Le mythe est rompu... Chacune apparition de Bebert sur ce forum était un coquelicot fleurissant au milieu du chiendent. Ce vocabulaire léché, cet humour si fin, ce sens de la digression tellement inspiré... Je restais pendu à ses mots jusqu'à ce que la chute idoine de la saynète me décroche un large sourire. Quelle extase au milieu de ces textes emplis de bonne volonté mais toujours un peu balourds, maladroits, à l'orthographe imprécise et au lexique restreint.
Mais hélas, un nuage est venu assombrir cet îlot de sable fin. Ce "à" accentué, dans la locution latine "a priori", majuscule en plus, ce qui ne laisse pas à son auteur le bénéfice du doute lié à la faute de frappe ou à l'erreur d'inattention, est le cumulonimbus que l'on voit poindre à l'horizon. Car hélas, mon esprit ingrat ne supporte pas, dans cette si belle locution, ce trait descendant inélégant, de la même façon qu'il méprise les personnes entamant un discours creux par "au jour d'aujourd'hui".
Moi dont l'écriture, par rapport à la tienne, Bebert, est parfois si laborieuse, dénuée de souffle et d'inspiration et tellement dépourvue de quelque parole spirituelle, je te pardonne, mais la haute estime dans laquelle je te tiens sera à jamais lestée par cet accent grave.