"Pourquoi tous les ministères, toutes les Afssa et tous les PNNS du monde insistent-ils sur le calcium ? Les raisons sont multiples : influence du discours laitier, réductionnisme médical. Les nutritionnistes officiels – au contraire des biochimistes et des scientifiques - sous-estiment la capacité du public à saisir des concepts complexes. D’où ces discours caricaturaux dont nous sommes assommés depuis que le corps médical a fait main basse sur la nutrition, qui était à l’origine une discipline relevant de la biochimie. Quelques exemples :
« Les graisses apportent 9 calories (kcal) au gramme, donc en mangeant très peu de graisses, vous maigrirez. » Cette stratégie a accéléré l’épidémie d’obésité aux Etats-Unis.
« Pour se mettre à l’abri de l’infarctus, il faut faire baisser agressivement le mauvais cholestérol. » Moyennant quoi, on s’aperçoit aujourd’hui qu’il est plus intéressant d’augmenter le « bon » cholestérol.
« Il y a du calcium dans les os, donc en mangeant plus de calcium, on aura des os plus solides. » Le calcium alimentaire n’est qu’un des facteurs qui modulent la solidité de l’os. Il ne doit ni manquer, ni être en excès.
Tous ces leitmotivs ont en commun de délivrer des messages simples, que les médecins et les diététiciens peuvent facilement s’approprier et qu’ils feront passer au grand public.
On voit clairement l’avantage qu’il y a pour le gouvernement et les experts à assurer que la prévention de l’ostéoporose passe par plus de calcium et plus de laitages. On a là un modèle linéaire simple avec un bénéfice visible, simple lui aussi, facile à communiquer, très médiatique."
