Voilà, le volume 1 de mes aventures du moment s´est terminé, j´ouvre donc un nouveau topic pour le 2...Pas de panique pour le(s) ancien lecteur, c´est toujours la même histoire, mais d´autres peuvent prendre le bateau en route
VOLUME II
L´Agnus Dei
( http://www.myblog.fr/albums/Divers/160009.jpg )
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Chapitre 1
Les grands couloirs sombres nourris d’une inquiétante lumière tamisée provenant du plafond étaient tapissés d’un rouge royal, de petits motifs jaunes parasitaient d’ailleurs la pureté de la couleur du sang. Dans les grandes et épaisses fenêtres qui apparaissaient tous les dix mètres environ, on pouvait voir la Terre, un grand bleu occulté par les systèmes cycloniques, et le glorieux continent américain, presque entièrement dévêtu de cette robe nuageuse. Le grondement du vaisseau était omniprésent dans ces couloirs, mais il serait bientôt couvert par le murmure du public.
Une petite centaine de personnes, l’élite de la société, avait en effet été invitée en ce jour pour participer au vol d’inauguration de l’Oiseau Blanc puis à se réunir pour faire un point sur le développement aéronautique du pays. Les lourdes portes métalliques s’ouvrirent. Dans la salle de spectacle, un millier de citoyens privilégiés avaient pris place dans les gradins disposés en arc de cercle autour de la scène alors cachée derrière un épais rideau rouge. Les loges réservées pour la délégation se trouvaient bien plus en hauteur, là où pas un détail du spectacle ne pouvait s’échapper. Les fauteuils en velours rouges visiblement confortables sur des cadrans en bois doré et synthétique étaient disposés le long du couloir richement tapissé, sous les arcades qui parcouraient la largeur de la salle.
Je m’assis au fauteuil qui portait mon nom. Ma place se trouvait face à la scène, légèrement décalé sur la gauche. A ma droite se tenait Mustapha Meunier, troisième adjoint à l’administrateur mondial. Le fauteuil sur ma gauche fut bientôt occupé par le seigneur Von Harling, un ami qui me salua comme il se devait. Nous discutâmes quelques minutes, puis notre conversation s’interrompit brusquement lorsque les projecteurs photoniques culminant au plafond de la salle s’éteignirent. Profitant de l’obscurité, les rideaux se tirèrent et la lumière revint petit à petit sur la scène dévoilée qui prenait alors une nouvelle dimension au yeux des spectateurs, elle paraissait en effet bien plus petite. Au fur et à mesure que la lumière s’intensifiait, une nappe sonore de violon synthétique allait crescendo. Sans applaudissement, la voix du spectacle apparut au centre du halo de lumière. C’était une jeune femme aux longs cheveux noirs teintés de rouge sur les pointes, elle avait un visage arrondi et un petit nez courbe entre ses petits yeux verts en amandes et maquillés de noir. Elle apparaissait en tenue de soirée blanche.
La chanteuse avait entre ses mains un drôle d’instrument noir que la plupart des spectateurs ne connaissait certainement pas ; c’était une guitare. Un petit micro était fixé à côté de l’ouïe de façon à enregistrer le son harmonieux et oublié que cette jeune artiste puisait en son instrument. La musique prit bientôt tout son entrain et la femme chantait de tout son cœur, sa voix était alors mise en écho par celle de la personne qui venait de la rejoindre, il s’agissait également d’une femme paraissant plus âgée, avec de grands cheveux roux et de petits yeux verts au milieu d’un long visage pâle. Elle était vêtue d’une grande robe noire transparente qui révélait mystérieusement son corps tout en le masquant.
Intéressée que d’apparence par le spectacle, je me penchai vers Von Harling pour lancer une nouvelle conversation :
« -Ainsi, voilà Anna, en personne…
-Oui, en personne…Me répondit-il avec une certaine fierté.
-Il est vrai qu’elles se ressemblent. Je suis étonnée qu’elle soit arrivée jusque là !
-Elle n’est ici que pour jouer de sa guitare et de sa voix en échange d‘une petite bourse …Une fois l’Oiseau Blanc mis en service, elle retrouvera sa vie d’étudiante.
-Donner un tel concert doit être un bon moyen de financer en partie ses études…A propos, a-t-elle appris que ses parents avaient été tués ?
-Non. Avait-il fait avec une certaine froideur. Après son réveil, l’idée même de retourner chez elle n’a pas semblé l’effleurer. Elle avait complètement oublié ses parents. Le choc émotionnel que cela aurait déclenché chez ceux-ci les aurait poussé un jour ou l’autre à dévoiler au grand monde le « Projet A ».
-Les lieux du crime ont été bien nettoyés ?
-J’étais étonné du bon travail de mon équipe… »
Puis un silence pesa sur la conversation. Durant cette dizaine de minutes, je fut un peu plus absorbée par la prestation de cette jeune femme, elle était gracieuse et belle lorsque la lumière des projecteurs se reflétaient dans ses cheveux. Puis, lorsque de maigres applaudissements vinrent saluer la fin du spectacle, un homme vêtu d’un noir qui le confondait au décor vint me tapoter sur l’épaule. Je lui lança un regard interrogatif et il me répondit à très basse voix : « Nous avons mis la main sur la quatrième, aujourd’hui même à quinze heures, à Anderson. »
* * *
L’Oiseau Blanc était le nouveau fleuron de l’humanité. Il s’agissait d’un gigantesque vaisseau spatial à la voilure blanche. Son fuselage allongé et ses grandes ailes recourbés vers le dos lui donnaient effectivement l’apparence d’un oiseau battant des ailes…Une petite navette s’en échappa pour se rapprocher de la Terre. Dans l’habitacle des passagers se trouvait Anna et Magalie, la jeune femme qui l’avait accompagnée lors du spectacle, et également son amie d’université rencontrée depuis peu. Elles se parlaient sans se regarder, les yeux absorbés par le paysage de la voûte céleste infiniment étoilée.
« -Une fois de retour à Lubbock, est-ce qu’on retournera directement à l’université ? Avait demandé Magalie d’un air candide.
-En ce qui me concerne, non…Les cours ne m’intéressent plus…
-Comment ça ? Tu vas sécher les cours ? !
-Ca serait arrivé d’une façon où d’une autre ; je ne peux plus financer mes études, et ce n’est pas en jouant de la guitare que je le pourrais. »
La conversation mourut et aucun mot ne fut prononcé jusqu’à la fin du voyage. Arrivées au spatioport de Lubbock, les deux étudiantes se séparèrent ; Magalie prit le chemin de l’université où elle logeait et Anna chargée de bagages, celui de la rue vers l’hôtel où elle avait élu domicile pour un loyer raisonnable, c’était à peu près tout ce qu’elle était capable de payer. Dans sa petite chambre, la vie était restreinte à un bureau d’étude, un récepteur holographique de la précédente décennie et un lit. La fenêtre donnait sur le paysage urbain, mais elle était condamnée pour bannir la nuisance sonore et la pollution…
Lorsque venait la nuit, Anna tardait à se coucher, car elle savait que le sommeil l’abandonnerait comme tous les soirs. Dans son lit, elle se retournait, essayait toutes les positions, prenait des cachets de Morphée, mais rien ne suffisait à rassasier sa fatigue et elle suait toute l’eau de son corps tant la chaleur était abominable. Les rares fois où elle arrivait à s’endormir, ces étranges cauchemars l’assaillaient, elle se voyait dans la maison d’Adeline, l’odeur de la mérule, les grincements du parquet, la couleur des murs, les meubles couverts de toiles d’araignées et le goût de la poussière ; tout y était si réel…Et puis un étrange homme caché sous un grand imperméable brun surgissait d’un nuage d’ombres terrifiantes, et il la poursuivait dans la rue, et puis cette lumière…Anna faisait souvent ce rêve, mais il n’avait aucun sens car elle ne se souvenait pas avoir vécu de telles péripéties…
Les choses en elle avaient changées depuis le jour où elle s’était réveillée dans la rue avec un étrange mal de crâne, sa guitare et ses affaires à la main ; le goût des études l’avait abandonné, elle ne songeait plus à revoir ses parents et les chemins qu’elle suivait semblaient tout tracés…Ce jour-là, elle avait trouvé un bout de papier portant un message dans sa poche : « Entre l’aile et la plume que te montrera le lapin, tu trouveras la réponse. » Anna n’aimait pas les énigmes dans ce genre, et elle maudissait les gens qui s’était arrangés pour la lui donner…
Cette nuit-là, Anna n’avait toujours pas trouvé le sommeil, et elle se trouvait sur le parvis de l’hôtel. Il régnait dans la cité une inquiétante luminosité rouge, rendant les gratte-ciel encore plus sombres et menaçants. Une drôle d’odeur s’engouffrait alors dans les rues. Celle-ci parvint au petit nez de l’insomniaque. Cette odeur qui s’était certainement échappée du restaurant de l’hôtel lui était étrangement familière. C’était celle des quenelles au vrai poulet que cuisinait sa mère alors qu’Anna était trop petite pour voir ce qui chauffait sur la table de cuisson…La mine de souvenirs qu’était la mémoire d’Anna explosa alors ; elle se souvint de ses parents, de son enfance, de leurs conversations, de ses amis, de ses chagrins…A partir de ce moment-à, elle eut envie d’aller se promener au village du monde inférieur qui l’avait connu depuis toute petite…
Elle consulta sa montre et conclut que la nuit était trop avancée pour trouver le sommeil et se mit en route dans les rues ténébreuses de la Factory Town, en direction de l’aérogare. Seul le murmure lointain des voitures à hydrogène se faisait entendre dans le pesant silence de la ville. Anna se mit alors à siffler. Les mains dans les poches, la jeune femme déambulait, au hasard aurait-on dit, en jetant quelques regards curieux vers le trottoir opposé. Le grand hall éclairé de l’aérogare illuminait la rue lorsque la promeneuse du soir arriva face à l’édifice. Au guichet numéro sept, elle passa simplement sa carte de fidélité dans un détecteur magnétique et l’écran holographique présentant l’ensemble des trajets à départ imminent apparut. Anna réserva une place sur le vol Lubbock - Johanburg et s’assit sur un fauteuil de la salle d’attente ; la navette arriverait dans dix minutes.
La nuit, les gens sortaient peu. Seuls ceux qui avaient perdu le sens du sommeil s’aventuraient dans les rues ténébreuses. Ils erraient comme des fantômes attendant le petit matin qui les tuerait, chacun des insomniaques étaient l’homme à l’imperméable. Tous connaissaient leur chemin, mais aucun ne savait où il menait, ainsi était le monde à l’aube du vingt-quatrième siècle. Les gens parlaient ainsi, chacun parlaient des années comme si elles étaient nées à la veille d’un événement que tous auraient oublié. Tous connaissaient l’Amérique, mais aucun ne savait les alentours. Pourtant, les secrets, les énigmes et les clefs qu’avait enterré l’Ancien Monde il y avait bien longtemps était la solution de leur existence, de leur zénith et de leur déclin, mais cela, aucun ne l’aurait deviné…
mais pourquoi ce que j´écris n´interesse personne ![]()
bpn...Ca vaut le coup que je continue ? Si j´ai personne, ca serait con de poster dans le vide......
geniale ta fic ![]()
t´as lu un peu ? Je me souviens pas t´avoir vu ? ![]()
personne ? J´suis tout seul à uper comme un con ? ![]()
Ça m´intèresse, ais je suis débordé, ces temps-ci. Je tente de finir les bonus de ma fan fic.
ah ok...désolé de pas avoir pu la lire, ta fic, mais elle était vraiment trop longue...Bon, essaye de lire un peu, alors. Mais je peux peut-être ralentir la fréquance des posts....
Oui, bien sûr, je vais essayer de terminer le volume 1.
Pour ma fic, je comprend que tu veules pas t´y lancer, c´est bon...
Tu liras ma prochaine, alors? :D
dis donc tu t´es pas 1 peu inspiré du meilleur des mondes par hasard? huxley junior va ![]()
Sugy
no problèmo !
vieil_hago
que si, j´ai des inspirations ! on reconnaitra Le Meilleur des Mondes, Matrix, minoruty report et même Navis de la BD " Sillage" Pour Anna.... !
Bon en fait, je fais un
avant le post de demain......
bon, ca commence à devenir la déch´ par ici...Les vacances se font sentir...Bah, j´espère que ceux qui restent suivent encore parceque je continue :
Chapitre 2
Le grésillement strident des grillons cachés dans les basses herbes des prés environnants et chantant la fin de l’été trompaient par leur quiétude l’anxiété qu’inspirait cette drôle de nuit lourde et au ciel rouge. Anna se trouvait les jambes croisée à même le bitume chaud du trottoir délimité par les fins tubes de néon arpentant les rues. La tête dans les mains, elle restait rêveuse devant la maison de son enfance. La grande façade éclairée par les lampadaires municipaux ne délivrait aucune couleur mais une obscurité sans nom dans les petites fenêtres carrées. A l’étage, les parents avaient laissé, par hommage certainement, la fenêtre par laquelle avait fuguée Anna grande ouverte. Mais elle savait qu’ils ne s’étaient jamais inquiété en son absence ; si elle était toujours leur fille, ce n’était plus une fille mais une femme qui aurait su trouver son chemin dans les paysages urbain et la vie moderne…
Elle se décida enfin à se lever, et alors qu’elle traversait la rue, elle se dit que l’heure était définitivement trop avancée pour que ses parents soient toujours éveillés. Après avoir monté les quelques marches qui la séparaient du parvis, Anna se retrouva devant la porte de bois épais, la main flottant en l’air en direction de la poignée, hésitant toujours à rentrer. Pourquoi y retourner après tout ? Elle avait choisi son indépendance, et ce au prix de ne plus jamais revoir ses parents. Plus jamais ? Non, elle pouvait bien se replonger dans l’océan écumeux de sa mémoire. Après tout, beaucoup des faits et gestes des humains étaient dépendants de tout intérêt…
Ses doigts se posèrent enfin et au prix d’une longue réflexion sur la poignée. Elle la serra lentement, et lorsque sa paume se figea contre l’objet, Anna put sentir tout le froid de celui-ci se propager en elle, une fraîcheur hostile qui s’avéra rapidement désagréable, elle grimpa le long de son bras, lui envahit le corps et lui glaça la tête, jusqu’à ce que chaque bouffée d’air qu’elle respirait provoquât en elle un choc thermique. A chaque cran que passait la poignée, la jeune femme frissonnait un peu plus, ses doigts abandonnant lentement leur couleur d’origine…Enfin, la poignée atteignit la butée et fit résonner un cliquetis métallique ; la porte venait de s’ouvrir. A cet instant, les forces maléfiques qui avait pris d’assaut le corps de la visiteuse se dissipèrent. La porte s’ouvrit lentement, et Anna put rentrer. L’intérieur de la maison n’existait plus, il s’était évanoui dans les ténèbres, happé par le temps et l’amnésie. Ce salon était un songe emporté, un monde oublié qu’il restait à Anna de redécouvrir, et même si la nuit régnait, elle pouvait percevoir chaque objet. Seule la lumière oppressante de la nuit rouge arrivait discrètement dans la pièce, occultée au passage par quelque objet posé en hauteur.
Dès que la porte fut refermée, l’ambiance sembla s’échapper vers l’extérieur, dénudant les lieux de tout sens…Un sourd grondement résonnait alors, mais ce n’était pas celui d’une navette, il était bien plus sourd, bien moins perceptible, et il variait, comme si ce fut une voix, la voix d’un fantôme…Anna ne voyait absolument rien, c’est pourquoi elle avança à petits, tout petits pas, s’aidant au passage de ses mains pour se repérer. Elle aperçut bientôt une lumière aussi rouge que la nuit au fond du salon ; c’était l’indicateur de l’hôtesse de maison lorsque les batteries étaient déchargées. Le grondement décrivit une nouvelle variation imitant le souffle d’agonie de quelque dragon touché en plein cœur. Anna se retourna vers la fenêtre, une lueur d’inquiétude brillait au fond de ses jolis yeux. Il lui sembla ensuite entendre des voix, de petites voix perfides, tellement basses que ce n’était que des murmures, des rumeurs…Sur le mur d’en face, la jeune femme pensa voir un portrait, cette peinture ne lui disait rien. En plissant encore les yeux, il lui sembla apercevoir une silhouette sombre. De grandes moustache, une grimace…Soudain, l’homme représenté parut s’animer et ses yeux blancs comme ceux d’un aveugle se détournèrent et la dévisagèrent.
Anna sursauta et serait tombé à la renverse si une commode n’avait pas été dans son dos. Elle commença à gémir de peur et ses mains se crispèrent douloureusement sur le bois du meuble. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, le maléfique portrait avait disparu…Quel fantôme habitait les lieux ? Quels étaient ces terrifiants maléfices ? Perdue dans la nuit, Anna s’impatienta et chercha désespéramment son chemin dans le noir. Alors que ses yeux cherchaient quelque chose que ses souvenirs lui rappelleraient, elle sentit qu’elle perdait l’équilibre et s’empressa de partir au plus vite comme poursuivie pas ces démons. Dans sa précipitation, elle se perdit dans l’épaisse obscurité, et lorsqu’elle levait les yeux, c’était pour voir ces yeux qui la fixaient toujours, des sourires diaboliques, des visages inconnus, des images subliminales qui apparaissaient comme des éclairs, et le grondement qui s’élevait toujours plus…Anna faillit hurler de terreur, mais reprit ses esprits en se disant que tout ce qu’elle voyait en cet instant n’était que le fruit de son imagination troublée ; elle avait toujours habité là et savait que ce n’était pas une maison fantôme…Elle se retourna en perdant l’équilibre et tomba sur une porte qui s’ouvrit brutalement, précipitant la jeune fille sur le sol. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, la lumière s’était allumée. Le visage encore enfoui dans ses bras, elle n’osait découvrir son regard, hantée à l’idée de se retrouver nez à nez avec le démon qui semblait faire trembler cette paisible demeure. Mais lorsque ses yeux furent inondés de lumière, ce n’était pas un diable qui se trouvait en face d’elle, mais son père. Lui aussi était couché, un bras étendu par terre, l’autre sur la poitrine. Sa bouche grande ouverte et ses yeux qui avaient gardés cette expression de surprise fixaient toujours le plafond. A côté de lui, sa femme non plus ne bougeait pas…
Anna fixa quelques instants cette scène, attendant le moment où elle sortirait de ce cauchemar. Mais il n’arrivait pas, alors son visage se déforma, des rides apparurent, ses yeux se plissèrent et s’emplirent de larme, une atroce grimace de douleur était apparue sur sa petite bouche. Son cœur la brûla, ses yeux la piquèrent, sa bouche était sèche…Enfin, elle éclata, elle lâcha un hurlement aiguë et sauvage mêlant effroi, panique et douleur, elle se releva, revint sur ses pas en courant, traversa le salon dans lequel elle entendit de nouveau ces voix, elles riaient de la mauvaise farce, les yeux se plissaient de rire, les bouches arrogantes montraient fièrement leurs dents acérées, puis elle se retrouva à l’extérieur et tout cessa.
* * *
Au travers de la vitre sur laquelle elle pouvait voir son reflet, les lumières de la ville défilaient. C’était une infinité de galaxies, et autant de couleurs différentes. Les enseignes lumineuses, les lampadaires, les tubes de néon, les parcs d’attraction, les maisons, les aérogares étaient le cœur battant de la ville, les hommes se regroupaient autour de ces sources de lumières, les hommes ne vivaient que le jour, et les nocturnes devaient se réfugier au jour artificiel ; c’est là que la mort ne frappait pas. La nuit ne faisait qu’une avec la route délimitée par ces tubes fluorescents derrière lesquels on devinait de temps en temps la silhouette d’un passant errant sans but ou à la recherche de la lumière. La route s’engagea dans une zone étincelante ; les routes s’entrecroisaient, mêlant leurs néons et leurs réverbères, les enseignes lumineuses annonçant quelque bar ou centre d’urgence éclataient au-dessus de la route, c’était un vrai feu d’artifice. L’omnibus s’arrêta et on entendit les coussins d’air ralentir puis la carrosserie toucher le bitume. Les portes s’ouvrirent et des gens montèrent ; des hommes et des femmes, Dieu savait ce qu’ils cherchaient à une telle heure de la nuit…Une femme à la chevelure ramassée sous une casquette et aux épaules nues vint s’asseoir sur la banquette devant Anna, et le transporteur commun repartit.
L’orpheline était las de regarder défiler sous ses yeux le spectacle infiniment statique de la nuit, alors elle posa son regard devant elle et observa la nouvelle-venue. Elle avait un drôle de tatouage sur l’épaule droite ; un lapin blanc…
« Entre l’aile et la plume que te montrera le lapin, tu trouveras la réponse. » se souvint-elle. Mais quel était le rapport avec cette maudite prophétie ? Quelle question se posait-elle ? Où étaient l’aile et la plume ? Exaspérée par cette pensée, elle préféra s’appuyer de nouveau contre la vitre et regarder les lumières au-dehors. Mais quelles lumières…A l’instant où ses yeux commencèrent à vagabonder, l’enseigne d’un bar passa, il s’agissait d’une aile bleue fluorescente. Anna se réveilla et se rendit réellement compte que quelqu’un essayait de lui dire quelque chose…En effet, l’enseigne rouge en forme de plume ne tarda pas à se faire voir au-dessus d’une cédé thèque ; elle demanda l’arrêt de l’omnibus et le véhicule se rabattit sur le trottoir, ouvrant lentement ses portes, et Anna sortit rapidement, abandonnant le bus de la nuit et ses misérables passagers perdus dans les ténèbres ; car elle, au moins, poursuivait un but…
Peut-être qu’elle n’avait pas de question, mais sûrement elle cherchait des réponses. Que cherchait-elle ici ? L’énigme ne disait rien de plus, mais seuls deux bâtiments séparaient l’aile de la plume. Il y avait là une auberge, une sombre auberge aux murs noircis par la pollution, des fenêtres cassées dont les cadrans partaient en morceaux et seule l’enseigne semblait avoir un peu d’attrait, bien que deux lettres grésillaient…Si cette énigme avait du sens, c’était là qu’Anna avait rendez-vous. Elle souffla pour se donner du courage, car elle en avait besoin, puis elle fronça les sourcils et traversa la rue d’un air déterminé. Elle se présenta devant la porte d’entrée, et lorsqu’elle leva le poing pour frapper, l’entrée s’ouvrit toute seule…Elle grinça lentement, puis toute hésitante, Anna rentra, fit quelques pas dans le couloir qui s’offrait à elle et entendit la porte se refermer derrière elle…La pénombre régnait, mais on pouvait distinguer les carreaux noirs et blanc sur le sol ainsi que quelques portes sur les côtés. « Es-ce qu’il y a quelqu’un ? » Appela-t-elle timidement de sa petite voix…Aucune réponse…Malgré sa terreur croissante et sa fatigue alors que le soleil commençait à se lever dans les petites fenêtres, elle continua dans le couloir à petits pas, en faisant le moins de bruit possible. Elle voulait absolument savoir ce qui se cachait derrière tout cela…Elle arriva devant une porte sur laquelle on pouvait lire : « Réception ». Anna frappa doucement, puis après un court silence, une étrange voix lui répondit : « Entrez donc ! » Ce n’était pas celle du fantôme, mais bien une voix humaine un peu vieille et rauque, mais tout de même rassurante…
Cette fois confiante, Anna poussa la porte et rentra dans le bureau que l’on aurait juré figurer dans un musée des siècles antérieurs tant le mobilier et la décoration étaient vétustes et l’odeur désagréable. Derrière un vieux bureau aux pieds calés par des boulettes de journal, l’hôtelier fixait Anna de ses petits yeux gris avec un petit sourire. Celui-ci semblait encore plus vieux que ces lieux. La grande partie de son crâne était chauve, derrière ses oreilles pendaient de longs cheveux aussi blancs que sa fine barbe terminant son petit visage de vieillard mesquin. Il entrouvrit sa maigre bouche édentée et dit : « Nous vous attendions, Anna… ». Celle-ci entendit alors la porte se refermer derrière elle et deux personnes bondirent sur elle. Elle ne put voir ses agresseurs car on lui banda les yeux, et demeura impuissante face à la constriction de la brute qui la ceinturait. Elle sentit qu’on lui liait solidement les mains dans le dos, elle essaya alors tant bien que mal de se débattre, d’hurler au secours, mais on lui mit un bâillon entre les deux mâchoires et elle sentit qu’elle ne pouvait plus lutter.
Pendant qu’on lui faisait respirer une sorte de drogue soporifique, elle entendit la voix de l’hôtelier : « Vous ne serez pas au bout de vos surprises lors de votre réveil, ma chère amie… »
![]()
Bah plus personne veut lire alors
moi je prend ca comme ça...
Si ce dernier
ne sert à rien, j´abandonne cette nouvelle sur ce forum, ne postant des chapitres que pour les lecteurs invisbles...
J´ai lu le chapitre 1, je passe au 2 demain, là je suis un peu fatigué
Sinon ça commence à devenir inquiétant et pas mal de mystères de mettent en place, très sympa ![]()
Merci bcp, depuis le début je te voie sur ma fic, Chaos_Clad, mais sur tous les autres forums réunis où je poste, j´ai que deux autres lecteurs réguliers qui se manifeste...franchement, je trouve que j´ai personne derrière moi et que ma motivation va flancher au bout d´un moment si ca bouge pas plus que ca au niveau des lecteurs...En plus, j´ai bossé à mort sur le scénario, et dès le chapitre 4, la trame sera vraiment dévoilée et cda va devenir génial...
M´enfin rien que pour toi, mes quelques lecteurs et les lecteurs invisbles, jevais continuer ![]()
Chapitre 3
« -Vous êtes réveillée maintenant.
-Où suis-je ?
-Toujours à l’auberge, ne vous inquiétez pas.
-Et vous ?
-Vous continuerez à poser des questions longtemps ?
-Aïe ! »
Anna ouvrit les yeux au prix de grands efforts, et en effet, elle était toujours dans cette vieille auberge ; elle sentit qu’elle était allongée sur un lit et elle voyait le plafond, même si elle n’avait pas encore totalement recouvré sa vision. Elle essaya de bouger et remarqua que ses mains étaient menottées aux barreaux du lit derrière son crâne. Elle se reposa quelques secondes et leva la tête pour voir son ravisseur. Elle crut pendant un instant qu’elle allait retomber dans le coma ; c’était l’homme à l’imperméable. Mais il lui sembla que l’air froid et les ombres qui l’accompagnaient avaient disparu…Le fantôme se retourna vers sa prisonnière, la dévisagea et lui dit :
« -Vous auriez dû m’oublier, hein ?
-Oui, mais je me rappelle de tout, maintenant…
-Oui.
-Ma fugue, chez Adeline, dans la rue, cette lumière…Qu’est-ce que vous m’avez fait ?
-Il est encore un peu trop tôt pour vous demander cela. La question est plutôt : Qui sommes-nous ?
-En tous cas, vous n’êtes pas des gens normaux…
-Vous n’êtes pas normale, Anna…
-Comment cela ?
-Ne sentez-vous pas cela au plus profond de vous même ? Depuis votre enfance, vous êtes-vous sentie une fois au moins comme…
-Non ! Je suis née comme tout le monde, j’ai grandi avec mes parents, j’ai aimé, je me pose les mêmes questions que tout le monde ! J’en ai assez entendu depuis ces derniers mois ! Je ne veux que revenir à la vie normale !
-Allons, allons…Est-ce pour cela que vous sentez la présence des spectres ? Que vous me sentez ? Que vous avez reçu de moi ces énigmes qui ont à chaque fois répondu à vos questions ? Que votre chemin est tout tracé ?
-Où voulez-vous en venir ? Qui êtes-vous au juste ?
-Vous vous posez enfin la bonne question…Mais pour l’instant, nous allons plutôt nous demander qui est-ce que vous êtes… »
Anna ouvrit grand les yeux…Cette fois, elle avait vraiment peur. Toutes les épreuves qu’elle avait enduré jusque là, de la course-poursuite dans la rue de Joliette à la vision de ses parents morts n’étaient que le balbutiement de ce qu’elle vivait à ce moment…
« -Peur…Tu auras peur…
-Je ne suis personne…Je suis Anna Gath de Johanburg, j’y ai toujours vécu ! Je suis parfaitement normale ! Affirma Anna prise de panique en gesticulant sur son lit.
-Non, Anna, vous n’êtes pas normale…Vous êtes spéciale. Et c’est pour cela que vous n’avez rien à craindre ; je ne vous veux aucun mal.
-C’est ce qu’ont toujours dit les méchants aux gentils avant de leur couper la gorge !
-Mais moi, peut-être suis-je un gentil ?
-Mais alors, qui est le méchant ?
-Je crains fort qu’il soit trop tôt pour y répondre…
-Je ne vous fais pas confiance.
-Et vous avez raison, car nous serons bientôt opposés, et pourtant si proches…
-Ca suffit ! Je ne veux rien savoir de plus ! Libérez-moi !
-Tant mieux, car vous n’avez rien de plus à savoir. Vous découvrirez le reste par vous-même…Un nouveau monde s’offre aujourd’hui à vous, réussissez là où Adeline avait échoué.
-Adeline ? !
-Tu apprendras bien vite qu’elle n’était pas étrangère à cette histoire…
-Qu’est-ce que je vais devoir faire ?
-Vous allez vous rendre dans l’Ancien Monde, sur les traces d’Adeline, contrairement à la volonté de vos parents, et vous découvrirez ce qu’elle a toujours voulu savoir, vous l’honorerez et ne baisserez pas les yeux devant la mort.
-Mais que cherchait-elle exactement ? Demanda Anna enrouée par l’émotion.
-Elle ne cherchait pas que la vérité quant au bouleversement de cette planète…Magalie vous aidera à en savoir plus. »
Puis les yeux du fantôme s’éteignirent et l’imperméable sembla se vider de ce qu’il contenait ; il tomba sur le sol, vide. Voilà comment s’évanouissait un fantôme. A cet instant, Magalie entra à son tour dans la chambre. Anna l’avait reconnu à sa robe sombre et à ses grands cheveux roux. Elle s’appuya contre le cadre de la porte en regardant Anna puis lui dit : « Salut. » avant de s’avancer vers elle et de la libérer. Magalie faisait elle aussi partie de ce sombre complot sur lequel Anna voulait en savoir le moins possible, elle posa en conséquence le moins de questions possible, pressée de découvrir la vérité d’Adeline et de retrouver sa vie d’étudiante. Magalie lui disait qu’elle avait tort de se croire si normale, même si elle-même ne savait pas ce dont il s’agissait. Elles partirent pour l’Ancien Monde le lendemain même, par le biais d’une compagnie frauduleuse, car toutes les lignes menant vers le vieux continent avaient été fermées bien longtemps auparavant, mais il s’y trouvaient des destinations de choix pour les amateurs de frissons ou les naïfs qui pensaient trouver à eux-seuls la clef du mystère que les scientifiques les plus imminents avaient renoncé à trouver.
« -Alors tu n’est pas celle que je crois ? Avait demandé Anna intriguée par ces bouleversantes révélations.
-Si, avait répondu Magalie, moi-même, je ne connais pas ces gens, tout ce que je sais, c’est que j’ai été chargée de partir à Paris avec toi en échange d’une somme d’argent qui m’aidera beaucoup à financer mes études.
-Ils t’ont graissé la patte …
-Mais tu restes mon amie, et quelle que soit ma motivation, je dois t’aider à percer ce secret ! »
* * *
Plus haut dans le ciel, au-delà des lignes de navettes, au-delà de la voûte céleste, l’Oiseau Blanc continuait son inaugural en orbite autour de la Terre. Mais son autonomie lui permettait de cavalier seul dans l’espace ; ses concepteurs affirmaient que l’engin était capable de faire l’aller-retour de la Terre à Mars en sept mois, et ce sans ravitaillement dans les stations relais qui parsemaient le système solaire. Dans la grande salle de réception, les festivités allaient bon train et les administrateurs mondiaux avaient à cœur de se débarrasser de leurs responsabilités pendant cette soirée de fête et d’allégresse. Tous étaient vêtus de la même façon ; les hommes portaient de grands manteaux noirs ou gris par-dessus une chemise rouge au col serré par une cravate bleue et les dames se contentaient d’une robe rouge traînant jusque sur le sol.
Von Harling et moi-même étions assis face à face, levant notre verre à l’Oiseau Blanc sous les acclamations de la foule. Le baron me regarda et me fit signe, je lui répondit, et il se leva pour se diriger vers les toilettes. Le plus important à ce stade-la était de couvrir son absence, je me levai donc et me rendit au près de John Fugyama pour engager avec lui la conversation. Mon sourire captivant et mes yeux perçants eurent raison de son attention qu’il consacrait généralement à espionner les gens.
L’homme que je couvrais avait feint avec succès de se rendre aux toilettes et se trouvait dans un de ces grands couloirs aux murs de velours rouges qui sillonnaient tout le vaisseau. Rares étaient les passants lors de tels vols inauguraux. Contrairement à la première fois où il était passé par là, Harling ne se passionna pas pour la vision de rêve qu’offrait les vastes hublots, mais cherchait plutôt le sas d’accès au service de maintenance de la ventilation. Les plans de l’OIseau Blanc qu’il avait obtenus indiquait qu’il existait cinq de ces sas réparties le long du couloir qu’il arpentait. Il trouva en effet sur sa gauche une porte blanche indiquant que l’accès à toute personne étrangère à l’équipage était prohibée. Un violent coup d’épaule vint à bout de la malheureuse porte de fer. A partir de cet instant, il était en infraction et donc préférable de ne pas se faire remarquer. Les couloirs de la zone de maintenance était bien différents car il y faisait sombre, froid et humide. Seuls les techniciens étaient habilités à y circuler. Harling trouva un plan de ce dédale de couloir sur un mur et repéra sa position et celle qu’il espérait atteindre ; le cœur même du système de ventilation.
Sur sa route, plusieurs portes se dressèrent, certaines cadenassées et il lui fut difficile de se frayer un chemin dans cette obscurité permanente. Enfin, il arriva dans un très étroit boyau où l’air soufflait à une vitesse folle. A un certain stade, il eut même du mal à avancer et le bruit des pâles du ventilateur central devenait assourdissant. Enfin, il franchit une grille qui faisait office de filtre primaire et se retrouva dans une gigantesque pièce sombre où régnait le froid et le bruit des moteurs. Le plafond était troué de centaines de grilles d’aération desservant tous les quartiers de l’Oiseau Blanc et dans lesquelles s’introduisait le souffle produit par le titanesque ventilateur qui tournoyait sous ses pieds, certainement le plus grand qu’il n’avait jamais vu. Ses pâles broyaient l’air que distribuaient des milliers et des milliers de cuves d’air sous pression visibles sous la machine. En fait, Harling se trouvait sur une corniche de grillage d’un mètre de largeur faisant le tour de la salle du ventilateur. Soudain, une voix résonna dans ce vacarme : « Eh ! Vous là ! » C’était un technicien reconnaissable à sa blouse verte, il s’approchait rapidement de Harling. Sans hésitation, il grimpa sur la rambarde, seul obstacle le séparant du vide brassé par les pâles. Effrayé, le technicien avait arrêté sa course vers l’intrus et levait sa main gantée vers ce dernier : « Non, monsieur, je vous en prie, ne faites pas ça ! ». Mais Harling avait prémédité cela et se contenta de sourire au mécanicien avait d’écarter les bras en croix et de se laisser tomber dans le précipice. L’homme médusé se pencha à son tour par-dessus la rambarde, mais se contenta d’observer la chute.
Toujours les bras en croix, Harling continuait sa chute vers le ventilateur lorsqu’il se désagrégea comme de l’encre dans de l’eau. Son corps devint une épaisse fumée noire et forma bientôt un dôme au-dessus des pâles et se diffusa dans l’air, se répartissant dans les circuits d’air. Le technicien qui avait vu cette scène bouche bée sentit bientôt comme une démangeaison au fond de la gorge et fut prit d’une violente toux. Ses yeux devinrent bientôt aussi noirs que la mort que Von harling avait propagé dans l’Oiseau Blanc et l’innocent s’effondra sur le grillage, suffoquant une dernière fois…
Voilà j´ai lu le chapitre 2, rien à dire toujours aussi bien, style fluide et agréable, mots bien choisis, on sent qu´il y a une vraie recherche dans la description ![]()
Je la remonte pour Chaos_clad et aussi pour me faire penser a lire cette fic qui semble très bien au vu des critiques, de mon ami cité plus haut dans ce message.