"Lorsque nos jeunes gens, lorsque nos jeunes filles entreront dans la vie, nous ne les abuserons pas de grands mots et d’espérances illusoires ; nous leur apprendrons à ouvrir les yeux tout grands sur la réalité.
Nous leur dirons qu’il est beau d’être libre, mais que la « liberté » réelle ne peut s’exercer qu’à l’abri d’une autorité tutélaire, qu’ils doivent respecter, à laquelle ils doivent obéir ; nous ne nous contenterons pas pour eux de la liberté de mourir de faim, même si cette liberté leur donne le droit de déposer un bulletin de vote tous les quatre ans dans une urne ; nous leur reconnaîtrons le droit au travail, non pas toutefois à n’importe quel travail, car dans ce domaine leur liberté de choix trouvera sa limite dans les possibilités de la situation économique et dans les exigences de l’intérêt national.
Nous leur dirons ensuite que l’ « Égalité » est une belle chose, sur certains plans et dans certaines limites ; mais que, si les hommes sont égaux devant la mort, s’il appartient à une société civilisée de les rendre égaux devant la loi et de leur accorder, devant la vie, des chances égales, ces diverses sortes d’égalités doivent s’encadrer dans une hiérarchie rationnelle, fondée sur la diversité des fonctions et des mérites, et ordonnée, elle aussi, au bien commun.
Nous leur dirons enfin que la « Fraternité » est un idéal magnifique, mais qu’à l’époque douloureuse que nous traversons, il ne saurait y avoir de fraternité véritable qu’à l’intérieur de ces groupes naturels que sont la famille, la cité, la patrie."