Oh j’oubliais, repris Hilwan. Je vois que tu as trouvé une perruque Koen. C’est bien vu que tu as les cheveux plutôt courts. Personnellement j’ai fait un exploit. Comme j’ai les cheveux longs, je n’ai pas besoin de perruque. Mais je me suis quant même lavé les cheveux, et j’ai rasé ma barbe.
Marco l’applaudit avec un sourire moqueur.
- Hum, lâcha Hilwan. Par contre toi Marco, avec tes beaux cheveux blonds, tu auras juste à changer tes haillons pour ressembler à une femme.
Marco lui tira la langue et lui montra son troisième doigt.
Hilwan invita Koen et Marco à le suivre, laissant Sakis seul face à la mer. Ils marchèrent vers l’opposée de la plage sur un chemin qui longeait les différentes rues commerciales d’Oakvale. Puis, un préau de ferraille en tout genre les accueillit. Devant eux, il y avait l’entrée d’un gigantesque amas de taule recouverte de morceaux de tissus pourpre.
- Ça fait très… art contemporain, murmura Koen.
Hilwan eut un petit rire. Koen remarqua une pancarte à sa gauche : Villa de Don Godondo. Deux hommes discutaient vers l’entrée de ce manoir de taule. D’un signe de main, Hilwan demanda à Marco et Koen de le suivre dans une petite ruelle perpendiculaire. C’était très étroit.
- Changeons-nous ici, Marco, dit Hilwan.
Les deux hommes enfilèrent leur robe. Ils avaient vraiment l’air de deux copines qui se baladent dans la rue. Puis, le petit groupe sortit de la ruelle et s’avança vers les deux gardes qui se tournèrent vers eux. Il y en avait un chauve avec deux dagues attachées à la ceinture et un autre avec des cheveux blonds en bataille qui fumait dans une position très stylé, dos à la porte de la villa.
- Aaaah voilà de la viande ! s’exclama le chauve.
- Boulet, fit l’autre avec une voix doucereuse.
- Bonjour messieurs ! piailla Marco. [Il devait être un peu bourré vu la voix moitié éraillé moitié gamine qu’il sortait] Nous venons voir ce cher Don !
Le blond les examina de la tête aux pieds puis fit un signe de tête à l’autre avant d’allez marcher plus loin en tirant sur sa clope.
- Mhh… Jolies, dit le chauve. Veuillez entrez mes demoiselles, quelqu’un va s’occuper de vous !
Il ouvrit la porte du taudis, laissant apparaître une pièce brillant de mille feu, dans un style château de prince charmant.