Chapitre III : « C’est ici que tout commence... »
Cela arriva durant la nuit du 6 au 7 août... Cette nuit-là, la chaleur était étouffante... Beaucoup d’élèves dormant dans les dortoirs avaient laissé leurs fenêtres ouvertes. Il n’y avait pas un souffle de vent. Le ciel était dégagé et on voyait des millions d’étoiles scintiller dans la Voûte Céleste. La nuit paraissait calme, et pourtant...
Pourtant, un peu plus au Nord, dans le Grand Glacier, quelque chose se produisit... Le Cratère Nord, qui avait été engloutit par la neige, formait un grand dôme de glace. Il était impossible d’y pénétrer ni d’en sortir. Mais cette nuit-là, même si personne ne le remarqua, il sortit de ce dôme quelque chose. C’était une lumière, de couleur rouge foncé, semblable à une étoile filante, mais environ cent fois plus grande. Elle avançait lentement, en zigzaguant entre les arbres et les maisons. De temps en temps, elle s’arrêtait, et tournait sur place, comme si elle réfléchissait au chemin qu’elle devait suivre.
La lumière approcha enfin de Nibelheim, mais elle ne se dirigea pas vers le Village, elle s’orienta vers l’Ecole. Devant cette dernière, elle s’arrêta à nouveau... Puis elle s’éleva au niveau des dortoirs. Là, la lumière parut hésiter longuement. Plusieurs fenêtres s’alignaient devant elle, et la plupart étaient grandes ouvertes.
Beaucoup d’élèves passaient en effet leurs vacances dans l’Ecole même. C’étaient surtout les jeunes n’ayant pas de famille qui choisissaient cette option, bien qu’il y ait de plus en plus d’exceptions.
Finalement, la lumière pénétra dans l’une des chambres... Pour en ressortir immédiatement... Elle hésita encore, puis se dirigea vers la gauche. Il y avait là une fenêtre fermée. Mais elle la traversa comme si elle n’existait pas.
L’intérieur était sombre, mais fut vite éclairé par la lumière. C‘était une petite chambre d’environ trois mètres sur trois. L’un des coins était occupé par un lit et une armoire, et un autre, par un bureau et une étagère où s’empilaient beaucoup de livres. Sur l’un des murs était accroché un tableau représentant un jeune homme blond aux cheveux redressés en piques. La lumière frémit. Elle resta positionnée quelques minutes devant ce portrait... Puis, elle se tourna vers le lit, où dormait une personne. C’était un garçon.
Lentement, la lumière se dirigea vers ce garçon profondément endormi... Arrivée devant lui, elle s’en approcha davantage et arriva devant sa bouche... Le jeune garçon endormi l’ouvrit, inconsciemment, ou, plutôt, en étant forcé par la lumière. Cette dernière y pénétra alors et s’insinua en quelques secondes dans tout le corps du garçon, qui brilla du même éclat rougeâtre. Puis, cette lumière s’évanouit et le jeune garçon se réveilla. Lorsqu’il ouvrit les yeux, ces derniers émirent une lueur également rougeâtre. Il s’assit sur son lit et se frotta les yeux. Puis, brusquement, il rejeta la tête en arrière et émit un faible ricanement. Il se leva et se dirigea vers le tableau. Il l’observa longuement, analysant chaque détail du beau visage du jeune homme. Puis il ricana à nouveau et murmura : « C’est ici que tout commence, Cloud... Mais tu n’es pas là pour le voir... »
Il retourna ensuite se recoucher et s’endormi presque aussitôt.
L’ennui pour lui, c’est que, de son lit, qui était opposé à la fenêtre dont les rideaux étaient tirés, il ne vit pas passer une autre lumière, rose cette fois, qui, elle aussi, pénétra dans l’une des chambres.
Cette chambre était un peu plus grande car elle abritait deux personnes. Ces deux personnes, des filles, dormaient dans un lit superposé. Il y avait, juste a coté, une petite étagère, identique à celle se trouvant dans la chambre du garçon. En face se trouvaient deux bureaux et une armoire. Dans cette chambre il n’y avait pas de portrait.
La lumière rose pénétra donc dans la chambre dont la fenêtre était ouverte. Elle s’arrêta devant le lit et hésita.
Après de longues minutes de réflexion, elle se décida à choisir la fille du haut. Il se produisit la même chose qu’avec la lumière rouge. Lorsque la jeune fille ouvrit les yeux à son tour, ils n’émirent aucune lueur. Elle s’assit sur son lit mais n’en sortit pas. Elle se contenta de sourire et de murmurer : « Je ferai de mon mieux... ».
Puis, elle aussi se recoucha et s’endormi directement.
Les cours débutaient à 8h30. Vers 8h15 les couloirs étaient déjà remplis d’élèves et de professeurs qui se bousculaient, qui discutaient entre eux et qui parfois marchaient en somnolent.
C’était le premier jour d’école aujourd’hui, le 6 Septembre, et le Maître Luminos Dokho, le professeur qui enseignait les Arts Martiaux et qui s’occupait des inscriptions, avait prévu l’arrivée de 23 nouveaux élèves. L’année passée, il en était venu 30... Cela l’étonna. Il s’attendait à une rentrée plus importante, cette année...
Il arpentait les couloirs tout en saluant les anciens élèves.
« Bonjour, Maître Dokho ! Passé de bonnes vacances ? Lui demanda un jeune garçon.
- J’ai appris quelques nouvelles techniques... Cette année va être dure pour vous, je le sens ! » Répliqua le Maître en riant.
Dokho était un homme âgé d’une septantaine d’années. Son visage était très ridé. Il était très petit de taille. Il avait des cheveux mi-longs tous blancs, des yeux noirs un peu bridés et un petit nez en trompette.
En le voyant, tout le monde pensait que c’était un petit vieux sans défense, mais c’était le meilleur dans le domaine des Arts Martiaux et il cachait bien son jeu. Il participait rarement aux entraînements. Quelques fois seulement, il avait accepté de montrer lui-même ses techniques à ses élèves, et ces derniers l’avaient alors observés bouche bée. C’était comme si, par miracle, il retrouvait sa jeunesse au moment de combattre.
Malgré cela, Dokho savait parfaitement qu’il ne ferait jamais le poids face à Sephiroth. C’est pour cela qu’il préféra enseigner toutes ses connaissances à des élèves qui pourraient eux-mêmes combattre le Mal.
En pensant à tout cela, il était arrivé sans s’en rendre compte devant la salle des professeurs. Il ouvrit la porte et pénétra dans la grande pièce où s’alignaient quelques tables et des chaises. Il y avait une petite bibliothèque où traînaient quelques vieux magazines. Dans l’un des coins se dressait un distributeur de sodas.
Il y avait déjà quelqu’un dans la pièce. Il s’agissait d’une femme âgée d’une vingtaine d’années. Elle était grande, environ 1m75, et très mince. Elle avait de longs cheveux ondulés d’un noir de jais. Ses yeux étaient verts. Elle portait de petites lunettes aux verres rectangulaires. C’était une femme très belle et très sensuelle. Son prénom était Junia. Elle avait commencé à enseigner dès sa sortie de l’Ecole, l’année passée. C’était le professeur des Magies Blanches.
« Bonjour, Maître Dokho ! Passé de bonnes vacances ?
-Pas trop mal. Comment étaient les tiennes, Junia ?
-Je suis partie deux semaines à Costa Del Sol avec mon fiancé. Et le reste du temps, je l’ai passé à m’entraîner à jeter des sorts sans l’aide de Materias. »
Dokho paraissait soudain très intéressé.
« Et tu as réussi ? Demanda-t-il.
-Eh bien, dit-elle, un peu gênée, j’ai réussi à lancer une ou deux fois le sort « Guéri 1 »... Mais je n’ai su faire aucun progrès...
-Ca viendra, Junia... Estime-toi heureuse d’avoir pu lancé un sort...
-J’ai très peur que nos dernières Materias disparaissent. Nous en avons encore beaucoup en stock, c’est vrai... Mais depuis cent ans, plus aucun réacteur Mako ne fonctionne, l’Energie ne se condense donc pas et ne forme pas de Materias...
-Junia, ne t’en fais pas. Tu as déjà fais un grand bond en avant pour ce qui est de l’utilisation de la Magie sans Materia. Mais, dis-moi, comment as-tu réussi cet exploit ?
-Eh bien, commença Junia, il suffit de... »
La porte s’ouvrit soudain pour laisser entrer Vince Strife. Il semblait un peu nerveux.
« Et alors, pesta ce dernier, que faites-vous ? On n’attend plus que vous pour la cérémonie d’ouverture ! »
Les deux professeurs n’avaient effectivement pas remarqués que le temps était passé très vite. Ils s’excusèrent et se dirigèrent vers la sortie de la salle des professeurs.
Vince, qui ouvrait la marche, s’arrêta soudain et se retourna.
« Maître Dokho, annonça-t-il, j’ai prévu la date pour le Grand Tournois des Luminos.
-Laquelle est-elle, Vince ?
-Eh bien, compte tenu du fait que mon Ancêtre Cloud Strife a tué Sephiroth le 27 Mars il y a cent ans, je suppose donc que Sephiroth se réincarnera aux environs de cette date. J’ai donc opté pour le 26 Novembre. Cela tombe deux semaines avant le début des vacances. De toute façon, il n’y aura pas d’examens pour ce semestre... Et peut-être pas pour le deuxième non plus... »
Dokho acquiesça sas dire mot. Ils sortirent de la salle des professeurs en silence et se dirigèrent vers la cours de récréation, située à l’arrière du bâtiment.
Aucun d’entre eux ne se doutaient bien sûr pas que le Mal s’était déjà infiltré dans leur clan...