De tous les films de Aronofsky (nom galère à écrire je sais
), c'est de loin le plus accessible, mais je pense que ça n'exclut pas la possibilité de s'emmerder devant le film.
Enfin après, je ne dis pas que c'est pas parce qu'on est dans la peau du personnage qu'on ressent forcément le film et que les autres n'ont rien compris. C'est très rare quand je ressens beaucoup d'empathie avec un personnage de film d'ailleurs.
Ce que j'adore chez ce réalisateur, c'est cette profondeur que je ressens dans le fond et la forme.
Tu prends Requiem for a dream, je ne suis pas super fan de ses montages, tu sais les moments un peu space. Pourtant, je trouve qu'il y a un immense potentiel d'analyse derrière. Sur une scène de 30 secondes, je suis capable de faire un long pavé sur l'image de la drogue que le montage cherche à évoquer (l'effet de dépendance via des images répétées, l'effet d'extase psychologique .. d'ailleurs, les quatre fins résument chacun les différentes conséquences possibles quand on devient accro).
Pour ce qui est de Black Swan, j'ai énormément apprécie cette confusion entre sa passion et sa vie privée. J'vois ça au-delà d'un trip schizo en fait, qui plus est gore de manière gratuite et niée. Pour moi, ce film entremêle les genres de manière bien plus efficace. Et .. j'sais pas, je trouverais bien des arguments si je cherche, mais je trouve qu'il y a une réelle profondeur, et je le ressens vraiment sans chercher à m'intégrer à un groupe de snobismes du cinéma si ça peut vous rassurer.
Et puis, j'adore le travail psychologique dans les films d'Aronofsky. Par exemple, pour rester sur Black Swan, tu suis l'évolution de Portman qui est une fille très couvée au début. Ca se ressent dans le fait que sa mère la colle un peu trop (trop possessive), qu'elle s'habille comme une petite fille (beaucoup de rose et blanc), que sa chambre soit remplie de poupées. Elle a même des pulsions sexuelles refoulées, et la faute est en partie dû à sa mère qui la prend trop à charge. Sa mère était une danseuse également mais qui a raté sa carrière et couvre beaucoup trop d'espoirs sa fille de ce côté là en la poussant.
D'ailleurs, dans la maison de la mère, il y a beaucoup de miroirs. On peut y voir un lien avec sa passion de la danse (les salles de danse sont toujours peuplées de miroir), et la plupart sont cachées par des rideaux comme pour nier l'échec qu'elle a subit dans sa carrière. Mais rien que sur les miroirs dans le film (leur mise en scène et tout), je suis capable de faire un pavé.
http://www.ca-surmoi.com/cinema/black-swan-analyse-et-explication-du-film.html
Petite analyse assez sympathique que je viens de trouver en deux minutes.
Mais bref, en soi, j'adore beaucoup ce parallèle entre travail psychologique et .. le décor quoi. C'est pas psychologique car le perso est méga travaillé (genre un Squall qui évolue et apprend à se connaître soi-même) ou qu'il y a un scénario Inceptionien. C'est une autre forme de travail psychologique.
Si je devais trouver une oeuvre similaire dans le monde des jeux vidéos, par exemple, ça serait Silent Hill 2. On peut surkiffer ce jeu pour ce qu'il est mais j'en connais beaucoup qui n'ont pas cherché à approfondir ou qui n'ont pas eu le feeling de s'interroger sur le sens de certaines scènes, ou sur l'évocation matériel d'un sentiment via un décor ou le design d'un monstre.
S'il y en a sur le topic qui ont fait ce jeu et qui ne se sont pas senti d'attaque pour faire des analyses conceptuelles, je vous prends pas de haut hein.
C'est juste pour dire que pour moi, il y a des oeuvres qui ont un sens profond et Silent Hill 2 et Black Swan en font tous deux parti. Je vous ai exposé ce que j'adore dans le film en tous cas.
Je suis très axé sur les analyses d'oeuvres/personnages que je considère psychologiques /conceptuelles , je pense que vous l'avez p'tet deviné lors de certains de mes pavés.
Après, je vous empêche pas de pas aimer. C'est un cinéma qui divise pas mal, je suis d'accord, d'autant que faire des analyses, ça ne parle pas à tous.