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FIC : Brumes

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
20 mai 2006 à 10:10:23

Je viens à l´instant de finir le chapitre 32 !

Bon, je vous ai fais une fleur ; ce chapitre sera très court, il ne fait que deux pages contre deux pages et demi d´habitude...Il servira de transition dirons-nous :-)))

Donc, comme d´habitude, la suite très bientôt :ok:

Chapitre 32

« -Et bien, si nous pouvions découvrir l’hormone produite certainement par erreur par son organisme et ce qui est à l’origine de ces phéromones, et surtout pourquoi et comment est produite cette hormone, cela constituerait une avancée considérable dans le monde de la médecine, madame…
-Mais je ne veux pas que ma fille soit un cobaye de laboratoire…
-Non, il n’a jamais été question de cela, madame . Je vous propose simplement de nous ramener votre fille dans quelques années pour lui faire passer certains test, lorsqu’elle sera plus vieille…
-Oui, bien sûr…Elle sera bien plus en sécurité avec moi…Mais dites-moi. Quelles sont ces phéromones, exactement ?
-Et bien, à vrai dire, la technologie de notre laboratoire ne nous permet pas d’identifier la séquence moléculaire du phéromone, il faudrait pour cela s’appuyer sur le constat de comportements phénotypiques qui risquent d’être assez rares et surtout variés selon les individus…Madame, je suis convaincu que ce disfonctionnement hormonal n’aura aucun effet néfaste sur votre fille…
-Bien…Très bien…
-Voudriez-vous me parler d’autre chose à présent, madame *** ?
-Non…Non, je crois que tout a été dis…
-Dans ce cas, je vais pouvoir vous libérer, voici l’ordonnance que vous présenterez à la pharmacie pour les médicaments de votre fille…
-Merci docteur, à bientôt.
-Au revoir madame. A bientôt Rachel. »

Rachel. Ce mot résonna à l’infini dans l’âme de la jeune fille. La voix du médecin s’épandit dans toutes les dimensions, bouleversant Rachel qui se vit projetée dans cet imaginaire qu’elle n’avait jamais perçu comme le sien. Elle se retrouva en une fraction de seconde accablée de toutes ses sensations qu‘elle assimilait et semblait reconnaître à une enivrante vitesse. L’éclairage du couloir, le bruit de ses pas sur le carrelage, la sensation étouffante, le monde des sensations dans lequel elle se trouvait noyée l’écrasa littéralement, cette ce sentiment de ne pas être celle qu’elle avait imaginée la dérangea. Un instant plus tard, elle sentit qu’une main la saisissait entre ses doigts et l’entraîna dans le couloir vers la puissante lumière qui émanait des grandes fenêtres. Surprise, Rachel se retourna vers sa droite et découvrit qu’une personne marchait à ses côtés. Elle était de taille titanesque, à tel point que la jeune fille se retrouva obligée de lever la tête pour apercevoir le visage de la grande femme. En fait, elle semblait relativement vieille. Son visage ne reflétait pas particulièrement la joie et Rachel se sentait extrêmement gênée du fait que leurs mains fussent enlacées.

Mais en sentant la chaleur particulière de la paume de cette étrangère, en inspectant attentivement les traits de la grande personne, Rachel se rendit compte que l’absurdité dans laquelle elle s’était sentie enfermée prenait très lentement sens et elle admit bientôt que le bruit de ses souliers dans le grand couloir ne lui étaient peut-être pas si étrangers…Elle n’osa pas trop au début, mais elle comprit que cela serait une façon inéluctable de trouver la réponse. Elle regarda vers les fenêtres qui bordaient le couloir, la lumière maculée du jour à l’extérieur et la semi-obscurité à l’intérieur rendit le verre opaque et dans le reflet, Rachel put voir une petite fille qui lui rappelait étrangement quelque chose. Elle avait de très longs cheveux roux sombres attachés en de longues nattes pendant sur sa veste verte. Mais son expression effrayée et ses yeux d’absinthe la trahirent ; la petite fille dans le reflet, c’était elle-même. Et la grande personne qui lui tenait la main, c’était sa mère…

Les gravas bougèrent et dans un épais nuage de poussière blanche, Rachel parut, couverte de cendres. Elle poussa les derniers pans de mur et les grosses briques qui lui barraient le passage et dans un ultime effort, elle se hissa hors du trou dans lequel elle s’était trouvée enfermée. A la sortie de l’étroit tunnel, elle n’avait pas retrouvé ceux qui avaient décidé de rester, mais un grand vide dans la cave à vin investi d’une étrange lueur extrêmement pâle et matinale. Au fur et à mesure qu’elle s’était avancée vers la sortie de la cave, elle avait vu cette lumière morte s’épandre autour d’elle et maintenant, elle se trouvait en plein sous la voûte du jour où le soleil semblait gris. Partout autour d’elle, tout n’était que désolation, ruines, gravas, structures fantomatiques d’immeubles encore debout, pans de mur effrités, cratères fumant légèrement et surtout cendres par tonnes entières. Ses cheveux s’en trouvaient recouverts et un véritable nuage de poussière blanche très volatile s’en dégagea lorsqu’elle se secoua la tête.

Il ne semblait pas y avoir la moindre brise, mais un grondement paraissait pourtant palpiter gravement au loin. Rachel avait presque l’habitude de telles situations depuis que la tempête avait frappé la cité, mais cette catastrophe-là s’était abattue sans ne laisser la moindre chance de survie aux humains qui demeuraient peut-être dans les panaches de cendres qui flottaient fébrilement dans l’air ou en morbides restes de charogne dans les innombrables débris qui gisaient là où jadis s’élevaient les monuments les plus glorieux de Gaïa. Le soleil n’était plus qu’une vague tâche de lumière peu luisante derrière le ciel opaque et le brouillard de poussière emprisonnait le regard dans les tristes parages du quartier dévasté.

La jeune file se rendit bientôt compte qu’elle était certainement la dernière survivante à être restée sur les lieux du carnage ; elle décida donc de longer la fosse de la ligne de tramway vers le Nord jusqu’à atteindre le centre-ville à partir duquel elle se repérerait d’autant plus facilement pour rejoindre le Musée. En arrière, elle découvrit le cadavre du tram autrefois majestueux, éventré, son squelette métallique mis à l’air, pitoyablement couché sur la voie et son fuselage bleu étincelant se trouvait déchiré de grandes traces de flammes noires et carbonisé. Les Démons semblaient en effet avoir une certaine force contre laquelle l’individu ne pouvait lutter…Rachel n’avait pas trop intérêt à s’attarder sur ces routes chaotiques.

Elle se mit en marche, écoutant résonner le craquement de ses pas sur le sol poudreux. Plus elle avançait dans les artères meurtries de la cité, plus elle découvrait de sombres immeubles se dressant dans les brumes, pulvérisés, anéantis, carbonisés, ils avaient l’air de fantômes prêts à s’effondrer lorsque le vent les pousserait. La brise qui s’infiltrait entre les froides poutres métalliques sifflait légèrement, donnant l’impression d’un mélancolique chant émanant de l’âme des colosses de verre déchus. Des cratères avaient par endroits soulevé la route et des fissures lézardaient le sombre bitume, déchirant le trottoir et avaient déraciné les lampadaires et explosé les portes vitrées au rez-de-chaussée des bâtiments le long de la rue.

Des flammes émergeaient encore de certains monticules de gravas, des cadavres de véhicules couchés sur la route bloquaient la voie ; Rachel n’eut pas l’audace de se rapprocher des carcasses à l’idée des corps calcinés encore emprunts d’une terrifiante douleur qui pouvaient encore s’y trouver…Il lui sembla reconnaître à un moment la barre d’immeuble qu’elle avait quittée trois jours auparavant, là où pour la dernière fois elle avait vu Morgane, cette vision hantait toujours son esprit. La sombre masse s’était effondrée d’un côté et un éboulement bloquait l’accès à la rue. En relevant le regard vers le Nord-Est, elle put entrapercevoir derrière les fluides lambeaux de brouillard l’obscure Tour de Babel toujours debout. L’édifice de ténèbres semblait émettre le sourd grondement qui résonnait depuis que la jeune fille s’était mise en route, mais il s’agissait certainement plus du crépitement des flammes à tous les recoins de la cité détruite.

Rachel arriva bientôt à une impasse. La route au long de laquelle elle avait marché durant une improbable heure se trouvait bouché par un éboulis ; l’immeuble adjacent à l’avenue s’était effondré sur lui-même et le flot de briques, de gravas et de bitume formait un monticule sur la voie. L’adolescente décida là de marquer une pause ; elle s’assit sur le corps d’un lampadaire renversé au pied de l’éboulement et attendit. Elle riva vaguement ses yeux vers le ciel trouble pour ne pas voir l’apocalypse qui régnait et la mort dans l’âme, elle se souvint de Landry, ses airs rêveurs, son doigt de guitare, le triste air qu’elle avait joué pour lui avec un archet le soir de pluie, la façon qu‘il avait de veiller sur elle depuis le début…Il allait lui manquer, mais elle ne savait pas si elle aurait le temps de sentir en elle ce sentiment avant de mourir. Elle se sentait faible, elle ne se rappelait pas avoir ingéré quelque chose depuis de nombreuses heures et elle avait plusieurs fois vomi en cours de route. C’était à cause de cet être qu’elle portait dans son ventre et de cette agitation surhumaine.

Non sans émotion, elle peina à effacer le visage du jeune homme de sa mémoire et elle se releva. A quatre pattes, elle escalada le monticule de débris, s’écorchant la paume des mains à de nombreuses reprises, elle arriva au sommet en quelques minutes avec les dents serrées d’effroi et de souffrance. Mais ce qu’elle découvrit la tétanisa et retint la plus petite particule d’attention…Rachel n’en revenait pas…Elle se trouvait en face de l’un d’eux…

JujuDredd
JujuDredd
Niveau 10
21 mai 2006 à 08:20:05

:honte: ... je viens seulement de voir qu´il y a un nouveau chapitre !

JujuDredd
JujuDredd
Niveau 10
21 mai 2006 à 09:06:18

:ouch:
En face de QUOI ?

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
21 mai 2006 à 13:42:10

:cool:

Bon, la période d´examen approchant, je ne risque pas d´attirer les foules avec ma fic...
Ca me fait penser qu´il va falloir que je me mette à bosser moi aussi...
Donc je vais marquer une petite pause, histoire d´attendre que tout le monde rattrape son retard et puis on reprendra un rythme normal en fin juin, oki ? :-o))

Fandesoad88
Fandesoad88
Niveau 10
21 mai 2006 à 14:05:00

Bon je viens de lire le premier chapitre xD, m´en reste 31 mais je ne pense pas pouvoir lire tout aujourd´hui :o
Donc en ce qui concerne ton premier chapitre bravo bravo_leader, j´aime beaucoup ta description du fantastique, de la ville de Gaia, ca donne vraiment envie de découvrir à quoi ressemble cette ville !
En tout cas :bravo: et j´ai hate de lire la suite ! :ok:
P.S : désolé de commencer ta fic que maintenant :hum:

the_king_hades
the_king_hades
Niveau 10
21 mai 2006 à 14:08:10

... :bave: ... :coeur: ... :bravo: ...

Aibe974
Aibe974
Niveau 10
21 mai 2006 à 14:21:04

Bravo :d) Si tu pouvais faire un sommaire avec des liens de tes chapitres! J´aimerai commencer à lire ta fic et le nombre impressionnant de pages sur ce topic me décourage je dois l´avouer. Je penses que cet index ne sera pas utile qu´ à moi :ok: Donc penses-y! Si tu n´as pas le temps, ce n´est pas grave , je finirais bien par trouver un temps pour lire :rire:

JujuDredd
JujuDredd
Niveau 10
21 mai 2006 à 14:24:41

En fait il y a rarement une page sans chapitre...

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
21 mai 2006 à 15:16:11

bien sûr, pas de problème aibe :-)))

:d)
http://www.fictionpress.cs.com/read.php?storyid=2091802

A partir de ce lien, tu peux naviguer d´un chapitre à l´autre en un clic :-)))

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
23 mai 2006 à 20:03:22

:up:

comme j´ai un peu de temps libre ce soir, j´ai ouvert la rédaction du prochain chapitre !

Les temps sont durs pour tous les étudiants, la fin approche et j´attends toujours des commentaires :ok:

Armiel
Armiel
Niveau 10
23 mai 2006 à 21:10:12

je viens de copier/coller les trois derniers chapitres dans mon fichier ´brumes´ sur word :ok: , donc bravo, tu vois, je suis sur la bonne voie pour les lire. MAIS, ne néglige pas tes études et les examens, c´est important pour ton avenir (et pour limiter mon retard très accessoirement) donc le scolaire d´abord (les 3 derniers mots sont très sérieux) :ok:

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
26 mai 2006 à 10:13:47

3 jours sans un message :rire2:

Bien, merci Armiel :ok:
Prend ton temps pour lire !
Pont de l´ascenscion...C´est trop mort, j´ai rien à faire alors je vais essayer de boucler le chapitre 33 pour ce soir :o))

JujuDredd
JujuDredd
Niveau 10
26 mai 2006 à 10:50:39

:salut:
Bon ben je fais plus de up car ça doit donner de faux espoirs à ceux qui attendent la suite... un peu comme à moi à l´instant -__-

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
26 mai 2006 à 10:53:40

:rire: :rire: :rire:
je dois m´occuper de deux adorables petits Espagnols à la maison :coeur: ça fait bizarre de parler espagnol à longueur de journay, mais je m´en sors
Il seront pas là cette après-midi, je bouclerai le chapitre 33 après m´être mis à jour dans mes devoirs, par contre j´ai un buffet à 19h, ce qui fait que le chapitre sera publié vers 18h30 :ok:

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
26 mai 2006 à 18:47:48

Bon ben voilà, chose promis, chose due ; cette fois c´est la bonne :-)))

Alors ça faisait un moment que j´avais pas mis à jour, ça va être dur la reprise, mais ça sera comme ça pendant encore quelques semaines je pense...Un chapitre par semaine restera un rythme honorable, ce qui éloigne la perspective de la fin :o))

Au programme d´aujour´hui, LE bouleversement de l´histoire que capteront les esprits un minimum attentifs et puis un retour :sarcastic:
Voilà, bonne lecture et puis je reste régulièrement dans les parages pour ceux qui voudraient laisser des coms :cool:
Bon allez, faut que j´aille bosser mes lectures analytiques et puis on fait la fête campagnarde ce soir :malade:

Chapitre 33

Il se trouvait là, derrière un grand voile de fumée, tapis dans le brouillard, il attendait…Un grondement résonnait non loin, c’était son souffle solennel et grave. Sorti tout droit des ténèbres, le Démon était gigantesque. Sa grande voilure aussi sombre que le ciel d’où il était descendu s’étendait sur toute la largeur de la rue, ses ailes tranchantes et luisantes avaient tout dévasté autour d’elles. De peur d’être repérée, Rachel ne bougea pas d’un cil, prise par une peur animale, elle demeurait accroupie sur le sommet du monticule de gravas fixant d’un œil plein de terreur le Démon. Il semblait réellement gigantesque, le choc qui s’était produit lorsqu’il s’était posé au milieu de l’avenue avait dévasté les rez-de-chaussée de tous les immeubles, déraciné les lampadaires, fissuré le bitume de la route, renversé les véhicules qui s’étaient abandonnés, et dégagé des colonnes entières de fumée, de poussière, de cendres…

Après cette immobile confrontation d’une demi-dizaine de minutes, Rachel se demanda si cette oppressante ambiance était une machiavélique ruse de l’infâme créature, ombre déchue ou s’il lui était arrivé quelque chose. D’un mouvement lent et appliqué, la jeune fille détendit les muscles qu’elle avait inconsciemment contracté d’effroi, ce qui ne provoqua aucune réaction chez le Démon qui semblait respirer derrière les palpitations de l’écran de fumée. Toujours avec une précaution assidue et une crainte immense, l’adolescente descendit très lentement du monticule de gravas et foula le béton lézardé de la route. Il semblait encore brûlant, comme si l’être qui se trouvait en face d’elle dégageait des ondes maléfiques…Au fur et à mesure qu’elle se rapprochait de la bête, Rachel entendait avec angoisse ses pas craquer dans l’épaisse couche de poussière sous ses semelles. La plainte du monstre se prolongea dans le brouillard et alors que la solennité de ce morbide chant était à son paroxysme, Rachel s’arrêta soudainement, cambrée vers la sombre masse…

Brutalement, des cailloux rebondirent sur le sol et le Démon perdit son équilibre, il glissa violemment sur le tas de débris qu’il avait élevé et dans un puissant et phénoménal fracas de bruits déchirants, cris de souffrances et râle de vie, il s’abattit sur la route, légèrement incliné sur le flanc. Crispé de peur et de surprise, Rachel n’osa pas bouger pendant longtemps, prête à s’enfuir à tout moment, regardant fixement le Démon, guettant le moment où il passerait à l’attaque. Mais son corps inerte et luisant ne bougea plus, l’adolescente se convint que la créature était morte…

Prudemment, elle se rapprocha du cadavre enveloppé dans les nappes de fumée, l’air brûlant qu’il dégageait et les sifflements qui s’échappaient de son corps effrayèrent Rachel. Lorsque celle-ci se retrouva au pied du monstre, elle réalisa que la chose était gigantesque, son envergure dépassait largement la largeur de la rue, le bout de ses ailes s’étant encastré dans les immeubles. La traînée qui se trouvait dans le sillage du Démon n’était que désolation, bitume pulvérisé et débris en tous genres jonchant l’avenue. Elle posa délicatement un pied sur le corps de la créature et au travers du tissu de sa chaussure, elle sentit l’incroyable chaleur émanant du Démon s’élever dans les airs. Le cadavre de la créature paraissait solide comme la pierre, et la jeune fille ne tarda pas à rejoindre ce qu’elle pensait être la tête du monstre.

A sa grande surprise, Rachel arriva en face du visage de la sombre créature, mais elle ne trouva ni bouche, ni yeux, ni expression…Il ne se trouvait qu’une mystérieuse embrasure de verre brisé en forme de fente. Elle hésita un moment et décida de glisser son regard à l’intérieur de l’ouverture, son corps tout entier n’aurait pas pu passer. Les entrailles du Démon étaient d’acier, de circuits électriques et de cuir. Des étincelles jaillissaient de toutes parts, de la fumée s’échappait de plusieurs points de chauffage dans le système électrique. Des voyants encore allumés sur des consoles clignotaient dans le vide, et des éclats de sang recouvraient par endroit la paroi de cet étrange endroit. Rachel redescendit sur la route avec les idées troubles…Les Démons auraient été des êtres mécaniques…Elle regarda à ses pieds et trouva, gisant à même le sol à plusieurs mètres du montre, consumé sur les côtés, un morceau de tissu vert brodé d’une intrigante insigne.

La jeune fille se pencha pour le ramasser et l’inspecter. Il s’agissait d’un rectangle rayé de blanc et de rouge, et dans un coin de l’insigne se trouvait un carré bleu tâché de multiples étoiles blanches. Insignifiante, elle laissa tomber le morceau de tissu dans une fissure du béton et regarda vers le bout de la rue. Le brouillard occultait l’horizon gris et mort. Les choses s’arrêtaient là et l’avenir était difficilement concevable dans l’esprit troublé de la jeune fille. Il fallait qu’elle marche vers le Nord, mais le Nord ne ressemblait guère plus au Sud qu’à l’Est ou qu‘à l‘Ouest. Tout n’était que désolation et ruine, il fallait pourtant prendre une décision ; Rachel se rendrait au Musée. Elle se mit en route d’un pas décidé vers l’ombre de la Tour de Babel qui trônait comme un fantôme au cœur de la cité.

Un vrombissement fit soudainement vibrer l’air. Rachel redouta la venue d’un autre Démon, mais le bruit était différent, il semblait plus strident et se rapprochait rapidement. Elle ne perdit pas une seconde et alla se cacher dans le rez-de-chaussée le plus proche d’elle, dans le bas-côté de la rue. Elle se réfugia derrière une vitre explosée, et tapis dans l’ombre, elle observa attentivement le ciel gris. Soudain, elle vit surgir de derrière une barre d’immeuble une nouvelle créature. Son fuselage vert sombre ne scintillait pas autant que celui du sombre monstre électrique qu’elle avait découvert, et deux rotors sur son dos le faisaient flotter dans les airs. C’était un hélicoptère. Les services de sécurité de la cité venaient peut-être à la rescousse des survivants, mais de peur de se voir confrontée aux êtres qui avaient commandité la chute de Gaïa, la jeune fille s’accroupit encore plus dans les ténèbres et guetta avec prudence la créature descendre vers l’avenue et se poser sur le béton, dégageant le sol à la force de l’air que déplaçait ses pales.

Rachel sursauta brutalement, une main s’était posée sur son épaule. C’était la première fois qu’elle rencontrerait quelqu’un depuis la mort de Landry, à moins qu’il ne s’agît d’un Démon et que ce serait la dernière chose qu’elle verrait. Elle sentit ses jambes frémirent légèrement, ses pensées se troubler, mais elle n‘eut le courage de se retourner, elle regardait toujours avec un air hagard et indifférent l‘hélicoptère à une centaine de mètres d‘elle, en amont de la rue. « Hé ! Bouge-toi !  ». Fit bientôt la voix derrière elle. Alors, Rachel tourna la tête et par dessus sa propre épaule, elle découvrit une personne assez grande, elle fut marqué par la relative propreté de ses vêtements, comme si elle avait pu rester sous les immeubles pendant toute la nuit. Mais son visage lui rappela quelque chose, il brillait dans ses prunelles une lueur qu’elle avait déjà rencontrée. Puis dans un éclair, la réminiscence frappa Rachel, elle reconnut subitement Morgane, bien qu’elle n’était séparée d’elle que depuis quelques jours. La grande rousse0 dévisagea Rachel durant quelques secondes avec la même expression que si elle avait cherché la chimère pendant les plus longues années de sa vie.

« -Rachel ?! Demanda-t-elle enfin lorsque la jeune fille eut dissipé le voile de poussière qui ternissait l’éclat rougeâtre de sa chevelure. Tu es toujours vivante…
-On dirait que j’aurais mieux fait de ne pas le rester…
-Que s’est-il passé !? Fit alors Morgane avec un air sombre et plein de menace en rapprochant soudainement son visage de celui de Rachel. La nature humaine prenait là tout son sens.
-Anna…C’est Anna qui nous avait sorti de l’appartement…Elle t’a assommée et…
-Où est Anna ?! Interrompit Morgane visiblement furieuse. J’espère qu’il ne lui est rien arrivé…
-Elle…Enfin…Balbutia Rachel fautive en baissant la tête, réalisant pour la première fois la gravité de tout ce qui s’était passé…On a été séparées…
-Je le savais ! S’énerva Morgane en se retenant d’étrangler la jeune fille. Nous aurions du rester unis, tous ensemble ! Mais non, il a fallut que tu fasses tout s’écrouler ! Tu sais quoi Rachel ?! Je crois que tu as raison ! Tu aurais mieux fais de mourir à sa place !
-Mais elle n’est pas morte ! Se défendit-elle d’une voix larmoyante. Enfin…J’en suis persuadée…
-J’ai toujours su que tu nous apporterais toutes ces catastrophes…Murmura Morgane avec des yeux noirs et terrifiants. Je me réjouissait bien lorsque Anna nous avait annoncé que tu viendrais…Mais au fond de moi je savais que ce n’était pas une bonne idée…Et ce sentiment n’a fait que grandir chaque jour de plus en ta présence, je savais que tout cela arriverait…
-Tu as raison…Je ne sais même pas pourquoi je suis ici…Je n’ai même pas la sensation d’avoir existé auparavant…Répondit sombrement Rachel.
-Te rends-tu compte de ce que tu dis ?! C’est absurde, tu n’existes pas ailleurs que dans tes propres rêves…Réveille-toi ! Murmura l’adolescente. Ici c’est l’apocalypse et j’ai bien envie de te laisser mourir… »

A l’instant où Morgane annonça cela, des hommes sortirent du grand hélicoptère. Quelques paroles lointaines furent échangées et ils se séparèrent furtivement, une dizaine d’hommes se mirent alors à descendre la rue en direction des deux jeunes filles. Elles se regardèrent un instant, Rachel avec un air suppliant cherchait la pitié dans les yeux de Morgane, démoniaque, et nullement apeurée à l’idée de la mort. Elle semblait se réjouir de voir Rachel dans une telle difficulté, à tel point que les larmes lui vinrent aux yeux. Elle se sentait choir, tomber sans fin dans les gravas à ses pieds. Dans l’écho des pas de Morgane qui avait déjà disparu dans les ténèbres d’une cage d’escalier, il lui sembla entendre les cris d’une mère dans la barre d’immeuble de l’autre côté de la rue ; les Démons s’y trouvaient, mais il s’agissait bien d’eux cette fois ; des humains de grande taille, imposants, forts, mauvais, vêtus de couleurs vertes, des tâches brunes sur tous leurs habits, un solide casque sur la tête et un terrifiant fusil dans les mains. Ils étaient une dizaine, ils semblaient fouiller le moindre endroit accessible, mais le cri qu’elle avait entendu avait retenti dans son imagination, c’était une certitude, des humains ne pouvaient pas faire de mal à des gens aussi terrifiés qu’elle.

Mais lorsque l’un des soldats leva la pointe de son arme vers une fenêtre du second étage de la barre d’immeuble et qu’il fit claquer un coup de feu avant de lâcher un puissant et mauvais rire avec ses semblables, Rachel fut prise d’une cinglante peur, mais contrairement à celle qui s’était appropriée son âme lorsqu’elle avait découvert la créature ailée, celle qui la faisait courir là était profondément humaine et par cette étrange sensation qui faisait battre son cœur dans sa poitrine au point qu’elle avait le goût du sang dans la bouche, elle se sentait mystiquement vivante. Les Démons ne l’avaient pas entendue, elle se trouvait à présent coupée de l’extérieur, dans la cage d’escalier de l’immeuble. Un pan de mur s’était effondré et les gravas bloquaient l’accès au second étage, seule sur le palier se trouvait la porte enfoncée d’un appartement. Rachel posa sa main sur la poignée et dessus, elle sentit la moiteur de la main de Morgane qui était passée par là quelques minutes avant elle.

Timidement, elle poussa la porte qui glissa sur le sol défoncé comme un courant d’air. A l’intérieur flottait une angoissante atmosphère bleue très sombre, des lambeaux de rideaux transparents flottaient aux fenêtres et sur le sol, les lattes de parquet s’étaient soulevées, brisées et s’enchevêtraient dans un chaos semblant hors du temps. La pièce paraissait vide, Rachel l’explora du regard, cherchant désespérément Morgane à laquelle elle s’accrochait désormais sans raison. En silence, elle ferma l’embrasure dans laquelle elle s’était glissée et se plaqua contre la porte, attendant la suite…

the_king_hades
the_king_hades
Niveau 10
26 mai 2006 à 19:39:09
  • cherche dans sa tete *

je sais plus quoi dir moi a force, a par que c´est bien bien sur :)
t´aime bien fair pas mal de bouleversement en fais :) tant mieux pour l´intrigue

El_Indyo
El_Indyo
Niveau 9
27 mai 2006 à 00:31:14

Chapitre 11

« Ca commence comme du Proust » est la première chose que j´ai dite en lisant ce chapitre. La première phrase est atrocement longue et je dois avouer que par la suite j´ai trimé plusieurs fois pour comprendre ce que tu voulais dire. Là vraiment c´était hardcore de partout !
Et puis j´ai vraiment cru qu´elle était mort quand tu as dit « elle s´éteignit » !! ! Que voulais-tu dire ?

Sinon, le fond reste très intéressant avec un coup porté à ce monde trop beau : est-il réel ? Normal ? Ta-daaa ! Ca sent le lavage de cerveau cette histoire. Une élite aussi élitiste ne pouvait se concevoir si on n´avait pas isoléles enfants très jeunes pour les faire bosser. Et les autres ? Aux oubliettes ? Au fait y en a-t-il, des autres ?
Tout ce que je peux faire à ce stade c´est poser des questions de toute façon.

Chapitre 12

Ca dérape grave dans le monde des gentils j´ai l´impression. Le coup du mec suicidé dans une turbine est un peu glauque mais cadre parfaitement avec le reste, même si je me demande comment il a fait pour désenclencher la turbine. Je sens aussi que le lavage de cerveau fait effet : on force Rachel à se souvenir de choses qui n´ont manifestement pas eues lieu (l´augmentation de débit dans la turbine) et la routine s´empare d´elle.

Pas de censure car pas d´art. Voilà qui donnerait naissance à un débat intéressant : peut-on imaginer un monde sans art ? Et là on se dit que cet univers « parfait » apparaît de plus en plus comme soumis à un régime dictatorial. Mais puisque tout le monde est content, pourquoi ne pas l´accepter ? Après tout, le but d´un régime est de faire en sorte que les gens vivent le mieux possible. Contrairement à ce que certaines personnes pensent et affirment, une dictature ne peut pas vivre que de méchanceté, même si c´est la Shinra qui est au pouvoir !
Je conseille à nouveau de lire « Un bonheur insoutenable » d´Ira Levin, qui traite du même problème.

Et pour finir : « Pensa-t-elle entre ses lèvres ». Elle a l´esprit mal placé cette jeune fille !

Chapitre 13

Joli chapitre qui détend un peu l´atmosphère bien que la crise de paranoïa du début ne présage rien de bon pour la suite. Sinon, les yeux doux et la balade en tête-à-tête, je vois la scène d´amour venir (même si avec Bravo tout peut basculer). La fin me fait penser à une sorte de découverte du jardin d´Eden par Adam et Eve.

« Stéphane écarta de la main une épaisse branche faisant comme un rideau de feuilles. L’horizon se dévoila ainsi » T´avais rien de plus cliché, non ? ^^

« la plupart des conversations semblant en fait catalysées sur les filles » Tu pourrais me donner une définition du mot « catalyse » ?

Chapitre 14

L´accident con par excellence : s´assomer en éternuant. Je ne ferais pas plus de commentaire parce qu´un jour je me suis coincé la nuque de la même façon (trois jours pour pouvoir tourner la tête à nouveau !)

Elle a vu la « liberté » ? Brave fille ! Mais nouveau sujet de débat : qu´est-ce que la liberté ? Certains affirment que c´est un point de vue, tout comme la Justice (je vous renvoie à Au garde-à-vous pour les Ombres, parce qu´on ne se fait jamais assez de pub et que là c´est justifié).

Le style est toujours remarquable et fluide, c´est un plaisir de lire.

Chapitre 15

Cette histoire de classeur me rend dingue. Pareil pour le fantôme. Moi je suis persuadé que c´est Rachel qui divague depuis le début, elle est complètement frappée cette fille.
Pas grand-chose à commenter sur ce chapitre, on ne peut qu´attendre de lire la suite pour comprendre...

Et :
- Qu´est-ce que l´« outre-océan » ?
- « c’est eux qui vont me tuer » CE SONT grrrrrr

El_Indyo
El_Indyo
Niveau 9
27 mai 2006 à 16:50:24

Et pour débuter, je m´intronise commentateur officiel de cette fic (car, eh oui, il m´arrive de lire les commentaires de Monsieur FFF et que voilà, moi aussi j´écris des blocs de béton pour l´ami Bravo).

Chapitre 16

A part au début, je n´ai strictement rien compris à ce qui se passait...
Nouveau questionnement sur l´identité, la paternité et les origines de tous ces élèves modèles, qui est aussi une épreuve endurée par les adolescents de la réalite (dixit les psy, hein).
Ce monde sent vraiment le « faux », le lavage de cerveau est décidemment une institution...

« Le songe de ses pas » Elle dort débout ou quoi ?
« quelques étudiants qui ne prirent pas attention à lui » L´attention ne se prend pas, elle se prête.

Chapitre 17

Eh oui c´est vrai : quand on est étudiant, on mange des raviolis en boîte... C´était bien vu, Bravo, je m´y croyais presque !

Je le savais, il n´y aura pas de scène d´amour avec Stéphane, c´est Irvin qui va finir avec Rachel ! Mais au fait, on ne lui a pas demandé son avis à elle, si ? Et il se trouve qu´en effet elle préfère Anna... T´es vraiment tordasse comme auteur, j´te l´dis. En tous cas, c´est amusant de voir les personnages devenir de plus en plus complexes et de plus en plus torturés (ouais c´est ça, Bravo est torturé, c´est le mot que je cherchais).

En ce qui concerne le machin qui tombe du ciel, je parie que c´est un bombardier B22 américain qui est rentré dans un O.V.N.I. (ou l´inverse, il faudra voir sur le constat à l´amiable).

Et pour finir ce chapitre :
« bleus absinthe » J´en connais un qui a abusé de l´absinthe pour de bon !

Chapitre 18 :

Et tac ! Je l´avais prédit encore mieux que le fantôme : c´était un navion ! Et on ne sait pas ce qui l´a fait tomber, mais pas de panique, Mulder et Scully sont déjà sur place.

A part ça, on notera qu´il ne se passe strictement rien et que ce chapitre ne sert qu´à mettre le lecteur mal-à-l´aise (vicelard Bravo). Et dire que cette pôvre fille aimait un garçon, quelle misère. Seule consolation : cela nous évitera les scènes de guimauves avec les baisers et les envolées lyriques (pour ceux qui poseraient la question : non je n´ai pas de coeur).

Chapitre 19 :

Folles. Irrémédiablement folles. Tel est mon verdict. Et toutes les deux en plus. Entre une qui attend les fantômes et l´autre qui pète un boulon en harcelant sa copine de questions, ça part en vrille tout ça. Comment veux-tu que je commente quoi que ce soit ? J´ai déjà du mal à saisir ce qui se passe...

Je souligne sans étonnement que la C.I.A, le F.B.I. et la N.S.A. ont annoncé le crash d´un avion de ligne international au lieu d´avouer qu´ils sont en train de disséquer un bonhomme gris avec des gros yeux globuleux. La vérité est ailleurs...

Chapitre 20 :

« Ca » arrive. Qui ? Que ? Quoi ? Où ? Pourquoi ? Comment ? Combien ? A quelle vitesse ? D´où ? Hein ?
Bah oui forcément, les petits mecs gris viennent récupérer leur pote, on s´en doutait.
Sinon eh bien nous sommes toujours dans l´expectative, et les desciptions de cette fin du monde sont perturbantes. Bravo sait y faire pour nous coller la nausée.
Je regrette seulement de ne pas avoir vu le combat de poêle à frire par une chaleur torride avec des nanas en petite tenue... Bref...

Et, parce qu´on ne s´en lasse pas :
« Il paraissait davantage paniqué que submergé de peur. » Mais il était d´autant plus petit qu´il n´était pas grand. (Le tout étant bien sûr que je me comprenne et que je rigole).

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
27 mai 2006 à 16:59:42

:rire: :rire: :rire:

moi je dis chapeau ! :ok:
quand tout cela sera fini, j´imprimerai tous les commentaires et je les relirai pour bien me marrer, j´ai pas pu m´empêcher de laisser échapper un ricanement devant mon ordinateur en lisant tout ça :rire2:

Bon, c´est vrai, je te fais crédit de ça, mais il y a des fois quand j´écris, je suis tellement dedans, mes doigts frêles et tremblants parcourent tellement vite mon clavier et mon exaltation étant à son comble, bah je me sens plus et le récit attend des paroxysmes de lyrisme métaphorique complètement grandiloquentes voire ridicules quand on est pas dans mon trip :hum:
Voilà ma justification ^^

Sinon, c´est vrai que je me frotte bien les mains en entretenant ce malaise tout au long de l´histoire ! Et tu as à ch

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
27 mai 2006 à 17:01:45

aque fois la réaction que j´avais anticipée chez le lecteur :o))

C´est marrant tiens ce que tu commentes à la fin : "Qui ? Que ? Quoi ? Où ? Pourquoi ? Comment ? Combien ? A quelle vitesse ? D´où ? Hein ?" parceque je suis exactement en train de fournir les réponses au compte-goutte depuis quelques chapitres :o))

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