Est-il plus facile de connaître autrui que de se connaître soi-même ?
Introduction
Autrui, ce n’est pas « les autres » en général : autrui est un individu, mais ce n’est pas non plus tel ou tel « autre » en particulier. Autrui, c’est l’alter ego, un « autre moi ». Il renvoie immédiatement à un paradoxe : il est situé dans le monde parmi les choses (il est objet pour moi), et en même temps c’est un ego (il est sujet). Nous ne pouvons connaître autrui si nous lui donnons le statut d’un pur objet devant mon regard, mais nous ne pouvons pas non plus connaître immédiatement en tant que sujet. D’un autre côté, se connaître soi-même semble encore plus difficile si l’on en croit le vieil adage : « On voit aisément la paille qui est dans l’œil de son voisin, mais on ne voit pas la poutre qui est dans notre œil », ceci malgré la réflexivité propre à la conscience. En outre, peut-on se connaître sans une dialectique entre moi et l’autre ? On peut noter que s’il existe un problème « autrui », c’est que l’on se fonde sur la certitude de l’existence de l’ego : point de départ dont on peut faire l’économie.
I/ La conscience de soi est immédiate, l’existence d’autrui médiatisée ou inférée
* 1/ Le solipsisme cartésien
C’est le point de départ de Descartes : après l’expérience du doute qui manifeste la puissance réflexive de la conscience, Descartes découvre l’indubitable : le cogito. Il s’agit d’un savoir sans médiation, mais également le témoin d’une solitude essentielle du sujet pensant. Autrui doit alors être inféré à partir d’un jugement que je porte sur la perception d’un autre homme qui pourrait tout aussi bien n’être qu’un automate.
* 2/ Autrui « apprésenté »
Dans la phénoménologie de Husserl, autrui est donné indirectement par la perception que j’ai de son corps (qui ne réagit pas comme celui d’un être inanimé) : selon les mots de l’auteur, il est « apprésenté » (perception intermédiaire entre la présentation des choses et la représentation par image)
* 3/ Autrui médiatisé par le langage
Si les consciences ne communiquent pas de manière immédiate, connaître la présence d’un alter ego peut se faire par l’intermédiaire du langage : dans toute situation d’interlocution on perçoit bien la présence d’un ego chez celui qui parle.
* 4/ Le regard qui fait de moi un objet, et d’autrui un sujet
Sartre souligne qu’autrui n’est pas seulement un objet dans le champ de ma représentation : il est également un regard posé sur moi. Dans l’expérience de la honte, je me découvre objet pour autrui. C’est être ainsi objet devant le regard d’autrui qui me fait découvrir autrui comme sujet.
II/ Autrui : nécessaire pour me connaître moi-même ?
* 1/ La conscience se transforme dans l’acte réflexif
Il n’est pourtant pas aisé de se connaître soi-même, même si je sens immédiatement que je suis une conscience, un ego. A. Comte souligne en effet que la conscience se modifie à mesure qu’elle se décrit. Il semble bien ardu ici de se connaître soi-même.
* 2/ L’homme et « l’être-avec »
Dans la philosophie de Heidegger, l’être-avec est une détermination fondamentale et nécessaire de notre être, à tel point que même l’expérience de la solitude se définit encore par rapport à autrui. Il n’y a donc pas, dans la philosophie de Heidegger, le problème de la difficulté d’une conscience close.
* 3/ Autrui et ma responsabilité morale
Levinas met l’accent sur le visage d’autrui : celui-ci est un appel à ma responsabilité. Se connaître soi-même en tant qu’être moral implique donc essentiellement un rapport à autrui (et pas seulement à la raison comme le suggère Kant).
* 4/ Le processus identitaire en psychanalyse
Le petit enfant ne dit pas d’abord « je » mais parle pendant plusieurs années à la troisième personne pour parler de lui. Le moi n’est pas une formation originaire de la conscience mais se constitue progressivement, en grande partie à travers le rapport à autrui.
Conclusion :
Si les philosophies qu’on qualifie de « solipsisme » posent comme un problème ardu la connaissance, voir la reconnaissance d’un alter ego, il semble plus probable que notre conscience ne soit pas originairement close mais soit déjà structurée par le rapport à autrui. Si elle ne l’est pas dès le départ, c’est au sein d’un processus qui engage autrui que je peux me connaître moi-même.
Peut-on désirer sans souffrir ?
Introduction
Le terme « désir » viendrait du latin desiratio (de sidus : étoiles) qui signifie « cesser de contempler, avec une nuance de regret, le ciel étoilé. Il renverrait donc plus à la dimension intellectuelle qu’a celle, corporelle, des inclinations. Il faut distinguer en effet désir et besoin qui sont deux expériences distinctes du manque. Le désir est orienté vers un objet bien précis, souvent irremplaçable (exemple du désir amoureux). Contrairement au besoin, il est insatiable. Pourtant il peut être compris comme le mouvement de mon existence, et en ce sens être l’affirmation de mon être propre. Paradoxe du désir : il semble avoir pour fonction de barrer l’accès à la jouissance, de la frapper d’interdit puisqu’on ne désir que ce qu’on ne possède pas.
I/ Le désir structuré par le manque
* 1/ Une « passion de l’âme »
Descartes : tout désir serait une passion résultant d’une action exercée sur l’âme par le corps. Il est difficile de distinguer ici le désir du simple besoin. En outre le désir prouve que « je ne suis pas tout parfait », il est structuré par le manque.
* 2/ Quelque chose qui nous appartient et qui pourtant nous fait défaut
Hegel remarque dans son Encyclopédie des sciences philosophiques, que l’existence humaine n’est pas réductible à la présence à soi d’une conscience autarcique : l’homme doit trouver à l’extérieur de lui ce qui pourtant lui est essentiel
* 3/ désirer c’est être loin de l’objet du désir
Lucrèce souligne dans De la nature les dangers d’une passion qui nous attache corps et âme à un objet unique, irremplaçable, et en même temps à jamais distinct de nous. Il semble difficile en ce sens de penser qu’il puisse être satisfait
II/ Le désir comme activité productrice associée à un certain plaisir
* 1/ L’Eros philosophique
Platon souligne que le sujet désirant progresse par cela même qu’il se met en quête de ce qu’il désire. L’âme peut ainsi atteindre à « la beauté en elle-même, celle qui est divine » (Banquet). On atteint alors au plaisir d’une vie bien remplie. C’est une inspiration divine, du dieu Eros : la meilleure de toutes les formes de folie.
* 2/ Le désir comme essence propre de l’homme
Selon Spinoza, le désir est appétit avec conscience de cet appétit, il est plénitude et affirmation de soi. (c’est le conatus : effort pour persévérer dans son être). S’il peut prendre la forme d’une passion, il peut également être actif, lorsqu’il procède de l’esprit et produit la connaissance. C’est alors une grande joie qui nous remplit.
III/ Un désir ne doit pas annuler l’intensité qui le produit
* 1/ Distinction du désir de quelque chose et du désir de l’autre
Kojève : remarque que le désir de quelque chose tend à l’appropriation de l’objet (que dès lors, on ne désire plus), alors que le désir de l’autre s’identifie plutôt au désir du désir de l’autre. En ce sens il peut être satisfait sans pour autant s’annuler dans la possession d’un objet.
* 2/ Le plaisir pourrait annuler le désir lui-même
Sartre : le plaisir sexuel proprement dit signale plutôt « la mort et même l’échec du désir » (L’Etre et le Néant). Le désir sexuel s’incarnerait plutôt dans l’échange des caresses, lorsque les deux corps sont encore à distance l’un de l’autre.
* 3/ Le désir qui se prend pour objet
On peut penser en effet que le désir se désire lui-même, ce qui expliquerait qu’il est proprement insatiable. Ce qui justifierait qu’il gagne chaque fois en intensité et nous fait progresser. L’objet extérieur du désir ne serait qu’un tiers qui aurait pour fonction de garder en nous un désir toujours vivant
Conclusion :
Il semble évident que le désir soit issu, comme le besoin, d’un manque, donc d’une souffrance. De plus, contrairement au besoin, il semble insatiable et irremplaçable. La souffrance semble donc multipliée. Il est pourtant des désirs qui remplissent nos vies, lui donne toute sa valeur et procure une joie incomparable par rapport à la simple satisfaction du besoin. C’est le cas du désir proprement philosophique, désir de sagesse qui ne cesse de prendre de l’ampleur avec le temps.
Et le texte say du poulet ? ![]()
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Texte de Tocqueville
Introduction
De Tocqueville souhaite, à travers ce texte, mettre en évidence une mauvaise compréhension de ce que l’on comprendre par « démocratie » (souveraineté issue du peuple). Il ne s’agit pas, selon, lui, de donner toute latitude à la volonté de la majorité, uniquement parce que ce serait celle de la majorité, mais de limiter cette volonté par ce qu’il appelle la « loi de justice ». La justice en effet est issue de la volonté de l’humanité entière, et pas uniquement de celle d’une nation. L’auteur élargit ainsi sensiblement la conception traditionnelle de la démocratie que l’on définit uniquement par la souveraineté du peuple, volonté qui peut être injuste sans que cela nuise à l’idée de démocratie : voilà ce qui pose un problème. Une nation n’a-t-elle pas, elle aussi, à être juste ? Et que ce passe-t-il pour la minorité ?
I/ La justice ou droit de l’homme
* 1/ Borner la volonté générale
L’auteur récuse la maxime « la majorité d’un peuple a le droit de tout faire ». Nous trouvons ce type d’idée chez Rousseau par exemple dont le contrat social consiste à transférer ma volonté propre vers la « volonté générale » (obtenue par la majorité) à la condition que chaque citoyen fasse la même chose. Rousseau, comme d’autres théoriciens, dépouille l’individu de sa volonté propre, mais ne met donc aucune borne à la volonté générale.
* 2/ La justice
Tocqueville affirme qu’on doit et qu’on peut borner cette volonté de la majorité : par la loi de justice. Non seulement ceci permet d’empêcher les nations de faire des actes injustes (par exemple sur une minorité). Mais cela permet aussi de concevoir une loi qui me protège lorsque je suis dissident : si « je refuse d’obéir à une loi injuste », c’est encore en vertu d’une loi, plus élevée que celle de ma nation : c’est celle d’une autre majorité, la souveraineté de l’humanité entière.
II/ Pourquoi la volonté générale d’une nation ne suffit-elle pas ?
* 1/ analogie entre une collectivité et un individu isolé
« Qu’est-ce donc qu’une majorité prise collectivement, sinon un individu qui a des opinions » ? L’auteur identifie la majorité à un seul individu. On peut le comprendre puisqu’il n’y a ici qu’une seule volonté en jeu. Alors le combat des volontés entre la majorité et la minorité est tout à fait analogue à celui qu’il existe entre deux individus. On voit ici que la borne que pose Tocqueville à la volonté majoritaire n’est pas uniquement là pour protéger une nation contre une autre, mais une minorité contre une majorité au sein d’une même nation.
* 2/ Pourquoi la volonté d’une majorité n’est-elle pas juste ?
C’est la même analogie entre la majorité et l’individu qui joue un rôle déterminant ici : « Les hommes, en se réunissant, ont-il changé de caractère ? » écrit l’auteur. On peut penser à la lutte des classes que souligne le marxisme : ce sont les intérêts de la classe économiquement dominante qui sont pris en compte et développent une idéologie qui pourrait représenter, en quelque sorte, une volonté générale. En outre, Tocqueville met en évidence un danger : le fait que l’union fait la force, et qu’une plus grande force doit être limitée d’autant plus par la loi de justice : « ce que je refuse à un seul de mes semblables, je ne l’accorderai jamais à plusieurs ».
Conclusion :
L’auteur met en évidence dans ce texte un danger au sein de l’idée de démocratie : celui de donner le pouvoir à la majorité sans subordonner ce pouvoir à l’idée de justice. En ce sens il est encore plus démocrate que les démocrates, puisque ce n’est pas la volonté d’un seul peuple qui lui semble importante (volonté qu’on ne peut obtenir que par la majorité), mais la volonté du genre humain, la souveraineté de la société universelle pour qui la loi fondamentale est celle de la justice.
j'pense que avec ça tu te ramasse, car c'est chiant et trop compliqué (aucun éléve ne pourrai écrire ça
) et en plus tu fait que citer les auteurs, et ne pas penser par toi-même
![]()
Mouarf j'ai dit ça pour le texte, mais apres, comme c'est noté du simple au double...
Pareil j'ai bien géré pour le texte dans les grandes lignes
surtout que je connaissais l'auteur vec la théorie de la tyrannie de la majorité et tout ![]()
UnIike
c'est des profs de philo qui ont rédigé ce corrigé, avec ça je pense tu tape des notes allant de 15 à 20 selon le correcteur.
Y a rien pour les S ![]()
nan je pense pas
car ils attendent que ce soit un élève, qui, avec SES PROPRES mots, développe une argumentation avec SES idées
et non pas recracher par coeur des pensée connues ![]()
Narguila
dit moi quel sujet je te le donne
Le numéro 3, le texte ![]()
sujet 3 t°S c'est possible?
Le texte de Schopenhauer, à travers une comparaison de l’objet de la morale et de celui de l’État, traite du problème de l’injustice.
L’objet de la morale est la volonté. C’est elle qui commande l’action de l’auteur.
On note que le sujet moral (« l’auteur ») est compris comme tenté par l’injustice : il n’y a pas de sujet moral innocent. C’est pourquoi la loi morale (ou la maxime de la volonté) est formulée négativement – « ne pas commettre d’injustice » – plutôt que positivement – « faire le bien ». Il s’agit d’opposer la force morale qu’est la volonté au penchant à l’injustice. Il y a au point de vue de la morale une culpabilité originelle, et c’est pourquoi il faut de la bonne volonté pour ne pas commettre le mal. Les conséquences, bonnes ou mauvaises, d’actes, qu’ils soient perpétrés ou non, ne comptent pas : c’est, comme on dit, l’intention qui compte. Ce qui est seul réel au point de vue moral, c’est que la volonté soit bonne. Il s’agit de vouloir agir en vue d’un monde juste.
L’objet de l’État est le fait ou l’acte. C’est lui qui attente aux intérêts de la victime.
La bonne ou mauvaise volonté de l’auteur de l’injustice est subsidiaire pour l’État. Une personne voulant bien faire peut néanmoins attenter aux intérêts d’autrui. C’est le cas p. ex. de « l’homicide involontaire », des négligences, ou bien des défrichages des champs d’OGM. Si la volonté explique la signification du fait, p. ex. lors d’un procès, elle n’est pas la réalité que juge la justice de l’État. (On peut ajouter que pour la morale, les conséquences, quelles qu’elles soient, sont subsidiaires : la morale porte sur la signification de la volonté.) Il s’agit pour l’État, non pas de résoudre la volonté à ne pas commettre l’injustice, mais de dissuader ou de réprimer, au moyen de la peur, le passage à l’acte. L’État ne prétend pas convertir le penchant à l’injustice à la bonne volonté – on est libre de nourrir de mauvaises intentions –, il « se borne à placer, à côté de chaque tentation possible, un motif plus fort » : à opposer une force extérieure et supérieure, et cela de manière très concrète, p. ex. « le glaive », les gardiens de la paix, « la roue », « le châtiment », aujourd’hui la peine de prison dans les États qui ne pratiquent plus la peine capitale.
La morale interdit l’injustice de l’acte en agissant comme force intérieure ; l’État interdit l’acte d’injustice en lui opposant une puissance extérieure.
Yeeeessssss
Bordel, les gars j'ai reussi la philo
Yes!!!
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je crois que je vais avoir la moyenne pour la premiere fois de l'anne en philo :D
bonjour a tous
oui je sors de l épreuve de philo de ce matin,série ES teste de tocqueville et j ai bien sur utilisé des notions de philo mais aussi des connaisances d éco (sociologie) c est a dire "la tyrannie de la majorité" (les minorités ont peine a existé et a s exprimer)
ce pendant,il me semble que dans son texte il compare l absolutisme royal au moment ou il parle d une personne avec toute puissance je crois....est ce que cette métaphore représente bien le roi face a un individu normal (le peuple)?
ensuite ce corrigé m a l air bien léger non?
perso j ai développé dans ma premiére partie comment tocqueville réussisait a capter l attention de son lecteur puis dans la deuxiéme comment il critiquer la majorité
est ce bon selon vous? (la moyenne quand meme non)
j ai également cité durkheim quand alexis parle de justice
Comment veux tu qu'on juge ton devoir... On est pas correcteur et c'est deja à difficile pour nous de savoir si on a réussi le notre. C'est tellement aléatoire ![]()
mais qu'en pense tu? Cela te parait bon?
"Bon", je sais pas, mais crédible tout à fait ![]()