Les premiers pas pour sortir du lycée se passent en silence. J'ai vraiment envie d'être celui qui lance la discussion en premier, mais aucun sujet ne me vient en tête. Ah bah c'est trop tard toute façon, Marc vient de lacher une blague sur le cours d'histoire. Une facile en plus, "wouuuua j'ai encore la tête dans le cours d'histoire moi
" ... Elle est facile la blague, limite nulle. Toujours est-il que Maeva rigole, que Marc est fier de lui et que c'est moi le con dans l'histoire. 
Ca à le don de m'énerver ça, les blagues nulles à chier auxquelles les filles rigolent toujours. Aucun mérite. Je repense à mes objectifs, "discuter plus facilement", et à mes rêves "être celui qui fait rire les filles..." Après tout, il fallait peut-être passer par le stade des blagues pas drôles pour en arriver là.
J'ai eu alors une bouffée de courage en moi. Une inspiration divine m'a permis de trouver une phrase à dire. Après y avoir réfléchi, je la jugeais digne d'être placée devant Maeva. J'ai pris mon courage à 2 mains.
- Pour moi le cours d'histoire a été une partie de plaisir à côté de l'interro de maths... 
J'ai essayé de faire le sourire du mec las mais qui le prend à la rigolade.
Et la mes efforts ont été récompensés.
Je n'en croyais pas mes yeux, Maeva avait rigolé. Autant qu'à la blague de Marc. Voir plus. Elle ne m'avait pas regardé comme un autiste comme je l'avais toujours craint. C'est alors que j'ai compris que les filles préféraient les gars drôles et parfois un peu con plutôt que les gars comme moi. J'étais décidé à me lacher désormais, ce rire venait de me transcender.
Le reste du trajet jusqu'au centre ville passa très rapidement, sans doute à cause de mon état d'euphorie. Une discussion s'était ouverte sur la quantité de devoir qu'on nous donnait et j'y ai même participé !
Maeva a alors posé la traditionelle question.
- Alors, ou est-ce que vous m'invitez ? 
Cette phrase déclencha dans ma tête un état de panique. Quel con, je n'avais même pas 20 centimes sur moi... Et j'avais oublié ma carte bleu (junior ^^) chez moi... Je pouvais quand même pas demander à Marc ou Maeva de me passer de l'argent ! Et moi qui avait songé un instant à offrir le repas à Maeva, comme tout bon gentleman qui se respecte. Mes plans tombaient à l'eau. 
Marc proposa l'adresse d'un doner kebab à environ 5 minutes de marche. J'ai donc 5 minutes pour trouver un moyen de ne pas me taper la honte, tout sauf devoir demander que l'on m'avance de l'argent. J'avais déjà peur de passer pour un con devant elle, alors autant ne pas passer pour un pauvre. Il fallait très vite que je trouve un truc pour m'éclipser le temps du repas...