Tiens il suffit de parler de cet enfoiré pour qu’il apparaisse avec son bmx se prenant pour Armstrong en danseuse … sauf que la , c’est du plat. Il nous fait un signe de tête, je ne m’occupe pas de lui et détourne mon regard. Ouai allez, va-t’en. 
Pendant ce temps, tout le monde s’installe à la table dehors. La mère de Samantha décide de s’intercaler entre nous et Samantha et moi ne sommes plus vraiment à côté. Super !
Ma sœur est à ma gauche, sa mère juste à côté et elle. Mais ça promet ce repas, je vais bien m’éclater moi ! Ptin, quelle poisse. 
Le repas passe, je me fais chier, je pense en entendant par instants les chiens de l’autre aboyaient comme leurs maîtres.
Tu parles d’un après-midi, moi qui fondait beaucoup d’espoir dessus, j’apprends qu’il sera court, je me retrouve avec le voisin au basque de celle que j’aime, et voila que je ne peux même pas lui parler quand lui la voit tout les jours. J’observe mon couteau, ça vaut le coup que je me le plante ou non ? 
Plus sérieusement, il faut l’avouer, je suis en situation de faiblesse. Je tente de regarder Samantha de temps à autre mais c’est presque impossible. Des fois, j’ai l’impression qu’elle réagit comme moi, mais en fait, elle doit plutôt regarder si l’autre enflure ne passe pas avec son vélo. Bon, bah, super, à part ma sœur avec qui discuter et le client de droite pour ne parler que de trucs habituels comme les cours, vacances and co, rien de transcendant. Vivement la fin…
Le temps passe, mais vraisemblablement, je ne suis pas seul à m’emmerder. 
Samantha semble perdre patience et elle demande à sa mère si elle peut sortir de table après le plat principal. Je la comprends, ok les repas familiaux ou entres amis, c’est sympa, mais pour nous, les ados faut pas abuser, qu’est-ce qu’on se fait chier ! o_O
« Non, tu fais comme tout le monde, tu attendras la fin, tu as vu Quentin ou sa sœur se plaindre ? »
Et merde, voila qu’elle me prend pour exemple alors que j’allais demander la même chose à ma mère. Quelle agonie, c’est vraiment un calvaire. Bon sang réfléchis Quentin, doit bien y avoir une solution … soudain le géni renaît, tel un David Coperfield des grands jours, mon esprit fait tilt. 
Et si je demandais à sortir sous prétexte de faire connaissance avec l’autre ou d’aller taper un foot avec lui. D’une part, la mère de Samantha la lâcherait car elle le connaît mieux, et d’une autre, on serait enfin libre. J’avoue que cette idée me fit être fier de moi. La mettre en application était une autre histoire. 
Quitte à tenter le tout pour le tout, bouge toi Quentin ! J’étais décidé, après avoir tâté le terrain, je demanda à ma mère s’il y avait possibilité de sortir de table, que je ne voulais pas de fromages, désert, toussa, vous connaissez le spitch que l’on fait tous dans ce genre de situation.
« D’accord mais si la mère de Samantha ne veut pas, par respect, il faudrait que tu restes aussi.
- Bon sang maman, fais un effort, tu comprends qu’on va pas rester là éternellement.
- Oui bon d’accord, je vais lui dire. »
Putain mais ce qu’il faut pas faire pour bouger les vieux … ma mère alla rapporté quelques couverts et demanda au passage à la mère de Samantha. Elle était d’accord. Yes ! Enfin libéré ! Je me levais et Samantha en fit de même, restait à savoir ce que nous allions faire …