v le monde halluciant sur le forum j´ai pu finir un nouveau chapitre....
Chapitre 20: Suicide ou ascenseur social ?
Surprise par son interlocuteur, elle bafouilla quelques excuses puis s’assit en face de Karan. Ce dernier avait un sourire moqueur sur les lèvres et jaugeait la jeune femme du regard. Un long silence régnait car aucun des deux ne voulait entamer la discussion. C’était plus un défi pour savoir lequel avait le plus fort caractère que de la gêne mais cela amusait grandement les deux protagonistes. Finalement, le sourire toujours aux lèvres, ce fut Karan qui rompit le silence :
Karan : Si nous passions aux choses sérieuses ? ce train est peut-être lent, mais il finira par atteindre son terminus à un moment ou un autre.
Tess : D’accord. Je suis engagée pour faire quoi ?
Karan : Un meurtre…
Tess : ( sur un ton ironique) Rien que ça ?
Karan : Celui de Maximilien Zandov
Tess : Max la menace, c’est ça ?
Karan : ( souriant de plus belle) Tout à fait !
Tess : Donc je suis engagée pour aller tuer un leader terroriste qui pulvérise les scores au Battle Square, se réfugie au Canyon Cosmos au milieu de ses hommes et qui est protégé par Nanaki et les Tions qui égorgent tous les assassins. C’est tout ?
Karan : Pour l’instant oui.
Tess : Vous me prenez pour qui ? une folle qui a envie de se suicider ou une inconsciente ?
Karan : Pour quelqu’un qui ira tuer l’assassin de son père.
Tess : OK mon père est mort lors d’un attentat, mais qui me prouve que c’était Max la menace l’auteur ?
Karan : Votre père était un élément infiltré de notre organisation de défense. C’était lui la cible de l’attentat.
Tess : Bah voyons. Et c’est pour le récompenser de son travail qu’on vivait dans un quartier pourri aux milieu des cafards ? Je n’accepterai votre contrat que parce que l’avance qui m’a été versée était très conséquente….
Karan : ( lui coupant la parole) Ce n’était pas une avance, c’était l‘héritage de votre père qui vous a été remis un an et six mois après sa mort comme il le voulait. L’avance ne saura versée que si vous acceptez le contrat. Cela va sans dire qu’elle saura identique à votre héritage.
Tess était restée sans voix après ces révélations. Tout semblait coller mais l’histoire lui paraissait louche. Pourtant l’envie de venger son père était la plus forte et elle accepta, sans joie, le contrat. Elle s’engageait donc dans une mission pour le moins périlleuse et savait qu’elle n’avait que peu de chance de revenir vivante. Karan lui expliqua les modalités de la mission :
Karan : Vous devrez donc vous rendre au port de Junon, à pied évidemment. De là, vous prenez le bateau pour le nouveau port du Village Fusée, c’est la procédure habituelle pour se rendre au Canyon Cosmos. Une fois au Village Fusée, prenez une chambre à l’hôtel du Capitaine où vous serez rejointe par Adolphe, votre contact.
Il lui tendit une photo d’un petit homme brun, la frange rabattue sur le front, une courte moustache carrée. Il avait l’air particulièrement stupide et imbu de lui-même.
Karan : Je sais qu’il est complètement abruti mais c’est pour cela qu’il sera votre guide car les Tions ne se méfient pas de ce crétin fini. Je dois vous dire qu’il est stupide depuis un accident de poussette et que cela s’est aggravé lors que sa mère lui a coincé la tête dans la porte du frigo par mégarde.
Tess : Youpie, partir dans une mission suicide avec comme seul allié le pire crétin possible, c’est le rêve de tout bon mercenaire.
Karan : Ne soyez pas si acide, Adolphe n’est pas bien méchant et c’est un bon moyen d’entrer dans la place. De plus votre haine pour l’assassin de votre père sera votre meilleure alliée.
Peu convaincue par les dernières paroles de son nouvel employeur, Tess quitta la rame et rentra chez elle à pied. Pendant tout le temps, elle put réfléchir à sa guise et ses conclusions n’étaient pas brillantes. Elle allait devoir assassiner un homme dangereux au milieu de son fief et de ses amis et son seul allié fiable serait un type pour qui l’eau chaude serait trop dure à inventer. Bref une mission quasi-suicide mais qui lui permettrait en cas de réussite de finir ses jours tranquille, loin du chaos extérieur. Elle se dit aussi que si elle échouait, sa mort serait sans doute rapide et qu’elle ne souffrirait pas trop. Sur ces bonnes paroles, elle vit qu’elle était arrivée chez elle.
Le lendemain, elle vit ses valises, remplies de tout son attirail nécessaire à la mission, vérifia ses comptes bancaires qu’elle vit doublés et se mit en route. La route fut désespérément vide de tous monstres, mais le voyage en bateau fut plus mouvementé car la jeune femme était atteinte du mal de mer rien qu’en voyant les vagues sur la plage, alors sur un bateau bercé par un océan loin d’être calme, la mercenaire crut que sa dernière heure était venue plusieurs fois. Le reste du voyage fut une formalité et le soir suivant son départ, elle fit son arrivée à l’hôtel du Capitaine, un hôtel de classe moyenne où trônait dans le hall une statue grandeur nature de l’un des sauveurs du monde lors de la Grande Catastrophe, statue d’un homme d’âge mûr, la cigarette au bec.