Ptdr, c´est génial jujudredd, merci beaucoup
Bon, je crois que j´ai entendu vos revendications et comme De Villepin
je cède à vos appels de détresse...
Chapitre 21 : bouleversant au possible, vous n´en ressortirez pas indemne 
et je vous préviens, à partir de maintenant, je serai absolument intraitable avec notre héroine et toute tentative de détournement de scénario sera impitoyablement détruite, la fin de l´histoire venant d´être officiellement décidée
Maintenant, je suis prêt à recevoir vos commentaires et impressions, bonne lecture
Chapitre 22
Quelque chose résonnait, elles ne savaient pas très bien si c’était la pluie au-dehors où le souffle de Phelspart, mais aucune des deux n’osa faire le moindre mouvement. Le tonnerre gronda de nouveau, beaucoup plus gravement et longuement qu’avant, comme pour sonner un requiem. Derrière sa forte respiration qui semblait pouvoir la faire éclater tant elle avait peur, Rachel entendait les gouttes d’eau tomber une à une de son chemisier ruisselant. Une mèche de cheveux plaquée sur son front parsemé de terre, elle essayait de deviner quelque silhouette dans l’obscurité devant elle. Elle sentit les doigts de Anna se loger entre les siens et la paume de leur main se serrer complètement.
Enfin, un bruit de pas déplaçant des graviers sur le sol retentit. A mesure qu’elle entendait Phelspart avancer vers elle, Rachel tentait de reculer, mais elle se trouvait déjà plaquée à la paroi de la caverne. Alors elle tira sur la main de Anna, l’invitant silencieusement à la suivre vers le fond de la crevasse en glissant le long de la paroi suintante d’eaux sales. Dans le noir, chacune chercha avec supplice le regard de l’autre, mais les ténèbres voilaient leurs yeux, c‘était alors une terrible douleur qui s’emparait de leur cœur. Un nouveau coup de tonnerre grommela au-dessus de la cité. Les deux jeunes filles en profitèrent pour camoufler le bruit de leurs pas sur le gravier, ce qui leur permit de se décaler de quelques malheureux mètres. Mais le souffle de Phelspart était toujours aussi proche, aussi menaçant. « Comment avons-nous pu être aussi stupides… ». Se demanda Rachel en palpant désespérément le mur derrière elle pour deviner où se trouverait l’échappatoire tant espéré.
« Vous avez peur…Chuchota Phelspart d’une voix terrifiante. Ne vous inquiétez pas. Je suis là… ». Les deux jeunes filles ne répondirent pas. Blotties dans l’ombre, elles luttaient, elles se serraient, elles sentaient battre leur cœur. « Je sais que vous êtes là…Il n’y a pas d’issue… »
Dans l’obscurité, les deux amies se cherchèrent du regard, mais il n’y avait strictement rien à faire ; elles étaient réellement abandonnées. Rachel fit non de la tête avec l’assurance que Anna l’aurait senti. Plus fort encore, leurs doigts s’unirent et la peur devint immense. Les pas lourds et maladroits de Phelspart craquèrent de nouveau sur le sol et dès lors, ce fut de la douleur que ressentit Rachel. Un puissant pincement lui déchira le ventre, un feu de colère et d’angoisse allumé au plus profond de son âme mais qui, malgré lui, ne put éclairer la caverne pour éclairer le visage de l‘homme. Alors elle ne put s’empêcher de relâcher son étreinte sur la main de son amie et de tout son corps, elle se voûta de souffrance, et se retint de toutes ses forces de laisser échapper un suppliant gémissement. Elle souffrait réellement, une main sur le ventre, Rachel essayait de regagner ses pensées, mais l’effroi la terrassait.
Elle sentit alors le corps de Anna s’interposer et de sa main toute tremblante et écorchée à chaque tendon, elle l’empêcha de se courber davantage face à la douleur. La respiration de Rachel était alors si forte que Phelspart ne pouvait plus les manquer. Il était juste là, juste devant elles, tapis dans l’ombre comme l’impitoyable monstre de la nuit. Le tonnerre craqua avec une puissance phénoménale à l’extérieur. Il se rapprocha de Rachel souffrante d’un pas de plus. Un sourire démoniaque s’empara de son atroce visage, mais aucune des deux adolescentes ne put le deviner au travers des ténèbres. Malgré le corps de Anna qui la serrait désormais toute entière, Rachel d’entre ses dents serrées avec force et ses larmes impuissantes, ne put retenir le sanglot plein de terreur et de supplice. La main de Anna passa langoureusement dans ses cheveux, mais rien n’y fit ; de ses yeux grands ouverts, elle ne voyait toujours que l’angoisse du noir et là où elle aurait aimé entendre la tendre voix de la douce Anna, elle n’entendait que la lugubre complainte de la tempête…
« C’est beau une fille qui pleure…Songea Phelspart à haute voix en se baissant avec une attention dégoûtante sur les deux jeunes filles enlacées dans la peur. Je serai bien incapable de vous faire du mal…Murmura-t-il. Alors n’ayez pas peur… ». La main grasse et moite de l’homme écœurant se glissa alors dans les ténèbres au hasard comme le serpent aveugle traquant sa proie. Les gros doigts de Phelspart continuèrent dans l’obscurité et alors, ils effleurèrent le nez de Rachel qui était déjà blotti avec toute la force et le dégoût dont elle était capable. Alors que son visage se tordait dans d’horrible grimaces pour éviter les monstrueux doigts, elle sentait celui de Phelspart s’illuminer d’un contentement pervers.
Le toucher de l’homme explora dans d’interminables secondes les formes squelettiques du visage de Rachel, écarta les mèches de cheveux qui tombaient sur ses yeux, caressa ses lèvres d’où émanait la terreur la plus dense. A côté d’elle, Anna essayait de distinguer les formes mais c’était à peine si elle pouvait deviner l’épouvante qui éclairait les yeux de son amie. Alors elle sentit la main de Rachel se desserrer et sans qu’elle n’y puisse rien faire, ses faibles doigts glissèrent et il ne resta bientôt plus qu’un filtre de sueur au creux de la paume de sa main…
Le tonnerre bougonna une nouvelle fois. Rachel frissonna de peur au sentir du souffle de l’homme en face d’elle et du terrible grondement qui emplissait encore ses oreilles. Elle ne savait plus très bien où elle se trouvait précisément, ni à quelle distance derrière elle se trouvait Anna, mais à une faible et improbable lueur, ses yeux virent l’image évanescente du terrible visage de Phelspart. Cette vision gagna la jeune fille toute entière et avec une force incroyable, avec une vitalité sans pareil, avec un courage puisé au plus profond de son âme, Rachel s’arracha à l’étreinte que l’homme avait commencé à abattre sur elle et sortant subitement de son coma d’effroi, elle se leva brutalement. Du damier de la semelle d’une de ses baskets, elle frappa violemment le visage de Phelspart. Un jet de sang s’échappa de sa bouche et le gros homme s’effondra sur le sol, se massant la mâchoire en criant de douleur.
A ce signal, Anna se leva avec précipitation et suivit Rachel qui avait déjà prit la fuite avec dextérité. Mais la petit brune ne fit que trois pas, le quatrième buta sur le corps massif de Phelspart et l’adolescente trébucha. En entendant le bruit de cette chute, Rachel arrêta sa course vers la sortie de la crevasse et regarda derrière elle. L’excitation et l’acharnement lui avait rendu la vision et dans les ténèbres, elle vit Anna se relever agilement. Mais la grosse main de l’homme surgit en contre-bas et se saisit avec brutalité de la cheville de la jeune fille. A ce moment-là, les deux filles surent que l’une d’elle était perdue. Il restait suffisamment d’affûtage à Rachel pour apercevoir la lueur de désespoir et de supplice dans les yeux de son amie entraînée malgré elle vers le fond de la caverne.
« -Anna ! Explosa Rachel en tendant vaguement sa main vers son amie avec autant de haine, d’accablement et de détresse dont elle n’avait jamais fait preuve alors qu‘une dernière fois, le tonnerre fit trembler les nuages.
-Va-t-en ! Répondit Anna en criant, s’agrippant désespérément à un rocher pour ne pas se laisser happer par le monstre. Va à Junon, trouve Hermann ! Ordonna-t-elle en poussant sa voix avec force pour se faire entendre malgré la puissance des grondements du ciel.
-Mais je…Murmura Rachel comprenant son impuissance derrière la tempête mais en restant convaincue que Anna l‘entendrait. Mais je t’aime…
-Allez, bonne chance ! Hurla Anna une dernière fois avant de se faire arracher de force à son rocher. »
Lorsqu’elle ne vit plus Anna, Rachel tourna les talons en faisant face à sa profonde volonté qui était de secourir son amie jusque devant la mort. Elle escalada avec force et dévolution la pente ardue de la crevasse jusqu’à bientôt revoir la lumière des éclairs à l’extérieur. Elle se rapprocha de la sombre issue où le vent balaya la poussière et les graviers dans son visage et son corps à fleur de peau. Ne sachant si c’était à défaut de force ou d courage, la jeune fille ne put se déplacer qu’à quatre pattes sur la crête de la montagne, déportée par le vent. A sa gauche elle pouvait voir les jardins d’Adora battus avec une violence extraordinaire par le vent et plus haut, trop haut pour son regard fragilisé, la cité ravagée et apeurée par l’orage.
A sa droite, la mer creusait d’immenses vagues s’abattant avec rage au pied de la forteresse de rochers. Les éoliennes tanguaient dangereusement en émettant une plainte sortie tout droit des enfers, leur fuselage blanc avait été obscurcie par la ravageuse tempête. la petite humaine sur le sommet de la fantastique montagne comprit qu’il ne servirait à rien de lutter au milieu de ces éléments déchaînés, alors elle se coucha sur le flanc et prit la position du fœtus pour ne pas plier de douleur face aux pluies de graviers portés par le vent soufflant dans ses cheveux crasseux.
Le vent soufflait tellement fort dans les pales des éoliennes que le système de sécurité de l’une des machines du vent s’enclencha de force et bloqua violemment le rotor de l’appareil. Poussé par l’inertie, le mat tangua dangereusement au même où une rafale de vent poussa la structure dans les ombres et le mat se tordit davantage, jusqu’à se tordre en émettant une longue sourde complainte. Et la catastrophe se produisit ; l’extrémité d’une des pales entra violemment en collision avec le rotor d’à côté et les deux éoliennes fondirent l’une sur l’autre en mêlant leur fuselage étincelant dans un effroyable fracas de talles froissées. Une pale se détacha brutalement d’une structure et fut projetée au sol par le vent avec une force surnaturelle, ricochant contre un rocher et allant percuter le mat d’une troisième éolienne qui mêla sa destruction à la chute des deux autres. Dans un épouvantable craquement étouffé par les déflagration de l’orage et le crépitement de la pluie, les corps d’aluminium se disloquèrent farouchement sur les rochers en contre-bas et dévalèrent la pente de l’océan en laissant quelques débris et des morceaux déchiquetés de pales sur leur chemin. Les trois éoliennes allèrent s’abîmer ensemble dans les eaux noires et tueuses de l’océan qui écumaient avec rage sur les rochers, dévorant la côté et broyant les restes de fuselage blanc qui se confondaient bientôt avec le bouillonnement de la mer…
Un éclair illumina le ciel durant une fraction de seconde, immédiatement accompagné du tonnerre las d’avoir grommelé tout ce temps. La pluie redoubla d’intensité, inondant les gouttières et les caniveaux dégueulant de la cité. L’écho répondit un lointain grognement, vers l’intérieur des terres, au-delà de la péninsule.
Rachel gisait sous la pluie qui frappait inlassablement son corps, les bras légèrement repliée, elle semblait ailleurs. Son corps se mouvait avec difficulté dans ses vêtements trempés et son aspect n’en était que plus pitoyable. Allongée seule sur le dos, au sommet de la crête, elle n’avait jamais été aussi proche de l’océan. Là-bas, au loin, derrière la ligne d’horizon palpitait l’espoir de retrouver un jour son univers. Cette pensée lui réchauffa le cœur, malgré son corps souffrant imbibé de pluie, malgré le ciel apocalyptique, malgré son atroce visage d’où n’émanait plus aucune expression, sinon la grimace inexpressive de la fatigue ; elle se sentait accomplie dans sa laideur…