Bon bah, étant donné que la première avait été... sappée (xD) eh bien je reposte, pour votre plus grand plaisir, ou votre plus grand désarroi...
Allez, Enjoy !
L’Héritage des Dragons
La lune s’étend dans le ciel ténébreux, le tranchant avec ses lames de lumière, créant une multitude de reflets étranges dans les nuages, éclairant voluptueusement le petit village de Dumwood.
Les habitants dorment profondément, harassés de leurs dures journées d’un labeur monotone ; bercés par leurs rêves insouciants et si apaisants. Le silence s’installe royalement, seulement perturbé par l’enclume vibrant sous les coups de marteau du forgeron et les prières que psalmodie le prêtre envers le dieu qui règne depuis les étoiles : célestes gardiennes des espoirs et des rêves.
Deux yeux mi-clos regardent vers le ciel, cherchant dans la profondeur de la mer céleste une source d’apaisement. Les cauchemars qui le hantent, où il voit un immense brasier consumer toute sa vie, le harcèlent tant qu’il ne peut plus dormir. Ses yeux frôlent la lune, il ressent un étrange sentiment. Derrière ses airs hautains d’astre si éloigné, elle semble inquiète. Il ne saurait s’expliquer pourquoi, il sent en elle une aura blafarde, inquiétante, chaude et répugnante. Un malaise l’emplit, il sort de chez lui et se dirige vers l’orée des bois, où il aime gaspiller son temps à écouter les oiseaux et les chouettes. Le sol est humide sous ses pieds nus, l’herbe le caresse, le chatouille presque. Cependant, il n’a pas envie de rire, cet état de malaise étouffant l’emplit si bien qu’il a envie de crier. Il court, s’écorche le pied sur un caillou escarpé puis s’arrête, à bout de souffle. La forêt est silencieuse…
Un drame se produit sans un bruit. Les rêves berçant, personne n’entend, pas même l’enclume ou le marteau, ni le prêtre ou le dieu qui veille depuis les cieux.
Une flamme s’allume dans la nuit, sinistre feu follet ocre et mortel. Bien vite imitée par ses sœurs, la flammèche devient bien vite un brasier ardent et opaque. Des rêves s’éteignent ; avec eux des cœurs innocents. Quelques cris s’élèvent des flammes, corps immolés jetant un dernier soupir dans ce monde injuste qui est le leur.
L’enclume vibre une dernière fois, le prêtre termine sa prière en hurlant de douleur.
Dumwood n’est plus, consumé, détruit, soufflé, balayé.
Pourquoi ? Plus personne n’est là pour en témoigner. Presque plus personne…
Une ombre se déplace parmi les cendres et les poutres carbonisées. Ses pieds, nus, écorchés et brûlés, laissent des traces fumantes. Ses yeux emplis de larmes, cristaux opalins de la tristesse qui l’emplit, parcourent la scène, le bûcher sanglant, cette symphonie de l’horreur. Des membres gisent, broyés, les flammes crépitent tendrement entre les baraques démolies.
Il cherche éperdument quelque chose, parcourant de ses yeux d’enfant les décombres. Enfin, il le trouve, il pousse un léger soupir, aussi empli d’amertume que de soulagement.
Ses doigts fébriles se crispent sur le médaillon du cadavre, il tire un coup sec tout en pleurant à chaudes larmes et arrache le pendentif en forme de croissant de lune. Sa vue se brouille, son cœur se révulse, il court, tombe à plusieurs reprises. Il court à en perdre haleine vers la forêt, seul lieu de refuge qu’il puisse trouver. Il regarde la lune, ressent une douce chaleur l’envahir et tombe pour de bon.
Quelle triste journée pour cet enfant.
Après tout, il n’avait que quatorze ans…
lol, ça fait longtemps que je n´a vais pas pu suivre une fic depuis son début, meme si celle-ci n´ a aucun rapport avec FF7, c´ est avec grand plaisir que je la lirais au fur et à mesure de tes chapitres ![]()
j´ aime bien ton style d´ écriture ,mais je ne peux pas encore véritablement jugé.
J´ attend la suite avec impatience ![]()
oups, poster, trop tôt xD
je vais maintenant pouvoir approfondir la critique ![]()
White
J´poste plus vite que mon Ombre, mais dans ce cas j´ai une ombre de tortue ! ![]()
Bon ca c´est fait, pour t´apprendre à nous faire des frayeurs...
Sinon, commentons. Le prologue, je t´en avais déjà parlé sur l´ancien topic, donc je vais passer vite fait. Comme à ton habitude, tu nous offre, ou semble nous offrir un univers d´heroic fantasy, assez classique avec ses mages, ses forgerons ses artefacts, ses magies. La sonorité est bonne, la construction des phrases va de pair avec une ambiance assez onirique. Même si la fin est légèrement noircie dans le ton ( comme le village est teinte cendres...)
Le premier chapitre semble donc nous offrir le debut d´une intrigue encore inconnue, entre souvenirs, lutte contre le sommeil mortel. Notre héros n´en impose pas, un enfant de 14 ans, un brin bousculé, un brin à côté de ses pompes. Pourtant vu le dénouement du prologue, vu le médaillon et le sacrifice exigé, on peut supposer qu´il a une importance. Sinon la construction est toujours aussi bonne, laissant une lecture aisée malgré la petite tartine. On a toujours des décors ciselés avec soin, l´une de tes marques de fabriques.
On finit en découvrant un second protagoniste, enfin découvrir... On en est encore au stade des hypotheses que tu vas vite dissiper je le sens^^
Merki d´avoir lu !
Bon bon bon, content que cela t´aie plut !! ! (j´arrête pas de le dire mdr oO)
Sinon, la suite au prochain épisode, j´en dis ni plus ni moins.
Et puis bah... Etre jeune est, en somme, une chose assez handicapante, mais l´avenir réserve bien des surprises...
D´autres tentés ? ![]()
la suite ;p
Nanak, j´ai lu, mais un peu comme toi, j´ai la flemme de commenter
, si l´humeur m´en dit, tu auras ça, d´ici ce week end, sinon sache que je lirai même si je ne te donnerai pas mon avis ![]()
Angelo
Tu peux pas être un brin plus constructif ? Pasque je sais même pas si ça t´a plu...
Bébé
Lâche au moins des mini comms, identiques à celui-ci, histoire que je sache si tu apprécies ou non ^^
Up ?
Alors mon petit Kebab, que dire de ta nouvelle fanfic, déjà , je n´ai eu qu´un chapitre à me mettre sous la dent, donc pour le scénario, je ne peux quasiment rien dire pour l´instant, j´espère juste que tu ne te laisseras pas trop emporter par les références de l´héroic fantasy et que tu sortiras des sentiers battus de ce genre d´histoire.
Alors très gros points forts, pour les descriptions que tu adores, et que j´adore mais pour les descriptions des émotions de ton personnage, bien sûr l´émotion est du domaine du flou et on peut se dire qu´il ne pense pas par bloc, mais je ne sais pas, pour l´instant, tout ce qu´on sait de ton héros, c´est qu´il a un père autoritaire et que lui même est assez à côté de ses baskests. Dans ce premier chapitre, on a compris qu´il était torturé, j´espère que dans les prochains chapitres, tu nous servivras autre chose, car la douleur et la torture, c´est bien, mais il faut essayer de les remettre en question comme le ferait un vrai être humain enfin est-il humain
? Bref ce n´est pas un reproche mais plutôt un conseil ^^ étant donné que tu n´as encore rien fait!
Pour les fautes, elles ne sont pas si nombreuses, mais ça gêne un petit peu de temps à autres, alors fait un ti neffort là dessus(rien de transcendant ne t´inquiètes pas).
Bon eh bien voilà, un petit commentaire, je sais, mais bon j´avais la flemme d´en faire plus! Allez à bientôt pour le prochain chapitre
Bébé
Merki !
Tu sais, les commentaires comme celui-ci me suffisent largement, mais si t´as du courage...
Bon sinon bah, désolé pour les petites fautes, j´en ai effacé pas mal en relisant, mais je crois bien que j´en laisserai toujours traîner quelques unes quoi *doh*
Allez, et encore merci à vous tous !
Enjoy ! ![]()
Comme chuis de bonne humeur et qu´il me reste un chapitre d´avance, bah je poste la Quiteuh !
En espérant que vous aimiez et euh...
Enjoy !
Chapitre II : Tel est tué qui croyait tuer.
Cachés dans l’ombre des ramifications, deux yeux observaient le jeune homme. Deux pupilles en forme de fente, d’une profondeur inouïe, perdues dans un océan mauve, aux teintes miroitantes.
La bête sortit alors de l’ombre… Aedonis en resta coi.
Une longue gueule allongé, affublée d’écailles translucides et luminescentes, couleur d’améthyste. Les deux perles, les deux yeux, s’y confondaient à merveille, ajoutant une pointe majestueuse à la gueule dont les deux narines surplombaient deux fines rangées de dents, ciselées.
Le corps, quand à lui, était une fine boule d’écailles, de la même couleur que celles de la tête, auxquelles les ombres et les teintes lunaires donnaient un côté mystique des plus intrigants. De la taille de son avant bras, la gueule aussi fine que sa paume, le dragonneau déplia ses ailes en fouettant l’air de sa queue. Ces dernières, faites d’une membrane presque invisible, semblaient parcourues de gouttes cristallines ; fines opales se dandinant dans un flot brillant.
Le petit homme ne pouvait pas bouger. Il était paralysé de stupeur…
« N’aie pas peur, je ne te veux aucun mal…
Je le vois dans tes yeux… Oui c’est bien toi. »
Samshir voleta de timidement, laissant l’air caresser ses ailes et lui chatouiller les naseaux. Il détailla Aedonis durant un long moment entrecoupé d’un battement d’aile, l’air aussi intrigué que le jeune homme…
« En fait je ne suis qu’un bébé, je n’ai pas pu grandir jusqu’à maintenant. Pourtant, je ne devrais pas dépasser ta taille quand je serai adulte. Je suis un enfant, comme toi ! »
Aedonis avait cru apercevoir une esquisse de sourire sur la gueule de Samshir. Les yeux du dragon luisaient comme ceux d’un gamin émerveillé.
Puis le saurien se posa juste devant lui, à quelques centimètres, dans l’herbe verte.
La nuit était tombée très vite, emplissant de son long manteau sombre l’herbe de la clairière, où reposaient un enfant et un dragonneau.
Le garçon s’était assis en tailleur et regardait Samshir dans les yeux.
Il se toucha l’épaule, il avait mal.
« Tu souffres ? »
Il acquiesça.
Samshir prit alors une légère impulsion et s’envola à la hauteur de son épaule. Il fit quelques fois le tour du petit homme avant de stagner et de frôler l’épaule de ses naseaux.
« Ca va mieux ? »
La douleur avait diminué, Aedonis en resta stupéfait.
- Merci Samshir.
« Mais de rien petit homme. »
L’enfant souriait, le dragonneau aussi.
Peu à peu, ils devenaient complices…
* *
Cela faisait maintenant près d’une heure qu’il était allongé dans l’herbe, discutant avec son nouvel ami écailleux. Il avait passé presque tout son temps à discuter, à lui raconter ses souvenirs, ce qui lui était arrivé jusqu’ici. Il parla même d’un médaillon arraché du corps immolé de son père. Puis il enchaîna avec sa fuite, ce qu’il avait ressenti quand on l’avait attaqué, la peur de la forêt, les larmes incontrôlables, la douleur des piqûres de ronces et de la chute. Il sentait une vague de bien être l’emplir tandis que ses paroles sortaient de sa bouche comme un torrent de pureté. Jamais il n’avait été aussi heureux de trouver un confident.
- Et toi, parle-moi de toi…
« Le temps est une chose incontrôlable, aussi meurtrière que magique. J’en ai été la proie pendant une durée que tu ne peux imaginer, bloqué sur ma branche à contempler le ciel azuré, la nuit argentée ou l’herbe verdoyante. Les jours succédaient aux nuits, la Lune remplaçait le Soleil…
Jusqu’au jour où tu es né. J’ai tout de suite senti un changement. Le vent était plus doux, chaleureux, chatouillant mes ailes, me donnant envie de voler. L’herbe était pareille à une mer d’émeraude aux reflets bruns. Le Soleil semblait majestueux, perçant les nuages de ses doux rayons. La Lune était mystérieusement brillante, les étoiles l’illuminant.
Imagine une existence, une éternité, passée à attendre. Une vie sans but, en proie au temps et à l’ennui.
Voila ma vie, je suis lié à toi que tu le veuilles ou non… »
Aedonis ne savait que répondre. Pourquoi avait-il été choisi par Samshir alors qu’il n’avait rien de différent de ses anciens amis…
Il laissa son regard errer parmi les étoiles, perdu dans la voie lactée. Il imaginait des formes, créant ses propres constellations. Ses yeux errèrent jusqu’à se poser sur la Lune, ce corps céleste lumineux et fascinant.
Il sentit un poids sur son torse, ainsi qu’une chaleur intense l’envahir. Son médaillon brillait, un léger halo argenté l’entourait. Aedonis le saisit et sentit qu’il était brillant.
« Petit homme, es-tu prêt à te lier avec moi ? Sache que cette occasion, tu ne l’auras que cette nuit, qu’après, il sera trop tard.
Je t’ai choisi, je t’ai protégé, et je continuerai si tu acceptes… »
- Je… j’ai peur…
Le garçon fermait les yeux, il sentait le croissant de lune brûlant dans sa main et tenta de le lâcher, mais il était accroché, lié par une force surnaturelle.
« Petit homme, s’il te plait, aide-moi. J’ai peur, peur de me retrouver à nouveau seul pour toujours. Peur de te sentir mourir un jour sans pouvoir t’aider… »
Aedonis souffrait, sa main le brûlait. Il sentit alors quelque chose se poser sur la paume qu’il agitait convulsivement. Samshir s’y était apposé et attrapa le médaillon dans sa gueule. La chaleur qui l’envahissait disparut aussitôt.
« Je ne te forcerai pas, Adieu, petit homme. »
Le dragon se retourna et s’envola après avoir croisé une dernière fois le regard du garçon.
Il allait retourner dans son arbre et attendre que le temps passe ; sentir le vent glacial lui congeler les écailles, le Soleil brûlant l’éblouir ou la Lune pâle le fuir. Une larme serpenta entre ses squames ternes, triste reptile déçu et appeuré.
Il ferma les yeux et battit lentement des ailes, flottant dans les airs, se laissant porter par le vent.
- Attends ! hurla le garçon. Il était en larmes. Ce soir c’est mon anniversaire, et c’est la première fois que je peux avoir un cadeau. Je vais avoir quinze ans, je voulais ce médaillon, mais maintenant, je veux juste rester avec toi Samshir, mon ami…
« Es-tu sûr de toi ? »
Une lueur d’espoir reluisait dans les yeux du dragonneau.
- Oui.
Samshir fit alors demi tour. Il allait enfin pouvoir quitter sa branche et découvrir le monde.
Il tendit alors le médaillon incandescent en direction de l’enfant qui le saisit. Il faillit le relâcher à cause de la chaleur mais tint bon. Il serra les dents le plus fort possible, sentant la violente morsure sur sa paume. Samshir s’était posé sur son épaule et se concentrait.
« Tiens bon, ce ne sera plus très long. Tu as le droit de crier, si cela te fait du bien »
Et il cria. De toutes ses forces, se tenant le poignet de son autre main, agenouillé dans l’herbe sombre.
Subitement, le médaillon redevint normal, la couleur, la chaleur, en tous points. Puis de la même manière, il se remit à briller, une aura violacée l’entourant, sinistre émeraude éclairant la clairière entière. Seulement, il sentit la même chaleur envahir tout son corps, se diffusant dans son bras, dans l’autre, dans son ventre, ses jambes, et enfin dans sa tête. Il se tortilla en tous sens dans l’herbe, hurlant de douleur, pleurant sans même s’en rendre compte.
Son sang s’était transformé en lave, dégoulinant dans la moindre de ses artérioles.
Tout se calma enfin, après un calvaire dont il ne pensait pas survivre. Il ouvrit difficilement les yeux et vit Samshir allongé dans l’herbe. Apparament il avait subi la même épreuve.
« Enfin… »
Aedonis était assis dans l’herbe, haletant. Samshir le rejoignit.
Le petit homme regardait sa paume, transformée…
Un symbole y était inscrit, de couleur d’émeraude ternie par la chair. Une sorte de rune alliant un croissant de lune à de fines lignes ondulantes. C’était beau.
Aedonis se sentait changé, mais il n’était pas le seul…
Assis dans l’herbe, il avait passé de longues minutes à méditer, les jambes en tailleur, les mains sur les genoux. Il avait besoin de repos, mais il ne voulait pas dormir. Il n’allait tout de même pas laisser son ami alors qu’ils venaient à peine de fusionner…
Aedonis se sentait bien, les yeux fermés, l’oreille alerte, les muscles tendus. Il sentait son corps se soulever du sol, flotter à quelques millimètres de l’herbe lui chatouillant les cuisses.
Non, il ne rêvait pas, il voletait bien, lui ce petit enfant si fragile…
« Aedonis ? »
Son nom le fit retomber sur le sol en sursautant.
« Désolé de te tirer de ta torpeur mais quelqu’un vient, au cas où tu ne l’aies pas déjà entendu… »
- Oui je l’ai entendu mais je n’étais pas sûr, je croyais avoir rêvé… chuchota-t-il pour répondre.
Quelques brèves secondes plus tard, une ombre se faufila dans la nuit, cherchant à rester invisible, ne se doutant pas qu’elle avait déjà été repérée.
Le garçon quand à lui tentait de rester immobile, discutant mentalement du plan qu’il allait adopter avec son ami.
Le souffle irrégulier de l’homme encapuchonné trahissait sa tension. Le bruit saccadé de ses pas foulant l’herbe, tout était plus clair, comme si l’union entre Aedonis et Samshir avait accrû ses facultés visuelles et auditives.
- Je t’entends, je te vois, et toi, tu ne le sais pas, stupide gamin… chuchota la voix sur un air de victoire.
Un rictus de sourire se dessina sur le visage du petit homme, qui restait toujours immobile.
Sa vie allait se jouer dans quelques secondes mais il gardait son calme, immobile, impassible, seul son petit rictus sur le coin de ses lèvres.
L’assassin savourait déjà sa victoire, avec l’argent à la clé et toutes les bonnes choses qu’il pourrait se payer avec ce petit tas de piécettes. Un sourire carnassier s’étira sur sa face, tapie dans l’ombre de sa capuche. Il tira sa dague qui crissa timidement avant de frapper le dos du mioche, en direction du cœur. Il n’aimait pas les visages se tordant de douleur, voila pourquoi il ferma les yeux quelques secondes, imaginant le sang couler en minces filet vers le sol.
- Je t’entendais, je te voyais, et tu ne le savais pas non plus, stupide pantin… chuchota Aedonis à l’oreille de l’homme.
Le temps que ce dernier ne réagisse, sa dague s’enfonçait dans sa cage thoracique.
Les quelques secondes où l’assassin avait fermé les yeux lui furent fatales car il ne vit pas que le petit homme se relevait en virant sur son côté et en esquivant, ainsi, l’acier mortel. Puis, s’aidant de l’élan qu’il venait de prendre, il chuchotait ces quelques mots à l’oreille de l’homme tout en lui attrapant le bras et en frappant son possesseur avec la dague.
Tout s’était passé très vite, trop vite.
Un mince voile laiteux se dressa devant ses yeux et l’homme sentit son souffle se tarir dans sa gorge.
Il mourut sans un cri, trop abasourdi pour faire quoi que ce soit.
« Bravo Aedonis, il s’en est fallu de peu. »
Mais il ne répondait pas. Ses yeux erraient sur ses paumes, regrettant d’avoir tué…
« C’était lui ou toi, petit homme. Ne t’inquiète pas, il n’a pas souffert… »
C’était la première fois qu’il ôtait la vie à quelqu’un. Des souvenirs ressurgirent des méandres de son esprit. Des visages figés dans l’horreur, des faces méconnaissables car brûlées, couvertes de cloques et de sang séché.
Il se remit en tailleur et laissa filer une larme qui perla sur sa joue tremblotante.
C’était la première fois… ce ne serait pas la dernière…
Il chiale quand même souvent ton Aedonis
,les larmes quand c´est à tout bout de champs, ça perd de sa valeur, on ne sait plus trop ce qu´elles représentent. Sinon ben ça se précise cette histoire enfin un peu, on découvre la fusion avec le dragon et on apprend que le petit hommme est poursuivi par un assassin peut être plus, dommage que les dragons ne parlent plus comme " SSSSSSSa"
Bon allez petit commentaire à la prochaine pour les aventures de ton bel Aedonis (désolé l´allusion était trop tentante)
Pleurer quand on a 14 ans et qu´on est un enfant, je ne trouve pas ça abusif, surtout avec ce qu´il endure...
J´avais oublié qu´le Bébé avait un coeur de Pierre
xD
Sinon, pas capté ton jeu de mots (trop intelligent pour moi uais ^^) :S
Pour le jeu de mots, tu te réferas à quelques écrits mythologiques grecs, parce que je suis un peu en flemme
^^
Sinon ben je sais , je sais que j´ai un coeur de pierre, mon bébé y travaille depuis quelques mois ![]()
Non je ne dis pas que ses pleures sont injustifiés, mais que il faut utiliser d´autres moyens d´exprimer ses émotions,mais qui sait, j´ai peut-être grandi trop vite, parce qu´il me semble qu´à quartoze ans, on commence à sentir l´homme en soi ^^
Et moi je te dis que non >__<
Arrête de te référer à tes opinions...
Moi à quatorze ans... J´chialais encore
T´sais, quand t´as un père qui t´a jamais aimé lol, bah ça aide pas à devenir grand, mais ça t´enfonce, enfin j´pensais qu´vous l´aviez compris, qu´on père c´était un salaud...
Mais j´pense un revenir d´façon ![]()
Arrête de te référer à tes opinions...
Malheureusement Nanaki,on se réfère tous à notre expérience à nos opinions pour lire un livre, puisque chacun interprète à sa façon et c´est tout l´intérêt! Donc je vais continuer à te faire chier
Non mais moi je te donne ma façon de voir, c´est pas des reproches! Bon allez maintenant la suite Nanak
La suite demain ![]()
Up au passage...
Chapitre III : Joermünd.
Le foyer crépite dans l’ombre, entouré d’un cercle humain, bruyant et rieur. De fines étincelles et de minuscules particules de cendres s’élèvent dans l’air, avant de retomber gracieusement ou en pétillant sur un sol de pierres. Le bois se consume gentiment, accompagné de rires tapageurs.
L’odeur de la bière emplit l’air environnant, une odeur de bière bien particulière.
Ici on boit, on rote, on rit et on se gratte la barbe.
Les doigts salis par les pioches et la roche, les ventres bien pleins, les voix crasseuses, rocailleuses et bourrues.
- Rien de tel qu’une vie de nain ! s’exclama l’un d’eux formant le cercle autour du brasier.
- Ca, tu l’as dit.
- Allez, on trinque !
Et tous frappèrent leurs choppes les unes contre les autres avant de les vider d’une traite.
Le bruit résonnait dans les galeries, si bien que d’autres nains vinrent se joindre au groupe tapageur.
Creusées dans la roche, polies par les bottes, esquintées par les pioches : telles étaient les maisons naines, sortes de troglodytes ou la seule lumière existante était celle des torches.
Une sorte de mélopée joyeuse raisonnait contre les parois, se diffusant dans la montagne comme un écho synonyme de beuverie.
Ne résistant pas à l’appel salvateur d’une choppe de bière bien remplie, des dizaines de nains s’agglutinèrent avec leurs amis, ajoutant au brouhaha une touche de cacophonie de poulailler mal réveillé. On en venait presque à crier pour s’entendre.
Les parois vibrèrent sous les décibels ainsi créés. Les voix formèrent un marteau sonore qui frappait l’enclume rocheuse des parois.
Les parois tremblèrent. Puis elles cédèrent…
Dans un grondement sourd la montagne fit taire toutes ces bouches barbues et pleines de bière.
Dans un roulement étrange les nains firent silence.
Un silence lourd et nouveau, presque effrayant.
*
Enfilant sa paire de bottes de cuir tanné, marrons et usées par le labeur et le temps, Joermünd s’arrêta quelques secondes quand il entendit le silence. Ou plutôt quand il n’entendit plus rien. Car ici, dans la montagne, le silence est toujours signe de catastrophe.
Les lacets ficelés, il se leva tout en emportant avec lui sa tunique, faite d’une sorte de patchwork de tissus, qu’il enfila en avançant.
Les torches n’éclairaient pas sa baraque : il n’en avait pas besoin. Depuis tout petit il avait eu un don, celui de la nyctalopie. La lumière l’incommodait fortement, mais il savait y faire abstraction et s’entraînait pour son expédition.
*
La poussière salissait ses pompes, déjà en bien piteux état, tandis qu’il avançait, sûr de lui, parmi les innombrables galeries naines.
Tels des fourmis, des dizaines de nains se dirigeaient vers le lieu du désastre.
Joermünd, comme eux tous, marchait d’un lent.
Il arriva très vite, en premier même, car il avait anticipé l’effondrement. Un éboulis de rochers, de tailles et de formes aussi variées que des barbes naines, empêchait d’aller plus loin.
A en voir le sinistre, il faudrait quelques heures à un peloton de foreurs pour extraire le restant des corps, brisés ou peut-être encore intacts.
Il faisait demi-tour tandis que d’autres de ses confrères commençaient à s’agglutiner comme des abeilles sur de la confiture.
*
« Et voila… Encore des frères morts saouls… S’en est trop, je pars… » pensa le nain assis sur sa pierre polie, faisant office de chaise.
Il attrapa le baquet d’eau sur sa gauche, puis y plongea les mains.
Le contact rafraîchissant le réveilla quelque peu, puis l’eau effaça les traces de poussière accumulée au long de la journée.
Il découvrit son visage avec une curiosité identique et toujours aussi grande.
Ses cheveux, longs et châtains, dégringolaient en cascade le long de sa nuque, ornant son front d’une couronne brunâtre et hirsute. Ses yeux, sombres, étaient encadrés entre un nez assez mince et des joues très légèrement arrondies. Sa tête se terminait par une bouche desséchée et par sa fierté : une longue barbe qui choyait jusqu’à son nombril.
Cette dernière, ornée d’une tresse presque parfaite, aussi ondulante que droite, faites de deux serpents d’enroulant à merveille, était attachée à l’aide d’une boucle en cuir doré.
Il sourit. Il était jeune après tout : il n’avait que soixante-cinq années humaines…
Un vrai petit jeunot !
Puis il plongea complètement sa tête dans le baquet et resta en apnée durant de longues secondes, faisant des bulles avec son nez, qui lui chatouillaient les tempes en remontant à la surface.
L’air lui manqua et il s’extirpa de sa prison liquide en inspirant fortement.
Près d’une minute avait passée sans qu’il ne s’en rende compte.
Il se releva lentement, laissant goutter ses cheveux et sa barbe, qu’il essora bien vite ensuite, car le timide air circulant dans les galeries, commençait à lui hérisser les poils du dos.
Il attrapa un chiffon, posé dans un contrefort, et s’essuya les cheveux avant de se coiffer à l’aide de son peigne fait de cinq doigts, d’une paume, et qui était relié par un poignet à son bras.
Enfin il quitta son petit chez-lui, marchant au rythme du frappement des pioches qui résonnait à nouveau. Ces percussions étaient synonymes de vie, mais aussi synonymes de mort, car il savait qu’on avait entamé l’extraction des cadavres, ruinés par l’effondrement.
Il tourna sur sa gauche au premier croisement qu’il rencontra, puis continua à emprunter diverses galeries, toutes identiques et différentes en même temps.
La seule décoration qu’il put apercevoir se résuma à quelques torches déjà bien consumées.
Pourtant, plus il avançait, plus il sentait que quelque chose changeait.
Il emprunta le passage de droite, puis une nouvelle fois, avant de prendre à gauche.
Il commençait à se lasser de marcher, mais son cœur s’emballait de plus en plus, il vibrait d’une nouvelle force.
« J’approche… »
Le changement de décor fut radical…
« Une fougère ? De la mousse ? Etrange… »
Il venait de tomber nez à nez avec de la verdure. Le couloir qu’il avait emprunté n’était plus terne, vide de tout, empli de rien. Non, ici il y avait des choses colorées, qui se logeaient dans les excroissances comme des fongosités sur de l’écorce. Il se rapprocha de la fougère, qui siégeait par terre, comme une minuscule reine qui se croit majestueuse lorsqu’elle n’est que ridiculement intruse. Il la regardait se dandiner sous les caresses du courant d’air, un sourire au coin des lèvres. La tige était si frêle, qu’il se disait qu’en soufflant fort dessus il parviendrait à la casser.
Mais il se retint, il n’était pas ici pour détruire les quelques traces de vie de cette montagne terne. Il voulait parler à son chef.
La lumière s’amplifiait à la mesure de ses pas, bientôt il serait aveuglé, avant que ses yeux ne s’habituent et qu’il puisse continuer d’avancer.
Une porte, faite de bois coupé, taillé, lissé, avec sur son côté une poignée, bouchait l’entrée de la cavité. Joermünd, bien décidé, ferma les yeux et poussa le battant, qui grinça légèrement.
Un flot de lumière le happa, l’avala, le sidéra. Il fermait les yeux mais la clarté lui brûlait les iris.
- Joermünd, que veux-tu ? questionna une voix bourrue.
- Pourquoi donc avez-vous besoin d’autant de lumière… râla le questionné. Je suis venu voir mon père, j’ai à lui parler, mais je suis aussi venu vous voir, vous m’aviez parlé de…
- Oui, oui, je vois, je me souviens. Va voir ton père, nous en discuterons tous les trois.
- Merci, Archibald.
En guise de réponse il n’eut qu’un grognement sourd. Le nain, l’alchimiste, était déjà reparti examiner une de ses potions, toutes aussi explosives les unes que les autres.
Pourtant, depuis qu’il travaillait, il n’avait jamais eu le moindre accident, le moindre grain de caillou tombant du plafond…
La porte grinça à nouveau sur ses gonds, une silhouette se dessina dans l’embrasure de la porte.
Un nain, une tunique de velours noire aux fils de soie blanche, entrait dans le laboratoire. Sa barbe lui entravait les genoux, tristement blanchie par l’âge. Ses cheveux, grisonnants, étaient encadrés par une demie couronne argentée, qui se confondait à merveille avec l’épiderme du vieil homme.
Sa mine, burinée, ridée, flétrie, dégageait une telle autorité, que le silence fit place dans le laboratoire.
Les éprouvettes se turent, les fioles restèrent coites.
- Eh bien, je ne suis pas encore mort ! plaisanta le nouvel arrivant.
Alors les fioles se remirent à siffloter de plaisir et les éprouvettes à cliqueter de curiosité. Car tous les liquides qu’elles contenaient étaient de couleurs diverses et variées. Ici un joli bleu pâle, couleur d’azur, aux teintes violacées. Là un précipité noirâtre dans une substance dorée. Ou encore des tubes s’entourant, inondés de couleurs et de bulles. La richesse du laboratoire restait une simple coupelle, inondée de couleurs. Cette dernière contenait une bonne dizaine de pierres, précieuses, fines ou ornementales, toutes plus différentes les unes que les autres :
Allant de l’aigue-marine au diamant, du rubis au grenat, de l’ambre à l’opale ou encore de l’onyx à l’obsidienne.
- Tiens donc, mais qui vois-je, si ce n’est ce cher Joermünd ! s’exclama le vieux.
- Bonjour, père. Je vous attendais justement. J’ai à vous parler.
La mine du vieillard se fit grave. Il s’assit sur un tabouret qui siégeait entre divers liquides colorés, sous une armoire creusée dans la roche.
Il écouta attentivement, le regard s’assombrissant au rythme des paroles.
Archibald avait stoppé toutes ses mixtures, pour afficher des yeux écarquillés à leur maximum.
Joermünd ne tarissait pas, alors son père le coupa :
- Ecoute-moi, mon fils. Tes raisons sont nobles mais ton cœur est encore jeune. Tu ne crains, certes, pas la mort ; mais je ne pourrais pas vivre en te sachant loin de moi. Nous, les nains, avons quitté la surface pour nous terrer dans cette montagne car les peuples nous haïssaient. Nous avons beaucoup trop de talents pour les humains. Ils nous rendaient esclaves… Alors mon fils, je t’en conjure, ne quitte pas la montagne. Tu n’en reviendrais pas…
En guise de réponse, le père n’eut qu’un long soupir de détresse, emplit d’amertume. Après tout, ce n’était que son père, pour lui. Il avait beau être le chef des nains, leur roi qu’ils disaient, ce n’était qu’un père parmi tant d’autres. Ses frères se languissaient, mourraient chaque jours, de comas éthylique ou sous les roches tombantes. Il ne pouvait pas les laisser ainsi, contempler leur déclin millénaire.
- Tu commets là un génocide, en ne voulant pas nous faire quitter les roches. Certes, nous y naissons, mais nous y mourrons aussi…
- Et c’est ainsi depuis des générations ! coupa le père.
- Allons, Thorin, calmez-vous. temporisa l’alchimiste.
Le père et le fils se dévisageaient.
- Plutôt que de vous chamailler inutilement, venez donc avec moi, je vais vous montrer quelque chose qui pourra peut-être vous faire réfléchir.
Ainsi, tous trois sortirent du laboratoire et marchèrent le long d’une galerie secrète, cachée derrière un rocher qu’ils durent déplacer.
Il n’y avait que très peu de lumière, le sol était escarpé, jonché de cailloux et de minuscules flaques.
Joermünd avançait d’un pas sûr, tandis qu’il se délectait de l’attitude de son père. La vue de ce dernier, atténuée par les années, ne lui permettait guère de voir où il posait les pieds. Ainsi, avançant à tâtons, un pied devant l’autre, il perdait une avance considérable par rapport à ses deux confrères.
Archibald tourna dans un boyau plus qu’étroit, suivi de près par le fils. Le père, les ayant perdus de vue, appela timidement. Il n’eut, en guise de réponse, qu’un flot de lumière provenant de sa droite.
Il le suivit, ce flot salvateur, car enfin ses yeux lui permettaient de voir où il posait les pieds.
Joermünd, lui examinait déjà l’endroit.
Une sorte de cave, circulaire et assez bien éclairée. Presque vide, on n’y voyait qu’un renfoncement contenant un objet étrange.
Un manche en bois, plus gros que son poing, rétrécissant lorsqu’il rejoignait une longue tige de métal, creuse. Une sorte de crochet fixé au dessous, des symboles gravés sur le manche, une visée sur le dessus.
- Voici un fusil, affirma l’alchimiste, les yeux pétillants de joie.
Les deux autres, incrédules, regardaient Archibald empoigner l’engin.
Il leur indiqua alors la garde, en bois de hêtre, finement taillée pour s’adapter à l’épaule. Puis il continua, avec tout un tas d’explications scientifiques, dont Joermünd ne comprenait pas le quart. On lui parlait de détente, de balle, d’explosion, de propulsion, de poudre inflammable enflammée…
- Certes, certes, le coupa Thorin, mais à quoi bon ce… fusil (il avait dégluti ce mot avec grand peine) peut-il servir ?
- J’y viens, j’y viens, s’impatienta l’alchimiste.
Et ce dernier s’exécuta. Il attrapa une boîte, posée dans un renfoncement de l’alcôve, et s’acharna légèrement sur le « manche » du fusil. Quelques secondes après, le bois se séparait du métal pour laisser place au long tuyau dans lequel Archibald enfonça une balle, sortie de la boîte.
Il déposa le fusil reconstitué sur son épaule, la lunette de visée en face de l’œil, et indiqua un point dans la pièce, où il avait déposé une sorte de croix peinte en blanc.
Il pressa la détente.
Joermünd et Thorin eurent le même réflexe : ils se jetèrent tous deux à terre, les mains sur la tête, après avoir entendu l’explosion de la poudre à canon et l’impact de la balle dans la roche.
Le silence s’imposa quelques millièmes de seconde avant qu’un rire sorti du fond du cœur ne résonne contre les parois rocailleuses.
- Eh bien, vous en faites des têtes ! hurla de rire le nain au fusil. Mais relevez-vous donc et venez tester la magie de l’alchimie !
Les deux restaient ébahis, jamais ils n’auraient pensé que ce vieux fou d’Archibald aurait pu réussir pareil miracle.
Une once de fierté naquit dans le cœur du plus jeune, le rendant plus que déterminé. Il se sentirait fort avec ceci, additionné à l’entraînement qu’il s’insufflait.
La croix était maintenant complètement déchiquetée, réduite à l’était de poussière, comme l’espoir d’un père, sachant qu’il n’aurait maintenant plus aucune emprise sur son fils…