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Liste des sujets

Les Silences d'Anna : vol.6

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
02 décembre 2005 à 22:32:55

Erf un chapitre 0 ou un épilogue, normalement cela aide à comprendre... Mais là.... On voit une Anna qui se réveille amnésique, enfin pas tellement, troublée sans doute par des choses qu´elle semblait avoir perdu: les Factory Towns, l´Oiseau Blanc, Yann Magalie et la fofolle... Pourtant un tabou subsiste, devras tu faire un chapitre -1? Ou doit-on comprendre que chacun a compris son rôle à la jeune fille?

Et enfin l´élément le plus perturbant, la lettre... Si Anna est vraiment amnésique, et qu´elle s´écrit, c´est qu´elle serait Adeline... Mais comment connaîtrait-elle Yann et Magalie? Si elle est Anna, pourquoi ne se souvient-elle pas de l´enfant? Toutes ces questions et pas de réponses....

  • Part se cacher en pleurant*
bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
03 décembre 2005 à 16:02:45

fffanatic :d) ces questions sont normales, c´est parceque l´épilogue n´est pas sur la même longueur d´onde que le reste de l´histoire, j´arrangerai ce problème prochainement enécrivant une nouvelle version (avec de nouvelles couvertures !) que je posterai sur fictionpress..enfin, d´ici à e que je sache m´en servir...

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
05 décembre 2005 à 20:21:48

:up:
partez pas tous en pleurant !

Armiel
Armiel
Niveau 10
05 décembre 2005 à 20:29:04

:snif2: :snif2:

Armiel
Armiel
Niveau 10
05 décembre 2005 à 20:32:39

Non non, je ne suis pas partie

Enfin tout reste mystérieux avec pleins de questions, c´est ce qui fait le charme de ta fic.

Est-ce qu´on pourrait avoir tous les volumes en une seule fois, ça m´aiderait à ne pas être perdu :lol:

Axnyff
Axnyff
Niveau 10
05 décembre 2005 à 20:36:02

mamounette :-d :coeur: :ok:

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
10 décembre 2005 à 11:11:46

Les Silences d´Anna nouvelle version seront publiés dès cet après-midi sur fictionpress.com :ok:
En attendant, voici la dernière chose que je posterai sur ce forum : le chapitre 1 de la version revisitée :ok: vous pourrez ainsi noter quelques changements par rapport à l´ancienne version et l´évolution de l´écriture depuis, j´ai trouvé ça assez frappant, moi...

Chapitre 1

Assise sur la fenêtre de sa chambre qui lui offrait une superbe vue sur Pleasant Valley au Texas, Anna se délectait du paysage verdoyant clairsemé de bovins ruminant paisiblement. Sans se lever, elle prit la guitare sèche posée sur le bord de son lit par le manche et fit corps avec avant de chercher de la main gauche la note qui ouvrait le morceau. La tête ailleurs, le regard perdu dans le vide et un léger sourire au coin des lèvres, la jeune femme entama la musique que son père avait lui-même composée. Elle grattait doucement du bout des doigts les cordes qui produisaient un son véritablement enchanteur ; elle-même sembla s’évader par la fenêtre pour voler tranquillement au-delà des champs et des forêts, effleurer les montagnes, traverser les océans…

Alors qu’elle jouait parfaitement, le regard d’Anna se perdait dans le vide, ses yeux grands ouverts s’écarquillaient à mesure qu’elle grattait les notes, lui donnant un air étrange. Il émanait de sa personne une certaine sensualité, surtout lorsqu’elle jouait ainsi, sur le bord de sa fenêtre ; sa peau légèrement pâle et douce s’étirait et se détendait au rythme des notes, alors, son visage s’illuminait de satisfaction. Ses yeux verts maquillés de noir brillaient d’une certaine malice et de l’intelligence, ses fines lèvres rouges esquissaient un sourire simple et timide s’ouvrant de temps en temps sur de petites dents de porcelaine. Elle était née avec ce petit visage rond et joufflu. Justement, ses joues n’étaient pas grosses, mais rondes, et cela lui allait à ravir, aussi rondes que son petit nez peu commun. Ses cheveux légèrement ondulés semblaient aussi noirs que l‘ébène, malgré leurs pointes teintées de rouge. Toujours ramassés de différentes façons, ils révélaient en elle une fantaisie débordante. La fantaisie. Voilà ce qui pouvait définir Anna, car elle était toujours très enthousiaste, joyeuse, positive. En plus de ces remarquables qualités, cette jeune femme s’avérait très brillante et pleine de surprises, elle avait d’ailleurs intégré une prestigieuse école de philosophie dans la ville attenante, où elle avait achevé avec succès et félicitations sa première année. Douce, affective, drôle, intelligente, timide, et mignonne ; tels étaient les principaux traits d’Anna, une jeune femme souffrant de sa propre solitude…

" -Bonsoir Anna. Tu ne nous as pas oubliées, non ?
-Si. Mais c´est encore tout palpitant, je n´arrive pas à me le définir…J´y pense souvent, mais je crois que j´ai bien fait de l´oublier.
-Ne t´inquiète pas…Nous allons revenir te chercher…"

Lorsqu’elle se réveilla soudainement, comme sortie d’un cauchemar, elle était encore assise sur le bord de sa fenêtre, sa guitare sous la main, mais dehors, le soleil avait fait place à la lune et la nuit nappait les plaines. Elle lut l’heure affichée au plafond par le retro-réveil ; il indiquait trois heures du matin. Mais peu lui importait l’heure qu’il était ; elle s’était simplement endormie. Sa petite bouche s’ouvrit toute grande et elle bailla longuement en s’étirant, puis se décida à enfin quitter le cadre de cette fenêtre. Elle posa l’instrument de musique au pied du lit et s’étendit sur son matelas. Sans même se changer, elle se glissa sous la fine couette d’été et chercha la position adéquate à son sommeil. En attendant Morphée, elle jouait avec la chaînette qui joignait son percing à l’oreille et son collier. Le cliquetis des maillons la berçait et elle s’affaissa bientôt, évadée dans les profondeurs de la nuit…

Après un court sommeil, Anna se réveilla vers les sept heures du matin. Le soleil qui était déjà levé caressait doucement son visage souriant. Les rares oiseaux qui troublaient le ciel encore jaunâtre chantaient l’automne ou l’été mourant en venant picorer les graines laissées de l’autre côté de la fenêtre. Après un soupir et un bâillement étiré, la jeune femme ramassa délicatement les quelques mèches qui lui tombaient sur le visage et se leva rapidement. Elle s’habilla à grande hâte et après un bref passage dans sa salle de bain où elle se faisait belle, elle sortit de sa chambre. De l’autre côté du couloir, ses parents dormaient encore en toute quiétude, c’est pourquoi elle s’aventura dans les escaliers, qui avaient une dangereuse tendance à grincer, à pas de loups. En arrivant dans la cuisine, une grande pièce éclairée par deux vastes fenêtres, la maîtresse de maison numérique souhaita à Anna une bonne journée et lui annonça des prévisions météorologiques plutôt favorables en même temps que sa ration énergétique matinale était à retirer dans le synthétiseur alimentaire.

Elle se dirigea donc vers la machine blanche occupant une grande partie du buffet qui séparait les deux fenêtres et en sortit une petite assiette contenant une sorte de gelée jaunâtre qui pouvait s’apparenter, avec un peu d’imagination, à du blanc d’œuf…Ce breuvage était un concentré de toutes les vitamines en bonnes proportions dont une femme comme Anna avait besoin pour la matinée, et s’il s’avérait peu appétissant, elle n’en fit qu’une gorgée.

La fille de la maison ignora les insupportables palabres de la voix numérique et enfila son gilet et ses bottines avant de sortir par la seconde porte ; celle qui donnait sur la vallée qu’elle semblait pouvoir dominer de sa chambre.

Dehors, l’air était sec et chaud, les voisins ne s’étaient pas encore levés, pas plus certainement que le quartier résidentiel de Johanburg tout entier…Anna s’engagea sur le trottoir et se rendit à l’arrêt d’aérobus qu’elle avait coutume de prendre à chaque fois qu’elle montait en ville, ce qu’elle faisait régulièrement en périodes de cours pour se rendre à l’université, pour aller faire le ravitaillement en matière énergétique ou faire l‘acquisition, en l‘occurrence, d‘une mise à jour du programme de maîtresse de maison. Ses parents n’aimaient pas vraiment monter en ville, endroit sombre et monotone où régnaient la pollution et les brigands des hautes strates de l’administration comme de la planète…

Sur le chemin elle avait vu circuler quelques voitures silencieuses à hydrogène, les premières personnes à aller travailler tôt le matin. Arrivée à la petite station dont l’accès exigeait une présentation digitale, Anna trouva deux ou trois personnes qui montaient également à la ville, dont Yann, son compagnon de classe depuis les premières années d’étude. Yann était de quelques années plus âgé que la jeune femme, mais la complicité s’était installée entre ces deux personnes…Il fit à Anna le résumé du mois de cours qu’il avait passé sans la voir, car il était fréquent qu’ils ne puissent avoir de nouvelles l’un l’autre pendant plusieurs semaines. Mais la petite brune fut interloquée par une réflexion que lui adressa son ami alors que les moteurs de la navette commençaient à refaire entendre : « Alors, comment va ton bras depuis ? ». Elle ne comprit strictement rien, mais pour ne pas le froisser, elle lui sourit poliment. Yann répondit par un clin d’œil amical et empoigna son cartable lorsque le sas d’accès au quai s’ouvrit.

La navette ne tarda pas ; le bruit sourd de ses moteurs à hydrogène combinés avait en effet trahit sa discrétion dans le ciel. Il s’agissait d’un engin métallique reflétant très bien les rayons du soleil. Sa forme évoquait la carapace d’une tortue à coup de serpent d’une trentaine de mètres de longueur. Les tuyères des réacteurs embusquées sous chacune des deux ailes à géométrie variable se contractèrent pour diminuer le flux d’énergie et permettre à l’aérobus de léviter un court instant à hauteur de la station, juste le temps nécessaire aux voyageurs pour embarquer.

Le vaisseau s’éleva dans les airs dans un ronronnement régulier puis pivota sur lui-même de façon à faire face au Nord et les tuyères se dilatèrent à mesure que la poussée de l’engin augmentait. Avec un angle ascendant de quarante degrés, l’arrivée à New Lubbok était assurée en à peine cinq minutes. Bientôt, la tortue géante perça la strate nuageuse et coupa les réacteurs ; elle arrivait dans le champ visuel de la ville. Celle-ci apparaissait en effet sous les yeux toujours aussi impressionnés des villageois. Les villes était de titanesques champignons dont le pied semblait prendre racine dans les nuages, des champignons gris virant au marron à cause de la lumière solaire filtrée par la pollution omniprésente. Comme suspendues par un fil invisible à la voûte céleste, ces cités magiques s’élevaient à la force de coussins d’air plus puissant encore que des anticyclones, à une hauteur moyenne de quinze milles mètres. Construites sur une plate-forme de plusieurs milliers d’hectares, les infrastructures résultaient d’un manque cruel d’imagination mais d’un besoin infini de la part des hommes de construire droit, symétrique et pratique. Les buildings jouaient au chat et à la souris, montrant au ciel et aux centaines de milliers de transporteurs cheminant dans l’espace aérien quelque enseigne publicitaire bariolée de couleurs hideuses. A cette forêt de constructions monotones s’ajoutaient de très hautes cheminées émergeant des usines construites au cœur du chapeau du champignon et déversant leur gaz nullement filtré directement dans l’espace.

Les « Factories Town », comme les grands de ce monde se plaisaient à nommer ces villes, étaient la réponse qu’ils avaient jadis donné aux écologistes pointant du doigt les conséquences catastrophiques de l‘effet de serre. Nécessitant un investissement financier inqualifiable, la mise en place de ces villes volantes relançaient cependant l’activité économique par l’offre colossale d’emploi engendrée et l‘infinité d‘avantages offerts. Ensuite, toutes les industries américaines y délocalisèrent rapidement leurs usines, car il y était nettement plus facile de se débarrasser des gaz nocifs en les rejetant directement dans l’univers très proche, réduisant ainsi au silence la question des gaz à effet de serre. De plus, l’État imposait aux quartiers résidentiels de ce monde supérieur un loyer misérable pour proposer un asile plausible aux populations immigrés de l’ancien monde fuyant la guerre et les régimes dictatoriaux. Les Factories Town étaient l’œuvre pharaonique des hommes, New-York avait ainsi été la première des villes à avoir été rebâtie dans le ciel, cent cinquante ans auparavant…

Mais ces aspects de la ville étaient rapidement oubliés par les terriens qui n’y étaient la plupart du temps qu’occasionnellement de passage. L’aérobus arriva au terminus du trajet et Anna en descendit la première. Elle fit un signe de la main à Yann qui prenait une autre direction qu’elle et s’enlisa avec une certaine hâte dans Down Street, la rue fourmillant de milliers de piétons et qui séparait les quartiers résidentiels dangereusement fréquentables des riches zones industrielles en plein essor. L‘architecture des lieux était remarquable ; à cinquante mètres au-dessus de la tête des passants s‘épanouissait la plus grande baie vitrée qui soit, suffisamment translucide pour éclairer la ville du soleil orangé et assez résistant pour supporter l‘écart de pression qui régnait entre l‘extérieur et l‘intérieur. La première règle que respectait Anna lorsqu’elle était ainsi en ville était de ne regarder que ses pieds ; poser son regard sur celui d’un autochtone pouvait être interprété comme une provocation et donner lieu à un règlement de compte à coup de couteau, c qui arrivait encore trop souvent dans ce monde urbain. Au fond de la troisième rue ouest se trouvait son université, mais c’était au centre commercial Lubbolucky, septième adresse de la cinquième rue ouest, qu’elle se rendait.

Mais au niveau de la quatrième rue, Anna se sentit traversée par un souffle froid, ses tympans se compressèrent lentement, jusqu’à ce que l’horrible bourdonnement de la foule soit réduit à l’état d’un murmure incompréhensible. Un léger vent s’engouffra dans son pantalon et lui enroba tout le corps sous ses vêtements jusqu’à lui geler le plus petit muscle du visage. Elle resta ainsi apeurée et incapable de bouger pendant quelques secondes, et une étrange voix lui susurra quelques mots à l’oreille, une voix froide et perçante comme le vent, mais si basse qu’elle n’en comprit pas la moindre syllabe. Hésitante et inquiète, Anna tourna la tête vers l’endroit d’où émanait ce son. Et là elle le vit. C’était une grande silhouette dressée dans la pénombre d’une ruelle séparant deux immeubles. Adossé contre le mur, le personnage semblait la fixer et lui parler. La jeune femme s’en rapprocha d’un pas maladif. La chose avait bien deux mètres de hauteur ; enveloppée dans un grand imperméable brun, elle cachait son regard et son visage à l’ombre de son chapeau gris, le bas de son corps était masqué par l’obscurité. Si elle n’avait pas été aussi inquiète devant cette étrange personne, Anna aurait juré qu’il ne s’agissait que d’un homme d’âge respectable. Elle faillit faire un bond en arrière lorsqu’il sortit la main droite de la poche de son imperméable pour lui tendre une enveloppe portant son propre nom. Au comblée la surprise, elle ne put que saisir l’enveloppe et l’arracher sans peine de la main gantée du mystérieux personnage.

Anna baissa alors les yeux sur le document qui lui avait été remis et sentit une dernière fois le souffle froid de l’homme à l’imperméable avant de relever les yeux sur celui-ci, mais il avait déjà disparu, volatilisé… Elle recouvrit alors ses esprits ; le bourdonnement de la rue avait reprit son timbre assourdissant et le vent glacial s’était tari.

Anna aurait continué sa course comme si rien ne s’était passé si elle n’avait pas eu entre les mains cette mystérieuse enveloppe…

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