Problème d´internet... Je suis désolée ! Dès qu´il est réparé, je vous envoie une bonne cope de chapitre à lire, j´en ai plusieurs de fait.
A +++
J´aimerais savoir si cela intéresse toujours ma fic, car il se pourrait que j´envoie ce soir des chapitres.
Ou plutôt, le reste de la premi`re parite et une grande partie de la deuxi`me.
Alors répondez-moi !! !
Je veux la suite !! !
Tu le sais bien , grand admirateur !! !
Super, si je réussi a patenter de quoi avec l´ordi de ma mere et le mien, tu l´aurra ta suite !! !
Bonnes nouvelles !
J´AI LA SUITE !! !
J´envoie immédiatement !! !
Chapitre 2
Lucrecia, après être partie de la salle de réunion, monta directement à sa chambre et s’étendit sur son lit. Elle ne dormirait pas, elle ne dormait jamais. Encore une chose que Hojo lui avait enlevée. Elle jura entre ses dents. Elle détesterait toute sa vie son père. Lors du départ de Sephiroth, les affaires avaient mal tournées pour elle. Elle n’était âgée que de dix ans. Hojo était venu la chercher chez ses parents adoptifs, et ceux-ci ne pouvaient s’opposer au scientifique. Ils l’avaient laissée entre les mains de l’homme en sarrau blanc à contrecoeur.
La jeune fille secoua la tête pour chasser ses mauvais souvenirs. Pour la première fois de sa vie, elle était en sécurité. Elle se leva et marcha jusqu’à sa porte, qu’elle entrebâilla. Le couloir était désert. Elle en profita pour se glisser hors de sa chambre et grimpa jusqu’au pont extérieur. Ils avaient décollés. Lucrecia s’approcha du bastingage et s’y accouda, regardant dans les étoiles dans le ciel. Le vent frais lui fouetta le visage. Elle resta ainsi, immobile, pendant un bon dix minutes.
Puis elle se mit à fredonner tout bas. Mais elle s’arrêta rapidement quand elle se mit à trembler violemment.
- Non, pas maintenant… murmura-t-elle.
Elle tâta dans ses poches fébrilement.
- Tu ne dors pas, Lucrecia ?
Lucrecia se tourna vers son interlocuteur, cachant tant bien que mal ses soubresauts. Il s’agissait de Vincent, qui l’observait d’un air sérieux.
- Je ne dors jamais. Maintenant, si tu veux bien m’excuser, répondit la jeune fille d’une voix rauque.
Elle se précipita vers la porte pour aller à sa chambre, mais Vincent lui attrapa le poignet. Le coup partit tout seul. Lucrecia le frappa au visage et tomba sur le sol. En se relevant en vitesse, elle franchit la porte en courant, malgré les balancements du bateau, laissant Vincent seul derrière elle. La jeune fille se hâta vers sa chambre, claqua la porte et se rua vers son sac à dos. Elle prit un flacon contenant des pilules dont elle en avala une. Toujours secouée de convulsions, la jeune fille tomba dans un état second, proche du coma. Les spasmes s’arrêtèrent d’eux-mêmes un peu plus tard.
- Elle t’a frappé ?
Cloud le regardait avec un mélange d’indignation et d’amusement.
- Arrête de me regarder comme ça, et soigne-moi ! grommela Vincent.
Cloud éclata de rire en se penchant vers lui et lui examina la joue. Elle était enflée et avait prit une teinte bleutée.
- Eh bien, mon ami, elle ne t’a pas raté !
Vincent grogna, mais ne fit aucun commentaire. Cloud attrapa une matéria de Guérison, entreposée avec les autres dans un coffre, et guérit la joue de son compagnon en un rien de temps.
- Et maintenant, raconte-moi comment Mademoiselle Crescent a fait pour te frapper, exigea-t-il.
Vincent haussa les épaules.
- Je te l’ai dit. Je suis allé sur le pont, dehors, et elle était là. Je lui ai parlé, elle m’a répondu puis elle s’est précipitée vers la porte pour rentrer à l’intérieur, mais je lui ai attrapé le poignet et elle m’a frappé au visage. Puis elle est tombée. Elle s’est relevée et s’est enfuie.
- Comment ? Lucrecia te frappe et c’est elle qui tombe ?
- Oui.
Cloud devint pensif.
- Bizarre, ça. Allons donc la voir.
Vincent grogna à nouveau, mais suivit Cloud vers la chambre attribuée à la jeune fille.
- Comment sais-tu que c’est cette porte ? chuchota-t-il.
- C’est moi qui donne les chambres.
Son ami n’en demanda pas plus. Cloud frappa à la porte de métal et attendit. Aucune réponse. Il essaya de tourner la poignée, mais elle était verrouillée. Il plongea alors la main dans sa veste noire et en sortit un trousseau de clés. Il le considéra un moment, puis prit l’une des clés et l’introduisit dans la serrure. La porte produisit un petit déclic et s’ouvrit. Lucrecia était bien là, allongée sur le lit.
- Elle ne dors pas, déclara Vincent. J’en suis sûr. Elle m’a dit tout à l’heure qu’elle ne dormait jamais.
- Et c’est la vérité. Si j’ai verrouillé ma porte, ce n’est sûrement pas pour être dérangée, répliqua Lucrecia en se redressant.
- Désolé, Lucrecia. Je fais une inspection de routine. Passe une bonne soirée, alors, répondit Cloud.
La jeune fille inclina la tête et se recoucha, tandis que Cloud refermait la porte. Ils s’éloignèrent, en se rendant à la salle de contrôle, là ou Cid se trouvait, devant le gouvernail.
- Quelque chose ne tourne pas rond chez cette fille, je suis d’accord avec toi, Cloud, dit Vincent.
- Oui, mais quoi ?
Seul le ronron des moteurs leur répondit.
Lucrecia sortit de sa chambre très tôt le lendemain. L’aube se levait à peine, à l’extérieur. Elle descendit à la salle de contrôle. Cid, au cours de la nuit, avait cédé la place à un co-pilote, l’un des nouveaux, et était allé se coucher. Elle s’approcha du jeune homme.
- Salut ! Tu es Cley, n’est-ce pas ?
Le garçon, sans tourner le regard de son tableau de bord, acquiesça.
- Oui. Et, toi, tu es la fille d’hier ? La sœur de Sephiroth, c’est ça ?
- C’est ça, Lucrecia Crescent. C’est dur de piloter cet engin ?
Cley leva les yeux vers elle un court instant.
- J’ai connu plus pire.
Puis il se replongea dans sa concentration du tableau de bord. «Pas très loquace» pensa Lucrecia. Elle se dirigea vers les grandes baies vitrées qui composaient une partie du plancher et le devant du vaisseau. D’ici, elle voyait tout. En cet instant, ils survolaient un champ ou des chocobos s’amusait, tout près d’une ferme.
- Une lève-tôt ? demanda Tifa tandis qu’elle entrait dans la salle de contrôle.
Lucrecia hocha la tête vaguement, le regard toujours rivé devant elle. Tifa sourit, s’avança vers Cley, qui se frottait les yeux.
- Ça va, Cley, je prends la relève.
Le jeune homme accepta et se retira. Tifa et Lucrecia restèrent silencieuses un moment. La jeune fille continuait à regarder par les vitres.
- Tu sais, ainsi, tu me fais penser à Cloud, confia Tifa. Lors de nos campagnes contre la Shinra et Sephiroth, il passait des heures, debout là où tu es, à regarder dehors.
La jeune femme vint se placer près de Lucrecia.
- Où on va, Tifa ?
Celle-ci se contenta de sourire.
- Au QG. C’est un peu loin, cela va nous prendre un certain temps d’y arriver.
Lucrecia se tint coite. Elle réfléchissait.
- Cloud est le chef du groupe ?
Tifa, à côté d’elle, hocha la tête en signe d’assentiment.
- Alors, pourquoi il ne reste pas au QG ?
Tifa choisit ses mots avec soin.
- Bien… Lors des campagnes, nous n’étions pas beaucoup. Seulement ceux que tu as entendu parler : Cloud, moi, Barret, Aeris, Rouge XIII, Cait Sith, Yuffie, Vincent et Cid. Il a toujours été au devant des combats, et lorsqu’Aeris s’est fait assassinée par Sephiroth sous nos yeux, il se ne l’est jamais pardonné. Depuis ce temps, il a toujours combattu, un peu pour se pardonner lui-même de n’avoir rien fait pour sauver Aeris.
Lucrecia se tint coite, mesurant l’ampleur de cette décision qu’avait prise Cloud.
- Qu´en penses-tu ? demanda Tifa.
- Je crois... Je crois que j´aurais fait la même chose. Cloud est sage, malgré certaines choses qui fait de lui ce qu´il est. Et c´est aussi un bon exemple pour ces novices qui n´ont aucune idole sur qui se baser. Oui, c´est ce que je crois.
Tifa sourit dans son dos. Lucrecia était plus sage qu´elle ne le croyait, car elle avait bien répondu à ce qu´elle croyait être une simple question, mais qui était en réalité un test.
- Tu sais Tifa, bien que je sois une solitaire et indépendante, j´aime bien cet endroit. Je pense que si Cloud me demandais de servir sous ses ordres, je le ferais sans hésiter.
Tifa posa une main sur l´épaule de la jeune fille.
- Personne ne peux dire ce que l´avenir nous réserve. Si cette occasion se présente, réfléchis à tes paroles et prends la décision que tu crois le plus juste. Aucun d´entre nous ne peux choisir pour toi, ceci t´appartient. Nous pouvons que t´indiquer la voie, c´est à toi que reviens le choix de la prendre ou non.
- Merci, Tifa.
Chapitre 3
Vincent descendit les escaliers d´acier et se rendit à la salle de contrôle. Des bruits de voix lui parvint, et ralentissant son pas, tendit l´oreille dans l´espoir de reconnaître les personnes. Il reconnut aussitôt la voix de Tifa, pour l´avoir longuement côtoyée, mais le timbre mélodieux de son interlocutrice le laissa perplexe. Était-ce possible qu´il s´agisse de Lucrecia ? Il s´approcha un peu plus, essayant tant bien que mal d´étouffer le son de ses chaussures d´acier, qui résonnait sur le sol métallique.
- ... c´est à toi que reviens le choix de la prendre ou non.
- Merci, Tifa.
Les voix se turent, et Vincent en profita pour entrer dans la pièce. Tifa et Lucrecia lui tournait le dos, la main de l´aînée sur l´épaule de la plus jeune. Le soleil les nimbaient d´une auréole dorée. Malheureusement, les bottes métalliques de l´Ex-Turk émirent un petit tintement clair, ce qui alerta les deux femmes. Lucrecia eut aussitôt une attitude défensive, fronçant les sourcils d´un air peu amène. Tifa lui jeta un coup d´oeil étonné, mais ne fit aucun commentaire, préférant les laisser seul. Elle sortit de la salle de contrôle, abandonnant Lucrecia et Vincent face à face.
Ils restèrent muets un long moment, chacun fixant l´autre. Finalement, ce fut Vincent qui rompit le silence:
- Tu sais, pour hier...
- Désolée. Je ne voulais pas te frapper, c´est involontaire.
Lucrecia se crispa soudainement, mais ne bougea pas.
- Je crois que tu as de nouveau envie de me frapper, non ?
Lucrecia jura entre ses dents.
- Il ya des choses en ce bas-monde qui n´ont aucune réponse, et d´autres oui.
- Règle élémentaire d´une question. Mais on ne peut vivre sans en poser, c´est contre notre nature.
La jeune fille se départit de son masque qui se voulait féroce, et chancela.
- C´est si voyant que cela ? demanda-t-elle.
Elle chancela de nouveau, et Vincent se précipita vers elle et l´attrapa par la taille avant qu´elle ne s´écrase sur le plancher. Il l´a déposa lentement sur le sol, et resta accroupit près d´elle.
- Cela devrait passer...
Ils attendirent quelques minutes, mais son état se mit à empirer. Des soubresauts, d´abord faible, puis de plus en plus fort, la secouèrent toute entière.
- Ce n´est pas normal... N´y a-t-il pas quelque chose que je puisse faire pour te venir en aide ? s´enquit Vincent, de plus en plus inquiet.
- Non, à moins de m´emmener dans ma chambre. Là, je serai capable de me soigner.
Vincent acquiesça, la souleva entre ses bras et fit mine de marcher vers la sortie.
- Une chose... Si je plonge dans le coma avant que tu n´arrive, prends le flacon sur la table de chevet. Il contient du thryptophane liquide...
Voyant qu´elle faiblissait, l´Ex-Turks se hâta vers la sortie. Lucrecia tomba inconsciente à ce moment, arrachant un juron à Vincent. Il regarda la passerelle de métal, et n´y voyant personne, s´y engageant au pas de course puis prit l´escalier qu´il avait emprunté un peu plus tôt puis enfonça la porte de la chambre de la jeune fille. Il déposa celle-ci sur le lit de camp, rafla le flacon de verre contenant un liquide ayant une teinte jaune dorée, l´ouvrit d´un coup de dents et en versa l´équivalent d´une gorgée entre les lèvres entrouvertes de la jeune fille. Puis il attendit. Les convulsions s´espacèrent, puis disparurent, sa respiration sifflante s´améliora nettement jusqu´à devenir stable. Elle était sauvée.
Toc, toc, toc !
Cloud leva la tête de la carte qu´il étudiait. Rares étaient les personnes qui venaient le déranger dans ses appartements.
- Entrez ! fit-il.
Tifa entra dans la pièce.
- Tifa ? Que se passe-t-il ?
- Rien de très particulier, sauf que je viens te voir, et que j´ai laissé Lucrecia et Vincent seuls, dans la salle de contrôle.
D´abord interloqué, Cloud contempla la jeune femme comme s´il lui avait poussé une deuxième tête, puis éclata de rire devant son air faussement penaud. Amusée, Tifa inclina la tête.
- Qu´ai-je dit de si drôle ?
- Rien, sauf que Vincent aurait donné n´importe quoi pour pouvoir converser avec elle et que Lucrecia, elle, aurait donné n´importe quoi pour se sauver de lui, même de le frapper !
Tifa posa ses mains sur ses hanches, dans une posture plus qu´attirante, mais qui était surtout une habitude plus que pour tenter de séduire Cloud.
- Ne me dis pas que Lucrecia a frappé Vincent ?
- Oui, ma chère, et pas plus tard qu´hier !
La jeune femme abandonna sa posture, et fronça les sourcil. Elle s´approcha de Cloud et lui enleva la carte qu´il tenait entre les mains. Du doigt, elle suivit une ligne rouge qui barrait le papier en une longue flèche droite. Et au bout de la flèche, un minuscule point noir était entouré de montagnes tracés au charbon. Une autre flèche rouge partait de ce point et se rendait en haut de la carte, jusqu´à un autre point, mais cette fois, bleu. Un mot y était inscrit.
- Quel est cet endroit, Cloud ? demanda-t-elle en lui montrant le point noir.
- Midgar.
- Et ceci ? continua la jeune femme en pointant le bleu et l´inscription.
Le visage de Cloud s´assombrit.
- La Cité Perdue. La Cité des Cétras.
- Aeris, conclut Tifa avec gravité.
***
Lucrecia ouvrit les yeux que quelques heures plus tard. Vincent était toujours à son chevet. Elle eut un faible sourire.
- Au moins, je sais que si je suis en plein combat, je pourrai compter sur toi, fit-elle.
Son compagnon sourit à son tour d´un air désabusé. Mais il redevint rapidement sérieux.
- Ces crises sont fréquentes ?
Aussitôt, Lucrecia se ferma.
- Ce n´est pas tes affaires.
Elle se leva et s´assit au bord du lit, le regard dans le vague. Vincent n´avait pas bougé, de l´autre côté du lit.
- C´est peut-être dangereux pour ta santé. Tu aurais pu mourir et...
- Je t´ai dit que ce n´était pas tes affaires ! Laisse-moi tranquille ! s´exclama Lucrecia avec véhémence.
Le silence s´installa entre eux. Lucrecia s´entoura de ses bras et baissa la tête. Puis elle se leva et fit face à Vincent.
- Va-t´en !
Vincent prit une mine effrayante. Il se leva, la dépassant de toute sa hauteur.
- Non. Pas tant que tu ne m´auras pas expliqué ces crises. Je t´ai sauvée de je ne sais quoi, et j´ai le droit de savoir ce que c´est.
Lucrecia sentit la colère monter en elle.
- J´ai dit que je ne voulais pas en parler. Tu n´as pas compris ?
Vincent croisa les bras sur sa poitrine.
- Si, mais je veux savoir quand même. Et oui, ce sont mes affaires car s´il t´arrive quelque chose, je suis responsable autant que Cloud.
- Tu veux vraiment me mettre en colère ? Ce n´est pas bon pour toi.
- Je prends le risque.
Lucrecia leva son poing et l´abattit sur la table la plus proche dans un bruit assourdissant. Elle frappa si fort qu´une fissure apparut sur la surface de bois. Elle sortit de la pièce telle une violente rafale de vent et la porte cogna contre le mur dans le couloir. Vincent voulut la suivre, mais elle avait disparut avant même qu´il put sortir à son tour. C´est tout comme si elle s´était dématérialisée.
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Je crois bien que les posts devront attendre toute la lecture de tous ces chapitres que j´ai à envoyer...
Encore un...
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Chapitre 4
Lucrecia sortit sur le pont extérieur et respira à plein poumons. L´air glacial s´infiltra par ses narines, calmant instantanément sa colère avant qu´elle ne sorte. Ce Vincent avait le don de la faire fâcher ! D´ailleurs, elle l´avait frappé pas plus tard que la veille et déjà, elle était sur le bord de récidiver. Au moins, il ne savait rien sur ses crises, c´était une bonne chose.
Lorsque la jeune fille commença à être frigorifiée, elle rentra à l´intérieur, elle déambula dans les couloirs vides à cette heure et découvrit une pièce fermée. Lucrecia posa la main sur la poignée en forme de barre de fer et tira vers elle. La grande porte métallique s´ouvrit sans un grincement. À l´intérieur, un doux roucoulement l´accueillit. Un grand oiseau, de couleur noire, aux yeux tout aussi sombre, la toisait d´un air dangereux. Il arqua le cou et battit furieusement des ailes, de façon à la faire partir.
- Whoah ! Attends, je suis pas ton ennemie ! cria Lucrecia à l´oiseau en se protégeant de ses bras.
Mais le volatile ne l´entendait pas de cette oreille. Il se mit à piailler et tenta de lui donner des coup de bec. Lucrecia comprit qu´il lui fallait faire vite si elle ne voulait pas mourir découpée en lanière de viande. Elle s´avança vers l´oiseau et au bon moment, lui attrapa le bec en faisant attention qu´il ne la morde pas.
- Voilà, voilà c´est fini ! lui dit-elle doucement.
Elle le gratta derrière les oreilles, et le volatile se calma.
- Tu aimes que je te gratte à cet endroit-là, hein mon gros ?
L´animal roucoula pour lui répondre. Puis une silhouette s´encadra dans la porte, restée ouverte.
- Bravo ! Il faut beaucoup de volonté pour réduire Shelke à sa merci. Il ne se laisse pas approcher.
Lucrecia regarda le nouvel arrivant, qui s´avéra être Cloud. Un léger sourire flottait sur ses lèvres tandis qu´il regardait l´oiseau et la jeune fille côte à côte.
- Les chocobos ne sont-ils pas pacifiques ?
Cloud marcha jusqu´à elle et contempla l´oiseau que, entretemps, Lucrecia avait libéré de son emprise.
- Normalement, oui. Mais celui-ci a hérité du nom d´une fillette qui s´est battue contre nous lors de la quête de Vincent. Shelke avait dix-neuf ans, mais gardait le corps d´une fillette de dix ans à peine. Elle faisait partie des Tsviets, et Deepground, en tant qu´expert informatique et assistante à la recherche de Vincent le vampire. Elle était une excellente combattante malgré sa petite taille.
Lucrecia tourna la tête vers Cloud, puis reporta son attention au chocobo.
- Vincent le vampire... En est-il vraiment un ?
Cloud secoua la tête.
- Seul lui pourrait te le dire. Mais je ne crois pas, je dirais que son état actuel est ce que ta mère lui as fait par le passé. Oui, il peut se transformer en d´étranges créatures lorsqu´il est fou furieux, et oui, il est extrêmement fort, plus fort que n´importe quel humain ayant une formation du Soldat. Mais il déteste tuer, et sa colère est son point faible, car il peut tuer sans remords et y prendre plaisir. C´est cet état qu´il a détesté, et qui lui a valut ce nom sinistre.
Lucrecia, muette, ressentit de la compassion pour cet homme qu´elle avait hai quand elle était enfant.
- Donc, Shelke a un caractère difficile. Tant mieux, nous sommes bien assortis, car moi aussi, fit-elle.
Cloud la regarda dans les yeux.
- Écoute-moi, bien, petite. Tu as la beauté de ta mère, mais tu as la nature froide de ton père. Il y a autre chose en toi, cependant, et cette chose est la force qui te maintient en vie. Je sais que tu ne veux pas ressembler à ton père. Quoi qu´il en soit, sois prudente, car cette nature peut te mener à l´erreur. Je te donne ce chocobo, et puisse-t-il t´aider dans tes actions.
Cloud lui tourna le dos et fit mine de partir. Mais il s´arrêta sur le seuil de la porte.
- J´ai un lourd fardeau sur les épaules, et Vincent, de son côté, aussi. Mais selon moi, Vincent a plus de remords que j´en aurai jamais.
Puis il la laissa avec ces mots.
Lucrecia médita longtemps les paroles de Cloud, assise contre le mur métallique de la pièce qui servait d´étable pour les chocobos de l´équipage. Shelke, à la manière d´un oiseau se nichant dans son nid, s´était couché à côté d´elle. Elle resta longtemps assise dans cette position pour le moins inconfortable, faisant la sourde oreille aux douleurs qui couraient sur sa nuque et le bas de son dos.
Vincent entra dans la pièce, dans l´intention de voir son propre chocobo, un grand oiseau beaucoup plus grand que les autres, de couleur noire, au bec et aux bouts des ailes rouges. Après l´avoir nourrit, il longea les boxs, et trouva bizarre qu´il ne vit pas Shelke, le chocobo préféré de Cloud, bien qu´il ne put totalement le contrôler. Il s´arrêta devant son box et sourit. Lucrecia s´y trouvait, chuchotant et caressant le volatile qui s´était endormit.
- Te voilà enfin ! Je commençais à me demander si tu n´avais pas quitté le vaisseau, dit-il.
Lucrecia sursauta en l´entendant et lui jeta un regard noir. Shelke s´était réveillé au son de la voix basse et rauque de Vincent. Mais il ne piailla pas, contrairement à son habitude. Lucrecia avait posé sa main sur son encolure. Il se contenta de le regarder comme s´il allait le dévorer.
- Tu adores me traquer comme un animal. Quand aurai-je la liberté qui me reviens de droit ?
Vincent haussa les épaules.
- Je l´ignore. Quand je saurai d´ou viennnent ces crises.
Lucrecia se leva, mais son regard n´exprimait pas de la colère, comme s´y attendait Vincent, mais autre chose qui l´émouva au plus profond de lui. Mias il ne le montra pas.
- On a tous des secrets. Toi même, tu en as, Vincent le vampire.
- D´ou sais-tu ce nom ? s´exclama Vincent, mécontent. Je ne peux rien savoir de toi, mais tu te permets de fouiller dans ma vie privée ?
- Non. Je n´ai rien demandé.
- Alors...
Lucrecia s´avança vers lui, de l´autre côté du box, et posa un doigt sur ses lèvres.
- Je pars. Le vaisseau s´est posé tout à l´heure. J´ai une mission.
Puis, se retournant, grimpa sur le dos de Shelke, qui se leva. Elle ouvrit la barrière du box et dirigea Shelke vers la soute qui menait à l´extérieur, laissant seul Vincent dans la salle.
Vincent entra dans la chambre de Cloud comme un coup de vent.
- Vincent ?
Cloud avait prononcé son nom avec inquiétude. Il était assis sur une chaise, à son bureau en bois plein de paparasse et d´objets, une carte à la main.
- Lucrecia a-t-elle été assignée à une mission ? demanda Vincent.
Cloud se leva et regarda son ami d´un air neutre, presque fataliste.
- Oui. Au bâtiment Shinra.
Vincent comprit aussitôt que si Lucrecia revenait, elle serait changée, mais si elle ne revenait pas, il ne la reverrait jamais. Et cette jeune fille l´intriguait au plus haut point. Il se laissa tomber sur une chaise.
- Tu sais, Vincent, je n´aime pas laisser ma nouvelle recrue seule ainsi. J´aimerais que tu l´accompagnes, dit Cloud.
Vincent lui jeta un regard interdit.
- Ne me regarde pas comme ça ! C´est purement professionel ! Tu peux faire ce que tu veux, mais je veux qu´elle revienne intacte !
Vincent hocha la tête.
- Ne t´inquiète pas ! Je te la ramènerai comme elle est présentement.
Cloud sourit et lui fit signe de se dépêcher. Vincent sortit de la pièce et marcha directement jusqu´à l´étable. Il entra dans le box de son chocobo et grimpa sur son dos, puis ouvrit la barrière du bos pour filer dans la soute.
- Mon cher Cerbère, nous revoilà en campagne...
Le chocobo, comme s´il ne faisait qu´un avec son maître, se dirigea immédiatement sur les talons de Shelke, et sur son dos, Lucrecia.
Ein, pas de chapitre ?
Ah zut !! ! Quel ordi stupide !! !
Bon !! ! Enfin !! ! Alors, maintenant, j´envoie le prochain chapitre !! !
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Chapitre 5
Lucrecia se douta que quelque chose n´allait pas quand les convulsions commençèrent à apparaître. Et qu´une présence se faisait sentir derrière elle, mais lorsqu´elle se retournait pour regarder, elle n´y voyait rien. Tremblotante, serrant les dents pour essayer d´apaiser les spasmes, la jeune fille continua sa route, la peur au ventre. Bientôt, elle devrait s´arrêter pour calmer sa crise, sinon, elle n´irait pas bien loin, et si elle tombait dans le coma, il n´y aurait personne pour la sauver. Mais avec cette présence derrière elle, elle hésitait à s´arrêter.
Un hurlement sauvage retentit derrière elle, qui la glaça jusqu´au os. Son sang ne fit qu´un tour tandis que la peur s´infiltrait lentement partout dans son corps. Lucrecia se maîtrisa avec peine.
- Allez Shelke, montre-moi de quoi tu es capable ! murmura faiblement la jeune fille.
Elle donna trois petits coups de talons dans les flancs de la bête, qui répondit en augmentant sa vitesse. Un halètement bestial monta en crescendo derrière Lucrecia, qui se retourna. Et elle le vit.
Elle ignorait de quoi il s´agissait, mais la bête était trois fois plus grosse qu´elle, et beaucoup plus grande, près de deux mètre trente. Elle avait le corps puissament musclé, quelque peu trapu comme un lion, de couleur rouge-orange flamboyant. La tête était basse, mais de la base de la nuque partait une longue tentacule virant du rouge au bleu pâle en passant par le blanc, finissant par un morceau de métal en pointe. La tête de l´animal était recouverte de cuir couleur rouille, d´où dépassait une crinière grise et blanche, deux longues oreilles pointues et deux pointes sortant de sa gueule. Mais le regard de la bête la figea sur place. Deux yeux ronds comme des billes, tout blancs, profondément enfoncés dans leurs orbites la regardait, la fixait. Incapable de tout mouvement, Lucrecia gardait le regard rivé à la bête. Elle sentit son corps s´engourdir, le froid l´envahir jusqu´à en perdre la raison. Puis d´autres créatures de la même espèce que la bête rouge, mais cette fois mauve, rejoignirent le monstre écarlate, se déployant tout autour du chocobo noir. Quand le volatile les vit, il se stoppa net, effrayé. Il battit des ailes dans tous les sens et rua, projetant Lucrecia dans la boue. L´animal prit la fuite en piaillant et criant dans la direction du vaisseau.
Vincent, assis sur son chocobo, entendit en même temps que Cerbère le piaillement d´un chocobo. Le volatile apparut devant eux en battant des ailes comme une dinde. L´Ex-Turk le reconnut immédiatement et déduit qu´il était arrivé malheur à Lucrecia. Comme pour confirmer ses pensées, un hurlement strident, indubitablement féminin, déchira la nuit. Vincent lança Cerbère dans sa direction et sortit son fusil à trois canons. Il découvrit rapidement un attroupement de Guard hound et un Crimson hound. Vincent prit le temps de viser avec soin et tira sur la grosse bête rouge. Un coup de chance, il la tua d´une balle à la tête, faisant fuir les autres créatures. Et sous la pluie battante, allongée dans la boue dans une mare de sang, Lucrecia gisait, inerte telle une vulgaire poupée de chiffon. Vincent, horrifié, sauta immédiatement de son chocobo et se précipita sur elle, la souleva et la cacha à demi dans sa large cape. Il grimpa sur Cerbère, qui n´eut besoin d´aucune indication pour partir vers le village le plus proche, en l´occurence, Nibelheim.
Ils arrivèrent devant l´auberge, située presque à l´entrée du village. Vincent ne connaissait qu´une seule place où il pourrait soigner Lucrecia en toute tranquillité, et c´était le Manoir Shinra. Il s´y dirigea, ouvrit la grille et entra dans la cour du manoir. Il descendit de son chocobo avec la jeune fille dans les bras, enfonça la porte et prit la direction d´une des chambres à l´étage. Il la déposa sur le lit, déposant aussi son triple canon sur le bureau. Lucrecia se mit à gémir et à murmurer dans le vide. Elle était restée trop longtemps dans la boue sous la pluie qui coulait toujours drue ces temps-ci. S´il ne faisait pas quelque chose maintenant, elle mourrait d´hypothermie. Et il ne pouvait pas se le permettre. Il repassa rapidement les méthodes pour soigner la maladie. D´abord il fallait la réchauffer. Vincent enleva sa sempiternelle cape rouge qui avait déjà séchée, et l´enveloppa dedans. Puis il alluma le foyer, près du lit. Lucrecia poussa un gémissement, ses yeux s´ouvrirent et elle tourna la tête vers lui.
- Je vous tout embrouillé, est-ce normal ? murmura-t-elle.
Vincent vint s´asseoir sur le bord du lit, à côté d´elle.
- Oui, Lucrecia, c´est normal.
- Vincent ?
Le regard de son compagnon s´attendrit.
- Oui, c´est moi. As-tu encore froid ?
Elle ne répondit pas tout de suite.
- Si oui, que vas-tu faire ? Car oui, j´ai froid... Et j´ai mal partout, c´est atroce.
Vincent ne se fit pas prier. Il enleva la cape, et retenant sa respiration, commença à la déshabiller. Grelottante, la jeune fille n´avait pas assez de force pour l´en empêcher.
- Je devrai m´allonger contre toi, pour que la chaleur de mon corps se communique à la tienne, lui expliqua Vincent.
Lucrecia ferma les yeux, tandis que le froid et la douleur l´envahissait. Lorsque Vincent eut fini de la déshabiller, il l´emmitoufla dans sa cape à nouveau, enleva ses bottes métalliques, et nus pieds, s´allongea derrière la jeune soeur de Sephiroth en la frictionnant. Lucrecia poussa un soupir lorsque la chaleur pénétra sa chair. Sans même s´en rendre compte, elle se pressa contre Vincent, qui ne bougea pas. Il se sentait déchiré entre deux maux. L´homme qu´il était lui disait de rester là tandis que la voix de la raison lui dictait de s´éloigner. Mais il choisit de rester. Il passa un bras autour de la taille de Lucrecia, l´attirant à lui, sachant que si elle avait été elle-même, elle l´aurait frappé pour ce geste, et ferma les yeux dans l´attente du sommeil qui ne fut pas long à venir.
***
Lucrecia se réveilla pour la première fois d´un véritable sommeil lorsque les premiers rayons de soleil entrait par la haute fenêtre. Sentant une présence dans son dos, elle tourna la tête. Vincent était allongé à son côté, profondément endormi. Son visage pâle, presque blême, frappé par les rayons dorés, paraissait tranquille. Sa longue chevelure noire était répandue sur l´oreiller, toute emmêlée. Une main reposait sur l´oreiller, tout près de la tête de Lucrecia. Mais où était l´autre ? Une chaleur inhabituelle au creux de sa taille lui indiqua que l´autre main y était. Lucrecia sentit une rougeur parcourir son visage. Elle se redressa, mais remarqua qu´elle était nue sous la large cape rouge de Vincent. Elle s´empourpra de plus belle. Gardant la cape, elle se leva et entreprit d´explorer la grande maison dans laquelle elle se trouvait, laissant Vincent dormir, tant la jeune fille n´avait pas le courage de le réveiller. Elle trouva une cuisine, et éclata de rire lorqu´elle vit une bouilloire pleine et une tasse tout près.
- Quelle est la cause de cet accès de bonne humeur ? demanda la voix endormie de Vincent derrière elle.
Lucrecia fit volte-face, se retrouvant devant un grand homme mince, à la chevelure noire ébourriffée et au visage bouffi de sommeil. Elle avait l´impression de se retrouver devant un autre Vincent. Un qu´elle ne connaissait pas du tout. Elle lui sourit d´un air incertain, puis désigna la bouilloire dans la cuisine.
- Tu as vraiment pensé à tout. Tu as bien dormi ? demanda-t-elle, peu sûre d´elle.
Pour la première fois, elle engageait une conversation normale avec Vincent Valentine. Combiens d´autres surprises de ce genre l´attendait ?
Vincent lui jeta un regard intrigué.
- Oui, très bien. Je crois même que c´est la première fois que je dors aussi bien de toute ma vie.
Lucrecia le regarda, incrédule. Puis, elle éclata de rire. Elle rit tant que cela en lui fit mal, mais elle s´en fichait.
- Qu´ai-je dit de si drôle ?
Lucrecia secoua la tête.
- Rien, seulement, cela fait beaucoup de première fois aujourd´hui, il me semble.
Vincent haussa les épaules. Puis il se dirigea vers la cuisinière, se fit un café et versa l´eau bouillante dans la tasse.
- Oh ! Oui, c´est vrai, j´oubliais...
Délaissant sa tasse sur le comptoir, Vincent se tourna vers Lucrecia, qui n´avait pas bougé de l´endroit où elle était. Il croisa son regard, rivant ses yeux aux siens. Seuls ceux-ci n´avait pas changé, toujours de cette étrange couleur rouge. Clouée sur place, Lucrecia le regarda venir jusqu´à elle et se planter devant elle.
- Je crois que tu me dois quelque chose, dit-il.
Lucrecia leva le visage vers lui. Il était si grand...
- Euh...Merci, pour hier, de m´avoir sauvé la vie...
Un léger sourire apparut sur les minces lèvres de Vincent, qui se retourna. Lucrecia ignorait ce qu´il la poussa à faire ce qu´elle fit, mais elle interpella Vincent d´une voix sourde. Il s´arrêta, fit volte-face et attendit.
- Et puis zut ! jura Lucrecia.
Elle s´avança vers Vincent, se hissa sur la pointe des pieds et pressa ses lèvres sur les siennes. Surpris, Vincent se laissa faire, puis lui répondit avec douceur. Il l´enlaça et l´attira à lui, sans interrompre son baiser. Lucrecia se sentait merveilleusement bien entre ses bras. Puis lentement, la jeune fille posa ses mains sur son torse, puis timidement les glissa autour de son cou. Vincent comprit que s´il ne s´arrêtait pas tout de suite, il serait trop tard pour refouler ses pulsions. Il cessa de l´embrasser et s´écarta. Embarrassé, il vit Lucrecia rougir soudainement et s´enfuir vers la chambre. Il se tourna vers le comptoir, prit sa tasse et la vida d´un trait, puis la posa dans l´évier. Il avait besoin de se changer les idées, et il savait exactement où aller.
Lucrecia ferma la porte derrière elle, et s´adossa contre elle, le coeur battant la chamade.
- Qu´ai-je fait, mon Dieu ? dit-elle à haute voix.
Elle se calma, mais juste après s´être convaincue d´une chose : elle n´avait pas fait exprès d´embrasser Vincent. Avec cette idée en tête, elle chercha ses vêtements dans la pièce. Elle les trouva, pêle-mêle sur une chaise, mais comble de la malchance, ils étaient tout mouillés.
- Que vais-je mettre, à présent ? gémit-elle, désespérée.
Son regard fut attiré vers l´endroit où elle avait dormi avec Vincent. Un ensemble noir y reposait. Elle tendit la main, caressa le tissu fin. Elle se débarrassa de la cape, revêtit les pantalons, puis le débardeur. Sous les vêtements, une minuscule chaîne d´argent reposait entre les plis du drap. Lucrecia s´assit sur le lit, puis tendit la main vers le bijou. Elle brillait entre ses mains, d´un éclat magique. Elle était longue, et un petit médaillon y était attaché. La jeune fille le palpa avec délicatesse. La figure était sculptée dans un cercle d´argent, représentant un chien à trois tête à l´allure féroce. Un cerbère, l´une des créatures mythologiques les plus anciennes et des plus dangereuses. Avec un sourire aux lèvres, Lucrecia passa la chaîne autour de son cou. Elle mit ses gants et accrocha son katana dans son dos, puis glissa ses médicaments dans la poche de son pantalon. L´ensemble lui faisait à merveille. Elle sortit de la chambre, la cape rouge dans ses bras, et se mit en quête de Vincent, ne le trouvant pas dans la cuisine, et le rechercha dans toute la maison. Elle aboutit dans un pièce où un mur de brique se dressait devant elle. Elle s´y adossa, et ne fut pas sa surprise de voir que le mur s´enleva, dévoilant un passage d´où un escalier en bois descendait en colimaçon. Lucrecia l´emprunta puis se retrouva dans un long et étroit sous-sol. Une porte à sa gauche était ouverte, et y jetant un coup d´oeil, y trouva le triple canon de Vincent, mais pas la personne en particulier. La jeune fille continua sa route et déboucha dans une bibliothèque aux murs couvert de livres. Une table remplie de volumineux bouquins s´y retrouvait, mais Lucrecia marcha vers le passage entre deux longs murs plein à craquer de livres et se retrouva devant un bureau dans une pièce circulaire, où était assis Vincent. Concentré, il rédigeait quelque chose dans un cahier aux nombreuses pages vierges. Une mèche noire lui tombait sur le front. Lucrecia se racla la gorge pour attirer son attention. Vincent leva la tête vers elle. Lucrecia lui montra la cape.
- Je te ramène ceci.
Vincent se leva et vint près d´elle. Lucrecia recula d´un pas. La chaîne dans son cou se mit à luire bizarrement. Lucrecia voulut l´enlever pour le redonner à Vincent, mais celui-ci l´arrêta d´un geste.
- Non, garde-le. Il te sera utile et te protégera.
Puis il la détailla de la tête aux pieds d´un regard indéchiffrable.
- Il te va bien.
- Merci, murmura Lucrecia du bout des lèvres. Il faut partir, maintenant.
- Où ? demanda Vincent, retrouvant son air habituel.
Lucrecia lui fourra la cape rouge entre les bras et se tourna vers la sortie.
- Au QG de la WRO. Tu dois m´y conduire.
Chapitre 6
Reeve Tuesti était assis à son bureau, griffonant quelques mots dans son calepin. Un bruit à l´extérieur de son bureau le fit sursauter, tandis que Cait Sith entrait dans la pièce. Le petit chat robotique était le plus souvent contrôlé par Reeve lui-même, mais celui-ci l´avait doté dernièrement d´une intelligence propre à lui, mais l´homme gardait sur lui une manette, au cas où...
- Qu´y a-t-il, Cait Sith ? soupira Reeve.
Le chat grimpa sur son bureau.
- Tu devrais prendre des vacances, Reeve.
Reeve haussa les épaules avec fatalisme.
- Je sais, mais je ne m´y résous pas. Il y a trop à faire ici.
Cait Sith émit quelque chose qui ressemblait à un grognement.
- Je ne suis pas ici pour te faire la morale. J´ai fait le voyage de la base d´Avalanche jusqu´ici et ce n´est pas pour te dire de prendre des vacances. Non, j´ai un message de Cloud. Tiens, déclara-t-il en lui tendant une minuscule puce électronique.
Reeve prit entre ses doigts la puce, l´enfonça dans une fente dans son ordinateur et pianota sur le clavier. Une image agrandie de Cloud apparut sur l´écran.
- Il était temps, Reeve. Je me demandais quand tu prendrais contact, fit la voix de Cloud.
- Que veux-tu, Cloud, je n´y peux rien. Je suis aussi occupé que toi.
- Ce n´est pas pour ça que je t´ai envoyé Cait Sith. Vincent n´est plus parmi nous.
Reeve eut l´air surpris.
- Comment ?
- Je l´ai envoyé avec l´une de nos nouvelles recrues par chez toi. Je dois te dire qu´ils doivent pénétrer dans le complexe Shinra d´une manière ou d´une autre. Je sais que tu as des relations avec Rufus Shinra, ne dis pas le contraire. Il y a quelqu´un à l´intérieur du bâtiment qui les trahis et nous devons savoir qui c´est.
- Je peux savoir pourquoi ? demanda Reeve.
- Il veut faire revenir Sephiroth, mais il le modifiera pour le faire devenir plus fort. Je crois qu´il veut nous anéantir, nous ou Vincent lui-même.
- Un sujet de Deepground ?
- En quelques sorte. Selon nos sources - et je n´y crois pas autant que toi - il s´agirait de Hojo.
- Hojo ? Mais il est mort ! s´exclama Reeve.
- Je sais, Reeve. Je l´ai tué, et Vincent est allé vérifier. Il est bel et bien mort, mais pourtant, lorsque Vincent a vérifié, il était là, et l´instant d´après, il avait disparut, expliqua Cloud. Je compte sur toi, Reeve, pour les aider.
Reeve ferma la communication et enleva la puce, qu´il jeta sur le côté.
- Ce sont de bien terribles nouvelles, fit Cait Sith.
Reeve acquiesça. Comprenant qu´il ne voulait pas parler plus, le petit chat sortit du bureau et ferma derrière lui.
- Disparut... Serais-ce possible ?
***
Vincent augementa la vitesse de Cerbère, tandis qu´il abritait Lucrecia devant lui. La pauvre n´ayant pas tout à fait récupéré, elle s´était endormie entre ses bras, exténuée. Pour Vincent, qui la savait insommiaque, ce répit était un moyen de se rapprocher d´elle, car, lorsqu´elle aurait entièrement récupérée, elle ne le laisserait plus la toucher.
L´éternelle pluie dévastait encore le paysage. Pour Vincent, ce n´était pas un problème, il était habitué, mais Lucrecia détestait l´eau, encore plus depuis son accident, un jour plus tôt. Alors Vincent sollicitait son chocobo pour qu´ils arrivent plus vite à la cité d´Edge, là où se trouvait le quartier général de la WRO. Ils traversèrent Edge en vitesse, puis enfin, ils s´arrêtèrent devant un grand bâtiment. Un soldat vint chercher Cerbère. Vincent sauta en bas de son chocobo et prit entre ses bras Lucrecia. Il entra dans le bâtiment, puis dans un ascenceur qui le conduisit au dernier étage de l´édifice. Vincent se présenta devant une porte et cogna rapidement. Reeve l´ouvrit.
- Bonjour Reeve. Je peux... ?
- Oui, bien sûr. Cloud m´a averti de ta venue, dit-il en les faisant entrer.
Vincent eut un regard reconnaissant pour son ami.
- Je peux la déposer quelque part ? demanda-t-il.
Il lui montra la jeune fille endormie dans ses bras. Reeve, intrigué par l´inconnue, lui désigna la banquette près de la fenêtre. Vincent le remercia, déposa Lucrecia à l´endroit indiqué, puis revint vers Reeve qui l´attendait. Ils s´assirent l´un en face de l´autre.
- Cloud t´a averti de notre mission ?
- Oui. Tu es au courant, j´espère ?
Vincent soupira.
- Malheureusement, non. Je suis seulement là pour la protéger, elle, expliqua-t-il en montrant de la tête la jeune fille sur la banquette. C´est elle qui connais la mission. J´aimerais que tu m´en parle, si cela ne te fait rien.
Reeve sourit d´un air sombre.
- Bien sûr.
Il lui décrivit le briefing que Cloud lui avait donné et le rôle qu´il y avait. Lorsqu´il eut terminé, Vincent paraissait incrédule.
- Faire revenir son fils ?
- Il semblerait. Mais Hojo n´est-il pas mort ?
Vincent jeta un coup d´oeil à Lucrecia, qui dormait toujours.
- Je l´ignore. Mais si je dois t´en parler, il faut que je te parle d´elle. Sais-tu qui elle est ?
Reeve haussa les épaules.
- Non. Qui est-ce ?
- La fille de Lucrecia, et la soeur de Sephiroth. Du même coup, la fille propre d´Hojo.
Reeve manqua tomber de sa chaise.
- Quoi ?! Tu te payes ma tête ou quoi ?
Mais voyant que Vincent ne plaisantait pas, il passa sa main sur son front, en état de choc.
- Mon Dieu, mais cela change tout. Si Hojo la voyait, en plus de toi, il voudra mettre la main sur vous ! Elle, pour continuer ses expériences, et toi, pour la protomatéria, mais peut-être aussi pour quelque chose avec elle.
- Arrête. Tu ne fais que confirmer mes suppositions. Revenons à la mission. Seras-tu capable de nous introduire dans le bâtiment ?
Reeve ne répondit pas. Il se leva et alla se verser une tasse de café, sur le petit bureau à l´opposé de la fenêtre. Il revint s´asseoir et prit une gorgée de café.
- Vous avez de la chance. Il y a une réception demain soir chez le président, et tout le monde y est invité. Toute la ville en entier. Vous pourrez chercher sans vous faire remarquer, sauf peut-être toi, Vincent, car Edge te connais, de même que Rufus. Vous devrez être bien habillé, comme c´est une soirée. Vincent, je n´ai pas peur pour toi, mais pour la fille, cela m´étonnerais qu´elle est quelque chose à se mettre.
Vincent avait compris le message.
- Je crois que le retour de Vincent le Turk est obligatoire. Maintenant, si tu veux bien m´excuser...
Vincent alla s´accroupir près de la banquette.
- Lucrecia...
La jeune fille s´éveilla en sursaut. Ses grands yeux couleur d´orage se posèrent sur Vincent.
- Vincent ? Qu´y a-t-il ?
- Rien, sauf que tu dois te réveiller. Je vais te conduire à ta chambre, là tu pourras te reposer.
Lucrecia se redressa, et fixa par-dessus l´épaule de son compagnon l´inconnu qui la dévisageait. Puis elle regarda à nouveau Vincent, qui ne l´avait pas quittée des yeux.
- J´ai dormi ?
Il éclata de rire, de même que l´inconnu derrière lui, qui avait suivi l´échange.
Ohé, il y a personne, cette fois-ci ?
Bon, et zut, cette fois, j´ai tout manqué !! ! Dernière chance ! Je laisse encore une semaine à ce topic, et après, je le ferme.
Tu vas arreter ta fic? Dommage je la trouvé bien moi...
Je n´ai pas arrêté d´écrire ma fic. C´est le manque de monde laissant des commentaires qui manque ! Comment je fais pour savoir que quelqu´un lit ma fic ?
J vais laisser d´autres chapitres ce midi.
Chapitre 7
Lucrecia sortit d´un commerce, en plein coeur d´Edge, un paquet sous le bras. Le matin même, Vincent lui avait remis de l´argent pour qu´elle s´achète quelque chose pour la fête qui avait lieu le soir même, puis avait disparut quelque part dans la ville. Lucrecia se doutait qu´elle ne le reverrait qu´au soir. Alors elle s´était dirigée vers un commerce de vêtements de soirée, bondé à souhait.
Lucrecia rentra à pied au QG, son paquet à la main. Elle salua les gardes à l´entrée puis décidant de faire un peu d´exercice, elle emprunta les escaliers de secours plutôt que l´ascenceur. La jeune fille atteignit le dernier étage sous le regard incrédule des gardes à la sortie de l´escalier. Elle déposa sa boîte dans sa chambre en passant, puis piqua une marche vers le bureau de Reeve, dont elle avait fait la connaissance la veille au soir. Elle cogna à la porte et attendit que Reeve lui crie d´entrer, ce qu´elle fit.
- Bonjour !
Reeve lui répondit par un grand sourire.
- Alors on revient des courses ? fit-il.
Lucrecia se laissa tomber sur la banquette près de la fenêtre.
- Oui, et bien sûr, j´ai perdu de vue Vincent, il n´a même pas voulu entrer dans le magasin avec moi. Quel trouillard il est, parfois. Ah oui ! Et j´ai désespéré plusieurs de tes gardes en arrivant !
Reeve lui jeta un regard amusé.
- Et comment as-tu fais cela ?
Avec entrain, Lucrecia lui expliqua comment elle était arrivée, son paquet sous le bras et décidé de prendre les escaliers plutôt que l´ascenceur. Les soldats l´avaient suivie jusqu´en haut en passant par l´ascenceur, et en la voyant passer, nullement fatiguée de sa montée, étaient restés hébétés. À la fin de son récit, Reve éclata de rire.
- Quelle histoire !
Lucrecia se contenta de sourire, puis regarda par la grande fenêtre. Puis, soudainement, elle tourna la tête vers Reeve, qui s´était replongé dans son calepin.
- Reeve... Saurais-tu où Vincent comptait aller ce matin lorsqu´il est partit avec moi ?
Reeve sourit d´un air mystérieux.
- J´ai promis de ne rien dire.
Cela ne répondait pas à sa question, mais Lucrecia dut s´en contenter. Elle attrapa le roman qu´elle avait emprunté à Reeve, s´installa confortablement et commença à lire, en attendant que Vincent revienne, et que le soir tombe.
Déçue, Lucrecia regagna sa chambre à l´heure du dîner pour se préparer. Elle n´avait pas vu Vincent de la journée. Elle s´assit sur son lit. Un frappement à sa porte la fit sursauter et une voix familière monta derrière la porte.
- Lucrecia ? C´est Tifa, je peux entrer ?
Lucrecia, surprise, alla ouvrir la porte et fit entrer Tifa.
- Tifa ? Mais que fais-tu ici ? Je te croyais au QG !
Tifa sourit.
- Nous y étions, jsuqu´à ce que Reeve et Vincent nous convie, Cloud et moi, à cette soirée. Et comme tu n´as personne pour t´habiller, je suis venue te voir. Tu as quelque chose à te mettre, au moins ?
C´est à ce moment que Lucrecia remarqua que son amie était habillée d´une jolie robe topaze, qui mettait en valeur sa silhouette élançée. Ses cheveux noirs cascadaient librement sur ses épaules.
- Oui, je suis allée ce matin m´acheter ceci. Et sous bons conseils, d´ailleurs, répondit Lucrecia en sortant son paquet.
Elle l´ouvrit et sortit une ravissante robe de soie noire piquetée de bleu. Elle la revêtit, avec l´aide de Tifa et s´installa à sa coiffeuse, tandis que la jeune femme lui arrangeait les cheveux. Au bout de quinze minutes, Lucrecia se regarda dans le miroir et ouvrit la bouche de surprise. La jeune fille qu´elle voyait dans la glace n´était pas du tout la Lucrecia qu´elle était habituée de voir. Non, cette Lucrecia-là, elle était en robe de soie, elle était maquillée et coiffée. Enfin, elle était magnifique. Tifa sourit devant son air ébahi.
- Attends que Vincent, Reeve et Cloud te voient ! Tu es un régal pour les yeux, Lucrecia. Je crois que Vincent fera des envieux ce soir.
Lucrecia sourit. Vincent n´était au bout de ses peines. Quelqu´un cogna à la porte, et Reeve entra.
- Alors mesdames, vous êtes prêtes ?
C´est alors qu´il vit Lucrecia. Ses yeux brillèrent et un sourire se dessina sur ses lèvres.
- Magnifique. Toi aussi, Tifa. Vous allez être les reines de la soirée.
Les deux amies éclatèrent de rire, et suivirent Reeve. Dans le hall, Cloud et Vincent étaient en grande discussion, mais lorsqu´ils entendirent l´ascenceur arriver, ils se turent. Reeve sortit le premier, puis Tifa, qui alla rejoindre Cloud. Lucrecia sortit la dernière. Elle leva les yeux et rencontrèrent ceux de Vincent. Elle eut le souffle coupé. Il avait fait coupé ses cheveux, qui était coiffés en bataille, et avait troqué son habit ainsi que sa cape contre un complet noir, du même style que celui de Reeve. Le sourire qui flottait sur ses lèvres s´évanouit en la voyant, le remplaçant par un air ébahi, le même que Lucrecia avait quelques minutes plus tôt. Il lui tendit son bras, qu´elle accepta.
- Allons-y, dit-il aux autres.
Lorsqu´ils entrèrent dans la salle de réception, Reeve se chargea de les présenter au Président. Il les conduisit au milieu des invités jusqu´à un homme blond, grand et mince, mais au goût de Lucrecia, Vincent était de loin l´homme le plus grand de la soirée.
- M. le Président ?
L´homme blond se tourna vers les cinq amis. Reeve le salua, tandis que Cloud et Vincent se contentaient d´un signe de tête.
- Tifa, fit le président.
Celle-ci inclina la tête.
- Rufus.
Puis il se tourna vers la jeune fille au bras de Vincent.
- Valentine, où avez-vous trouvé cette jeune fille ? s´exclama Rufus en souriant.
Vincent eut un sourire forcé :
- Voici Lucrecia Crescent.
Le président fronça les sourcils.
- Crescent... Mademoiselle, votre nom me dit quelque chose...
La jeune fille eut un sourire ironique.
- Il va de soi. Je suis la fille de la scientifique Lucrecia Crescent, et, bien que cela ne m´honore guère, du scientifique Hojo.
- Peu m´importe vos parents, je vous souhaite la bienvenue à Edge, ainsi qu´à vous, Cloud. Et aux autres également.
Cloud le remercia puis ils prirent congé. Ils se séparèrent chacun de leur côté. Vincent regarda sa compagne.
- Une danse, Lucrecia ?
La jeune fille n´en crut pas ses oreilles. Vincent Valentine l´invitait à danser ? Néanmoins, elle accepta la main qu´il lui tendait, l´entraînant sur la piste de danse. Un peu plus loin, elle vit par-dessus l´épaule de Vincent que Cloud faisait la même chose. Lorsqu´ils se mirent en mouvement, Lucrecia eut la surprise de voir que Vincent était un excellent danseur. Il la faisait tourbilloner au rythme de la musique, et elle découvrit la joie d´être dans ses bras. Lors d´une danse plus lente, elle se rapprocha de lui.
- J´ignorais que tu savais danser, lui souffla-t-elle à l´oreille.
Il sourit.
- À chacun ses petits secrets, répondit-il.
Lucrecia eut un sourire suggestif, puis se pressa contre lui de manière lascive un court instant, le regard provocant. Le regard de Vincent devint pénétrant. Elle s´écarta de lui, lui fit un clin d´oeil et se dirigea vers une porte qui donnait sur l´extérieur. Lorsqu´elle sortit à l´air libre, elle put voir que Vincent avait comprit son message. Elle respira profondément, et regarda le ciel étoilé. La mission serait un succès si l´homme l´avait vue partir vers le balcon, seule.
Vincent, après le départ de Lucrecia, alla s´asseoir à une table. Et surveilla discrètement la porte-fenêtre par où était sortit la jeune fille. La ruse de Lucrecia fut un franc succès lorsqu´un homme très grand, presque autant que lui, et mince se leva. Son visage rappelait celui d´Hojo, mais il était habillé et coiffé différemment. L´homme se dirigea vers le balcon. Vincent se leva et le fila à distance. Il le laissa franchir la porte-fenêtre, passa la porte, puis s´adossa contre le mur, tout près du balcon, de façon à que si Lucrecia avait des ennuis, il pourrait réagir rapidement.
- Bonjour, mademoiselle, fit la voix de l´homme.
- Je n´ai pas souvenir d´avoir été présentée...répondit celle de Lucrecia.
L´homme toussota.
- Non. Je suis le Professeur Riho. Que fais une jolie jeune fille telle que vous seule à l´extérieur ? Votre compagnon vous aurait-il délaissée ? demanda l´inconnu.
- Non, monsieur. Je suis seulement venue prendre l´air. D´ailleurs, je dois aller rejoindre mon cavalier, il pourrait s´inquiéter, déclina Lucrecia avec respect.
- S´inquiéter pour vous ? Il semblait parfaitement bien seul, assis à cette table. Je ne vois pas pourquoi il aurait peur pour vous.
- Bien sûr qu´il s´inquiète ! Selon lui, je pourrais me faire enlever, mais je l´en blâme pas, il est très attachant. Désolée, mais je dois aller le retrouver, alors, si vous voulez bien m´excuser...
Vincent entendit des bruits de pas, puis une exclamation de surprise.
- Pourquoi ne restez-vous pas ? Nous venons à peine de nous connaître... D´ailleurs, je ne connais pas votre nom.
- Professeur Riho, je vous serais grée de vous enlever de mon chemin.
- Pas avant d´avoir entendu votre nom.
Vincent comprit qu´il devait aller retrouver Lucrecia ou il lui arriverait malheur. Il s´écarta du mur, puis arrivant par la direction opposée, franchit la porte-fenêtre. Lucrecia se retrouvait coincée entre l´homme et la balustrade, si bien que si l´inconnu se fâchait, il pouvait bien pousser la jeune fille dans le vide.
- Ma chère, vous voilà ! Je pensais qu´il vous était arrivé malheur, avec tout ce retard, déclara Vincent d´un ton jovial.
Le Professeur Riho tourna la tête vers lui, et par-dessus son épaule, Vincent vit le sourire reconnaissant de Lucrecia. Se rappelant son rôle, il regarda l´homme et lui tendit la main.
- Permettez-moi de me présenter, je suis Vincent, de l´association des Turks. Et cette charmante jeune fille à qui vous bloquer le chemin se trouve à être ma fiancée. Peut-être me pardonnerez-vous de vouloir vous l´enlever ?
Le visage de l´inconnu se fendit en un sourire que Vincent jugea forcé, et s´écarta afin de laisser passer Lucrecia, qui vint rejoindre son « fiancé ».
- Je ne vous en veux pas. Il est dur de garder une telle beauté enchaînée, vous ne trouvez pas ?
Vincent sourit en prenant la main de Lucrecia dans la sienne. Celle-ci leva un regard interrogateur vers lui, mais se retint de toute question.
- Et comment ! Surtout que la demoiselle est très vive d´esprit, et parfois dangereuse !
En prononçant ces mots, il serra plus fort la main de la jeune fille comme pour s´excuser des paroles dites.
- Bon, alors si vous voulez bien nous pardonner, nous devons rejoindre nos amis.
Il rentra à l´intérieur, entraînant Lucrecia avec lui. Il l´emmena dans un couloir puis entra dans une pièce à l´écart. Cloud et Tifa s´y trouvait. Ils s´asseyèrent sur un divan devant eux. Lucrecia soupira d´aise en s´installant.
- Nous avons trouvé notre homme, déclara Vincent. Il prétend être le Professeur Riho.
- Et a-t-on une description physique de lui ? demanda Cloud.
Lucrecia leva les yeux vers lui.
- Il ressemble beaucoup à mon père. Il est très grand, peut-être un mètre quatre-vingt-dix, tout au plus. Il a des cheveux noirs, de petites lunettes rondes. C´est ce que j´ai pu retenir, et Dieu sait que Vincent et moi avons du fil à retordre pour se débarrasser de ce fêlé, énonça la jeune fille.
Tifa sourit.
- C´est tout pour ce soir. Nous pouvons profiter de la fête, et Vincent, tu dois toujours me montrer à danser. Je n´ai absolument rien compris à tous ces pas... soupira Cloud.
Tifa le poussa vers la sortie en riant, et referma derrière elle. Lucrecia se retrouva seule à côté de Vincent, et prit conscience qu´il lui tenait toujours la main. Elle la lui enleva et se redressa pour aller se poster à la fenêtre.
- Fiancés, hein ? Jolie excuse pour venir me chercher aux mains de ce rustre.
Vincent ne réagit pas, les bras croisés sur ses cuisses, le visage songeur. Lucrecia abandonna toute chance de converser avec lui et contempla les rues désertes qui s´étendait en contre-bas. Le silence s´installa entre eux. Vincent poussa un soupir, et dévisagea la jeune fille. Son regard tourné vers l´extérieur lui donnait l´impression qu´elle n´allait pas. Il se leva, et se planta derrière elle et posa ses mains sur ses épaules.
- Quelque chose ne va pas ? l´interrogea-t-il.
Sa compagne le considéra, le regard tourmenté.
- Je me suis toujours dit que si je revoyais mon père, je le tuerais... Mais tout à l´heure, je l´ai reconnu et je n´ai pas eut le courage de le dire à Cloud. C´est comme si une part de moi se révoltait contre sa mort, murmura-t-elle, les larmes coulant le long de ses joues.
Elle pivota vers Vincent et se blottie contre lui en sanglotant. Vincent l´enlaça par instinct, ne sachant pas tout à fait comment réconforter une jeune femme en larmes. Il l´emmena sur le divan, où il la berça pour apaiser ses pleurs. Puis lentement, ses sanglots s´espacèrent, puis cessèrent. Elle ferma les yeux et se laissa aller contre lui.
- Merci, Vincent, de me soutenir, chuchota la jeune fille.
Vincent demeura silencieux, mais serra plus fort Lucrecia et posa son menton sur sa tête. Puis Lucrecia s´éloigna de lui, le visage tiré.
- Nous devrions rentrer.
Vincent acquiesça.
Chapitre 8
Lucrecia décida qu´elle ne voulait pas rester plus longtemps au QG de la WRO. Lorsqu´ils arrivèrent, Vincent, Cloud, Reeve, Tifa et elle, Lucrecia se dirigea vers sa chambre, attrapa son katana, se changea et fourra la robe dans son sac à dos, ainsi que le reste de ses bagages. Elle épaula son sac et sortit. Vincent, étrangement, l´attendait dans le couloir, adossé contre le mur. Il ne s´était pas encore changé.
- Vincent ? Je te croyais avec les autres, fit-elle.
Il ne la regardait pas, le regard dans le vague. Il semblait réfléchir.
- Tu ne restes pas ? questionna-t-il, au bout d´un moment.
Lucrecia secoua négativement la tête. Katana en main, elle l´accrocha dans son dos, puis remarqua enfin que si elle voulait partir, elle devrait passer devant Vincent. N´ayant pas le choix, elle s´avança, et d´un coup d´épaule, poussa Vincent et disparut dans le couloir, sans même que Vincent ne l´en empêche.
Vincent la regarda s´enfoncer dans le bâtiment, puis passer les escaliers de secours pour descendre. Il ne la suivrait pas, pas cette fois-ci. Elle n´avait pas besoin de lui, et lui, il préfèrait être seul pendant ses missions. Mais en la voyant partir ainsi, toute seule sans même une escorte, il eut un pincement au coeur, qu´il chassa rapidement. Elle était une magnifique combattante, elle était capable de se débrouiller sans eux. Détournant la tête, il s´éloigna du mur et pénétra dans la chambre où la jeune fille avait dormi. Il ne restait rien d´elle, à première vue, mais un éclat argenté attira son attention. Il sourit en trouvant l´anneau d´argent qu´elle portait au doigt depuis le début de leur rencontre. Il le prit entre ses doigts et le mit dans sa poche. Il sortit et alla rejoindre Cloud et Tifa, qui l´attendait un peu plus loin.
- Lucrecia est partie ?
Vincent hocha la tête.
- Je lui transmettrai mes messages par sa radio. Elle m´a laissé ses coordonnées. Toi, Vincent, tu dois partir à Nibelheim. Il y semblerait qu´il y ait du grabuge par là. Règle ça au plus vite, puis transmets-moi ton rapport par radio. Je te recontacterai entre-temps. C´est ici que nos chemins se séparent, Vincent. Je compte sur toi.
Vincent acquiesça, puis les quitta pour rejoindre sa chambre, où il se débarrassa de son costume noir, puis revêtit son habit sombre et sa cape. Il accrocha son téléphone à sa ceinture, glissa sa radio à côté et l´ouvrit. Puis il ouvrit sa porte-fenêtre et sortit à l´extérieur. Ses yeux brillaient d´une lueur sauvage, presque dangereuse. Ses pieds de métal claquèrent sur le dallage. Vincent grimpa sur la balustrade, s´accroupit, examinant les alentours avec un sourire. Son triple canon, Cerberus, auquel pendait une chaîne où l´anneau de Lucrecia avait été attaché, était accroché à sa ceinture, avec les autres. Puis d´un élan, Vincent sauta dans le ciel noir de la nuit et disparut. On ne vit qu´un mince trait rouge se fondre dans l´obscurité.
Fin de la première partie...
Ils sont tous partis en vacances, ou quoi ?
Bon, je vais envoyer la deuxième partie.
Part 2
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Chapitre 1
La chaleur, même la nuit, était étouffante. Vincent, malgré la sueur qui coulait le long de son front, restait immobile. Assis sur le toit d´un immeuble, dans la ville de Costa Del Sol, l´Ex-Turk roulait entre ses doigts un anneau d´argent. Cela faisait près de cinq ans qu´il n´était pas retourné au QG. Cinq ans qu´il n´avait quasiment aucun contact avec ses amis, en dehors de la radio. Et enfin, cinq ans qu´il n´avait pas revu Lucrecia. Parfois, il l´entendait sur la radio, lorsqu´elle appelait un collègue ou Cloud pour recevoir des ordres de la mission ou avec qui elle échangeait quelques plaisanteries avant de redevenir sérieuse.
L´engin accroché à sa ceinture gricha. Une voix s´en échappa. Vincent tourna le bouton du volume afin d´entendre ce que cela disait.
- Tifa, tu les vois ? Terminé.
Cela semblait être la voix de Lucrecia. Mais on aurait dit qu´elle était plus vieille, plus mûre.
- Non, ils sont encore sur les remparts. Quelle bande de fêtards ! Terminé.
Lucrecia éclata de rire dans la radio.
- Cela nous fait une belle jambe s´ils ne descendent pas. Terminé.
- Pour sûr ! Va falloir appeler Yuffie sur son portable. Tu peux t´en charger ? Terminé.
- Je m´y mets. Terminé.
L´engin redevint silencieux. Vincent sourit dans l´obscurité. Où que soit Lucrecia, elle était en pleine forme. Il serra l´anneau dans sa poche et se mit sur son séant. La ville était déserte. Vincent promena son regard aux alentours. Le toit le plus proche était à six cent mètres de sa position, et les créatures qu´il pourchassait se terraient dans les ruelles un peu plus bas. Au moment où il s´apprêtait à bondir, la radio se remit à gricher.
- Merde ! Tifa, tu m´entends ? Ils nous ont repérés. On se replie ! Je répète, ils nous ont repérés. Terminé.
- Yuffie n´est pas joignable ? Terminé.
- Je n´ai aucune réponse. Terminé.
Vincent sentit l´inquiétude le gagner, mais aussitôt la chassa de son esprit. Il avait sa propre mission à faire, et les deux femmes étaient sûrement loin de Costa Del Sol pour qu´il puisse leur venir en aide. Il bondit dans le vide et atterrit six cent mètres plus loin, sur l´autre toit. À nouveau, sa radio cracha les paroles de Lucrecia.
- J´appelle d´urgence contrôle ! Nous sommes en difficultés et avons besoin d´aide. À vous !
- Dites-nous votre position. À vous.
Vincent entendit dans la machine un bruit métallique, ce qui signifiait que Lucrecia avait sûrement engagé le combat avec ses ennemis.
- Pas le temps ! Nous sommes cernées ! À toutes les unités qui sont de poste à Costa Del Sol, j´ai besoin de votre aide. Je répète, à toutes les unités qui sont de poste à Costa Del Sol... NON, MAIS C´EST QUOI CES BESTIOLES ?
Vincent n´eut que le temps d´apercevoir les créatures qu´il pourchassait se diriger en masse vers le nord, là où devait se trouver Lucrecia et Tifa. Vincent jura entre ses dents, courut le long du toit puis sauta dans les airs. Il aggrippa le rebord d´une gouttière et prenant un élan en poussant avec ses pieds contre le mur de briques, il effectua un salto arrière dans le vide. Comme au ralentit, il sortit son Cerberus, visa avec soin les créatures plus loin en bas et pressa la détente. Son manège réussit, il avait l´attention de ses monstres. Ils ouvrirent le feu sur lui, mais aucune ne le toucha car rapide comme l´éclair, il sautait d´un mur à l´autre en avançant vers eux, et chaque coup qu´il tirait atteignait sa cible. Sa cape virevoltait autour de lui, mais jamais elle lui nuisait. D´un saut périlleux avant, il atterrit derrière les créatures. Lucrecia et Tifa avaient disparues. Il acheva sa mission en exterminant les derniers monstres puis rechargea son arme.
- Mission accomplie, annonça la voix de Lucrecia dans la radio, qui visiblement semblait essoufflée.
Vincent attrapa sa radio.
- Mission terminée, déclara-t-il. Je rentre à la base. Terminé.
Il glissa la petite boîte électrique à sa ceinture, puis en courant, il fila vers le port.
Lucrecia fixait l´émetteur-récepteur dans sa main.
- Mission terminée. Je rentre à la base. Terminé.
C´était la voix de Vincent. Sans savoir pourquoi, elle comprit que c´était lui qui leur était venu en aide, à Tifa et elle. Elle regarda Tifa, qui finissait de ligoter les hommes et le lieutenant qui était avec Hojo. Elle s´approcha du lieutenant.
- Alors, lieutenant, que va faire votre patron quand il apprendra que la WRO et Avalanche vous a capturé ?
L´homme eut un air de défi.
- Il continuera son projet qui vous détruira.
Tifa et Lucrecia sourirent à l´unisson. Pas d´un sourire de joie, mais plutôt d´un air carnassier, comme si elles en savaient plus que le lieutenant.
- Nous détruire ? J´en doute fort, mon cher, assura Tifa.
- Et pourquoi cela ? demanda le soldat, qui déglutit.
Lucrecia se pencha vers lui, et releva du doigt le menton de l´homme.
- Pourquoi ? Mais pour la simple et bonne raison que sa propre expérience se retournera contre lui.
Elle déposa un baiser sur son front, puis s´écarta en riant. Tifa s´approcha, le visage dur, ses gants de cuir recouvrant ses poings et le frappa au visage. L´homme s´écroula, inconscient.
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Voilà. J´ai toujours les autres chapitres avec moi, pour ceux que ça intéresse.
Chapitre 2
Vincent s´arrêta sur un cran rocheux. Devant lui, les ruines de la cité perdue s´étendait à perte de vue. Mais ce que ces ruines cachaient n´était pas un secret pour lui. La capitale de la cité servait de base pour Avalanche. Ceux qui n´était pas logés dans la capitale, vivait dans les ruines au dehors. L´Ex-Turk marcha vers la forêt au centre de la ville, là où se trouvait le lac. Il s´immobilisa devant l´étendue d´eau, comme il le faisait souvent lorsqu´il venait à la base. Vincent glissa la main dans une poche secrète de sa cape et en sortit un sac de velours. Il l´ouvrit, révélant de minuscules pierres précieuses de couleur rouge. Il en prit quelques unes et les lança dans l´eau. Puis il traça une croix au-dessus de son torse. Il n´était pas croyant, mais il savait que l´esprit d´Aeris, dont le corps reposait au fond du lac, les protégeaient. C´était devenu une habitude pour lui de faire ce geste.
- Je suis revenu, Aeris, murmura Vincent avec un sourire.
Il n´avait pas connu Aeris dans son passé, mais elle avait combattu Hojo, Sephiroth et les autres avec eux. Il lui rendait hommage, et à chaque fois, il se sentait comme un peu plus proche de cette femme. Vincent continua sa route vers l´énorme coquillage. Une création des Anciens. L´entrée de la capitale s´y trouvait. Il descendit les marches transparentes qui luisait d´une étrange lumière bleue, puis se dirigea vers l´une des habitations. Il entra à l´intérieur.
- Bonjour, Cloud.
Cloud leva la tête de son livre et sourit.
- Bienvenue. Cela fait bien cinq ans qu´on ne t´a pas vu par ici. Ta mission s´est déroulée avec succès, d´après le message de la tour de contrôle.
- Oui. J´ai éradiqué ces créatures. Et cela n´a fait que renforcer ma haine envers Hojo. Tous ces pauvres hommes qui ont subi ces mutations...
Cloud se leva et vint poser sa main sur son épaule.
- Je te comprends, Vincent, mais nous n´y pouvons rien. D´ailleurs, j´y pense, merci d´avoir aidé Tifa et Lucrecia. Grâce à toi, elles ont pu capturer le lieutenant d´Hojo. Elles l´ont ramené avec plusieurs de ses hommes de main, quelques heures plus tôt.
- Lucrecia est ici ?
- Oui. Je l´ai brièvement vue tout à l´heure.
Vincent remercia Cloud, qui sourit, puis prit congé et partit à la recherche de Lucrecia. Alors qu´il se dépêchait, il bouscula Tifa, qui remontait du téléporteur.
- Désolé Tifa. Sais-tu où est Lucrecia ? demanda Vincent.
La jeune femme l´observa d´un air songeur.
- Oui, bien sûr, elle interroge le lieutenant. Je m´y rendais, justement. Tu peux m´accompagner.
Intrigué, Vincent suivi Tifa jusque vers une habitation gardée. Ils entrèrent et se dirigèrent vers la seule porte qui donnait sur un couloir long et étroit, qui descendait. Durant le trajet, Vincent posa une question à Tifa.
- Pourquoi avez-vous laissé Lucrecia mener l´interrogatoire ? N´est-ce pas un peu dur pour une jeune fille ?
Tifa éclata de rire.
- Lucrecia, jeune ?
Elle n´en ajouta pas plus. Ils arrivaient à la fin du couloir. Tifa ouvrit la porte et, d´un signe de tête, l´invita à entrer. Il entendit des éclats de voix, puis la porte d´en face s´ouvrit avec fracas. Une mince jeune femme entra, le regard exaspéré.
- Tifa ! Enfin ! J´ai de bonnes nouvelles pour Cloud, mais une minute de plus avec ce dingo de collègue et je lui enfonçais mon poing dans la figure. Non, mais quelle idée de m´avoir assigné ce novice ! J´aurais pu...
- ... te débrouiller seule, merci je connais la chanson, l´interrompit Tifa, coupant court à sa tirade.
La jeune femme soupira en passant une main dans ses cheveux bruns. C´est alors qu´il vit la chaîne autour du cou de la fille. Il s´agissait de Lucrecia ! Il comprenait maintenant l´hilarité de son amie lorsqu´il avait dit que Lucrecia était jeune. La femme a qui il avait affaire n´était plus celle qu´il avait connu.
- Alors, allons voir ce lieutenant. Tu dis que tu as de bonnes nouvelles pour Cloud ? voulut savoir Tifa.
Lucrecia hocha la tête d´un air indifférent.
- Il n´a pas avoué, mais j´ai lut entre les lignes. Je t´attendais avant de lui faire cracher le morceau. Tu sais que je peux m´emporter, des fois...
Vincent en resta étonné. Lucrecia s´emporter ? Oui, il l´avait connue impulsive, mais elle ne s´emportait pas... Il suivit les deux jeunes femmes dans la salle de l´interrogatoire.
Lucrecia n´avait pas remarqué la présence de Vincent avec Tifa lorsqu´elle était entrée dans l´antichambre. De toute façon, elle était trop occupée pour s´en soucier. Elle attendit que Tifa s´installe, puis s´avança vers son prisonnier.
- Lieutenant, que veux votre patron ?
L´homme, ligoté sur une chaise vissée au plancher, garda obstinément le silence.
- Lieutenant, je vais répéter pour la dernière fois ma question, et j´aimerais que vous me répondiez : que veux votre patron ? chuchota-t-elle d´un ton doucereux tout proche de son oreille.
Cette tactique avait souvent pour effet de faire craquer les hommes. Lucrecia l´avait compris à ses dépends lors d´une mission particulièrement déplaisante. Cela marcha. L´homme frissonna violemment.
- Ça va, ça va ! Je n´en peux plus ! Je vais tout vous dire...
Lucrecia sourit d´un air triomphant, attrapa une chaise dans un coin et s´assit à califourchon devant son prisonnier.
- J´attends, mon cher.
L´homme prit une profonde inspiration puis commença son récit :
- Notre patron a demandé à ce que nous retrouvions l´homme nommé Vincent Valentine, alias Vincent le vampire. Il a besoin de lui pour ses recherches. Il a dit qu´il possédait quelque chose de très important pour son projet.
- Votre patron a-t-il dit de quoi il s´agissait ? interrogea Tifa, à l´autre bout de la salle.
- Oui, bien sûr, pour que nous puissions la reconnaître lorsque nous tuerions Valentine. Cela s´appelait protomatéria.
Lucrecia hocha la tête. Elle savait cela.
- Bien, continue.
- Mais récemment, il a découvert que la protomatéria ne lui suffirait pas. Il aurait besoin d´une fille, qui s´est échappée il y a dix ans de cela du laboratoire, pour terminer ses recherches et réveiller Sephiroth. Vous savez ce que cela veut dire ? Nous serons les maîtres du monde avec Sephiroth, une fois modifié, à nos côtés.
Lucrecia éprouva soudain du dégoût pour son père.
- Bien sûr, il vous a assuré que vous seriez compris dans son règne ? Tout cela n´est que balivernes. Il ne vous a jamais compté dans ses plans. Il a besoin de vous pour atteindre ce qu´il veut. C´est tout.
Lucrecia claqua des doigts, et deux gardes tout en muscles entrèrent dans la pièce, détachèrent le prisonnier et l´emmenèrent. Elle se tourna pour regarder Tifa, mais ses yeux croisèrent ceux, rouges, de Vincent. Elle comprit qu´il avait assisté à l´interrogatoire. Elle décida de s´en occuper plus tard. Elle n´était à la base que depuis quelques heures, et déjà, Cloud lui avait assigné une nouvelle mission.
Elle leur montra la porte et ils sortirent de la salle. Tifa partit au-devant, laissant Vincent et Lucrecia côte à côte. Dans le couloir, elle trouva enfin la force de lui parler.
- Alors, c´est toi qui est venu à notre secours.
Vincent n´eut aucune réaction.
- Ce n´est rien, cela m´a permis de terminer la mission.
Lucrecia ne dit rien. Lorsque Tifa ouvrit la porte, elle attrapa la main de Vincent et l´entraîna à l´écart, fermant la porte du pied derrière Tifa. Puis elle caressa la joue de son compagnon.
- Tu m´as manqué, Vincent...
Le regard de Vincent devint brûlant.
- Toi aussi, Lucrecia.
Celle-ci lui adressa un sourire lumineux. Puis elle se hissa sur la pointe des pieds et l´embrassa longuement. Vincent l´enlaça et la serra contre lui. Mais Lucrecia n´était plus la jeune fille inexpérimentée d´il y a cinq ans. Elle glissa ses bras autour de son cou, et se pressa plus fort contre lui, si bien que si Vincent en était surpris, il ne le laissa pas paraître. Lorsqu´il la lâcha au bout d´un moment, elle était haletante. Vincent lui tendit une main et désigna la porte avec amusement. Lucrecia éclata de rire, prit sa main et ensemble, ils sortirent de l´habitation.
Chapitre 3
- Tu en est sûre ? questionna Cloud.
Lucrecia hocha la tête en signe d´assentiment.
- Il me veut, en plus de Vincent. Et moi qui croyait que je ne pouvais pas réveiller mon frère. C´est un cauchemar, et je vais me réveiller.
La jeune femme se laissa tomber sur une chaise, à côté de Vincent, qui la prit par les épaules dans un geste de réconfort. Cloud se leva de son bureau.
- C´est un problème.
- Pourquoi ? demanda Lucrecia.
Cloud ramassa une feuille sur son bureau et la lui tendit. Lucrecia la prit, et tout en la parcourant rapidement des yeux, son expression prit un air sombre. Elle passa la feuille à Vincent, qui la lut à son tour, tandis qu´elle réfléchissait.
- Je n´y crois pas, dit-elle finalement.
Vincent l´approuva, à côté d´elle.
- Moi non plus. C´est impossible.
Cloud reprit la lettre et la posa sur son bureau.
- Mais nous n´avons pas le choix, car nous ne sommes pas encore de taille à lutter contre lui. Il faut lui tendre un piège.
Lucrecia devint songeuse.
- L´entreprise est dangereuse, fit Vincent. Cela change des missions que nous avions. Cela ressemble plus à celles que nous avions l´habitude de faire par le passé. Cela me convient.
Lucrecia hocha la tête à côté de lui. Cela lui convenait aussi.
- Quel est ton plan ?
Cloud sourit.
- C´est simple... Écoutez-moi bien...
***
Lucrecia se laissa tomber sur sa paillasse avec un soupir de soulagement. Non qu´elle aie sommeil, mais plutôt qu´elle était ravie de se reposer. Elle ferma les yeux et se laissa plonger dans un état de transe. Mais le besoin d´un vrai lit lui manquait, et elle gardait l´image du Manoir Shinra dans son esprit. Plusieurs soldats logeaient dans ce bâtiment, et on y avait aménagé un téléporteur. Lucrecia sauta sur ses pieds et décida que ce soir-là, elle dormirait dans un vrai lit. Elle attrapa des vêtements, qu´elle fourra dans un sac avec son katana et ses gants, puis sortit de l´habitation où elle avait été installée. Elle descendit quatre à quatre les marches transparentes puis sauta d´une plate-forme à l´autre jusqu´au lieu où Aeris avait été tuée. Un cercle de lumière dans un côté de la plate-forme circulaire avait été aménagé pour permettre aux soldats de se téléporter. Elle adressa un dernier regard autour d´elle, comme pour dire adieu à la base, et à Aeris du même coup, puis avec une inspiration, pénétra dans le cercle de lumière. Elle détestait voyager ainsi, cela lui donnait la nausée, mais cela valait le coup. La jeune femme se mit à tournoyer, et elle disparut, pour réapparaître, quelques secondes plus tard, dans le Manoir Shinra.
Elle soupira de contentement puis, le sac sur son dos, déambula dans l´édifice à la recherche d´une chambre. Celle où elle avait dormi l´autre jour n´était pas prise. Étrangement, les autres non plus. Il n´y avait aucun soldat dans le bâtiment.
- Bizarre... Bah, tant pis pour eux. J´aurai la place pour moi toute seule, décida à haute voix Lucrecia en souriant.
Elle mit ses affaires dans la chambre puis se dirigea à la cuisine.
Vincent, dans le sous-sol, entendit le parquet au-dessus de lui craquer. La méfiance s´empara de lui, car à sa connaissance, il était seul. Il entendit quelqu´un descendre dans le passage secret, et il se cacha dans un coin de la pièce où il était, de manière à voir par la porte la personne qui passerait sans lui-même se faire voir. Il faillit sourire en voyant Lucrecia filer tout droit vers la bibliothèque. Elle était venue par le téléporteur, sûrement. Il voulut la suivre, mais se ravisa. Visiblement, elle se croyait seule car sinon elle ne serait pas descendue. Il la laissa faire et se rallongea dans son cerceuil. Celui même où Cloud et ses amis l´avait trouvé, interrompant vingt-trois ans de sommeil forcé...
Lucrecia s´assit au bureau, uun volumineux livre à la main. Elle passa la main dessus, et l´écarta couverte de poussière. Elle souffla sur la couverture pour enlever le reste puis l´ouvrit. Il s´agissait d´un cahier de notes ayant appartenu par le passé au professeur Gast. Elle s´abîma dans la lecture du livre, et quand elle arriva au milieu du bouquin, un paquet de feuilles brochées ensemble s´envolèrent pour atterrir sur le bureau, sortant Lucrecia de sa torpeur.
- Mais qu´est-ce que... ?
Lucrecia prit les feuilles et regarda le titre :
Notes du Dr. Crescent
Lucrecia ouvrit de grands yeux en découvrant les notes de sa mère. Immédiatement, elle s´immergea dans sa lecture, dont le contenu était vital pour Lucrecia.
Date X, Mois X, Année X
Je travaillais au départ avec Grimoire Valentine, un brillant scientifique très réputé auprès de la Compagnie, presque autant que le professeur Gast, avec qui j´ai eut très peu de contact. Il a découvert récemment le corps parfaitement conservé d´une femme, en chair et en sang, du moins je le suppose, dans le cratère nord. Il a fait des recherches sur ce sujet, et découvert peu de temps après, que selon lui, il s´agissait d´une race d´humain, nos ancêtres, appelés Cetras, ou Anciens. Dans les rares cas que j´ai pu le rencontrer, il travaillait sur son nouveau projet à propos de cette femme, qu´il a baptisé Jenova.
Le projet Jenova avait pour but de créer un Ancien artificiellement. Mais pendant l´expérience, il s´est passé quelque chose qui a bouleversé le professeur Gast. Le fruit de son expérience, personne ne la vu sauf le professeur lui-même. Il aurait découvert, selon mes sources, que Jenova n´était pas un Ancien. Après l´avoir réalisé, le professeur Gast aurait remis sa démission à la Shinra et aurait disparut.
Moi, à ce moment-là, j´avait été désignée pour coopérer avec le professeur Hojo, dans le Manoir Shinra, des suites de la mort de mon collègue, Grimoire Valentine, arrivée dans un accident de laboratoire, d´après la raison officielle, mais j´étais la seule à connaître la vérité, mais je n´ai rien dit et je me suis mise à travailler avec Hojo. Mais ce que j´ignorais, c´est que ce scientifique était fou. Je l´ai compris rapidement, mais il était déjà trop tard, je ne pouvais plus reculer. Son but, semblait-il, était de créer l´homme parfait. À cet effet, je devins un sujet d´expérience.
Date X, Mois X, Année X
Hojo a couché avec moi. Jamais je l´aurais cru capable de faire cela seulement pour la science. Surtout qu´une semaine avant, il m´avait injecté les gènes de Jenova. Je devins malade, et j´ai dû rester au lit pendant près d´une semaine. Mais Hojo avait tout prévu. Le salaud m´avait mise enceinte, mais je menai ma grossesse à terme et j´accouchai d´un petit garçon. J´eus la permission de le garder, et je le nommai Sephiroth. Mais comme je le craignais, il devint à son tour un sujet d´expérience.
La Shinra, après l´accident qui avait tué Grimoire, décida de nous assigner un Turk afin d´assurer notre sécurité. Hojo n´apprécia pas la nouvelle, mais dut faire ce qu´ils voulaient. Tant qu´ils me laissent faire mes expériences, avait-il dit. La Shinra n´a rien dit à propos de cette clause. Nous fîment donc la connaissance de Vincent Valentine, un homme ayant fait ses preuves plusieurs fois auprès de la Compagnie. Quelle ne fut pas ma surprise de voir qu´il s´agissait du fils de mon ancien collègue, Grimoire Valentine. Il ne m´avait pas parlé qu´il avait eu un fils avec une femme quelconque.
Mais Hojo n´avait pas compté que l´expérimentation sur ses collègue était illégale. Moi, je commençais à me sentir mal, mais je gardais toute ma lucidité. Vincent, lui, le savait, et en tant que protecteur, il devait faire en sorte qu´il ne nous arrive rien. Il y avait aussi un peu d´amour là-dessous, car il était tombé amoureux de moi, mais cela ne faisait qu´empirer le cas pour Hojo. Alors, il se présenta devant la Shinra et dénonça les activités du professeur Hojo. Celui-ci se trouvait mal, et il entra dans une colère noire. Heureusement pour Hojo, la Compagnie ne crut pas Vincent, ou ils ne firent rien pour l´en empêcher, je n´en sais rien, mais je sais qu´Hojo n´avait pas décoléré.
J´ai peur pour Vincent, peur qu´il lui arrive malheur. Il était sensé nous protéger, pas se retrouver entre les mains d´Hojo. Au moment où j´écris, je tiens fort mon garçon entre mes bras, pour me consoler.
Date X, Mois X, Année X
Pour se venger, Hojo fit de Vincent un sujet test. Il lui infusa je ne sais quoi, mais je sais que Vincent en devint malade. Il était tout pâle. Bien plus qu´à l´habitude. Je me mis à prier pour qu´il survive. J´ignore combien de temps cette situation demeura, mais je sais que l´état de Vincent empira. Maintenant, il était pris de convulsion trois fois par jour, et Hojo ne faisait rien pour l´aider. Au bout d´une semaine environ, je vis pourquoi ces convulsions apparaissaient sans pré-symptôme. Vincent s´était prit la tête à deux mains et sous mes yeux, il s´est transformé en une bête affreuse. Il était moitié taureau, moitié dinosaure, mais je soupconnai qu´il y ait aussi de l´humain dans cette chose. Vincent devint incontrôlable, et détruisant une partie des fioles et des machines que recelait le laboratoire, il sortit du bâtiment. On se trouvait toujours dans le Manoir Shinra.
Hojo disparut peu après l´évasion de Vincent. Sa destination m´était inconnue, mais je sais qu´il me laissa quelque chose: un enfant. J´étais de nouveau enceinte. Lors d´une journée où un orage particulièrement violent secouait Nibelheim, je sortis à l´extérieur. C´est à ce moment-là que j´ai découvert le cadavre de Vincent, à la grille du manoir. Je ne voulais pas qu´il lui arrive malheur, et il était mort, pareil comme son père, Grimoire. Je décidai de lui rendre la vie. Je l´amenai dans le labo, et seule, j´arrivai à le faire revivre en lui infusant le Chaos et la Protomatéria, que j´avais trouvée, bizarrement, dans le labo. Hojo devait les avoir oubliés, car on ne laissait pas ce genre de chose dans un labo de peur qu´un autre scientifique ne le trouve et ne l´utilise. Vincent resta longtemps inconscient, et durant cette période, je commençai à perdre la tête. Hojo n´avait pas conscience de ce qu´il faisait en m´injectant les gènes de Jenova. Les effets se faisaient de plus en plus fort, je quittai Nibelheim, laissant Vincent seul dans le labo, me dirigeant vers l´est.
Date X, Mois X, Année X
Les effets anormaux, que nous qualifiquerions d´effets secondaires, qu´ont entraînés les cellules de Jenova sur mon corps et sur mon esprit sont dévastateurs. Par chance, j´ai quelques instants de lucidité, et je profite de ces derniers moments qu´il me reste pour coucher par écrits le reste de mon histoire. Je crois qu´Hojo m´a ramassée en chemin et m´a amenée à Midgar, dans l´un de ses labos secrets. Je le crois, mais rien n´est sûr, car je ne me souviens plus de cela. Tout ce que je sais, c´est que je vais bientôt accoucher. Et je ne survivrai pas à cet acouchement. À cause des cellules de Jenova, j´ignore si c´est d´un garçon ou d´une fille dont je mourrai, mais je suis heureuse.
Mes espoirs sont nombreux, mais je doute que tous ne soient réalisés. J´ai fait revivre Vincent dans l´espoir qu´il sera sauvé des expériences qu´il a subies dans le futur. Mais surtout, j´espère que mon enfant ne connaîtra pas ce qui a fait de notre vie un enfer, à Vincent, à Sephiroth, son frère et à moi, sa mère. Je n´ai pas de nom pour cet enfant, mais je souhaite qu´il vive heureux...