Aurasmash entrouvrit les yeux sur un plafond fait de bois, puis un visage d’enfant vint se pencher sur lui. La fillette qui l’avait découverte avait ramené ses parents qui avaient fini par le déplacer jusqu´à leur habitat pour soigner sa blessure. Le Nekomata essaya de se lever mais sa blessure le lança, l’obligeant à rester allongé.
- Tu ne devrais pas faire trop de mouvement, ta blessure mettra plusieurs jours à se refermer, lui dit la jeune fille
- Où suis-je ? demanda-t-il faiblement.
- Dans un petit village de bûcheron, c’est sur que ce n’est pas le grand luxe ici, mais c’est toujours mieux que la où je t’ai trouvé, fit-elle en souriant.
- Il faut que je m’en aille, je pourrais vous attirer des ennuis.
Bien que sa blessure le fasse énormément souffrir, Aurasmash sortit du lit qui l’avait tenu endormi plusieurs heures. Il avança dans la petite demeure qui logeait cette famille. Une jeune femme était assise devant une table en train d’éplucher des légumes. Il ne devait pas rester plus longtemps ici, mais ses yeux lui jouèrent déjà des tours : sa vue se troubla, mais il pouvait encore marcher. Il se dirigea à grand pas vers la porte qu’il distinguait avec peine.
- Vous ne pouvez pas sortir dans cet état ! hurla alors la femme qui venait d’apercevoir le jeune homme.
La porte s’ouvrit avant qu’il ne puisse l’atteindre, une silhouette dont la carrure occupait toute la largeur et la hauteur de l’encolure apparut. Aura se mit sur la défensive le contre jour l’empêchant d’apercevoir cette personne, sur son épaule une hache qui semblait très bien aiguisée.
- Papa ! Il veut partir alors que sa blessure n’est même pas refermée, gémit la jeune fille.
- Vous feriez mieux d’écouter ma fille, elle n’est peut être pas très vieille, mais elle soigne mieux que personne, fit l’homme d’une voix grave.
- Je ne peux malheureusement pas rester, je risquerais de vous attirer des problèmes. Et puis quelqu’un de ma race ne doit pas être très bien vu dans ce village.
Le jeune homme continuait à avancer mais sa vue le trahissait de plus en plus, il commençait à chavirer en direction du sol. Un bras solide le rattrapa sans grande peine il s’agissait du père de la jeune fille.
- Repose toi ici, je n’ai que faire des ennuis.
Linoa avançait à vive allure voulant retrouver son ami au plus vite, distançant ses deux camarades qui la suivaient avec peine. Elle s’arrêta quelques secondes regardant aux alentours espérant voir un signe ou un indice qui lui permettrait de la mettre sur la piste d’Aurasmash.
- Lino attends ! l’interpella Perfect.
- Qu’est-ce qui t’arrive ? demanda-t-elle en voyant la mine sérieuse qu’arborait son compagnon.
- Non sommes suivit ! murmura-t-il.
- Par qui ? demanda la jeune fille.
- Je l’ignore, en tout cas il se déplace rapidement. Reprenons la route en restant sur nos gardes.
La jeune fille suivit le conseil du général mais son regarde ne cessait de se poser tout autour d’elle essayant d’apercevoir cet espion. Pendant un moment elle se demanda si Perfect n’était pas devenu parano, mais un homme avec une telle expérience des batailles devait bien ressentir lorsqu’on l’épiait. Capelle qui restait un peu plus en retrait ne se souciait de rien sifflotant un air qu’il mettait au point. Une brindille se craqua alors soudainement interrompant alors la mélodie du jeune homme. Ce dernier attrapa son saxophone qui pendait le long de son flanc gauche.
- Si il y a bien une chose que je déteste c’est que l’on m’interrompe pendant que je joue une mélodie…
Il plaça l’embout dans le creux de ses lèvres, il se retourna dans la direction où la brindille avait craqué. Des notes graves sortirent de l’instrument en même temps qu’une onde de choc qui creusa une rangé dans la forêt déracinant la plupart des arbres laissant à la forêt une plaie qui ne ce cicatriserait jamais.
- Mais qu’est-ce qui t’a pris ! hurla Linoa.
Le jeune homme n’eut pas le temps de répondre qu’une créature sortie d’un buisson pour s’abattre sur le jeune homme, elle disparut aussitôt derrière un arbre. Le jeune homme resta sans voix, son corps ne portait aucune séquelle, mais sur son instrument on pouvait apercevoir cinq griffures rendant l’objet inutilisable.
- Tu n’as rien ? demanda Perfect qui avait sorti son arme, tout comme Linoa.
Le regard du jeune homme s’était subitement assombrit, mais il ne bougeait pas pour autant. Une plainte ressemblant à un grognement se fit entendre, l’animal se préparait à une nouvelle attaque. Il surgit derrière Linoa qui l’esquiva de justesse. Cette fois-ci il resta devant le regard du groupe. Ce qu’il avait prit pour un animal sauvage n’était en faite qu’un homme portant sur son dos la fourrure d’un loup dont la tête lui servait de casque. Il détenait des gants en fer avec de puissantes griffes représentant les pattes de l’animal qu’est le loup. Il se mouvait à quatre pattes comme la bête à laquelle il semblait avoir un certain penchant.
- Vous vous trouvez sur les terres du seigneur Shin, que venez vous faire ici ?
- Qui est donc ce seigneur Shin ? Je n’ai jamais entendu parler de ce « seigneur » ! répondit Perfect.
- Maintenant que l’empire des Hikarien n’est plus, les terres qui en faisait partie lui reviennent de droit.
Un musique s’éleva dans l’air, la créature se retourna en direction de Capelle qui tenait un violon à ses pieds sa valise ouverte de laquelle il avait sorti l’instrument. La mélodie n’avait rien d’envoûtante bien au contraire une certaine angoisse s’élevait en même temps qu’elle. Alors qu’il continuait de jouer des fines rafales de vent se mirent à tourbillonner devant lui. Elle finirent par partir telles des flèches en direction de l’homme, qui, se prenant pour un loup les esquiva grâce à son agilité. Il retomba derrière Capelle qui ne s’arrêta pas de jouer pour autant, son adversaire sauta dans les airs tandis que l’écorce d’un arbre vola en éclat. Alors que l’ennemi tombait en piquet sur lui, sa mélodie prit une tout autre tournure, un air enchanteur, et un tourbillon d’air se forma autour de lui envoyant son adversaire sur le sol lorsqu’il le toucha. Cette fois ci il n’eut pas le temps d’esquiver les lames de vent qui le transpercèrent tel du papier. L’homme resta sur le sol, le groupe s’approcha de lui, le visage du loup avait laissé place à un visage vieilli aux rides déjà bien tracées.
- Le seigneur Shin dirigera ce continent, et les Nekomata pourrons y vivre en paix ! murmura l’être dans un dernier souffle.
Le groupe fut surpris par cette déclaration Perfect retourna l’homme avec la plus grand délicatesse possible, et en effet il ne l’avait pas remarquer car enroulé autour de sa taille, mais l’homme possédait une queue. Il appartenait à la race des Nekomata.
- Cela explique pourquoi il bougeait aussi vite malgré son âge ! maugréa Capelle.
- Y´a de grande chance qu’on trouve Aura parmi eux ! souffla Perfect.
- Aurasmash, ne s’accoutumerait jamais avec de telles personnes ! arracha Linoa.
- Ils sont pourtant de la même race que lui, ça doit faire longtemps qu’il n’avait pas rencontrer des Nekomata, alors qui sait ce qui a bien pu arriver… intervint Capelle.
- Quoi qu’il en soit, reprenons notre chemin, la route risque d’être encore longue.