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FIC : Brumes

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 04 juillet 2006 à 00:35:58

Chapitre 7 : Haletant, passionnant, cette lecture est géniale, merci beaucoup pour ces émotions bravo_leader :bravo: :-)

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 04 juillet 2006 à 00:49:19

J´en suis au 8 maintenant, j´adore, cette pauvre Rachel ( à chaque fois je pense à Friends et ma chérie Jennifer Aniston :coeur: ) s´en prend de tous les cotés, j´adore les héros comme ca ( comme Clad :ok: )

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
05 juillet 2006 à 10:57:40

:ok:
C´est encourageant de voir que les chapitres s´enchainent sans problème, cobntinue !

Sinon le prochain chapitre est d´ors et déjà préparé, je suis prêt à publier la suite...

JujuDredd
JujuDredd
Niveau 10
05 juillet 2006 à 13:47:13

Ben alors,
"Kes t´atttends Doudou, didonc ?"

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
05 juillet 2006 à 19:06:35

Ben que tout le monde me dise qu´il a lu, donc maintenant c´est bon :-)

Quoi que, il manque kikuchi :(

Bon, pour ma part je considère que l´histoire s´arrête à ce 40° chapitre, le reste étant un tissu de révélations à l´image de ce que vous allez apprendre...A la fin :)

Bonne lecture et bon match :ok: (Allez les bleuuuuuuus !)

Chaitre 40

Le bruit des poursuites et des vols d’hélicoptères dans toute la ville résonnait sourdement en ces lieux, antre du silence. Se répercutant sous la sombre voûte des feuillus, les plus petits sons prenaient une dimension amplifiée et déformée, le bois semblait avaler les molécules passant dans son environnement, de la lumière au son, se préservant ainsi de la destruction. Derrière la jeune fille se dessinait les dernières traces du chemin qui menait de la cour de l’immeuble jusqu’à l’allée centrale du bois. Jonché de détritus et de débris en tous genre, celui-ci n’était plus qu’un vague sillon de terre ravagée par une violence inouïe. Rachel le suivit aveuglément et s’engouffra dans le bois. Toute lumière disparut alors, à côté d’elle, les grands chênes s’étaient dressés par-dessus l’allée en brandissant la silhouette de leurs griffes acérées.

Cette angoisse de l’obscurité lui rappela la nuit où elle s’était levée au milieu de la nuit pour errer sur ce même chemin. Mais là les lampadaires étaient morts et la lune étouffée. Elle n’avait pour se repérer que ses sens et les craquements dans les buissons d’où à tout moment pouvait surgir un soldat. Sous les semelles de ses chaussures crissait le terreau, exactement de la même façon qu’avant. En tournant le regard, elle aperçut sur le côté de l’allée la silhouette d’un lampadaire fantomatique indiquant que le cœur de la forêt n’était plus très loin.

Rachel marcha encore un peu mais s’arrêta soudainement pour se jeter à l’abri dans un buisson lorsqu’un nouvel hélicoptère se détacha des cieux pour transpercer l’épaisse voûte des arbres de son puissant projecteur. Enfouie dans la dense flore de l’obscurité, la jeune fille regardait avec de grands yeux apeurés la formidable bête d’acier sillonner le ciel en le lacérant de son grand faisceau lumineux. La menace s’écarta bientôt, et le vacarme strident qui l’accompagnait s’éloigna et s’éteint progressivement. Ce ne fut que lorsqu’elle vit l’hélicoptère s’immobilisant au-dessus d’un lointain quartier que Rachel sortit de sa cachette pour reprendre sa course vers le Nord.

Elle arriva bientôt au centre de la place cerclée de quatre bancs dont la peinture blanche écaillée ressortait distinctement dans la nuit. Avec l’impuissant sentiment de demeurer petite et vulnérable face à cet ordre qui semblait repousser les ténèbres et la protéger sous sa pâle lumière, Rachel fut rassurée de l’éloignement des combats, les soldats n‘avaient pas encore pris les quartiers Nord. Les chemins dans ces bois semblaient n’avoir jamais été foulés que par Rachel. La terre vierge de toute empreinte semblait encore respirer dans les derniers retranchements vivants de la cité.

Convaincue qu’elle n’avait pas été poursuivie jusque dans des périphéries si lointaines, la jeune fille s’arrêta enfin de courir et se laissa tomber sur un banc, s’abandonnant à la faiblesse, se demandant si la mort était encore loin. Une main sur son ventre se gonflant et se dégonflant avec rythme, elle fit corps avec le banc, se laissant absorber par sa blanche aura. Mais au moment où elle s’appuya sur le dossier, le peu de sensations qui lui restaient ressentirent un léger chavirement du banc. Comme s’il était bancal.

« …alors j’ai été l’enterrer dans le bois de la cité étudiante, sous le banc dont le pied est bancal… » avait écrit Morgane à Hermann dans un de ses courriers électroniques. Alors la jeune fille descendit de son siège et se rua sur le sol. Elle gratta la terre de ses doigts engourdis et puis dans ses dernières ressources pour trouver la force de creuser péniblement pour trouver ce qu’elle cherchait. Elle gratta, creusa péniblement sans cesse pendant plusieurs minutes, s’ensanglantant les doigts, s’accablant les yeux de poussière. Elle avait une bien triste attitude à quatre pattes par terre, mais ce qu’elle espérait était dorénavant de la plus haute importance. Enfin son visage s’illumina et ses bras cessèrent leur mouvement mécanique. Ses doigts abîmés se tendirent vers le coin de couverture verte qu’elle venait de mettre à jour et elle n’eut qu’à tirer pour extraire de la terre son classeur.

En remontant sur le banc, balaya toute la terre qui s’y était accumulée d’un revers de la manche et resta l’observer pendant de longues minutes de la même façon que la fois où elle l’avait découvert. L’objet la fascinait ; c’était tout ce qui la rattachait à sa part d’ombre restée enfouie au-delà de l’océan. Puis Rachel se décida enfin de tourner la couverture comme l’avion avait transpercé la barrière de brouillard. Elle voulait voir à son tour.

Elle se reconnut immédiatement sur la première photo. Elle était seule, au milieu du cadrage où une gigantesque étendue verte s’étirait vers l’infini derrière elle. Elle arrivait à discerner quelque traits de son visage d’enfant au travers de l’obscurité. Cette porte entrouverte sur le passé l’émut à tel point qu’elle se replia sur elle-même, oubliant le bruit qui courait tout autour d’elle, les soldats qui avaient pris la cité et qui ne tarderaient pas à la trouver. Sa faiblesse l’abandonna, elle se retrouva plus forte et concentra tout son regard d’absinthe sur la petite photographie.

Une étrange lueur blanche et pâle se mit soudainement à luire. Il ne s’agissait pas d’un hélicoptère, mais de quelque chose qui semblait plus intime et rassurant. Rachel se retourna et découvrit, penchée sur son épaule, le spectre de la petite fille en robe blanche. Accoudée sur le dossier du banc, Elle observait avec passion la photo de Rachel, un étrange sourire aux lèvres, elle ne fit pas attention à l’adolescente qui la dévisagea avec surprise, comme si Elle avait été là depuis le début…

« -Qu’est-ce que tu fais là ? Interrogea Rachel soudainement suspicieuse.
-Je voulais voir ce qu’il y a à l’intérieur de ce classeur. Ca faisait tellement longtemps que tu courrais après cette chimère…
-Je crois que c’est moi…Ces photos sont si anciennes, j’ai l’impression qu’elles m’évoquent quelque chose malgré moi…
-Mais certainement, Rachel ! Répondit Elle en posant son menton sur l’épaule de la jeune fille. Tourne la page et regarde… »

Alors le fantôme tendit les doigts vers la feuille plastifiée légèrement ondulée par le temps et la souleva. A l’instant où la page retomba à plat, Rachel fut comme absorbée par l’album. Les pages semblèrent prendre des proportions extraordinaires et avalèrent toutes les ténèbres et l’environnement pour précipiter les deux jeunes filles dans un univers immaculé, éblouissant et lumineux. Émerveillée, Rachel regarda autour d’elle les couleurs tourbillonner. Des sifflements persistèrent et se perdirent rapidement dans les nuées. La jeune fille sentait toujours la présence du fantôme autour d’elle, comme si l’illumination était son entière personne. Alors elle regarda de nouveau derrière elle et vit son propre corps resté sur le banc s’évanouir dans la lumière. Son esprit était parti bien loin, dans les occurrences du passé…

Lorsqu’elle se retrouva, elle avait de nouveau neuf ans et la dérangeante sensation qui émanait de ses entrailles lorsqu’elle sentait l’étreinte des bras de son père sur son petit corps et le courant d’air qui dissipait l’amour que semblait vouloir lui porter le paternel. Rachel refit enfin corps avec son passé et une terrible sensation de froid l’envahit alors. Les mains squelettiques du grand homme se refermèrent sur sa taille et l’élevèrent au-dessus du sol avant de la reposer délicatement sur le sol. Elle était désormais face au couloir où se tenait l’inquiétante silhouette de la petite blonde. Dans ses grand yeux bleus humides perlaient une lueur pleine d’un sentiment décalé que perdaient les gens en devenant des adultes…Cette petite fille se tenant à peine debout semblait extralucide.

« Voici ta sœur. Annonça la voix grave du père. Elle s’appelle Elle. »

A cet instant, tout s’éclaircit dans l’esprit de Rachel. Elle eut la sensation qu’au travers des brumes dans lesquelles elle avait demeuré jusqu’alors en suivant son hasardeux fil d‘Ariane, elle pouvait enfin apercevoir le bout de la corde…Le fin mot de l’histoire se trouvait au bout de son regard…

JujuDredd
JujuDredd
Niveau 10
06 juillet 2006 à 15:38:25

"Oasis, Oasis, c´est bon, c´est bon !
Oasis, Oasis, tout le monde aime ça !"
(avec la voix de Carlos)

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
06 juillet 2006 à 18:02:22

What a surprise! Non sérieusement la fuite est le prétexte à des découvertes finalement... Il m´a semblé court ce chapitre soit dit en passant... Mais interessant. Remarque s´il est aussi long que les autres il est donc passionnant pour que je le trouve trop court :rire:

Sinon on a vraiment l´impression d´un siège de la cité, à la différence près que l´ultime citadelle n´est donc pas la Tour, mais serait plutôt le Musée. Tu as donc interet à trouver quelque chose qui puisse justifier cela, la prise du monument symbole de la cité...

Et en passant, l´histoire ne finira que quand la prophétie de Elle ( qui est un prénom au final et pas un surnom, ce qui sous entendrait une existence fantômatique?) s´accomplira^^

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
07 juillet 2006 à 11:25:57

jujudredd :d) :fou: c´est bien, je connaissais pas :ok: :rire2:

fff :d) oui, je n´en ai pas parlé, mais cela s´assimile clairement à un siège de la cité, mais comme vous allez pouvoir le voir avec le prochain chapitre, la grosse partie de l´histoire repose sur des non-dits

Sinon, il est clair que les chaptitres sur la fin sont beaucoup plus courts, il devient beaucoup plus difficile de faire deux pages et demi comme avant, alors je ramène le nombre de pages par chapitre à deux, comme au tout début :ok:

Et oui, "Elle" n´est pas un surnom :ok:

Sinon, le premier chapitre de ma prochaine nouvelle est bientôt prêt, mais ne sera pas publié de si tôt, je préfère attendre que tout le monde aie fini "Brumes" et prendre un peu de recul...d´ici là, "Tifa et la Légende de la Grenouille" aura déjà commencé :p)

Le titre sera normalement "La Vanité"...

JujuDredd
JujuDredd
Niveau 10
07 juillet 2006 à 11:31:51

C´est une (très) vielle pub d´Oasis...
Les paroles exactes, si je me souviens bien, c´était : "Mais kes´ tu fais Doudou di don ?. .."
On peut retrouver des vieilles pub sur le net ?

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
08 juillet 2006 à 21:08:32

Merci pour l´info du jour jujudredd :ok:

Bon bah 1000°jour pour moi :(
Je reste discret :-)
Et puis bonne lecture à tous ceux qui ont encore du retard, moi je reste préparer le prochain chapitre :noel:

kikuchi_c_moa
kikuchi_c_moa
Niveau 10
08 juillet 2006 à 22:19:11

Youhou, je suis là donc voila encore un super chapitre (pour changé :ok: ) seul bemol il est court. Vivement le denouement

El_Indyo
El_Indyo
Niveau 9
09 juillet 2006 à 17:51:41

Chapitre 31 :

Pour commencer, je dois admettre que je n´ai pas bien compris de quoi était mort Landry. J´ai peut-être oublié ce qui lui était arrivé dans un chapitre précédent mais une rapide lecture du chapitre 29 m´apprend seulement qu´il est très fatigué, le pauvre. Quelle fillette ! Bravo, tu es un monstre : tu fais crever tes héros par pur plaisir, sans plus aucun prétexte !
Pour le reste, c´est dans la continuité du chapitre 30.

Mais évidemment :

« après m’avoir laissé sur le banc de la vie politique » Etre mis au ban, ça l´a assis, le pauvre !

« personne n’y prend plus attention » L´attention ne se prend pas, elle se prête, comme je l´ai déjà dit pour le chapitre 16.

Chapitre 32 :

Chapitre de transition très porté sur la description d´un monde chaotique et qui souffre gravement des répétitions et des fautes d´accord dues à un manque évident de relecture. C´est dommage car cela fait perdre beaucoup au récit.
Le fait de reprendre un flash-back et de le compléter est une riche idée, tout comme celle des hallucinations de Rachel qui voit sa mère.
Mais lisons donc la suite pour savoir si le démon va la manger toute crue (à mon avis non parce qu´il reste encore pas mal de chapitres).

Tout ça pour dire :
« son doigt de guitare » - Vous voulez une guitare ? - Juste un doigt. -Vous ne voulez pas une guitare d´abord ?

Chapitre 33 :

Eh ben on peut dire que tu sais maintenir le suspense jusqu´au bout !
Je commence à me dire que les « démons », les grands machins ailés, ne sont peut-être pas les méchants finalement et qu´ils ont peut-être été créés pour nous protéger des Américains... La banière étoilée, l´hélico et tout le baratin, ça ne sent pas bon. Il ne manquait que la description d´une Colt M16 ou M4 pour me convaincre que cette fic n´était qu´un vaste prétexte pour un manifeste anti-Bush ^^. Enfin bref, on recommence à ne rien comprendre et les dernières phrases ne nous aident pas à surmonter notre anxiété mais, bien au contraire, nous remettent la tête sous l´eau.
La rencontre avec Morgane est un classique du genre : si le héros roumain d´un roman panaméen part en vacance en Corée du Nord, il aura toute les chances de retrouver là-bas son ami suédois qu´il avait rencontré en Ethiopie vingt ans plus tôt.^^

Chapitre 34 :

Très bon chapitre qui nous fait voyager à mi-chemin entre rêve et réalité. On comprend ce qui est arrivé à la mère de Rachel même si le lien avec sa venue à Gaïa n´est pas encore fait.
Le coup de la bombe électromagnétique est bien pensé et je me demande maintenant qui à bien pu déclencher le fameux orage. Cette histoire d´électricité coupée partout me rappelle une nouvelle fois ce roman de Barjavel dont je retrouverai peut-être un jour le nom.
En tous cas ce chapitre est très plaisant, le passage sur le lampadaire m´ayant bien fait marrer (je le savais que tu l´aimais ce réverbère ^^)

Mais oh désespoir :
« des fracas de verre brisé, talles froissées et sang giclé » Y´a de quoi avoir un coup de sang fracassant.

Chapitre 35 :

Et c´est reparti avec les phrases de plusieurs kilomètres de long dont on oublie les sujets, les verbes et les compléments en cours de route. C´est vraiment harrassant mais on sent nettement la volonté de l´auteur de tout nous décrire en détail. Et pour quelqu´un qui me reproche d´utiliser les subjonctifs passé, tu ferais mieux de revoir tes conjugaisons parce que des fois ça frise le n´importe quoi. ^^
Pour le reste, c´est encore un chapitre très descriptif, avec l´apparition d´un Reno que je ne saurais identifier au Turk ou à moi-même, et les retrouvailles avec Stéphane du même acabit que la rencontre avec Morgane.
On notera que la Tour est éclairée aux néons mais qu´il y avait des lustres, cherchez l´erreur.
La solitude est bien retranscrite : Rachel se sent entourée bien que personne ne s´approche d´elle car le malheur collectif réunit les gens.

Mais comme on ne se refait pas :

« Partout dans le grand hall se trouvaient les traces d’une luxure disparue » Eh oui, dans le monde de Bravo, les moeurs évoluent dans le bon sens : les maisons closes sont fermées ! Ce n´est pas du luxe !

« à tel point que même sa voix disgracieuse et quelque part mélodique ne put l’aider à approfondir sa vision de l‘étranger. » Outre le fait qu´on ne comprenne rien à ce morceau de phrase, Bravo a (en plus) inventé des mots ! Chapeau l´artiste !

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
10 juillet 2006 à 13:33:22

maiheu t´arrêtes un peu de te moquer de moi :snif:

De toutes façons, je n´ai rien pour ma défense ; il est clair que les chapitres pour lesquels tu m´assassines n´avaient reçu aucune relecture sinon celle d´un oeil fatigué et très peu inspiré sur la fin...
Dorénavant, il est également évident que je surveillerai mes palabres, j´ai été traumatisé par tes piques voltairesques :snif:
Les chapitres 31 et 35 feront l´objet d´une intensive relecture et republication lorsque tout cela sera fini d´ailleurs...

Sinon, pour ta dernière remarque, je ne vois pas où j´ai pu inventer des mots :question: vraiment pas...Je suis inexcusable (comme Zidane :) ) sur la plupart de mes fautes ; "son doigt de guitare " ; je ne vois même pas d´où peut venir celle-là tiens :(

J´avais précisé je sais plus trop où que le lampadaire est toujours un personnage récurent de mes histoires, alors petite parenthèse pour lui dans mes descriptions :)

Cette partyie de l´histoire est vraiment sombre, autant de ce qui est raconté que dans la façon dont c´est raconté ; les phrases sont longues et indéchiffrable, j´en suis navré et j´espère ne pas continuer sur cette voix-là...

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
11 juillet 2006 à 20:02:30

Bon bah on est à la fin là, donc je continue avec le chapitre 41 ! On y est, c´est FINI, vous saurez tout sur Rachel lorsque vous aurez lu ce passage :ok:

Sinon la rédaction de ma prochaine nouvelle est lancée une bonne fois pour toute, publication prochaine :ok:

Ca me fait penser que j´ai un travail à rendre pour l´Indien :(

Chapitre 41

Bien vite et malgré le fait que Rachel éprouvait continuellement le sentiment d’être étrangère à cette maison, elle trouva ses marques et découvrait avec d’autant plus de précision les traits de son père. Mais lorsque celui-ci croisait le regard de sa fille, il avait l’habitude de détourner agilement les yeux, il semblait habité par la hantise de l’inexpressible détresse qui régnait dans les iris de la petite fille. Aucune conversation ne la liait à sa petite sœur. Elle ne savait pas très bien d’où venait cette dernière. Elles n’avaient certainement pas la même mère, bien que jeune et innocente, Rachel n’était pas naïve et avait très bien perçu le tabou qui régnait autour de cela.

Ses journées semblaient continuellement ponctuées par des absences et des pertes de mémoire. Elle était gravement malade. Lorsqu’elle s’approchait d’une fenêtre et que sur la pointe des pieds elle essayait d’observer l’extérieur, elle ne voyait qu’une très vague palette de couleurs sans forme ni bruit ; elle n’avait nul souvenir de l’univers extérieur. Sa vie semblait avoir été l’objet d’un calfeutrage dans cette grande maison aux sombres parois de pierre. Il y faisait chaud, mais il flottait dans la fantomatique lumière coruscant de milliers grains de poussière une angoissante sensation que la jeune fille ne parvenait à associer à quelque chose de particulier qui aurait pu palpiter faiblement dans son esprit. Tout avait été si vite depuis la mort de sa mère dont le visage s’effaçait jour après jour dans sa mémoire, aucun portrait de cette personne ne se trouvant dans la nouvelle maison.

La seule sensation de la proximité avec cette personne était associée au grand couloir de lumière, la clinique où Rachel entendait toutes sortes de mots compliqués auxquels elle ne comprenait rien, mais elle avait vu leur reflet sur le visage de sa mère et elle avait pu deviner qu’il s’agissait de choses graves. Elle retourna à la clinique par la suite, avec son père, mais il ne lui en restait que de trop vagues impressions pour pouvoir se délivrer de quelque question. Il s’agissait toujours de la même cérémonie, mais avec davantage d’écho et d’inconnu, car le médecin qui autrefois se trouvait avec des dossiers entiers de rapports cliniques et des tests chimiques complexes sembla se présenter cette fois-ci avec une simple feuille où figuraient les résultats d’une prise de sang, quelques lignes qui paraissaient suggérer le plus grand embarras du monde. Car lorsqu’il parla à son père, quelque chose brillait dans le coin de son œil et il n’osait regarder personne. Rachel avait attentivement écouté cette conversation, mais elle ne pouvait se souvenir que de quelques obscurs brides ou mots décousus qui ne lui évoquaient rien…

« leucocytes…immunodéficience…pandémie…tri thérapie… ». Son père effondré paraissait au bord des larmes lorsqu’il jeta sur sa fille un regard plein de culpabilité. Il semblait regretter au nom de tout ce qu’il avait de plus cher l’avoir eu comme enfant. Rachel disparut ensuite totalement. Elle s’effaça pendant de très long mois d’absence. Elle ne se souvenait absolument pas de cette période, à part la lugubre sensation d’allongement perpétuel, la couleur vive de toutes les pilules qu’elle avait pu avaler, une fatigue éternelle, sans fin…

Les pages se tournèrent, Rachel n’était plus une petite fille. Elle avait grandi et si elle paraissait trop fine pour avoir treize ans, un pâle sourire éclaircissait son visage, elle semblait heureuse, elle ne se souvenait pas des épreuves qu’elle avait du affronter.

Lorsqu’elle revint à elle, la jeune fille fut attaquée d’une violente douleur. Sa bouche grande ouverte et ses yeux clos avec toute la force de ses paupières extériorisait son incroyable supplice. Ses bras entouraient son ventre d’où émanait une insupportable souffrance. Elle se souvint même s’être mordu la lèvre jusqu’au sang pour dissiper du mieux qu’elle pouvait l’abominable sensation dans tout son corps. Elle pleurait, gémissait et se tordait dans tous les sens, jamais elle n’avait ressentit une telle douleur, à peine sortie d’une longue période d’exil de son propre corps, Rachel ne comprenait rien à ce qui se passait. Elle vit furtivement ses bras écorchés saigner à force de se frotter au rigide ciment du sol. Un seul tube de néon allumé au plafond la dénonçait à l’obscurité. Lentement elle sentit son épreuve se dissiper dans ses cris de peine.

Les yeux à demi masqués par des cheveux tombant en bataille sur le visage rougis de la jeune fille cherchèrent désespérément quelque chose d‘autre que les lugubres murs gris et muets, spectateurs de sa transe. A côté d’elle se tenait un grand homme en la personne duquel elle reconnut instinctivement son propre père. Au sommet de sa puissante silhouette dominatrice, il regardait sa fille souffrir à la mort en souriant sournoisement. Les poings serrés le long de sa taille, il paraissait contenir une haine incompressible dans sa seule âme. Vivement, il rouvrit les mains d’où s’écoulait un peu de sang et déversa sa rage dans un puissant coup de pied qui percuta de plein fouet le ventre de Rachel pliée de douleur. Les mains crispées sur son estomac, elle gémissait silencieusement en écoutant passivement les hurlements déchaînés de son bourreau. Il s’arrêta enfin et l’adolescente put le regarder d’un œil terrifié. La ressemblance avec l’homme fautif et réservé dont elle se souvenait n’était pas évidente ; ses cheveux noirs noyés de sueurs tombaient en bataille sur ses yeux noirs et psychopathes, son visage tordu de haine rappelait la beauté de la dignité humaine.

Le cauchemar s’arrêta là, douloureux mais bref. Rachel se retrouva étendue su son lit, une lueur sale entrait par la fenêtre derrière elle. Elle sentait sa poitrine se gonfler et se dégonfler avec peine. Il lui semblait avoir passé des années dans un lit allongée de la sorte, prisonnière de son corps, incapable de bouger. Mais lorsqu’elle soulevait ses vêtements, elle trouvait sa peau pâlie par la maladie et couverte d’ecchymoses. Sur sa table de nuit se trouvait un peu d’eau et une palette de médicaments qu’elle prenait quotidiennement. Elle ne se souvenait de rien d’autre. Rien que ce qui était de la sorte ; perpétuel.

Plusieurs fois par semaine et de la même façon, son père la traînait jusqu’à la cave en ignorant les gémissements et vains débattements de la jeune fille avec une terrifiante froideur. Puis il fermait soigneusement la porte derrière lui avant d’allumer un seul tube de néon. Le reste, Rachel ne s’en souvenait pas. Mais au fond d’elle, elle demeurait persuadée qu’elle ne voulait pas s’en souvenir car la douleur qu’elle recevait alors, autant physique que psychologique, avait imprégné son esprit jusqu’à un stade proche de l’anéantissement de la personnalité ; elle ne sortait jamais de la maison, elle se sentait trop faible, trop fragile pour affronter les conditions naturelles de son existence. Quatre années passèrent de la sorte sans rythme aucun, ni pour la jeune fille, ni pour le père, ni pour Elle qui se laissait très rarement entrapercevoir.

Mais tout s’arrêta un matin de la quatrième année lorsque Rachel se réveilla un peu plus tôt que d’habitude. Elle avait entendu le claquement strident des eaux célestes sur le carreau de la fenêtre. Il avait plu presque tous les jours depuis qu’elle était revenue, mais cette pluie-là avait une dimension supplémentaire, elle dégageait une odeur proche de celle émanant du bitume humide des soirs d’été. Une odeur proche de la mort. Derrière le sourd crépitement semblait se propager une inquiétante mélodie. Quelqu’un jouait de la musique dans la maison. Intriguée, Rachel se leva et franchit la porte de sa chambre après avoir enfilé un vêtement. Elle boitait légèrement à cause de ce que lui avait fait son père la veille. Elle ne trouva pas celui-ci lorsqu’elle descendit les escaliers en posant le bout de ses doigts à la base de son cou pour sentir sa faible respiration. La musique la mena jusqu’à la salle à manger dont la porte était déjà entrouverte.

La jeune fille s’introduit dans la pièce très éclairée par de grandes fenêtres. Elle trouva la table levée, trois jeux de couverts s’y trouvaient ainsi que le petit déjeuner. Debout en face d’un évier, Elle jouait la lente mélodie sur un petit xylophone répondant candidement par de petites notes sourdes aux percussions de la petite fille.

« Pourquoi est-ce que tu es déjà là ?  » Demanda Rachel qui s’était tenue dans l’entrebâillement de la porte. Mais la fantomatique fillette ne répondit rien, restant concentrée sur sa petite cérémonie musicale, coupée de tout événement extérieur à elle-même. Son visage n’avait pas changé depuis toutes ces années, la fillette semblait juste avoir gagné en dédain.

« Qu’est-ce que tu fais là ?!  » Réitéra brusquement l’adolescente dont la colère n’atteint nullement la petite sœur. La mélodie continuait de se promener gaiement dans toute la maison, défiant le funeste crépitement de la pluie. « Vas tu me répondre ?!  » Hurla Rachel en faisant un pas en avant. Mais les écho de sa voix dans la pièce vide fut bientôt recouverte par la lugubre litanie.

Soudain, Rachel sortit de ses gons ; dans un seul bon précipité, poussée par une rage insurmontable, elle se jeta sur le tiroir à couvert qu’elle arracha au meuble, déversant sur le sol carrelé des dizaines de cuillers, fourchettes et couteaux. Dans la pluie d’acier qui suivit cet accès de frénésie toujours sans affecter le calme orgueil de la petite sœur, Rachel saisit un couteau de cuisine à la longue lame effilée et tranchante qu’elle tint fermement dans son poing. Froidement, elle saisit la fillette et glissa la froide lame sous sa gorge qu’elle trancha voluptueusement d’un seul et unique coup. Sans un cri, sans un bruit, la petite fille se laissa tomber vers la table, durant sa chute, elle se cogna violemment l’arrière du crâne sur le rebord du meuble et s’étendit sur le sol dans un bruit sourd, non loin de tous les ustensiles de cuisine.

Le sang qui coulait désormais à flot s’imprégna dans sa grande chevelue blonde dont et ses yeux bleus perdirent leur éclat, se ternissant à chaque instant. Tout ce rouge qui était venu souiller à merveille la robe blanche de sa petite sœur ravit Rachel au plus haut point. Enfin elle pouvait se délecter d’un tel éclat de couleurs et écouter avec un profond plaisir le grésillement de la pluie qui portait les dernières réverbérations de la mélodie se mourant délicatement dans le vent…

El_Indyo
El_Indyo
Niveau 9
11 juillet 2006 à 21:06:55

Je n´ai pas lu la suite mais :

:d) pour la denière remarque, au temps pour moi, je voulais seulement dire que tu avais pris (du moins j´en ai fortement l´impression) un mot pour un autre. Tu parles d´une voix "mélodique" alors qu´elle devrait être "mélodieuse", même si le mot "mélodique" existe bel et bien. Désolé pour ça

:d) "piques voltairesques" : tu m´as bien fait marrer avec celle-là ! Sache seulement que toutes les remarques que je fais à la fin des commentaires sont calquées sur les perles de la rubrique "à travers la presse déchainée" du journal "Le canard enchainé". Les erreurs sont en effet recopiées avec des guillemets et ils rajoutent une petite pique avec un jeu de mot et véritable orthographe. Ce n´est en aucun cas méchant ni gratuit. D´ailleurs je ne relève que celles qui me choquent ou me font vraiment rire. Il faut bien que je m´amuse un peu, mais ne le prend surtout pas mal^^

:d) Et, parce que je suis incorrigible :
"j´en suis navré et j´espère ne pas continuer sur cette voix-là..." La voie et libre !

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
11 juillet 2006 à 21:26:23

Faut pas la vexer notre héroïne :rire: Donc j´avais raison sur Elle enfin sur un point en tout cas :cool:

En bref, un chapitre en "bois" si je puis dire puisqu´il ne fait en rien avancer l´intrigue, à première vue ( bon ok je triche, mais en même temps avec l´alerte de mise en ligne des chapitres... j´aurais d´ailleurs un truc à te faire remarquer si je te croise sur MSN^^). On a donc une Rachel malade. J´aurais tendance à penser à un truc comme le SIDA, vu qu´on parle de trithérapies. Refilée par le pere vu son état et les moments bizarres et un brin glauques que tu décris sans évoquer le sujet? Je parle de la violence paternelle voir pire...

Sinon un chapitre infiniment glauque, par sa conclusion un rien étrange, effrayante et dérangeante, j´ai beaucoup aimé. :ok:

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
12 juillet 2006 à 21:40:47

Incorrigible Indien :ok:
oki, j´avais en effet remarqué que les jeux de mots étaient ta spécialité, mais je ne savais pas que tu t´inspirais ainsi du Canard Enchainé... De toutes façons, "mélodique" ou "mélodieuse", la différence ne doit pas être de taille :(

"Et, parce que je suis incorrigible :
"j´en suis navré et j´espère ne pas continuer sur cette voix-là..." La voie et libre ! "
:d) Oui, mais celle-là, c´est moi qui l´avait fais exprès :p)
SIDA :( ?! Je me suis appliqué à ne jamais employer ce mot de tout le roman parceque tout doit en effet demeurer dans le non-dit, mais quand on parle de trithérapie, d´himuno-déficience, le doute n´est plus permi :-))) ...

fff :d) Oui, je n´avais pas eu envie de te l´accorder trop tôt pour préserver le suspens qui était peut-être un peu prévisible, mais Rachel et son fantôme étaient en effet liées...

SIDA :( ?! Je me suis appliqué à ne jamais employer ce mot de tout le roman parceque tout doit en effet demeurer dans le non-dit, mais quand on parle de trithérapie, d´himuno-déficience, le doute n´est plus permi :-))) ...

Sinon j´ai tenu à faire un chapitre tendant vers l´extrême qui pouvait moi-même me déranger ; j´ai eu l´idée de le publier tout seul sur le forum Ecriture, mais je me suis dis que cela n´aurait pas eu grand sens :-(

Mais si t´as beaucoup aimé, ça fait mon affaire

pie29
pie29
Niveau 5
14 juillet 2006 à 15:01:28

Y a une fin de prévue ?? ??

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
15 juillet 2006 à 10:34:13

Oui, il y a en tous 43 chapitres :-)))

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
16 juillet 2006 à 10:55:01

:up:
Je peux le mettre quand le prochain chapitre ?

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