CHAPITRE 7 : Conclusion douteuse
Oakvale était un bazar de taule et de bois entassés maladroitement pour former des abris fermés où vivaient tristement les gens. Tout le monde semblait endormit, car il n´y avait aucun bruit si ce n´est celui du vent. A quelques mètres de l´entrée de ce taudis de village, il y avait une pancarte marquée " Taverne d´Oakvale" avec une flèche indiquant qu´il fallait avancer tout droit. Le petit groupe suivit donc un chemin de terre qui descendait. Sur la droite, Koen vit la mer, paisible et endormie elle aussi.
La taverne était faite de taule avec une porte en bois d´où s´échappait un peu de lumière. On pouvait le remarquer facilement puisque le soleil ne s´était pas encore levé. Le petit groupe entra. Marco alla directement parler au tavernier pour commander sa bière. Le reste du groupe alla à une table vers un feu ronflant dans une cheminée au fond de la taverne. Seiroth se posta devant le feu.
- Je pense qu’on va en apprendre un peu plus ici, déclara Sakis. Dès le lever du jour, on s´organisera pour questionner les villageois.
- Je tiens à préciser une chose, ajouta Hilwan. Depuis le cataclysme, les gens ont eu la vie dure en dehors de la Guilde et de Bowerstone Sud. La vie dans les taudis est une vraie misère. Les gens des taudis haïssent les gens de la Guilde et de Bowerstone.
Koen se rappela de la réaction du marchand de Barrow Field à son égard.
- Oui, acquiesça Sakis. Mais on a l’air de pauvres sans logis nous avec nos fringues sales et déchirées. Alors que les gens à la Guilde, ils sont habillés richement et ils ont des manières de snobes attardés. On va se fondre dans la masse, surtout avec notre Marco toujours bourré.
Il jeta un coup d’œil au bourré en question qui avait déjà cinq chopes de bière vide devant lui. Détail que remarqua Koen car Marco venait de poser une chope à sa gauche avant d’en recommander une autre.
- Je vais questionner le tavernier, fit Sakis. Tu viens avec moi Koen ?
Les deux garçons s’approchèrent du tavernier qui resservait une bière à Marco.
- B’jour mec, lança Sakis.
- Bonjour ! répondit l’homme. Quelque chose pour vous ?
- J’aurais juste quelques questions à vous poser. Il paraît que des types sapés de robes rouges ont accosté à Oakvale il n’y a pas longtemps. Vous voyez de quoi je veux parler ?
- Oh que oui… Ils ont fait peur à tout le monde. Ils marchaient par groupe de cinq ou six dans la ville, ils ne parlaient à personne mais ils épiaient nos moindres gestes. La rumeur dit qu’il cherchait quelque chose ou quelqu’un.
- On m’a parlé d’un type… « Don Gorgodo » je crois.
- Don Godondo, c’est l’homme le plus connu et respecté du secteur. Vous le trouverez au bout de la ville, dans sa villa. Personne ne pourra mieux vous renseigner que lui ! Il sait tout de ce qu’il se passe dans notre contrée. Par contre, si vous voulez qu’il vous éclaire sur cette histoire, ça ne sera pas gratuit.
- Pour ça, aucun problème. On a de l’argent !
- C’est ça le soucis… ça n’est pas de l’argent qu’il veut.
- Quoi alors ?
Le tavernier le regarda attentivement.
- Mais des filles bien sûr ! Il est riche comme personne… il n’a pas besoin d’argent. Il veut prendre du bon temps si vous voyez ce que je veux dire. Pis ici à Oakvale, il n’y a que des vieilles biques et des femmes mariées. Chaque jour, ses hommes lui ramènent trois filles, ou alors elles viennent d’elles-mêmes, ça dépend.
- Mais… c’est sa seule condition pour nous recevoir ? Qu’on lui apporte des filles ?
- Haaan pas des filles mon ami. Des JOLIES filles. Il en choisi une par jour, c’est qu’il est très sélectif le bonhomme.
- Il a l’air charmant ce type…
Dégoûté, Sakis n’attendit même pas la réponse du tavernier. Il s’éloigna. Koen avait tout écouté sans intervenir. Il posa son regard sur Marco et s’aperçu qu’il avait déjà bu une dizaine de bières. Il revint vers les autres. Seiroth n’avait pas bougé et demeurait silencieux à contempler les flammes.
- Alors, qu’est ce qu’on fait ? demanda Sakis après avoir rapporté sa discussion avec le tavernier.
- Je ne vois qu’une solution, répondit Hilwan avec un sourire.
- Laquelle ? On le kidnappe ? On le torture ?
- S’il est aussi riche que le tavernier l’a dit, il doit être hautement protégé.
- Qu’est ce qu’on fait alors ?
- Et bien, c’est pourtant simple ! On se déguise en fille !
Sakis ouvrit grand ses yeux, tourna son index dans son oreille, comme pour se la nettoyer. Il ne pouvait même plus parler. Koen, quant à lui, avait un léger sourire.
- Nan mais ça va pas ! brailla Sakis après avec retrouvé l’usage de la parole. C’est comme si tu demandais à Marco d’arrêter de boire !
Hilwan éclata de rire :
- J’étais sûr que tu réagirais ainsi ! Koen – si il accepte ce qui ne m’étonnerait pas – Marco et moi ferons très bien l’affaire. N’est-ce pas Koen ?
- Sans aucun problème, répondit-il.
Sakis poussa un soupir de soulagement. Hilwan lança un clin d’œil complice à Koen.
- Bon, je vais essayer de me renseigner un peu quant à cette maison de l’amour et ce Don Dodongo, fit Hilwan. Pendant ce temps, Koen, va avec Marco et procurez-vous des vêtements féminins. Sakis, je te laisse quartier libre. On se rejoint à la plage d´Oakvale dans deux heures.
- Je sens que vous allez vous amuser, murmura Sakis.