Désolé pour mon absence d´hier, mais j´aurais voulu réagir sur FF6
Comme l´a dit Glauque, cet opus souffre trop de la comparaison avec FF7, mais aller dans ce sens revient à dire que chaque Final Fantasy souffre de sa comparaison avec FF7.
Donc, FF6 le meilleur FF, c´est limité comme problématique, étant donné qu´on revient vite à FF7 est le meilleur (je ne suis pas contre d´ailleurs).
Toutefois, FF6 jouit de qualités que FF7 ne possède pas ou en moins bonne qualité, à savoir la musique, la diversité des personnages et le statut de héros remis en question, et une ambiance de très loin précurseur de celle de FF7, et qui va bien plus loin que celles des précédents.
La qualité musicale de FF7 est accordée : Nobuo s´est déchaîné et s´est révélé fort inspiré, mais à écouter les quatre OSTs suivantes, celles de FF6, 7, 8 et 9, je ne note que peu d´évolutions du 6 au 9, une simple adaptation aux univers sinon.
Le passage du 5 au 6 est la consécration pour Uematsu, qui après avoir signé une OST moyenne pour FF5 revient au taquet sur FF6, créant déjà une musique subtile, magnifique, gravée à jamais dans ma tête, à savoir le thème de Terre. Pour la première fois également, Uematsu incorpore à sa musique des choeurs, notamment dans le chef d´oeuvre Dancing Mad, conchiant la plupart des thèmes de boss précédents et suivants (certes, One-Winged Angel sera bonne, voire excellente et innove d´ailleurs par l´arrivée de première musique à parole dans un FF).
Tout thème dégagera une ambiance particulière que les graphistes seuls n´auraient pu dégager seuls.
Souvent j´entends dire que les personnages de FF7 sont plus réussis que ceux de FF6. Après tout pourquoi pas, les nombreuses personnalités de FF6 peuvent prévaloir sur leur intérêt (notamment Umaro, Mog, Gogo... et encore qu´ils stimulent l´imagination de Zell), mais celles de FF7, bien que novatrices à l´époque, semblent elles aussi dépassées : la quête de recherche de soi du héros, le trio gentil-gentille-méchant, et les persos un peu clichés que sont Rouge 13, Youfie, Vincent et Barret.
De ce point de vue, FF6 fait mieux pour la diversité (en même temps rater dans la diversité avec 14 personnages, revient à dire que c´est un jeu à éviter), et parfois même pour l´intérêt, car il y a bien une tête de personanges excellents : Celes, Terra, Sabin, Edgar, Locke pour ne citer que les principaux. Le fait que chacun agisse pour ses motivations, ça c´est nouveau, c´est vraiment novateur, le fait de ne pas avoir de héros, d´équipe fixe ou imposée (sauf lors de passages scénaristiques obligés), de pouvoir interragir "comme on veut" (car faut pas abuser non plus) avec ses personnages... D´autant que chacun a son utilité en combat et qu´on peut developper des tas de stratégie.
De plus, Kefka est le premier grand méchant mémorable de la série, après un Chaos ridicule dans FF1, deux méchants que je ne connais même pas pour FF2 ou FF3 (dire combien ils sont importants), un Zemus/Zeromus puis un Ex-Death des plus clichés dans FF4 et FF5. Le premier à inaugurer dans un thème qui va vite devenir récurent (en grande partie) dans la série : la démence du grand méchant. Kefka est un précurseur une fois de plus, duquel Sephiroth, Kuja et Seymour n´en sont que ceux qui découlent logiquement (même si on ne peut pas vraiment tous les mettre dans le même sac tant leurs motivations et passés sont différents). Toutefos, Kefka est le premier et sûremednt le dernier à aller aussi loin dans la démence, et c´est une fois de plus quelque chose de totalement nouveau dans la série.
Quant à l´ambiance, elle se veut elle aussi expérimentale. Plus subtile que celles des opus précédents, elle est également teintée d´un pessimisme omniprésent, d´une adversité sans faille entre nature et machine, entre Espers et humains.
Le tout est supporté par les personnages eux-mêmes : le fait que certains puissent mourir ou qu´on puisse passer à côté de certains, contribue à l´ambiance cruelle du titre.
Ambiance d´autant plus cruelle que la moitié du jeu se passe dans un monde en déclin tandis que la seconde partie se déroule dans un monde en ruine, sans autre histoire que celle d´une dévastation impitoyable.
Bref, FF6 est loin d´être un bête Final Fantasy, il a une âme et elle était d´autant plus forte quand ce jeu est sorti qu´il innovait en des tas de points et elle s´est d´autant plus affaiblie qu´on a joué au jeu longtemps après sa sortie.
Tentez d´imaginer, après avoir terminé FF1, FF2, FF3, FF4 et enfin FF5 ce que vous auriez ressenti en jouant pour la première fois au 6 : une grande bouffée d´air, du nouveau, un changement radical avec le passé, mais une perche pour le futur.
Malheureusement, d´entre nous, qui a terminé FF6 avant d´avoir touché à FF7, 8, 9 ou 10 ? Probablement pas grand monde. Sans avoir touché à FF6, précurseur, mais en commençant par un des suivants, on est déjà dans la lignée instaurée par le 6, et probablement améliorée par une qualité d´image et de son nettement supérieur, ainsi qu´un travail de personnages plus moderne, et des scénarios différemment agencés.
Donc on peut penser ce qu´on veut de FF6, il restera un grand chef d´oeuvre, mais malheureusement altéré par ses suites et par le temps.