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fanfic. Il n'y a pas encore de titre

P1GNON
P1GNON
Niveau 5
26 septembre 2005 à 13:43:37

C´est vrai quand on a pas internet c´est dur de poster :rire:
(dommage pour nous :snif: )

Rhianon
Rhianon
Niveau 5
26 septembre 2005 à 14:38:52

je ne la laisserai pas tomber, promis !! ! essayez juste de ne pas l´oublier...

Rhianon
Rhianon
Niveau 5
26 septembre 2005 à 15:05:26

voici la suite. chapitre plus court, pas très bon je trouve, mais bon j´aime bien la deuxème partie quand même !

Chapitre 10

Vincent se réveilla une heure plus tard, un bandage sur le crâne. Les trois acolytes se trouvaient autour de lui, l’inquiétude marquée sur le visage.
- Ah enfin te revoilà ! s’exclama Gaïa.
- Tu nous a fait une de ces peur ! renchérit Kenan.
- Comment t’as pu te faire avoir par ce truc ?
Vincent secoua la tête. Ils étaient en forme, et parlaient drôlement fort !
- J’aimerais te voir prendre un coup sur la tête ! répondit-il. Quelle que soit la force de l’adversaire, il y a des coups qui ne loupent jamais !
- Bon tu penses qu’on peut repartir quand ? demanda Gaïa. Je voudrais pas te presser, mais bon on a encore du chemin…
- Oui oui, je comprend bien ! il me faut encore une petite heure, après ce sera bon.
Les jumeaux acquiescèrent et s’en furent préparer les affaires. Quelques couvertures à ranger, les sacs à dos à préparer. Pendant ce temps, Marlène resta à côté de Vincent. Elle le regardait, perplexe.
- Qu’y a-t-il ? demanda innocemment Vincent.
- Tu t’es laissé toucher !
- Bien sûr ! il faut bien qu’ils apprennent ! Et toi aussi d’ailleurs !
Marlène croisa les bras. Elle se sentit un peu vexée d’être mise au même niveau que les jumeaux. Ella avait tout de même suivi un entraînement !
- On en apprend toujours. Le niveau de départ importe peu… ajouta t-il en reposant sa tête sur le sol.
Son regard se troubla. Il regardait le ciel et semblait vide. Marlène se demanda à quoi il pouvait bien penser. Ce que recélait l’esprit de Vincent était un véritable mystère. Un mystère incompréhensible et fascinant par la même. Un jour elle parviendrait à percer ce mystère, elle se le promit.

Ils décampèrent une heure plus tard, comme Vincent leur avait demandé. La suite du trajet fut certes tout aussi désagréable que le début, puisque la pluie tombait toujours, mais plus reposant puisqu’ils ne rencontrèrent plus d’embûches. Kenan avait également proposé de récupérer autant de viande que possible sur le Zemzelette. Ce n’était qu’un animal comme un autre après tout, et cela lui évitait la chasse pendant au moins trois jours.
Ils arrivèrent a Midgar peu de temps après. C’était un matin très pluvieux, ils ne pouvaient pas voir à plus de trois mètres. Aussi tombèrent-ils sur la ville par surprise. Ce qui la rendit encore plus impressionnante. Midgar était en ruines. Une marre de désolation dans la plaine. Les bâtiments de pierre et de métal étaient effondrées, rouillées. La Plaque qu’avait connue Vincent s’était effondrée. Et au milieu de cela, une tour en construction immense s’élevait. Elle était sombre, lugubre. Déjà haute, elle se perdait presque dans les nuages bas porteurs de pluie. Le ciel chargé formait un arrière plan angoissant et pesant. La Tour dominait la ville, l’écrasait, l’empêchait de vivre. Autour d’elle, des milliers de travailleurs trempés, en vêtements légers, maigres et à peine alimentés. Cela coûtait cher de nourrir tant d’ouvriers, aussi chacun se débrouillait-il. Des morts s’entassaient dans des coins. La fatigue, la malnutrition, les maladies… L’odeur nauséabonde n’était supportable qu’avec la pluie qui la dissipait un peu. Ces travailleurs souriaient, paraissaient heureux de leur sort. Il n’y avait pas de soleil, ils travaillaient comme des forçats et étaient sous-alimentés. Ils dormaient dans les ruines de l’ancienne Midgar, avec juste quelques couvertures pour subsister. Mais ils souriaient. Qu’avait donc pu leur promettre Rufus ? En réalité, les voyageurs savaient ce que leur avait promis Rufus. Mais comment pouvaient-ils croire au Paradis dans cette ambiance glauque de mort et de destruction, dans cette ville qui se rapprochait bien plus de l’Enfer ?
- La Shinra me dégoûte de plus en plus, murmura Kenan.
Les jumeaux étaient restés immobiles quand ils avaient découvert l’atrocité qu’était devenue Midgar.
- Ce n’est qu’un aperçu. Rufus voulait « régner par la terreur ». Là c’est pire. Cela donne une idée des limites qu’il peut encore dépasser…
Gaïa se détourna un instant, ferma les yeux, et quand elle les rouvrit, ne pu réprimer un haut le cœur. Elle fit quelques mètres et vomit. Elle se rendit compte plus tard qu’il avait à côté le corps d’un enfant mort. Cet enfant avait les yeux ouverts et un sourire béat sur les lèvres. Pourtant, une jambe lui manquait et les vers l’avait entamé. Gaïa sentit la tête lui tourner. Une lumière blanche l’éblouit. L’odeur de la mort l’envahit. Elle s’évanouit.

Maitre-Hojo
Maitre-Hojo
Niveau 8
27 septembre 2005 à 10:39:29

Salut, j´ai lu les 2 premier chp et serieux:
Ho grand maitre, moi maitre-hojo me prosterne. votre fiction est magnifique, accepter vous les disciple.
j´ai imprimer la suite pour la lire chez moi.
en ce moment j´ecris une fiction mais je n´ai aucun style d´ecriture, plus je la relis plus je trouve mes phrase lassante. pourriez m´aider grand maitre svp

Axnyff
Axnyff
Niveau 10
28 septembre 2005 à 13:08:28

au fait rhianon à propos de rien tu as trouvé le titre ??

sinon ton dernier chapitre est bien

squall321
squall321
Niveau 9
29 septembre 2005 à 17:38:47

upppppp la suittttttttte :rouge:
^^ jadore se truc

P1GNON
P1GNON
Niveau 5
29 septembre 2005 à 18:59:57

merci pour le up !
Tu m´as fait esperé un MAJ !
:lol:

Axnyff
Axnyff
Niveau 10
02 octobre 2005 à 19:31:32

alors tu mets quand la suite ??

chaoz
chaoz
Niveau 10
05 octobre 2005 à 21:18:31

passage eclair sur ce forum pour upper cette fic :p) :)

Rhianon
Rhianon
Niveau 5
08 octobre 2005 à 14:43:36

je suis en lutte en ce moment, j´ai pas trop accès a internet puis comme c´est la rentrée universitaire (inscriptions qui prennent toute la journée, etc...)c´est plutôt galère... j´espèr epouvoir faire un chapitre bientot et surtout... LE POSTER !! !! Vos commentaires m´encouragent à ne pas lacher le morceau.
Maître Hojo : pour le style, ca vient en écrivant (en ce qui me concerne j´ai déjà fini un livre, qiu est plutôt mauvais d´ailleurs au niveau du style, et j´écris plein de trucs qui ne sont pas destinés pa âtre terminés justement pour m´entraîner). Si t´as besoin d´un lecteur, envoie moi tes écrits sur ma boite imel et quand j´y passerai, je t´enverrai mes commentaires si tu veux ! salut !! !

Axnyff
Axnyff
Niveau 10
12 octobre 2005 à 19:26:04

:up:

Rhianon
Rhianon
Niveau 5
13 octobre 2005 à 13:05:45

la bonne nouvelle du jour c que la suite est pour aujourd(hui (un peu plus tard dans l´aprem...)
A tout à l´heure !! !

Rhianon
Rhianon
Niveau 5
13 octobre 2005 à 14:05:26

ET VOILA LA TANT ATTENDUE SUITE !! ! enfn j´ai pu avoir accès à un pc avec internet, aussi me précipité-je pour vous poster le chapitre suivant. En espérant vous revoir bientot, chers lecteurs, bonne lecture !

Chapitre 11

Elle courait. L’atmosphère qui l’entourait était sombre, une brume noire s’était abattue sur elle, comme voulant l’étouffer. Quelque chose la poursuivait… ou courait-elle après quelque chose ? Elle ne savait plus guère. Soudain, un cri s’éleva dans la brume. Homme ou femme, elle ne pouvait distinguer le sexe de l’agonisant. Car il s’agissait bien d’une complainte d’agonie. Un long cri, empli d’une souffrance telle qu’elle n’en avait jamais rencontré. Pas une souffrance physique… Cela, elle savait bien comment cela se traduisait… Il s’agissait là d’une souffrance bien plus profondément ancrée dans un être… Cela provenait des tréfonds d’une âme. De qui pouvait-il bien s’agir ? Cela se rapprochait de plus en plus. C’était de plus en plus distinct. Soudain, le visage familier d’un enfant souriant et livide lui apparut en des proportions gigantesques devant les yeux. Elle s’effondra au sol. Le cri d’agonie venait de lui entrer dans la tête. Une douleur insupportable s’infiltra dans son corps et s’empara de ses membres et de son cerveau. Elle porta ses mains à ses tempes et hurla mais n’entendit pas son propre râle. Le cri d’agonie l’emplissait de la tête aux pieds. Au moment où la douleur allait la tuer, elle se réveilla.
Autour de Gaïa, trois visages attendaient, inquiets. Elle ne voyait qu’eux. Vincent, Marlène et Kenan. Tout lui revint subitement en mémoire. Elle tourna la tête de chaque côté, pour voir si… non ! ils l’avaient emmené ailleurs. L’enfant mort au visage serein ne la regardait plus. Elle soupira de soulagement.
- Ca va ? s’inquiéta son frère.
- Euh… répondit-elle un peu sonnée. Je crois que ça va aller. J’ai fait un drôle de rêve… c’était… ah merde ! Je m’en souviens déjà plus !
Elle fronça les sourcils, se concentrant pour se souvenir. Non, rien.
- Laisse, ce ne devait pas être important, la rassura Marlène. Tu nous a fait une belle peur !
- Comment ça ?
- T’es tombée dans les pommes, puis on t’a vue gesticuler et gémir pendant dix minutes… un cauchemar sans doute…
Gaïa avait effectivement cette sensation désagréable, comme on en a souvent après un rêve dérangeant ou un cauchemar.
Gaïa se hissa sur son séant. Autour d’elle, tout était toujours aussi gris, sombre et pesant. La Tour s’imposa d’elle-même. Un frisson la parcourut. Elle avait un mauvais pressentiment en observant cette tour.
- Elle nous met tous mal à l’aise, lui dit Vincent qui avait semblé lire dans ses pensées. Cette Tour est un mauvais présage…

Gaïa se sentit beaucoup mieux dix minutes et un petit quelque chose dans l’estomac plus tard. Ils partirent donc tous à la recherche de n’importe quoi, tant que cela pouvait les aider d’une quelconque manière. Il sembla très vite que la meilleure solution consistait à se mêler aux autres ouvriers. Ainsi fut-il fait. On les déposséda de tous leurs effets sauf leurs vêtements, on leur fournit un paquetage et il étaient sur le chantier.
Une abomination sans nom. Voilà ce qu’était le chantier. Une préfiguration de l’Enfer ! Des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants matraqués de travail, menés par des Chefs armés de fouets, transbahutaient des pierres, du bois, des outils, à l’aide de charrettes qu’ils tiraient eux-mêmes. Un échafaudage branlant grimpait le long de la tour. Au sommet de celui-ci, des enfants et des jeunes, plus souples, plus agiles et en meilleure santé, fixaient pierres et autres matériaux. Les passerelles étaient de facture plus que douteuses, aussi quand lâcha l’une d’entre-elles, personne ne s’étonna. Les trois jeunes gens s’écrasèrent trente mètres plus bas, presque aux pieds de la petite compagnie. Ils avaient de huit à seize ans. Kenan sursauta, réprima une envie de vomir et jeta un regard désespéré sur Vincent.
- Emmenons-les, ordonna t-il.
Ils s’arrangèrent pour déplacer les corps hors du champ de passage ; Ils se seraient fait piétiner. A leur retour, le Chef les attendait, fouet dégainé.
- On ne prend pas d’initiative ici ! aboya t-il.
- C’est de ma faute ! s’exclama Vincent avant que le Chef ne punisse l’un des enfants dont il avait la garde.
Le Chef prit une jolie couleur violacée.
- On ne s’exprime que si on en a la permission !
Sa voix avait monté d’un octave. Vincent préféra faire profil bas et, bien qu’il lui en coûtât, baissa la tête en guise de soumission. Il ne fallait surtout pas provoquer d’ennuis s’ils voulaient découvrir quelque chose et les enfants devaient être préservés. Quelqu’un le frappa à la nuque, ce qui le força à s’agenouiller. Il remercia la Nature de lui avoir donner la patience et l’esprit de responsabilité quand les coups de fouet s’abattirent en pluie incessante sur son dos.

Après avoir travaillé des heures durant sous un ciel plombé de lourds nuages qui n’hésitèrent pas à déverser leurs flots sur les ouvriers de Midgar, la Shinra appelait d’une manière particulièrement démagogue l’Armée des Enfants de Midgar, les jumeaux, Marlène et Vincent s’installèrent dans un coin encore inoccupé de la ville en ruine. Ils avaient pu trouver un endroit plus ou moins à l’abris des intempéries, à savoir une vieille église en bois au toit éventré qui aurait pu souffrir bien davantage de la chute du météore et qu’on n’avait pas dépossédé de ses matériaux. Un petit parterre de fleurs égayait l’ensemble. Que faisait-il donc là ? Comment arrivait-il a survivre parmi la mort et la désolation ? Une dernière question turlupinait les voyageurs… comment se faisait-il que personne n’ai eu l’idée de s’installer ici ? Ils ne se posèrent pas trop longtemps la question, trop heureux de trouver un endroit à l’abris et moins miteux que les autres… Ils déballèrent leurs paquetages en hâte et tentèrent de trouver de quoi grignoter. Ils trouvèrent une couverture par personne… enfin une étoffe épaisse comme une chemise en flanelle et aussi désagréable au toucher que du papier de verre. Il y avait aussi une écuelle de mauvaise facture, une cuillère assortie et une tenue, comme un uniforme… un uniforme informe en réalité. Une sorte de pantalon troué arrivant à la moitié des tibias et ce qui ressemblait à un T-Shirt… Pas de sous vêtements bien sûr, les paquetages étaient unisexe…
- On va s’amuser… grommela Marlène.
- J’te l’fais pas dire… approuva Gaïa, une once de désespoir dans le blanc des yeux.
Vincent et Kenan, désabusés, préférèrent s’abstenir de tout commentaire. La perspective de l’inconfort les démoralisaient.
Ils cherchèrent donc, mais rien à manger. Ils s’en doutaient un peu cela dit…
Un peu plus tard dans la soirée, s’installant pour la nuit, Vincent ôta sa chemise. Les coups de fouets avaient laissé des marques rouges qui n’avaient pas pu cicatriser. Le sang avait coagulé et cela suintait un peu. Gaïa poussa un cri.
- Ce n’est rien, dit Vincent. C’est un peu douloureux, mais mon colocataire ne me laissera pas mourir. Cela fait 25 ans qu’il m’empêche de vieillir, ce n’est pas pour me laisser tuer par trois malheureux coups de fouet !
Il y en avait plus que trois, bien sûr, mais Vincent n’était pas du genre à se lamenter…
- Au fait, demanda Marlène, c’est quoi toutes les autres cicatrices ?
Vincent était effectivement marqué de partout. Son torse était couvert de diverses cicatrices.
- Blessures diverses… beaucoup ont une vingtaine d’année, c’est une période où je me suis battu quotidiennement… et bien sûr, les visites de mon ami cornu laisse des marques également…
- Comment cela se fait-il ? demanda Kenan, intrigué.
- Il sort de moi… et il est gros… je te laisse réfléchir aux conséquences.
- Je croyais que tu te transformais, murmura Marlène.
- C’est un peu compliqué. Je me transforme et le laisse sortir à la fois. L’intérieur de mon corps prend les dimensions de mon ami, et ma peau se déchire pour lui laisser place. Ma peau se remet en place ensuite mais ça laisse des cicatrices… enfin c’est ce que je ressens… Une expérience enrichissante que je ne souhaite cependant à personne…
Tous restèrent silencieux une seconde.
- En tous cas, il a besoin de moi pour survivre hors de chez lui. Il ne me laissera pas mourir. Seul celui qui me trancherait la tête parviendrait à m’occire, conclut Vincent.
Les bouches béantes des trois jeunes compagnons de Vincent le firent sourire.
- Bon, et si nous nous couchions maintenant ?!

Axnyff
Axnyff
Niveau 10
13 octobre 2005 à 17:06:25

tres bien , excellent :ok:

ca fesait longtemps que j attendais la suite

Sugy
Sugy
Niveau 10
15 octobre 2005 à 06:53:39

=]

C´est bien.

Ouh là, j´me relâche dans mes commentaires, désolé. C´est pour te signifier que je suis bel et bien là, que je lise.

chaoz
chaoz
Niveau 10
18 octobre 2005 à 21:15:56

up ^^

Kakashi_666
Kakashi_666
Niveau 8
19 octobre 2005 à 20:12:47

On veut la suite.Et schnel...euh je veut dire vite.

chaoz
chaoz
Niveau 10
31 octobre 2005 à 11:25:31

et un :up: de plus :p) :)

Kakashi_666
Kakashi_666
Niveau 8
12 novembre 2005 à 19:49:55

:up:

Rhianon
Rhianon
Niveau 5
21 novembre 2005 à 15:09:45

Je sais je sais, je met longtemps a poster, mais j´ai pas mal de boulot a côté (cours et travail pour payer mon loyer...) Cependant, comme promis, je n´abandonne pas !! !

Voila la suite !
Chapitre 12

Ils s’éveillèrent le lendemain matin avec le bruit du cor. Quelle heure pouvait-il être ? Ils ne pouvaient même pas se fier au ciel, toujours aussi sombre que la veille. Ils avaient en tous cas l’impression qu’il était très tôt et de n’avoir pas assez dormi. Ils se hâtèrent, ne sachant pas de combien de temps ils disposaient pour de préparer. Ils passèrent outre les courbatures et autres douleurs. Cinq minutes plus tard, ils étaient tous les quatre devant l’église. La sérénité du lieu qui les avait protégés durant la nuit s’évanouit tout à coup. Le froid pénétra leurs vêtements et, tête baissée, vaincus par les éléments, ils se dirigèrent vers le chantier.
Celui-ci n’avait pas changé. Toujours aussi sordide, toujours aussi meurtrier. Avant la courte pause de midi, neuf personnes trouvèrent la mort. L’épuisement, les accidents, les coups… Gaïa avait du mal a retenir ses larmes. Son frère, tout aussi touché par ces conditions épouvantables, tentait tout de même de la réconforter par sa présence et ses encouragements. Vincent quant à lui devait raisonner Marlène qui a chaque fois qu’elle voyait quelqu’un prendre un coup de fouet s’emballait. Ils s’installèrent silencieusement tous les quatre pour manger le gruau infâme qui leur servait de nourriture. Ils étaient retombés à l’époque de l’esclavage, songeait Kenan. A la différence que les esclaves qui travaillaient à la construction de cette tour étaient consentants. Ou tout au moins le croyaient-ils. La question qu’il se posait désormais était de savoir comment ils allaient pouvoir sortir de ce merdier. Alors qu’il songeait à cela, un coup de pied dans le tibia le réveilla. Ses trois compères étaient debout devant un Chef. Il se leva aussitôt, laissant tomber sa bouillie. Ce n’était pas une grande perte.
- Le Président veut vous voir ! annonça t-il sans préambule.
Il tourna alors les talons. Les quatre voyageurs se regardèrent et décidèrent de le suivre promptement. Sûrement les emmenait-il voir Rufus, le seul ici à pouvoir se targuer du titre de Président.
Ils marchèrent en file indienne sans piper mot, afin d’éviter autant que possible les embêtements. « Qu’est-ce que Rufus peut bien nous vouloir ? » se demanda Kenan qui ne pouvait s’empêcher de réfléchir encore et toujours à la situation.
- Je ne sais pas, entendit-il dans sa tête.
- Gaïa ? dit-il tout haut.
Le soldat lui lança un regard haineux. Il comprit qu’il devrait plutôt se taire.
Il avait cependant reconnu la voix de sa sœur. Enfin pouvait-il parler de voix ? Comme une résonance dans son crâne. Il était pourtant sûr de ne pas être fou !
- Oui ! répondit-elle enjouée. Je t’entend depuis tout à l’heure, je ne savais pas qu’on pouvait communiquer… continua t-elle silencieusement. Il suffit de diriger ma pensée vers toi et…
Kenan resta coi. Il ne revenait pas de ce qu’il venait de comprendre ! Il pouvait communiquer avec sa sœur par la pensée.
- Et tu crois que…
- J’ai déjà essayé. Les autres sont hermétiques. On est psychiquement reliés par la pensée…, dit-elle d’une intonation mystique.
- Arrête de faire de l’humour, ce n’est pas le moment ! rétorqua son frère, toujours aussi silencieusement.
En effet, le soldat s’arrêta devant la tour. Elle paraissait encore plus grande vue de la porte. Ils furent introduits dans le bâtiment en construction.

La salle où ils avaient été emmenés avait une décoration plutôt quelconque, remarqua Vincent. C’était normal cependant : Rufus installerait son bureau à l’étage le plus haut de la Tour, qui était encore loin d’être terminée… Il était terriblement prévisible.
Le plus surprenant n’était donc pas la taille de son bureau, ou sa décoration, mais plutôt les trois personnes qui se trouvaient derrière lui… Youffie, Cid et Nanaki, aussi sombres que l’ambiance de la ville, semblaient protéger celui qu’ils avaient pourtant combattu… Au fond de leurs yeux dansaient les flammes de l’Enfer. C’était leurs corps, mais leurs âmes avaient capitulé devant l’envahisseur… Vincent le savait… aucun n’avait la disposition de son propre corps. Un démon les habitaient. Un démon avec lequel ils n’avaient pas appris à cohabiter, ou qui n’avait pas voulu partager. Une douleur se réveilla au fond de lui-même. Il sentit que son hôte avait tiré les mêmes conclusions que lui et… une sensation étrange naquit en lui, comme s’il reconnaissait les démons qu’il avait en face de lui. Une haine farouche l’embrasa.
Rufus se leva.
- Vous n’avez pas l’air étonné de ce que vous voyez… dit-il.
- Pas trop, non, répondit Vincent. Nous avions déjà rencontré la chose qui a volé le corps de Youffie à la Costa del Sol.
Rufus sourit.
- omment pouvez-vous être sûr que ce n’est pas Youffie elle-même ? Elle aura compris où était son intérêt…
- N’insultez pas mon intelligence, Rufus, et dites nous plutôt ce que vous voulez…
- Vous croyez franchement que je vous aurais laisser fouiner à loisir dans mes affaires ? C’est vous qui insultez mon intelligence à présent.
Il passa devant les autres membres du groupe.
- Tu as bien grandi, Marlène… te voilà devenue une très belle femme…
- Touche moi et je te castre ! cracha t-elle en retour, furibonde.
Rufus parut amusé de cette réplique. Il s’approcha un peu plus d’elle et laissa glisser un doigt le long de la joue de la jeune femme, puis de sa poitrine. Marlène, entravée par des cordes, rageait.
- Tu ne peux rien faire, ma belle. Je suis le maître…
Pour toute réponse, elle lui cracha au visage. L’homme roux s’essuya, un sourire sadique aux lèvres, et avant de partir lui décocha une gifle qui coupa la lèvre à la jeune femme.
- La prochaine fois que tu fais ça, je te coupe la langue, petite dinde.
Il passa aux jumeaux avant qu’elle ne puisse répondre.
- Et vous alors ? De quoi êtes vous capables ? Vous avez un poids énorme sur les épaules… vous devez relever le niveau de votre père… Vous savez que c’est un raté doublé d’un mythomane bien sûr…
- C’est aussi celui qui a sauvé la planète que votre propre père a failli détruire, murmura Kenan pour toute réponse.
Rufus accusa le coup.
- Mon père était lui aussi un raté. Il n’était pas capable de diriger l’empire qu’il avait construit. Ses propres scientifiques lui avaient échappé… Il leur faisait trop confiance. Avec moi le monde sera différent…
« J’ai envie de le frapper… » pensa Gaïa en dirigent ses pensées vers son frère. « Retiens toi. On a déjà pas mal de problèmes ! »
- Dans tous les cas, vous voilà a ma merci. Vous allez mourir. Gardes, emmenez-les dans les cellules. Séparez-les. Sauf M. Valentine. Pour lui, c’est la salle que vous savez.
Marlène paniqua.
- Quelle est cette salle ? demanda t-elle.
Elle n’eut que le temps de voir le sourire sadique de Rufus avant de sentir une barre s’abattre sur sa nuque.

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