Le texte en question, je trouve pas ça exceptionnel moi en plus
:
Elisa gisait à présent sur le sol, tel un pantin désarticulé. Ses jolies jambes, désormais totalement arquées, s’'étalaient disgracieusement sur l’'herbe du jardin. Sa colonne vertébrale, autrefois si droite, était maintenant un amas de cartilages déconstitués. On aurait presque pu oublier à quel point elle avait de beaux bras en voyant alors l'’état de ses membres, que la chute a brisés et rendus amorphes. Mais malgré celà, le visage d’'Elisa restait sublime, ses yeux clairs scintillant comme deux perles. Sa chevelure divine, recouvrant une partie de cette face si claire. A cet instant précis, elle ressemblait vraiment à un ange, par sa beauté naturelle, par sa beauté mortelle ... Une larme s'’écoula et se mélangea à la coulée vermeille qui partait de son léger sourire. Elle souriait car elle savait. Elle savait q'u’elle allait enfin etre délivrée. Elle savait q'u’elle n’'aurait plus à souffrir et à espérer. Elle avait mal, son corps entier était une douleur intense. Mais pour elle ce n’'était rien, aucune douleur ne pouvait être aussi grande que celle q'u’elle avait enduré ces derniers temps. Elisa était seraine face au gouffre sans fin qui s'’étendait devant elle. Elle n'’avait plus peur d'’y plonger. Plus rien ne pouvait la retenir dans ce monde. Elle avait perdu Gilles, elle avait perdu son amour, elle avait perdu la vie. La verdure, transformée en émeraude par la rosée matinale, avait maintenant tourné au rubis à cause du fluide pourpre qui émanait de la jeune femme. Elisa ferma les yeux et laissa la mort l'’emporter. Juste avant de s'’éteindre, elle prononça un mot à la force de son dernier souffle. Ce mot fut : « Gilles ».