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Liste des sujets

FIC : Brumes

JujuDredd
JujuDredd
Niveau 10
24 mars 2006 à 16:11:13

Un peu en retard, je viens enfin de lire le dernier chapitre. Miam ! La fic à Bravo_leader c´est bon, mangez-en !

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
24 mars 2006 à 17:29:12

Axnyff :d) c´est non pour l´autographe, c´est clair :nonnon:

Armiel :d) A force de trouver des excuses bidons, tu vas trouver des scénarios encore plus tordus que moi :-))) Allez, ça passe pour cette fois :ok:

Ce chapitre était peut-être en effet un peu meilleur...mais le prochain sera particulier, je vous concocte ça pour dimanche :ok:

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
25 mars 2006 à 13:20:46

:salut:
Je vais essayer de finir le chapitre aujourd´hui !

:spoiler:

Si je puis me permettre de vous maintenir en
haleine, il y aura...le premier mort de l´histoire :mort:

Axnyff
Axnyff
Niveau 10
25 mars 2006 à 13:57:46

Cool :ok:

JujuDredd
JujuDredd
Niveau 10
25 mars 2006 à 19:09:42

Du sang, du sang, DU SANG :diable:

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
25 mars 2006 à 22:16:09

Publicité mensongère, on a déjà vu le premier mort de l´histoire, celui qui était coincé dans le réacteur hydrolique, en rade! Tu l´as oublié :rire:

JujuDredd
JujuDredd
Niveau 10
25 mars 2006 à 22:57:10

Ou alors c´était pas un vrai corps humain, c´était un clône sans âme :fou:

Axnyff
Axnyff
Niveau 10
25 mars 2006 à 23:02:20
  • bravo se fait huer par la foule à cause de la remarqeu de fff * :ok:
the_king_hades
the_king_hades
Niveau 10
25 mars 2006 à 23:31:24
  • appel sarkosie pour foutre tous le monde en taule afin que bravo puis fair la suite de sa fic trankillement*
bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
26 mars 2006 à 11:04:10

Merci the_king_hades :nah: mais euh...tu le gardes dehors, le sarko :peur:

fffanatic :d) bah, c´est bien, au moins on voit qu´il y en a qui suivent XD

Alors voici le chapitre de la transition :ok:

Chapitre 17

Les deux jeunes arrivèrent à hauteur de Irvin et Rachel qui reprenait à peine ses esprits. Blaise reconnut la jeune fille et lui adressa un clin d’œil amical qui fut très chaleureusement accueilli ; Rachel ne semblait surtout pas vouloir laisser échapper son secret.

« -Vous nous avez vu arriver ? Demanda l’ami que seul Irvin connaissait.
-Non, on s’est arrêté parce que…Rachel avait un caillou dans sa chaussure…Hasarda le jeune homme en jetant un discret regard en coin à son amie.
-Et bien heureusement, car sinon on ne vous aurait pas rattrapé ! S’exclama Blaise.
-Pourquoi donc ? Interrogea l’adolescente qui venait de feindre de se gratter le pied. Vous avez quelque chose à nous demander ?
-Et bien oui. Répondirent-ils en chœur. On voudrait vous inviter pour ce soir, il faut que Rachel vienne ! S’écria l’inconnu en souriant largement à l’intéressée.
-C’est très aimable ! Fit Irvin. Tout le monde ira, c’est entendu ! Mais moi, je crains que…
-Et bien ! Coupa Rachel en l‘agrippant subitement par le bras, secouée par une soudaine animation. Tu ne viens pas, tu as prévu quelque chose ?!
-Oui. Répondit Irvin en se frottant la nuque. J’attends le coup de fil d’Hermann, très important. Je n’aurai qu’à vous rejoindre lorsque j’aurai fini de prendre des nouvelles de lui !
-Hermann…Tu ne manqueras pas de lui envoyer le salut de ma part ! S’exclama l’inconnu en frappant amicalement l’épaule de Irvin et de s’éclipser dans le bois.
-A ce soir, Rachel ! Fit Blaise en s’en allant à son tour, suivant un autre chemin s’engouffrant dans les bois vers une autre barre d‘appartements.
-Alors tu vas vraiment y aller !? S’interloqua Irvin quelque peu amusé par ce changement d‘état de son amie.
-Oui, je ne vois pas pourquoi… »

Irvin acquiesça brièvement, il ne voulait pas exprimer à Rachel le point auquel il était inquiet pour elle. Il aurait aimé devenir son confident, être pour elle une oreille attentive à tous moments sans pour autant devenir son juge. Jour après jour, il avait appris à la connaître, à admirer ses yeux ronds bleus absinthe, il avait compris le message de sa timidité et il se fascinait toujours plus pour sa beauté. En silence, il posa sa main sur l’épaule de Rachel et tous les deux, il traversèrent le bois pour rejoindre la barre d’appartements. Lorsqu’ils arrivèrent dans leur studio, il semblait désert ; tous les autres membres de la location étaient toujours au lycée, et ce jusqu’à la fin de la journée. Irvin délesta doucement son amie de son sac, de sa veste de façon à ce qu’après un mélodieux merci, elle puisse gagner son lit sur des jambes fébriles et cotonneuses. Le jeune homme la regarda disparaître derrière la porte au fond du couloir et poussa un léger soupir. Il se faisait désormais bien trop tard pour regagner le lycée et il avait tout intérêt de rester veiller sur Rachel ; il aurait tant aimé être plus qu‘un ami pour elle…

Le soleil se coucha bientôt sur la cité, rependant sa teinte sanguine dans tout le firmament. Il s’y trouvait alors toutes les nuances du jaune au rouge, dépeignant une atmosphère fantastique. Ce ciel était d’une beauté extraordinaire. Et loin, sur la ligne d’horizon, au moment où le soleil mourut sur la mer, l’océan se colora, l’espace d’une seconde si belle qu’elle aurait pu durer une éternité, d’un vert aussi vif que chimérique. Les sept chevreaux d’argent brillèrent bientôt dans le ciel et leur éclat se refléta sur la façade vitrée de la Tour de Babel au sommée laquelle la sphère phosphorescente déployait progressivement son orbe protectrice chassant les démons qui rodaient la nuit dans les montagne.

Accoudée à la rambarde du balcon où l’air de ce début d’été se faisait très doux, Rachel avait fixé pendant un long quart d’heure cette toile de maître aux superbes jeux de lumières. Derrière la Tour, la muraille séparant la cité de l’océan n’était plus visible et les derniers rayons de soleil qu’elle recevait n’étaient plus que des reflets dans les innombrables baies vitrées qui édifiaient cette cité. L’air était chaud, l’ambiance détendue, les amis proches, les sentiments doux et rien ne semblait pouvoir arriver ; à ce moment précis, Rachel se sentit parfaitement immortelle.

Lorsqu’elle entendit au loin résonner une cloche annonçant les vingt deux heures, elle se retourna et fit revint dans le salon où se trouvaient tous les convives de la soirée. Blaise et Alan avaient invité tous les compagnons de Rachel, ainsi se trouvaient dans la pièce Rachel, Anna, Morgane, Stéphane, Fanny ; la seule colocataire de Blaise et Alan. Cette soirée rappela la petite fête que les amis de Rachel avait organisée pour l’accueillir le jour de son arrivée dans la cité. De plus, l’appartement tout entier ressemblait fortement à son studio. Les logements du campus étaient ainsi standardisés mais l’ambiance qui liait tous les étudiants avait toujours été très bonne, et de ce fait, des soirées comme celle-ci étaient très souvent organisées. Lors du repas qui avait été préparé par les faibles ressources en boîte de conserve des jeunes gens, Blaise, plein de curiosité avait demandé à Rachel d’où elle venait. Cette question suscita un long silence autour de la table, les esprits n’étant pas habitués à s’interroger sur ce qu’il semblait y avoir au-delà des grandes falaises.

En voyant cette très étrange réaction qui, malgré le tabou qu’elle atteignait, réunit tous les regards sur sa personne, Rachel posa ses couverts autour de son assiette et se décida à rompre le silence. Après avoir succinctement réfléchi à un mensonge, elle répondit, un peu égarée dans ses rêves, qu’elle venait de l’autre côté de l’océan, mais que là-bas, tout était à peu près pareil qu’à Gaïa.

« -La différence la plus notable…Ajouta Rachel, c’est que la cité d’où je viens est bien plus grande et les quartiers sont bien plus distincts, les gens y sont moins aimables et…
-Et quoi ? Insista Fanny en ouvrant de grands yeux passionnés.
-Non…Se rattrapa Rachel. Tout est vraiment pareil en fait…Conclut-elle en se convaincant que son long et envoûtant discours sur le monde d’où elle venait et qu’elle espérait tant dépeignait un fragment de vérité… »

Plus personne ne parla. Une sorte de mélancolie s’était installée, une profonde envie de se transporter dans ce monde irréel que venait de peindre la jeune fille et de connaître autre chose que le plat de raviolis qui demeurait au creux des assiettes autour de la table. « Mangez, ça va refroidir. » Dit Fanny pour rappeler les esprits. Rachel obéit et se remit à manger, bientôt imitée par tous. Derrière elle, le balcon s’était effondré dans la nuit, le soleil était parti se noyer de l’autre côté de l’océan, peut-être même était-il en train de porter le message de solitude de Rachel aux hommes de l’autre monde qui existait certainement de l’autre côté de cette barrière de lumière. L’idée de s’enfuir au-delà de cette limité était toujours ancrée dans l’esprit de Rachel, mais lorsqu’elle vit le visage angélique de Anna à côté d’elle, ses grands yeux bridés et riant, l’ambiguïté l’envahit et elle se demanda si cette personne qui avait elle-même vécu dans ce monde de l’ombre s’en souvenait, si elle aurait su extraire de ses mémoires et de son imagination autre chose qu’une fable reflétant ses désirs les plus profonds. Elle était tout simplement belle, parfaite et lorsqu’elle le remarqua, Rachel se rendit compte qu’elle aimait cette fille, c’était l’élue de son cœur, sa raison d’accepter de vivre éloignée de ses mémoires. Elle le lui avouerait et toutes les deux, elles se rendraient un jour à Junon pour trouver le moyen de se traverser l’océan.

Morgane constata cet étrange jeu regard dans les yeux de Rachel qui détourna alors son attention sur ses mains pour rester dans cette position de réflexion pendant plusieurs minutes. Le silence revint, seul le bruit des couverts percutant le bord des assiettes teinta dans la pièce qui avait été joyeuse et animée quelques minutes à peine auparavant. Lorsque soudain, Rachel s’arrêta de manger et dressa sa tête toute droite sur ses épaules, les yeux grands ouverts et l’attention déployée au maximum. Les autres adolescents la regardèrent intrigués et avant que la moindre question ne soit posée, la jeune fille demanda :

« -Écoutez, vous n’entendez rien ?!
-Non. Répondirent quelques voix après une dizaine de secondes d’attention. Ah si ! S’écria enfin Alan.
-Oui, écoutez plus attentivement encore. Ajouta Stéphane.
-Qu’est-ce que ça peut être…? Se demanda mystérieusement Anna.
-On dirait une sorte de sifflement, personne n’a fait chauffer de thé ?!  
-Je vais voir au balcon ! S’écria Blaise en se levant, suivi des autres convives. »

En effet, après une minute, le bruit persévérait et grandissait, il s’agissait d’un sifflement très lointain mais se rapprochant à mesure que le temps passait. Tous se rendirent sur le balcon, scrutant le ciel parfaitement dégagé et étoilé. Morgane se rapprocha de Rachel et après s’être appuyée sur la rambarde, elle pointa le doigt sur une barre d’appartements à l’orée du bois. « Tu vois, c’est notre studio là-bas ! On voit même la fenêtre de la salle de vie allumée, Irvin est en contact avec Hermann ! Annonça Morgane en souriant. »

Mais Rachel était préoccupée par ce sifflement, et bientôt, il se fit tout à fait distinct et un grondement très sourd l’accompagna. L’exaltation disparut du petit groupe puis lentement, tous pâlirent et devinrent plutôt anxieux. Le grondement se faisait plus grave encore et parfaitement audible, étouffant le sifflement qui déchirait dorénavant les tympans tant il devenait aiguë. Il n’y avait plus aucun doute, quelque chose approchait et à cette idée, la panique s’installa. Stéphane rentra dans la pièce, refusant de regarder le ciel. Le bruit grandit encore, alarmant la ville toute entière où des lumières émanèrent progressivement des foyers arrachés au sommeil par cette chose.

Tout d’un coup, Anna pointa une étoile jaune dans le ciel : « Regardez ça !  ». Horrifiée, Rachel fixait ce point lumineux ; l’étoile s’était décrochée du ciel et plongeait sur la cité. Un puissant flot de lumière en émana soudainement et le grondement sourd ne fit plus qu’un avec le sifflement pour déclencher une horrible déflagration qui balaya tout sur son passage. Quelques fenêtres sur la façade de l’immeuble volèrent en éclat et un éclair traversa le ciel. Dans un fracas épouvantable et une frénésie de feu vif, la terre sembla se soulever devant eux. Terrifiée, Rachel se protégea des éclats de verre en enfouissant son visage dans ses bras,se réfugiant en gémissant dans ses ténèbres d’où cette apocalyptique lueur ne pourrait l’arracher. Des explosions résonnèrent un peu partout et le crépitement des flammes monta brutalement. Lorsque le grondement se tarit enfin, le sifflement qui avait alarmé Rachel reparut pour mourir encore plus doucement. Le bruit et la chaleur des flammes étaient alors omniprésente. Rachel enleva ses bras de devant ses yeux et se retrouva toujours vivante sur le balcon, à ses côtés, Morgane, Anna et Blaise pétrifiés regardait avec une horreur indescriptible en direction des bois.

Rachel regarda à son tour vers son appartement, mais l’absurdité et la désolation qui montaient dans ses yeux lui fit renier la réalité de ce qu’elle voyait…

the_king_hades
the_king_hades
Niveau 10
26 mars 2006 à 11:09:02

c´est tres bien :ok: par contre si tu veux de bonne explication, attent fff :ok:

Merci the_king_hades mais euh...tu le gardes dehors, le sarko

:d) *sarko tout content d´avoir foutue tout le monde en taule va dehors et se fais massacrer par un ptit grouppe de fan qui c´etait cacher*
moi non plus je l´aime pas je te rasure :hum:

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
26 mars 2006 à 17:37:48

Tiens Fanny, encore un personnage récurrent de tes univers^^

Donc chapitre XVII, celui où tout est sensé foutre le camp...

Première remarque, bleu absinthe c´est une nouvelle couleur ou tu voulais utiliser l´absinthe ( à consommer avec modération) pour rappeller la couleur vert? ( si mes souvenirs sont bons, l´absinthe c´est vert et assez fort)
Deuxièmement, c´est une impression où dans les chapitres précédents, Rachel était privée de sa mémoire donc des souvenirs du monde d´où elel venait?

Sinon, le chapitre est somme toute assez joyeux dans sa première partie. Une histoire d´amour qui semble naître, du moins chez Irvin. Référence à l´un de tes textes que j´ai lu où une Anna perturbait de même manière la narrateur? XD
Un repas convivial, simplement marqué par de la nostalgie ou des tentatives de visualiser l´univers de la jeune fille.
On notera au passage que l´auteur est fan des raviolis^^

Ensuite, quelques éléments semblent indiquer un probable triangle amoureux féminin entre les trois colocataires, avec dans ce cas une Morgane qui tenterait de mettre Rachel dans les bras d´Irvin. ( dans ce cas la remarque qu´elle fait pourrait être interprété comme " Tiens là-bas y a Irvin. il est mignon et gentil. Bref un mec pour toi, alors maintenant tu me laisses ma copine et tu vas voir ailleurs si elle y est")

Enfin, la chute du chapitre est largement innatendue, mais peut rappeler certains souvenirs des Silences d´Anna, où tu avais aussi excellé dans les scènes à tendance eschatologique

Bref, un chapitre qui ne tient pas sa promesse, du moins elle la sous-entend juste. Au plaisire de voir la suite^^

Axnyff
Axnyff
Niveau 10
26 mars 2006 à 17:52:13

Bon chapitre, mais comme dit fana, il y a pas de morts, on le sent, mais c´est tout :ok:

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
26 mars 2006 à 18:20:00

Le prochain chapitre sera une interlude asez court que je tapote ce soir pour vous :ok: vous aurez donc la suite lundi ou mardi :-)))

JujuDredd
JujuDredd
Niveau 10
27 mars 2006 à 00:03:52

T´inquiètes pas Axnyff, y va y´avoir un mort pas dans la fic mais dans le forum. Un voleur de 200ème post, si tu vois de qui je veux parler.

Je ne suis pas rancunier, j´ai juste de la mémoire...

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
28 mars 2006 à 13:01:19

Chose promise, chose due, le chapitre 18 est prêt, mais grosse flemme oblige, je n´ai pas pu le relire car en l´écrivant, je l´ait trouvé assez mauvais et je n´ai pas voulu m´en persuader en le passant à la relecture...Vous devrez donc faire avec les quelques fautes que vous petes succeptibles de rencontrer :(

Bonne lecture et sachez que désormais, plus rien ne sera comme avant et on va entrer dans la seconde phase de l´histoire que j´avais un peu moins envisagé, les chapitres devraient donc être davantage espacés par la suite...

Chapitre 18

La nuit était parfaite ; sombre et sanglante. L’obscurité se consumait lentement sous le crépitement des flammes qui embrasaient le bois. Les arbres calcinés s’étaient tous couchés en même temps, des débris jonchaient le sol sur une grande surface d’où s’échappaient des panaches de fumée grise. Un peu plus loin vers le cœur du bois gisait la dépouille cylindrique de l’avion qui venait de tomber gracieusement du ciel. Le fuselage carbonisé et déchiré de partout portait les marques de son crash, une aile avait été brisée lors sa collision avec le sol et sa dérive plantée au milieu d’une ruelle. Angoissée par toutes ces flammes et l‘ampleur de la catastrophe, Rachel ramena son regard sur sa barre d’appartements bien visible depuis le balcon où elle se trouvait. Mais l’horreur que lui inspira ce qu’elle vit la pétrifia et la bouche entrouverte, elle quitta momentanément son corps pour se joindre à la douleur de Anna et Morgane qui l’entouraient toujours.

L’aile qui s’était séparée du fuselage de l’avion de ligne s’était violemment encastrée dans la façade de leur immeuble. Il émanait une épaisse fumée noire de l’endroit où avait explosé l’un des réacteurs et un sombre cratère de mort s’était creusé à l’endroit précis où Irvin se trouvait. Du balcon, Rachel pouvait voir grésiller une lampe pendant à ce qu’il devait rester de plafond ; la vie s’éteignait et si tous les occupants de l’immeuble n’avaient pas été tués par l’explosion, au moins l’avaient-ils été par la violente onde de choc et asphyxiés par les fumées mortelles qui se dégageaient des restes de la turbine…

Reprenant peu à peu ses esprits, Rachel posa sa main sur son crâne et en froissant les traits de son visage, resserrant son poing sur sa chevelure, se pinçant la lèvre inférieure avec les dents, elle lutta de toutes les forces qui l’habitaient encore pour ne pas céder aux larmes qui brouillaient lentement ses yeux. Épouvantée devant cette tragédie, elle fuit soudainement prise de vertige et manqua de peu de perdre ses appuis sur ses jambes fébriles. Une main sur la bouche, elle fit elle résonner ces paroles qui la hanteraient jusqu’au dernier jour de son agonie : « Mon Dieu…Irvin… »

La nuit, les flammes, le blanc éclatant du fuselage, tout cela fut bientôt brouillé et mélangé dans le regard de Rachel jusqu’à ne plus former qu’une vague ondée de couleurs sans forme, elle ne vit plus que la désolation et la mort…Irvin était mort, et elle n’y pourrait rien changer. Son ami qui était resté dans l’appartement n’était plus à ses côtés et ne le serait plus jamais. Maintenant qu’il était parti,elle se rendit compte de la place qu’il occupait dans son cœur. Cette chaleur si douce qui emplit la poitrine de Rachel à cet instant la conforta de mélancolie. Le pauvre n’avait pas eu le temps de souffrir, simplement d’entendre l’appareil fondre sur lui à toute vitesse.

Alors dans ses pensées revivrent les paroles de Elle : « La charité… ». Tout se déclencha alors dans son esprit comme un mécanisme ; si, dans les bois à l’après-midi même, Rachel ne s’était pas arrêté pour donner de la monnaie au mendiant et retarder Irvin, Blaise et Alan n’aurait pas eu le temps de les rattraper pour les inviter pour la soirée, alors Rachel et tous ceux qu’elle aime seraient restés à l’appartement et auraient tous été tués par le crash…Elle savait tout depuis le début. Une fois de plus, Rachel eut la preuve de son impuissance, le fantôme avait prédit que cela arriverait et lui avait prédit l’avenir, ou tout simplement construit en faisant apparaître Francisque…

Trop de choses palpitaient dans son esprit torturé, elle ne savait trop que penser, la prédiction de Elle, la mort tragique de Irvin et tous les occupants de l’immeuble, son propre émoi, la détresse de ses amis autour d’elle…Peut-être même était-ce par sa faute que tout cela était arrivé. Elle se serait réveillée depuis longtemps s’il avait s’agit d’un rêve. Son cœur se resserra dans sa poitrine, comme une éponge, il se compressa et toutes les larmes de son cœur en jaillir puissamment ; Rachel fut animée par de déchirants sanglots. Elle n se rappelait déjà plus de ce qui s’était passé cette après-midi, le visage de Irvin se dissipa lentement dans ses souvenirs.

Lorsqu’elle entendit résonner au loin le signal d’alarme des patrouilles se diriger vers la carcasse de l’avion, Rachel enfouit son visage dans ses mains et quitta le balcon sur lequel s’était levé le vent de la nuit. Des ondées de chaleur se dégageaient encore du lieu du crash. Pour la, première fois de sa vie, Rachel se rendit compte qu’elle avait aimé un garçon, mais il lui avait fallu attendre que la mort le lui montre…

Morgane n’avais toujours pas éteint cette lueur de terreur instinctive au fond de ses yeux et en admirant de toute la terreur dont elle était capable la funeste danse de l’incendie qui s’était déclaré dans le hall de l’ancien immeuble, elle se demanda énigmatiquement : « Mais qu’est-ce qui a bien pu faire tomber cet avion… »

the_king_hades
the_king_hades
Niveau 10
28 mars 2006 à 16:11:18

tres bon chapitre qui nous plonge encore un peu plus dans l´histoir :ok: ou l´on y aprend un accident tres suspet de l´avion (pour plus d´infi, voir fff). mais juste une remarque, j´ai trouver se chapitre bien plus cours que dab... c´est moi ou bien...?

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
28 mars 2006 à 16:49:10

Finalement ce n´était pas une étoile, une météorite comme j´aurais pu penser...

Bref, on se retrouve dans ce que tu sembles adorer décrire depuis quelques textes si on en juges la profusion dans les Silences d´Anna. C´est à dire une scène de destruction, le plus souvent accompagnée de morts. Ici c´est un personnage attachant que tu fais disparaitre, mais cela ne semble qu´être le second "visible" sur une longue liste.
On peut remarquer qu´Elle, en plus de dégager une aura malsaine à chacune de ses apparitions, voit ses prophéties se réaliser. Syndrôme Hitomi Kanzaki ( des Visions d´Escaflowne pour ceux qui ne connaissent pas) ou vraie devin?

Une remarque toutefois "admirer de toute la terreur dont elle etait capable". On peut l´interpréter de deux manières: premièrement que tu as voulu dire qu´elle était fascinée, qu´elle n´arrivait pas à décrocher son regard de ce spectacle qui la terrorisait. Seconde hypothèse, comme tous les pyromanes, la passion du feu vient du spectacle du feu. En gros, elle lui trouve une certaine beauté sans pouvoir toutefois cacher sa peur pour son ami.

Quant aux questions amoureuses, on note le possible triangle amoureux Anna, Morgane, Rachel tandis que la question de la relation avec Irvin a pris un sérieux coup dans l´aile si je puis me permettre avec le sort du jeune homme et l´ironie morbide au sujet des sentiments que l´auteur se permet

Armiel
Armiel
Niveau 10
28 mars 2006 à 18:19:55

J´ai vu, j´ai lu, j´ai aimé (mince ça ne rime pas)

Mais comme toujours bravo :)

Axnyff
Axnyff
Niveau 10
28 mars 2006 à 18:31:51

Bon chapitre :ok:

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