Le taureau Camargue est un animal de race foncée . Son pelage est généralement noir, quelquefois brun foncé . Sa taille dépasse rarement 1,30 m pour les mâles et 1,20 m pour les femelles. Son poids variant suivant son mode de nourriture , est compris entre 300 et 450 kg pour les mâles et 200, 270 kg pour les femelles. La tête est forte avec un front étroit et déprimé. Les yeux gros , vifs et saillants ne sont pas recouverts de sourcils épais comme chez le taureaux espagnols. Les cornes assez longues sont fines et noirâtres en bout , blanc crème dans la partie inermédiaire , gris foncé et fortes â la base. Après la tête et le cornage vient une encolure mince et allongée. Le renflement en avant du garrot est beaucoup moins important que chez son homologue espagnol.
- Le garrot tranchant est plus élevé que la croupe.
- La ligne du dos est généralement assez plate.
- Les hanches sont serrées et saillantes.
-La musculature de l´arrière train étant peu développée, la croupe est courte et pointue.
-La cuisse longue est suivie par des jarrets généralement d´aplomb.
- La queue, à crin long et abondant, est mince et attachée très bas.
A noter aussi que les vaches de Camargue produisent très peu de lait, celui-ci servant uniquement à alimenter leur veau. Etant de plus des animaux quasi sauvages, il ne peut être question de les traire. Les bovins de Camargue vivent en troupeaux nommé manade ( du provençal MANADO: poignée de chevaux et de taureaux). Il existe actuellement 33 manades de taureaux de Camargue, représentant environ 5.750 bêtes. En effet, les bonnes terres drainées et sans sel étant utilisées pour la culture, ce sont les marais et sansouires qui constituent la majorité des pâturages du taureau de Camargue. Le marais, pâturage de printemps et d´été fournira comme nourriture : roseaux, triangles,c arex, joncs et renoncules. Dans la sansouire, pâturage d´automne et d´hiver: graminées diverses, salicornes et tamaris constitueront l´essentiel des " bons aliments".
Certains manadiers pour ne pas dire la plupart donnent un appoint de fourrage pendant l´hiver. Aussi , pendant les périodes de gel faut-il aller casser la glace journellement afin que les bêtes boivent. Mais les bovins camarguais n´ont pas seulement à endurer la faim , le froid et la soif. Au printemps et en été , une multitude de mouches , de taons et autres nommés " Mangeance" harcellent sans cesse le troupeau , l´empêchant de profiter de sa maigre nourriture. Au sujet du pacage du bétail camarguais , il faut souligner que la totalité des pâturages est cloturée à l´aide de fils de fer barbelés . La présence de plusieurs mâles dans un troupeau amène parfois des combats sanglants , appelés poétiquement par " Jeanne de FLANDRESY" , combats"d´amour".
C´est au début du printemps , généralement en mars , avril que naissent les veaux. Au moment de mettre bas , la vache se retire à l´écart du troupeau , cherchant de préférence un endroit surélevé buissonneux , afin d´y être très bien . Le veau , bien que marchant dès le premier jour, restera encore 5 ou 6 jours sur son lieu de naissance . Il arrive que les bêtes de différents élevages se mélangent . Afin d´éviter les contestations entre les éleveurs , il est nécéssaire que chaque animal porte un signe permettant de le reconnaître aisément . Chaque " amouble" trié du troupeau par les guardians à cheval , est dirigé vers un groupe de personnes qui le capturent et le renversent . C´est alors qu´un fer rougi à la flamme est appliqué sur la cuisse gauche de l´animal. Après avoir brûler le poil , le fer laissera sur la peau son empreinte qui est soit un blason soit des initiales ou un dessin . La ferrade est devenue aujourd´hui un spectacle folklorique complémentaire. Effectuée en même temps que la ferrade , l´escoussure est une entaille plus ou moins complexe faite sur une ou deux oreilles et qui caractérise la manade au même titre que le fer . Le manadier , propriétaire d´une manade , ne peut-être comparé à aucun autre éleveur car le but final de cet élevage particulier est la course camarguaise . Le guardian est un " pâtre à cheval" qui suit le troupeau constamment et vit pratiquement avec lui car il en a la responsabilité. Son rôle consiste en outre à surveiller les bêtes malades, à assembler le troupeau afin de constater les disparitions , à s´assurer que la nourriture est suffisante et au besoin à distribuer le fourrage, à trier les bêtes destinées aux ferrades et aux courses, à donner les soins vétérinaires, à réparer les barrages(clôture). Pour circuler rapidement et poursuivre les taureaux les gardians utilisent des petits chevaux blancs de race Camargaise. Ils sont armés parfois d´un trident, lance terminée par un croissant métallique à 3 pointes, qui leur sert à maîtriser les taureaux. Il n´existe actuellement q´une vingtaine de " vrai" gardians regroupés dans l´Association des gardians salariés. Pour être gardian, comme pour être manadier, il faut avoir l´amour de la " Bouvino" et de la " Fête de Riou". La course à la cocarde se déroule dans les arènes d´une ville. On lâche en piste un taureau, qui porte sur le front un morceau de ruban rouge, appelé " cocarde" maintenu par des ficelles entre les cornes de l´animal et 2 pompons de laine, généralement blancs, fixés à la base de chaque corne. Des hommes appelés " razeteurs" évoluent dans l´arène et cherchent à s´approcher du taureau, en s´éfforçant de s´emparer des attributs à l´aide d´un crochet comportant 4 lames recourbées. Il existe d´autres jeux: l´Encierro, l´Abrivado, la Bandido.
Menaces :la première vient de la réduction des pâturages, le croisement des races, la location des marécages à des chasseurs.