Quel est donc le tort du fructose? Si les fruits ont mauvaise presse, c’est qu’ils contiennent ce glucide simple que notre corps ne dégrade pas de la même manière que d’autres sucres du même type.Le fructose n’est pas utilisé directement par les muscles, comme c’est le cas du glucose et du dextrose: ces deux sucres simples sont convertis facilement en glycogène musculaire, forme de stockage des glucides dans les muscles. Quand ces derniers contiennent beaucoup de glycogène, la récupération et l’hypertrophie sont facilitées et la performance est améliorée au cours de la séance suivante. Le glycogène confère également aux muscles cet aspect rebondi que nous recherchons tant.
Par contre, quand il y a apport de fructose, cet isomère du glucose doit d’abord transiter par le foie afin d’y être transformé en glycogène. Le problème se pose quand les réserves de glycogène hépatique sont pleines: le fructose est alors converti en graisse et ne contribue qu’à augmenter la taille des adipocytes. Comme il est souvent difficile de savoir quand les réserves de glycogène hépatique ont atteint leur maximum, beaucoup de bodybuilders font le choix d’éviter complètement les fruits. En fait, une mesure aussi extrême peut s’avérer contreproductive car occulter les fruits revient à se priver des précieux nutriments qu’ils renferment.
Le meilleur moment pour manger des fruits est le matin, dès le réveil. À ce moment de la journée, le taux de glycogène hépatique est bas puisque l’organisme a utilisé ce combustible comme source d’énergie pendant le sommeil. Cela signifie aussi que le corps va s’approvisionner en énergie en dégradant les protéines musculaires. Quand on consomme des fruits dès le lever, on apporte au corps une source alternative de carburant qui contribue à stopper le catabolisme musculaire.
Autre créneau propice à la consommation de fruits: les 30 à 60 minutes qui précèdent l’entraînement, en particulier si l’on n’a pas pris de repas riche en glucides depuis plusieurs heures. Le fructose va remplir le foie de glycogène, assurant ainsi une fourniture de glucose aux muscles en activité et épargnant le glycogène musculaire. Un autre avantage est que le fructose ne bloque pas les graisses au cours de l’effort comme le fait le glucose. Le créneau qui suit la fin de la séance se prête également très bien à la consommation de fruits: il est tout de même préférable d’opter alors pour des fruits plus riches en glucose qu’en fructose. Le glucose est mis plus facilement en réserve sous forme de glycogène et il fera grimper plus efficacement le taux d’insuline, assurant du même coup un meilleur développement musculaire.